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Le jour de l'Eternel

De
369 pages
C'est la chronique d'une survie. Puisant dans la mémoire collective nationale et dans l'expérience spirituelle personnelle des événements ayant conduit à la chute de Mobutu et à l'avènement de Kabila I, l'auteur tantôt griot, tantôt témoin privilégié voire "prophétique", nous restitue, dans une plume allégorique et croustillante, la douloureuse saga zaïro-congolaise.
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LE JOUR DE L'ETERNEL
Chants et méditations

Encres Noires Collection dirigée par Maguy A/bet et Emmanuelle Moysan
W324, Marcel NOUAGO NJEUKAM, Poto-poto phénix, 2009. N°323, Abdi Ismaïl ABOI, Vents et semelles de sang, 2009. N°322, Marcel MANGW ANDA, Le porte-parole du président, 2009. N°321, Matondo KUBU Turé, Vous êtes bien de ce pays. Un conte fou,2009. N°320, Oumou Cathy BEYE, Dakar des insurgés, 2009. N°319, Kolyang Dina TAÏWE, Wanré le ressuscité, 2008. N°318, Auguy MAKEY, Gabao news. Nouvelles, 2008. N°317, Aurore COSTA, Perles de verre et cauris brisés, 2008. N°316, Ouaga-Ballé DANAÏ, Pour qui souffle le Moutouki, 2008. N°315, Rachid HACHI, La couronne de Négus, 2008. N°314 Daniel MENGARA, Le chant des chimpanzés, 2008. N°313 Chehem WATT A, Amours nomades. Bruxelles, Brumes et Brouillards, 2008. N°312 Gabriel DANZI, Le bal des vampires, 2008. N°311, AHOMF, Les impostures, 2008. N°310, Issiaka OIAKITE-KABA, Sisyphe... l'Africain,2008. N°309, S.-P. MOUSSOUNDA, L'Ombre des tropiques, 2008. N°308, Loro MAZONO, Massa Djembéfola ou le dictateur et le djembé, 2008. N°307, Massamba OIADHIOU, Œdipe, le bâtard des deux mondes, 2008. N°306, Barly LOUBOT A, Le Nid des corbeaux, 2008. N°305, S.-P. MOUSSOUNDA, Le paradis de la griffure, 2008. N°304, Bona MANGANGU, Carnets d'ailleurs, 2008. N°303, Lottin WEKAPE, Chasse à l'étranger, 2008. N°302, Sémou MaMa Diop, Thalès-le-fou,2007. N°301, Abdou LatifCoulibaly, La ressuscitée, 2007. N°300, Marie Ange EVINOISSI, Les exilés de Douma. Tome 2,2007. N°299, LlSS, Détonations et Folie, 2007. N°298, Pierre-Claver ILBOUDO, Madame la ministre et moi, 2007. N°297, Jean René OVONO, Le savant inutile, 2007. N°296, Ali ZADA, La marche de l'esclave, 2007. N°295, Honorine NGOU, Féminin interdit, 2007. W294, Bégong-Bodoli BETINA, Ama Africa, 2007. N°293, Simon MOUGNOL, Cette soirée que la pluie avait rendue silencieuse, 2007. N°292, Tchicaya U Tam'si, Arc musical, 2007.

Masegabio NZANZU

LE JOUR DE L'ETERNEL
Chants et méditations

L' Hannattan

<QL'Harmattan,

2009

5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.Iibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanl@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-08204-5 EAN : 9782296082045

A ma femme et à mes enfants dont les évènements ont raffermi ce que j'oserais nommer leur foi.

Car mille ans sont, à tes yeux Comme le jour d'hier, quand il n'est plus Et comme une veille de la nuit (ps 90,4). Baobab, mot d'origine sénégalaise signifiant « arbre à mille ans ».

PROLOGUE

Entre Ciel et Terre

Pour l'essentiel, ces pages ont été écrites entre août 1997 et janvier 1998. L'insécurité politique et les passions de l'après-règne du mobutisme, très vivaces en cette période, n'ont pas permis plus tôt leur publication. Aujourd'hui, au moment de les porter à l'imprimerie, je ne me sens nullement contraint de leur enlever leur sceau d'écrits de circonstances, même si les brèves méditations qui les prolongent, sans les achever, se détachent volontiers de cette réalité. A cause de cela, mais peut-être aussi de leur côté amusant, elles ne manqueront pas de paraître satiriques. La finalité de ces pages n'est pourtant pas de railler, mais d'éduquer. Toute satire est service public rendu. La morale prend à la satire ce que l'apiculture prend à la ruche: le goût du miel fait oublier l'ardeur des piqûres des abeilles. A bien d'égards, un écrit sur les mœurs publiques ressemble à une futaie giboyeuse: on s'engouffre, on s'acclimate, on pose des taquets et c'est la fête, certain soir, autour d'une bonne prise.

Mais quel est le prétexte de ce livre?

