Le réveil du géant
96 pages
Français

Le réveil du géant

-

Description


Aux confins du monde de Drâ, trois enfants élèvent trois dragons dans le plus grand secret. Leur refuge : l'École des Dresseurs de Dragons.

Une mission d'extrême importance attend nos trois apprentis dresseurs : aider les habitants d'un village menacés par un troll géant. Or, les dragons sont perçus d'un mauvais œil par les villageois. Il faut jouer serré ! Les druides et les élèves échafaudent donc un plan solide. Mais un mensonge fait tout échouer ! Les dresseurs doivent alors improviser un nouveau plan pour sauver à la fois le village et la réputation de leur école...



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 27 octobre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782092566695
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

couverture
images

Le réveil du géant

Marc Cantin & Isabel

Illustré par Paul Drouin

images

]>

images

]>

Chapitre 1

Un rouleau magique survola l’école. Il tourna un instant au-dessus de la cour où se tenaient un druide, ses trois élèves et leurs dragons. Les jeunes dresseurs, Loane, Arthur et Thos, suivirent le rouleau des yeux, mais le message qu’il contenait n’était pas pour eux. Il poursuivit son vol jusqu’à un vieux donjon et entra par la fenêtre du bureau de la directrice.

– Rôôôôa ! grogna Saphir.

Loane se retourna vers son dragon. Il s’impatientait. Elle caressa son long cou, laissant sa main glisser sur les écailles bleues qui scintillaient au soleil. À côté de l’animal, la dresseuse paraissait minuscule.

Elle hocha la tête pour indiquer à son professeur qu’elle attendait son signal.

– Trois, deux, un ! décompta le druide Butor.

images

Il retourna le sablier. Loane sauta sur son dragon et saisit ses longues oreilles. Saphir possédait un souffle gelé, mais c’était aussi un as pour les acrobaties aériennes. Il déploya ses ailes, s’élança et décolla. Il décrivit un arc de cercle avant de revenir vers la cour du manoir transformée en arène d’entraînement. Plusieurs anneaux avaient été fixés sur des poteaux à des hauteurs différentes. Ils étaient numérotés de un à dix. La dresseuse dirigea son imposant dragon vers le premier obstacle et s’allongea sur son encolure. Saphir passa au centre du cercle. Loane se redressa et tira doucement sur l’oreille droite de son dragon. Un peu trop délicatement. Saphir pivota à quatre-vingt-dix degrés avec un temps de retard. Il traversa le deuxième anneau… mais toucha légèrement le bord.

– Ce n’est pas grave, le rassura Loane.

Elle aimait manier son dragon avec souplesse. Ils enchaînèrent les obstacles suivants avec agilité. Leur complicité donnait l’impression qu’ils ne faisaient qu’un. Ils achevèrent le parcours sans une autre erreur.

– Sept sabliers et demi, annonça le professeur, quand ils franchirent la ligne d’arrivée.

Le druide affichait un air contrarié. Il possédait une voix de stentor, et son visage était marqué par une cicatrice. Une longue balafre, l’empreinte du coup de griffe d’un dragon trop sauvage pour être apprivoisé qui lui avait emporté l’œil.

Butor impressionnait beaucoup les enfants de l’école.

– Loane ! gronda-t-il. C’est toi qui diriges Saphir, pas l’inverse. Pour aller plus vite, tu dois tenir fermement ses oreilles.

– J’ai peur de lui faire mal, se justifia la jeune fille.

– C’est un dragon ! s’emporta le druide. Pas un chaton !

Loane hocha la tête… tout en restant convaincue qu’avec Saphir, la douceur valait mieux que la fermeté.

Butor poussa un soupir et fit signe à Arthur de se tenir prêt. Le garçon, un peu frêle, possédait un dragon vert cracheur d’épines aussi grand que celui de Loane.

– C’est parti ! hurla Butor.

– En avant, Émeraude ! commanda aussitôt Arthur.

Il bondit sur son dragon et posa ses mains sur les cornes de l’animal qui décolla comme une fusée. Il avait beaucoup d’assurance dans ses gestes. Méthodique et appliqué, il guidait efficacement Émeraude. Ils franchirent les premiers obstacles sans perdre de vitesse. Mais le dresseur n’étant pas très costaud, il avait du mal à se maintenir sur le dos de son énorme dragon. Après avoir traversé la moitié des anneaux, il glissa légèrement sur le côté. Pour se retenir, il s’accrocha aux cornes d’Émeraude. Le dragon modifia sa trajectoire et toucha deux cercles. Arthur reprit le contrôle de son animal et passa la ligne d’arrivée quelques instants plus tard.

– Sept sabliers et un quart, dit Butor. Tu bats Loane d’une poignée de sable.

Arthur leva le poing en signe de victoire.

– Comme tu as touché deux anneaux et elle un seul, poursuivit Butor. La rapidité est importante, mais la précision aussi. Je vous déclare donc à égalité.

Le dresseur s’apprêta à protester, mais le regard du druide le fit changer d’avis.

– En vol, tu glisses encore sur le dos d’Émeraude, ajouta le professeur. Serre davantage tes jambes autour de lui. Et cours un peu dans la forêt pour te muscler les cuisses, nom d’une gargouille poilue !

Arthur esquissa un sourire. Courir alors qu’il pouvait se déplacer sur son dragon ? Très peu pour lui. S’il n’avait pas la carrure et la force de son professeur, il était certain de pouvoir compenser cette faiblesse par sa souplesse et son sens de l’équilibre.

Butor soupira à nouveau. Il savait que ses élèves étaient plus têtus que des mules !

images

– À ton tour, Thos, dit-il.

Le dernier dresseur était prêt. Ce garçon, costaud pour son âge, avait un tempérament bien trempé. En revanche, Rubis, son dragon rouge cracheur de feu, était à peine plus grand que lui, un peu rond et plutôt craintif. Avec ses petites ailes, il avait moins de force en vol que Saphir ou Émeraude. Le hasard en avait décidé ainsi. Aucun enfant n’avait choisi son dragon. Chacun avait découvert un œuf qu’il avait protégé jusqu’à son éclosion, avant de traverser le Haut Monde de Drâ pour rejoindre les Terres du Lointain et le donjon fortifié qui abritait l’école des dresseurs.

– C’est parti ! cria Butor.

Thos enjamba Rubis qui commença à courir, déploya ses courtes ailes et s’envola.