Vendredi saint, 1987. Vers trois heures du matin, je me réveille, secoué par une étrange voix: «Isaïe 13,9 ». A cette époque, je ne connaissais pas ce passage biblique. Sa découverte, quelques instants après, ne fit qu'ajouter à mon trouble. Le lendemain, je décide d'en parler au conseiller spirituel de mon groupe de prière, l'abbé A. Kibwila, qui pense qu'il pourrait bien s'agir des évènements tragiques à survenir dans le pays. «Mais il faut prier pour en avoir le meilleur discernement », ajoute-t-il. Je n'ai pas prié; pas plus que je n'ai cherché à savoir pourquoi et si cette «voix» n'avait parlé qu'à moi et à personne d'autre; ce qui aurait pu me convaincre de la nécessité d'une tâche à l'accomplissement de la laquelle j'étais probablement associé. Au bas mot, je pouvais comprendre que je devais - à l'exemple de tant d'autres chrétiens ayant reçu le même appel comme je l'ai su plus tard - faire largement connaître ce message. Il faut ajouter que je me préparais, cette année-là, à briguer un mandat parlementaire au cours duquel j'ai assumé d'importantes responsabilités législatives, et, plus tard, gouvernementales. Sans parler d'un journal que j'ai tenu pendant les quatre premières années de la longue transition que vient de vivre notre pays. Toutes ces ouvertures, j'aurais dû les mettre au service de la même cause: celle de répandre le message que la colère de Dieu était à son comble, que contre la méchanceté de ce pays et de ses dirigeants il se préparait à sévir, à moins d'une repentance générale pour ne pas dire nationale. Dix ans après, ces évènements se sont accomplis; et, au moment où, tout tremblant de crainte à cause de
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mon silence j'écrivais ces lignes, les effets ravageurs de cette prophétie n'avaient pas encore arrêté de « secouer la terresur sa base». Révolutions et réactions procédant souvent de la même logique de vouloir infléchir, au profit d'une thèse, le cours de l'Histoire, des rébellions et des conflits sanglants ont déchiré pendant plus de dix ans la terre congolaise. C'est donc avant tout d'un témoignage qu'il s'agit dans ces lignes volontiers allégoriques. Témoignage d'une bénédiction originelle incroyablement gaspillée par tout un peuple dont « lepqys est rempli d'argentet d'or, et (où) il y a des trésorssansJin» (Is. 2,6-7). Mais témoignage aussi de la désobéissance d'un homme - moi - à l'ordre lui intimé d'aller à Ninive, et qui s'est retrouvé sur un navire en partance pour. . .Tarsis. Ah ! Qu'eusséje pris conscience de ma grâce, au lieu de courir sur les routes du monde en quête de richesses, de pouvoir et de gloriole. .. ! Raison pour laquelle cette confession publique n'a aucune originalité: Jonas malheureux, j'exhorte, pour ainsi dire a posteriori, avec les armes d'un répenti, en étalant sans regret ma couardise, mais également en dénonçant les errements d'une classe dirigeante compromise et trop longtemps suspendue aux mamelles de Mammon. Dans l'espoir que ce cheminement spirituel non rectiligne, à la limite chaotique, serve de repoussoir à des itinéraires plus dignes de notre Foi et de notre Nation. Et à d'autres Ninive, d'autres Juda, qui n'arrêtent pas d'« irriter» Dieu. On ne s'étonnera donc pas de voir sourdre partout, comme une source éternelle, le Texte sacré. 11

Un mot sur les deux principaux protagonistes cette saga zaïro-congolaise.

de

La tentation de vouer aux gémonies un homme disparu au moment des faits, ou celle d'encenser un système en puissance, ne m'a nullement habité. A d'autres, me suis-je dit, la tâche d'arguer des causes politicoculturelles ou socio-économiques à base de la dérive d'une époque et du sacre d'une autre. Ce dont on a voulu davantage témoigner ici, c'est de l'accomplissement de la prédiction contenue dans les dernières paroles du roi David:
((Celui qui règne parmi Est pareil les hommes avec justice, quand le soleil brille )). Celui qui règne dans la crainte de Dieu, à la lumière du matin,

(II Sam. 23,3-4). Pour n'avoir pas agi de la sorte, le système bâti pendant trente-deux ans par M. Mobutu s'est écroulé en quelques mois, comme un château de sable. Pour ne point agir de la sorte, le système que tentaient de bâtir M. Kabila et les nouveaux maîtres du pays, utilisés par Dieu comme «instruments» de sa colère, courait lui aussi le risque d'être rapidement balayé. A son tour. De la même manière. (( Car c'estprécepte
sur précepte,précepte surprécepte, règlesur règle,règlesur règle,un

peu ici, unpeu là. » (Is.28, 10). C'est donc en vain que les chantres du maréchal défunt et les thuriféraires du nouveau président de la

République - à son tour défunt - chercheront, dans les
pages qui suivent, les preuves d'un crime de lèsemajesté. A moins que ce ne soit celles d'un péché par omission, le péché d'ablation laudative. Délit que les 12

premiers se hâtaient de punir, tout en s'en défendant, et que leurs successeurs s'interdisent de tolérer, tout en se proclamant moins despotiques. Deux prescriptions dont les faits décrits dans ce livre n'excipent pas.
Il juillet 2008.

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Premiers Mille Ans

LA CHUTE D'UN ANGE

Gibrieel, le soliste à la voix fausse, faisait des cabrioles dans le clair de lune en chantant son impromptu; il nageait dans l'air, en brasse papillon, en brasse, il roulait en boule, tendant bras et jambes dans la quasi-infinité de cette quasi-aube, en posture héraldique de l'aigle éployée, rampant, couchant, piquant légèrement contre la gravitation. Salman Rushdie, Les Versets sataniques.

Premier chant Le réveil du Baobab

Il y eut un soÎ1:,il y eut un matin, et ce fut le deuxième jour ou le troisième je ne sais plus, quand finalement lui vint l'envie de liquider cette névralgie zaïroise. Il y eut un soÎ1:,il y eut un matin, et ce fut un autre jour, d'autres jours, d'autres jours encore, où l'envie lui entrait, lui sortait, par la bouche, par le nez, par la tête, comme une insupportable fumée, sans que Baobab-quine-meurt-jamais s'avise enfin de siffler la fin de la récréation zaïroise perlée au son de «4jalelomobutu bâba». Pour sûr, cela lui démangeait les tripes, au bon Baobab-qui-ne-meurt-jamais, de voÎ1: dépérÎ1: la part de son héritage - (celle qu'il avait trouvée « dans une contrée
déserte, dans une solitude aux effroyables hurlements ») - sans

qu'il lui parût juste d'y mettre un terme au plus tôt. Et cela lui démangeait les tripes.

Et Baobab-qui-n'oublie-jamais, visionna les vidéocassettes de son bon vieux temps. Le temps de sa verte jeunesse, lorsqu'au premier soupçon de sa seule volonté, les formes et les vides se bridaient, abîmes et surfaces se laminaient, et les cakes se faisaient tous seuls, sans plateau ni raisins ni four: rien que cakes! Alors le vieux Baobab-qui-ne-vieillit-jamais, fut saisi d'une grande tristesse. Il tira un grand mouchoir blanc, plus grand et plus blanc que celui du président zambien scandant et dansant le c!;'alelo,en franglais: (( One Mobutu! One Kaunda! One Zaïre! One Zambia! Pour
t01!jours ! For ever! "

Et Baobab-Ie-Tout-Puissant, se frottant les yeux, la bouche, le nez, buste penché sur ses bons souvenirs d'antan, le Bon-Baobab, dont le feuillage ne cache aucune malice et sur le fût duquel nulle fongosité ne croît, le Bon-Baobab pleura, pleura, pleura. Un sourire - aux grandes ailes blanches demande d'audience de Zaboulon-Ie-Méchant. coulées sur

sa blancheur - frappa à la porte pour rappeler la vieille Baobab, qui n'avait nullement d'yeux pour ce fâcheux, chercha à se dérober. Mais le sourire aux grandes ailes blanches - le Chœur céleste observa qu'il s'agissait de Gabriel-Ie-chargé-des-missions - lui sourit de toutes ses lèvres: «C'est peu diplomatique, Abba. N'est-ce pas vrai que tu aimes tout le monde, les bons comme les mauvais, les justes comme les méchants. .. » ? « Wekchtmachtkunchtbhekhstmacht! », grommela le Grand Baobab dans son sublime parler en langues, preuve qu'il n'était pas au mieux de sa forme. Mais le sourire lui souriant toujours, il se laissa convaincre: 18

«Bon! Dans mille ans demain matin! »Et le sourire
aux ailes blanches , qu avant. déployées se retira, plus sourire

Resté seul la nuit tombée, il eut envie de revoir la séquence de sa meilleure performance: celle chantant la chronique de sa jument libre pensante, l'homme, son légataire universel, créé,formé et fait après mille ans de recherche, six jours et six nuits passés dans son labo de clonage, avec un seul dimanche de repos. Il tourna donc le bouton de sa vidéocassette achetée avenue du Commerce. Non point celle pillée ou spoliée des biens des mouvanders en fuite, ni même celle acquise vingt dollars six cents prostates seulement, au

Koweit-mwana-mama-sala-mbongo ,.
Koweit-tia-molendejl 'okozwa ! Car Baobab Baobab. est arbre honnête,

Koweit-de-Kin-Ia-vrouma,

et craint la colère de

Il tourna aussi le bouton de sa télé à écran géant, celle qui ne figurait pas sur la liste de l'Office des BiensMal-Acquis. Ah! Quelle peine! Quel sale petit couteau bantandu dans son cœur déjà blessé par une lance à Golo-Golo, mais mal cicatrisé à cause des gaffes de l'Inquisition, de l'orgie des djihads, des chambres à gaz, des goulags, des fissions de noyau, du racisme, de l'apartheid, des Ebola, 19

des Type-K, des pédés, des homos, des sodas, brrr... ! Il appuya sur «pause », réfléchit une fraction de mille ans puis, résolu d'aller jusqu'au bout de ce frankenstein, il appuya de nouveau sur « pause ». Pour sût, pour sût, cela lui démangeait de voir sa belle jument piailler et piaffer, comme cela, au vu et au su de tout le monde, jusque dans cet hippodrome cacophonique des Nations unies. Car voici la suite de ce que vit Baobab-au-grandmouchoir-blanc. Une grenouille, un gros cigare aux lèvres, une gourmette de dix-huit carats sur le poignet droit, hurla au téléphone: «débrouille-toi tout seul dieu est en vacances! ».
U ne autre, plus diplomate forme, tapa sur Internet: (( Hé-my-pote-t'asfaim? et plus soucieuse de la

Attends-mon-retour-attends-mille-ans ! ] 'ai-des-hamburgers -à-livrer-au- Vénéi!'ela-pour-Ies -étrennes -dufiancé-de-ma-perruche. Tu-sais-quoi? Ce-soirjefête-monmilliard-de-dollars ! A-Miami-Beach ! Ca-va-s"arroser-ha-ha ! Alors-comment-va-ta-premièreiambe-amputée ? La-prothèse-enbois-tient-t0t!jours-bon ? All-right! Crois-moije-suis-désolé-monpote-vraiment-désolé. Maisj'e-ny-peux-rien-tu-comprends ? LescifJaires-sont-les -cifJaires. Car-demaini 'embarque-mille-cinq-centstonnes -d'autres-mines -anti-personnelles -pour-ton-pqys. Désolé. C'est-du-business, que-du-business ! Comment? Tu-n'es-pasd'accord? Mais-qu'est-ce-que-tu-veux-que/yfasse ? Débrouille-

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toi-tout-seul-avec-Krfi-Annan ! C'est-un-black-comme-tÛ Etpuis-rijléchis-un-instant: tu-n'as-pas-de-droit-de-veto-à-l'ONU comment-ty-prendrais anti-personnelles-hein (( WWW maladie? -tu-pour? Bon! imposer-un-embargo-sur-Ies C'est-comme-tu-voudras T'es-malade? Rij'ouis-toi: . . .! -mines-

:

Alors-quoi-de-netif? La-malaria? Oh!

C'est-quoi-ta-années. Ce-n'est? La-trypano? C'est-normalLa-jièvre-ryphoide Ebola ? Le?

la-mise-au-point-d'un-

vaccin-n' est-plus -qu' une-question-de-quelques plus-du-tout-une-utopieie-t'assure. somiase tu-dors-un-peu-trop-mon-p'tit o ui-c' est-Ia-maladie-des manger-c'est-tout ? Tu-souffres-de-Ia-maladie-du-sommeil ! Autre-chose?

Et-quoi-encore

-mains -sales -Iave-toi-Ies -mains -avant-de? La-lèpre? Non! Pas-ça-heu-Ià-c'est-un-peu-trop-à-IaMoi-heuj'e-comprends-mais-Ià! Attends-quelques-petites-qu 'on-termine-Ie-programme-deC'est-absolument-prioritaire... ! C'est-une-espèce-rare-et-les j'ours -mais!

! Autre-chose-encore ? Un-peu-trop.

si ., .Ie-quoi

? Non!

fois-tu-comprends

c'est-un-peu-dijficile-pour-Ie-moment années -encore-attends -heu-attends sauvetage-de-l'ours-des-Pyrénées. Mais -non-tu-ne-comprends en-voie-de-disparition ftrai-parachuter-par-ces là-n 'est-pas-mon-qffaire-n ftrai-parachuter-quelques

-rien-à-rien

! Après-ce-programme-pas-de-problèmej'e-te-antonov-qui-f-Tashent-tous 'est-ce-pas ? Bon! je-disais-quej'e-te-cartons -d 'aspirine-et-quelquesC'est-promis. Et-c'est-très -très-

tartouches -de-biscuits -vitaminés!
bon-pour-Ia-santé

...
! IIfaut-quej'e-te-quitte ! Ok ? Bye-Bye! ! Time's! ))

Allez-porte-toi-bien-mon-pote aux-mines-anti-personnelles

monry ! Prends-bien-soin-de-ta-deuxièmej'ambe

! Fais-attentionEt-bon-appétit

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Deuxième chant Passé composé

Pendant mille ans ce soir-là, en circuit fermé sur la station cosnùque et en technicolor, passa et repassa le long métrage de la gent humaine avilie. Et Bao bab-aux -larmes-plus- faciles-que- Nil-queZambèze, plus abondantes que toutes mes rivières, tous mes ruisseaux enchanteurs de l'Equateur, Baobab pleurait, quand le film était triste.

Mille ans le lendemain matin, Zaboulon-le-Méchant vint à son audience obtenue mille ans la veille. Il était tiré à quatre épingles, mais sa bouche sentait mauvais à cause de l'alcool, des cigarettes et des noix de kola. Un sourire aux grandes ailes blanches remarqua aussi que ses ongles étaient crochues, et ses mains noires cramoisies - (il fallait, opina le sourire, qu'il ne se lavât plus depuis bien longtemps, certainement depuis l'époque où il fut remanié avec force à la tête d'un tiers des membres de son équipe gouvernementale) - et ses yeux lançaient des éclairs, cherchant un petit sourire nonchalant à kidnapper au sortir de l'audience. Voici, tel que consigné dans l'antiphonaire de Gabriel-le-chargé-des-missions, le contenu de l'audience accordée ce jour-là par Baobab-Ie-Bon à Zaboulonle-Mauvais: « Baaba-ô-ô-bab », bégaya ce dernier, (et il le tutoyait, en signe de grande familiarité tissée entre les deux, depuis les temps immémoriaux où chaque matin il lui tenait le miroir tout en lui chantant un petit air de tango, pendant que Baobab-l'imberbe se rasait), « Babaa-ô-bab, toi qui bats Qa mesure) là haut et en

bas - (car c'est de là que vient le mot Baobab) - tu sais
bien que Zaboulon n'a rien contre toi. Ce qui s'est passé autrefois entre nous, c'est vraiment des histoires, des histoires inventées par Michaël le jaloux, qui voulait ma place... » Mais Baobab, qui cherchait déjà à le congédier, se fit impatient: « Dis ce que tu as à dire !J'ai du travail! ». 24

«J'y arrive, j'y arrive », répliqua Zaboulon; (puis, goguenard) : «Baba se ferait-il quelque souci financier à la maison pour passer ainsi son week-end à bosser dur, même le dimanche, jour pourtant décrété par lui-même « jour de repos»? (Il consultafurtivement sa montre). Car c'est bien dimanche aujourd'hui, Zaboulon ne se trompe jamais. Et pourquoi diable faut-il qu'avec moi Babaô-bab tu perdes toujours patience? Ne suis-je pas venu en audience officielle? Ne suis-je pas ton enfant moi aussi? Souviens-toi, ô Baba, souviens-toi des ariettes que je te chantais chaque matin, au réveil, et des hortensias blancs et des dahlias bleus que je cueillais et offrais à mon seigneur lors de nos promenades vespérales dans ton immense jardin parfumé... Aujourd'hui, acceptemoi tel que je suis ou, à tout le moins, en raison de mes précédents et nombreux services rendus! Mais, mais... c'est vraiment peine perdue, à ce que je vois. Tu n'as pas changé; tu es toujours le même, hier, a~jourd'hui et éternellement:rancunier, toujours très rancunier! Avouele une bonne fois, Baaba, avoue-le! La preuve? Ne m'as-tu pas condamné à vivre comme un SDF pour une bête histoire de coup d'état monté et de toutes manières manqué? Et cela fait mille millions de mille ans que je cours, sans papiers régularisables. Cependant je ne t'en veux pas, foi de Zaboulon. Car c'est de l'histoire ancienne, ça; c'est du passé, du passé composé; rien , . . qu entre to! et mol. . .
« Jet' ai dit de dire ce qui t'amène ici


'"

«Si fait, Baaba, si fait. Je disais, quand tu m'as interrompu, que voilà une histoire à composer au passé simple. Faisons la paix. Oublions ce qui s'est passé. De toutes manières ne sommes-nous pas condamnés à 25

nous entendre, de cette entente mythique qui lie la bouche à la kola? Alors depuis que, comme un vulgaire sans-papiers, j'ai été reconduit hors de tes frontières, puis obligé à voyager sans arrêt, constamment dissimulé dans l'arrière-train d'un cargo Air-Peut-être, moi je vais, je viens, je repars, je suis ici, je suis là-bas, je suis partout. Tout le monde me voit et je vois tout le monde. Je suis sur le chantier, moi, pendant que toi, allongé sur ton grand sofa de nuages bleus, tu fais la grasse matinée, en croquant des cacahouètes chaudes et des kolas grosses comme les pommes d'Adam!
« Teglimakchst !». . .

« J'ai bientôt fini, Baba, ne t'impatiente pas, bientôt fini... ! Alors comme je suis partout dans ce chantier des terriens où tu sais que j'ai autrefois damé le pion à Adam-le-premier-cocu, ha ! ha ! ha ! « Tu, tu t'en souviens certainement, Baba, tu t'en souviens, n'est-ce pas? Et, bien sût, que c'était à lui la faute, à Adam-le-cocu, ou plutôt à sa belle nana, la petite Elle-va-elle-vient! Tu la connais bien, celle-là, toujours friande des bijoux, des tops modèles et des gros porte-monnaie. Mais elle n'avait malheureusement pas compris l'aphorisme « à malin, malin et demi». Avec Zaboulon, ha ! ha ! ha ! Il faut toujours une fois et demi être prudent, n'est-ce pas, Baba? Mais la petite Elle-vaelle-vient s'est précipitée sur mon porte-monnaie généreusement gros de malice et de fausses promesses, ce genre de promesses que je mets dans la bouche des gouvernants en butte aux revendications salariales des fonctionnaires et des enseignants ha ! ha ! ha ! ha ! 26

« Tu, tu ne m'en veux pas de te rappeler tout cela, Baa-baaa-Baba? Tu ne m'en veux pas, j'espère? Bon! Alors depuis que je vais,je viens- remarque que ces deux

modes actifs décrivent mieux mon identité volage, celle que j'ai prêtée à la femme d'Adam, ha! ha! - depuis donc que je vais et viens dans cet exil terrestre où tu m'as banni il y a mille millions de mille ans, pour un simple malentendu entre Michaël et moi, Michaël le jaloux, à propos de ta toque de léopard ... « Ecoute Baa-baba, il faut que je sois sincère avec toi sur cette affaire. Moi je l'avais juste essayée, histoire de voir, dans un miroir, de quoi j'avais l'air, avec cette toque sur ma tête. Je n'avais aucune autre intention, je
vous le jure (regardant à gauche, à droite, commepour prendre le Choeur des anges à témoin) ! Mais, bon, je n'ai pas eu beaucoup de chance! Car je n'avais pas compté avec la délation de Michaël, Michaël le vieux mouchard que tu ne remanies jamais. Moi j'ai oublié. Oublie, toi aussi! C'est du plus-que-parfait, ça !

« Comment? ... Oui, oui, je suis à la fin, je suis à la fin, mais diable, c'est toi-même qui m'interromps à tout moment avec tes gestes d'impatience! Je disais donc, pour aller plus vite, que depuis que j'y suis, j'ai vu des choses absolument admirables. Tu ferais mieux d'arrêter de paresser ici là haut, allongé sur ton sofa de nuages bleu canard et d'étoiles mates abat-jour. Simple conseil d'ami, Baba: va visiter toi-même cette planète Terre que tu as délaissée il y a belle lurette, oui, vas-y toi-même! N'envoie pas tes observateurs onusiens, je parle de tes fameux anges appelés « souriresaux grandes ailes blanches
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déplqyées . N'envoie surtout pas Michaël leur chef, un » ange que tu as trop tôt promu au grade d'archange, mais notoirement connu comme un esprit tordu et revanchard! Tu me donneras raison, à moi Zaboulon, ton serviteur bon et fidèle, que tu as pris de la même manière un peu trop prématurément la décision de remanier avec force. Car Zaboulon était et est toujours prêt à te rendre service. La preuve? N'as-tu pas ordonné à chacun de nous d'aider à la reconstruction des pays détruits par les guerres tribales et ethniques que depuis des siècles et des siècles Michaël ne cesse de me livrer? Michaël l'éternel jaloux, qui souffre du complexe d'infériorité pour n'avoir pas été au départ, comme je le fus, désigné ton « porte-lumière ». Réalises-tu que c'est ton injustice qui est à la base de la toute première guerre des étoiles, lorsque tu as, par dessus le marché, pris la décision de me chasser de ton palais céleste? Toutes les autres guerres et tous les autres conflits qu'a connus l'univers procèdent de cette erreur fon-da-men-tale! Quelques exemples, très rapidement Je cite d'abord «l'affaire Prométhée », mon épigone, car son audace a quelque chose de Zaboulon; je cite ensuite «l'affaire Sisyphe », et sa belle révolte; puis la guerre de Troie. Et tu sais bien que ce ne sont pas des mythes ou des légendes, comme le racontent tes littérateurs classiques: ce sont des histoires réelles, vraies. Je vois après les guerres babyloniennes, les guerres israélites, les guerres puniques, celles d'Alexandre le Grand, celles de Jules César et les Romains. Plus tard, la guerre de trente ans, la guerre de cent ans, les guerres napoléoniennes, les guerres mondiales, les guerres coloniales, les guerres saintes, les djihad s, les rébellions, les révolutions, les 28

grèves, les attentats, les tsunamis, les volcans, les séismes et les inondations provoqués par les colères du sial et du sima et dont j'asticote la paresse, pour me venger, ou lorsque je ne trouve pas satisfaction à mes légitimes révendications ! Quant aux conflits récents, je peux signaler les bourbiers de Vietnam, de Yougoslavie et d'Afghanistan ; l'enlisement de ceux de la Colombie, de la Palestine, l'Irak, Angola, Tchétchénie, Rwanda, Burundi, Soudan, Liban, Somalie, Sierra Leone... La liste est longue, trop longue. Et pour couronner le tout, bientôt, je m'occuperai du cas du Zaïre, le Zaïre de Mobutu-Se-Yee-Moko, soigneusement transformé par moi Zaboulon en véritable pa-ra-dé-mo-niumha ! ha ! « Quel pays, n'est-ce pas, ce grand Zaïre, ce pandémon, pardon, ce paradémonium! Des nonnes désacralisées, des vierges violées, épouses et mères dévergondées, des mineures étalonnées, hou! Et les dignitaires qui ne s'en privent pas! Jusqu'aux pasteurs, aux abbés, aux évêques et autres hommes d'églises. A qui mieux pour en rafler deux, trois, cinq... ! Les plus vertébrés ou les plus cossus razzient carrément tout le village ou tout le couvent: mamies, mémés, mamours, mimis, jumeaux, jumelles, belles-filles, belles-sœurs, grandes filles, petites filles, mères supérieures, mères inférieures, tout y passe, je veux dire, on passe sur tout, comme avec une 4x4 ! C'est pour cela que mon autorité s'est con-si-dé-ra-blement raffermie, dans ce pays. Le culte voué à Zaboulon s'y porte comme un charme! En revanche, ton nom, mon pauvre Baba, ton nom est de moins en moins béni, dieu merci. ! Ne parlons pas de l'observance des autres commandements, de l'amour du prochain, de la justice distributrice, du respect des droits de l'homme, de la 29

bonne gouvernance, tout ce que tu leur as patiemment enseigné, est ou-bli-é, pié-ti-né...! Des églises dites de réveil y naissent quasiment tous les jours, sur chaque rue, dans chaque terrain de foot, dans chaque maison, dans chaque bus, mais ce qui s'y fait et se dit parfois, sous couvert de ton nom et sous prétexte de la mouvance de ton esprit, ho ! ho ! Tiens-toi bien sur ton sofa, Baaba, je vais t'en dire un mot... » Mais à cet instant précis un sourire géant, une espèce de « goldorak» aux ailes de nickel surgi d'un soupçon, s'interposa, en menaçant de son durendal flamboyant, Zaboulon -le-diable.
Alors Baobab-Ie-Dieu-Tout-Puissant, pris comme dans un brusque maelstrom, la tête pesant plus de cents tonnes de sinusite, tonna à son tour, et la Turquie trembla, tandis que l'Etna et le Nyiragongo, simultanément, crachèrent des terrils de magma noir : «A qui veut-on enseignerla sagesse?
(( A qui veut-on donner des leçons? (( Et toi qui es-tu pour juger les serviteurs d'un autre?

«Tu viens de parcourir la Terre? Bien! Bien! Alors ces mains cramoisies, ces lèvres lippues de mensonges, ne sont-elles pas les binettes de cette surface avilie de la Terre dont tu te soûles maintenant de comptabiliser les fanges? Et ces habits de puanteur quoique neufs, ne viennent-ils pas de tremper dans la boue du meurtre, du viol, de la corruption, de la rapine, de l'inceste et de la sodomie dont depuis toujours tu couvres la nudité des hommes et la vanité du monde? Astéroïde précipité au fond de l'abîme, n'es-tu pas le rebut de tous mes anges et la plus abjecte de toutes mes créatures? »

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Mais Zaboulon, habitué aux séismes et aux secousses telluriques, ne parut nullement impressionné par cette belle rhétorique divine; il lui opposa donc fermement la diatribe diabolique: « Chiche! C'est une erreur grossière, Baba-baba-ôBab, erreur! Zaboulon est très riche! Tu penses certainement encore au premier fromage tombé des mains de ton dauphin d'Adam-le-cocu ? Mais c'est à luimême la faute, à ce corbeau groggy, pas à Zaboulon le futé renard! Ton âge trop avancé te ferait-il oublier les récitations du Maître De La Fontaine? Sans nul doute, tu fais allusion à mon abacos, objet de convoitise de la part de Michaël, ton ange lige, toujours couvert d'armures de guerre mais jamais fringué d'un foulard-cravate blanc, signe de paix, comme moi... Mon abacos ? Mais c'est un cadeau, figure-toi, pur cadeau, commandé pour moi et mes zaboulontins à Bruxelles, chez Arzoni, l'habilleur national du Mpr ! Zaboulon est honnête, Baba! N'as-tu pas prescrit que tout travail méritait salaire? Or dans ce pays aux contours infinis comme au jardin d'Eden, un pays plein d'or, de diamants, de coltan, de pédés, de mafieux, de belles nanas, de ruisseaux, de rivières, de plaines, de collines riantes, de parcs moussants - et dont tu as eu tort, ah ! oui, Baba, tort de vouloir faire ta réserve privée, une châsse gardée pour tes beaux jours de vieux dieu jamais retraité malgré les multiples tentatives d'alternance que j'ai menées dans ce véritable paradis au cœur de l'Afrique, on sait remercier les amis et récompenser les services rendus. Maître Zaboulon en témoigne... ! »
La note devenait trop salée. C'était pousser Baobable-Dieu-Tout-Puissant dans les orties. Alors il explosa:

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«Assez et hors d'ici! ans avant mille ans! »

Et maudit

sois-tu pour mille

Ce fut sauve qui peut! Zaboulon-Ie-maudit -pour-mille-ans-avant -les-milleans-apocalyptiques, sauta sur un fulafula vertical qui l'attendait à l'orée du Ciel et . . . pssssst! Il roula sur la Terre également maudite pour mille ans avant les mille ans.

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Troisième chant Il a regimbé

Cent mille ans avaient couru depuis l'audience cent mille fois mémorable de Zaboulon. Un jour, alors qu'il promenait son regard sur la Terre, Baobab-la-Cime-des-Cimes aperçut, au loin, derrière les nuages et aux quatre coins du Zaïre, tout d'abacos et de boubous du parti vêtu, le peuple zaïrois qu'on qualifiait de zaïrien, chanter et danser, danser et chanter, le «4ja!elo Mobutu bâba... 1 Mobutu bahbah... 1 baahbaah...1 Baaabahhh... 1)). En kifrantshilingaswahais, et au son des airs endiablés rythmés sur koras et khalams par Kébé le sénégalais et Cissé le béninois. Il s'avisa, à part lui, en confirmant les rumeurs, qu'il devait devenir moins que rien, ce peuple roi, pour chanter et danser de la sorte. . . Il nous faut préciser qu'à l'époque, Baobab-quipréside-au- Trône-de-la-paix, venait de perdre ses lunettes phosphorescentes dans l'éclat d'un obus tombé en

Bosnie-Herzégovine. Il avait aussi l'oreille un peu dure à cause d'incessants hurlements des femmes et des enfants égorgés en Algérie-la-Barbaresque. Ailleurs, on meurt par philosophie. En Algérie, on tue sans philosophie. Croyant donc entendre «Baobaaab» en lieu et place de «Mobutu babaaah», tout joyeux il tapa sur le mail de Malula pour s'assurer du progrès charismatique d'un peuple si chanteur et si danseur, comme le donnaient à penser les nombreux rapports du cardinal. Mais le web du prélat convulsait, depuis que Zaboulon l'avait placé sous écran de surveillance, en y injectant une telle quantité de virus comme nulle part pareille, sauf à la Cité de Vatican. Alors saisissant son gadget cybernétique dernière génération, il forma le numéro méga métrique de l'archevêque de Kinshasa. Mais après plusieurs bips mélodieux, aussi mélodieux que les chants de la CrypteMarie-la-Miséricorde de Gbado-Lité, le répondeur du prélat renvoya ce message:
(( Heureux lepeuple qui t-hante et qui danse!

Vive Cissé! Vive Seko ! Kin kiese na kiese ! Heureux
lepeuple qui chante et qui danse! Alléluia! Amen! ))

Baobab, qui se méfie des alléluias faciles, est trop intelligent pour ne pas comprendre ce genre de quiproquos. Cependant les malvacées dont il tire divine 34

essence ne sont-elles pas arbres patients, lents à la colère et prompts au pardon? Alors pour l'avant-dernière fois, il voulut s'assurer qu'en réalité, ce peuple zaïrois qu'il avait tiré du zaïrien, ne chantait et dansait pas à la gloire d'un terrien, mais de Celui qui l'avait engendré, après qu'il l'eut sauvé de la mort de l'ignorance centrafricaine des razzias négrières de Tippo- Tip des rafles de la trypanosomiase des guerres tribales des conflits claniques de la boulimie coloniale de l'Oncle-sangsue et de la convoitise des Métro-pollutions. Alors il tendit l'oreille, se frotta les yeux, tendit l'oreille, se frotta les yeux. Alors il s'avisa que, devenu fataliste, le peuple tout entier était vêtu du malprifond du
pqys à la tête duquel des chifs rebelles, complices des voleurs,
aiment lesprésents et courent après les récompenses.

Délaissant de faire droit à l'orphelin, de protéger la cause de la veuve, voilà que ce peuple a abandonné le
rocher qui l'a fait naître et oublié le Dieu qui l'a engendré.

Sankas et Doliwé cités fidèles, ah ! les voilà devenues Sodome et Gomorrhe! Epouses et nonnes réquisitionnées pour le clou des soirées orgiaques! On découvre la nudité de la mère et de la sœur et du fils et de la fille! Des boulevards de mensonges ouverts au beau milieu des sourires! Des sanctums noirs pour piété noire, ah ! voici que brûlent, fétides, vasques immenses et rutilants, fœtus et victuailles offerts à Zaboulon ... !

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