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Le roi vampire

De
157 pages
Ce fut instantané pour Roman. En trois mille ans d’existence, il n’avait jamais perdu le contrôle de ses émotions, ou encore de son coeur. Il avait toutefois su dès l’instant où il avait posé les yeux sur Evelynne Farrow qu’elle était la femme qui hantait ses rêves. Et tout changea. Absolument tout. Evie Farrow avait toujours aimé les bonnes histoires romantiques de vampires. En fait, elle gagnait sa vie en les écrivant. C’est alors qu’elle était assise dans un café à travailler sur son prochain
roman super génial qu’un bel homme de grande taille aux cheveux noirs qui aurait pu jaillir d’un
de ses propres romans l’approcha.
Evie ne le savait pas, mais Roman D’Angelo était exactement ce qu’il semblait être – un vampire. Et
pas n’importe lequel : le roi vampires.
Malheureusement et malgré le fait que Roman était à la fois ancien et invulnérable, Evie était faite
de chair et de sang. Au moment même où Roman décida qu’Evie et lui avaient rendez-vous avec
le destin, un dieu ancien et un vampire meurtrier eurent subitement un très grand intérêt envers
elle, pour leurs propres raisons.
Romain pourra-t-il combattre assez longtemps les forces incroyables qui pourraient faire en sorte
qu’Evie leur appartienne afin de gagner son coeur, ou le destin le trahira-t-il en détruisant tout ce
dont il n’avait jamais rêvé?
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Copyright © 2012 Heather Killough-Walden Titre original anglais : The Vampire King Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord Trident Media Group, LLC, 41 Madison Avenue, 36th Floor, New York. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Guillaume Labbé Révision linguistique : Isabelle Veillette Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Carine Paradis Montage de la couverture : Matthieu Fortin Mise en pages : Sylvie Valois Conception de la couverture : Heather Killough-Walden ISBN livre : 978-2-89752-098-4 ISBN PDF : 978-2-89752-099-1 ISBN ePub : 978-2-89752-100-4 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Killough-Walden, Heather [Vampire king. Français] Le roi vampire (Série des rois ; 1) Traduction de : The vampire king. ISBN 978-2-89752-098-4 I. Labbé, Guillaume. II. Titre. III. Titre : Vampire king. Français. PS3611.I44V3514 2014 813'.6 C2014-941427-7
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.com
PROLOGUE Ça fait mal, pensa-t-elle.Mon Dieu, ça fait vraiment mal. Evie posa avec précaution ses poignets enveloppés de gaze contre sa poitrine puis ferma ses yeux. Son cœur faisait maintenant des siennes dans sa poitrine, battant faiblement selon un rythme inégal. Elle avait mal à la tête et ses jambes semblaient engourdies. Elle prit ensuite le temps de penser à tout ce que ces sensations signifiaient puis elle sentit la menace du désespoir planer avant d’étouffer un sanglot. — Je peux chasser votre douleur, dit-il en la regardant se recroqueviller sur elle-même contre le mur froid de la cave. Pourquoi continuez-vous à me défier ? Evie sentit des larmes couler sur ses joues et s’émerveilla d’être en mesure de les former après tout le sang qu’il avait pris. Ces larmes étaient toutefois les mêmes qui avaient menacé de s’échapper depuis qu’il l’avait emmenée ici. Elle avait été forte… elle pouvait maintenant se le permettre. Evie baissa sa tête sur ses genoux pliés.Je ne suis pas vraiment ici, tenta-t-elle de se dire en dépit du fait que la douleur combattait sa tentative de le faire. Elle n’était pas censée être ici, dans cette cave sombre sous une maison située au milieu d’un impossible nulle part. Deux jours plus tôt, elle vivait dans un autre monde. Deux jours plus tôt, elle avait été une auteure avec une vie normale et avec au moins 30 ou 40 autres années à vivre. Mais maintenant… Maintenant, tandis qu’elle étreignait son petit corps dans les ténèbres humides de cet espace horrible qui était devenu son cauchemar éveillé, elle sentait une angoisse misérable pousser contre son enveloppe extérieure. Cette enveloppe était devenue mince et fragile, comme la coquille d’un œuf. D’une seconde à l’autre, dans n’importe quelle affreuse minute, un de ces coups de bec transpercerait sa coquille et elle se briserait. Juste comme ça. C’était cequ’ilvoulait, cet homme qui l’avait arrachée à son bonheur avant de la projeter dans cette obscurité diabolique. C’était ce qu’il attendait. Ce pour quoi il ferait apparemment n’importe quoi.N’importe quoi… Une partie d’elle-même s’accrochait encore au doute, malgré tout ce dont elle avait été témoin au cours des derniers jours. Le reste d’elle-même était cependant transformé. Elle était régénérée. Ellecroyait. Tout cela à cause d’une preuve accablante ; la preuve que Roman D’Angelo lui avait donnée quand il lui avait fait tourner la tête avant de l’attirer dans son monde étonnant et fantastique. Et c’était la preuve que l’ennemi de Roman lui infligeait maintenant et impitoyablement à maintes reprises qui avait finalement modifié sa perception entre des faits et de la fiction. Elle ne pouvait désormais plus ignorer la vérité qui lui avait été démontrée. Roman était un vampire. Son ravisseur était aussi un vampire. Ils étaient réels. Ils étaientréels. Il n’y avait donc aucun moyen de s’en sortir. Les humains étaient faillibles. Les humains pouvaient être dupés ou dominés. Mais les vampires étaient… Il n’y avait aucun moyen de s’en sortir. Du moins, elle n’en connaissait aucun. Roman…, pensa Evie. Elle ne pouvait faire autrement. Où était-il maintenant ? Cet homme grand, mystérieux et intense qui avait changé sa vie pour toujours. Il était injustifié de se languir de lui. Roi des vampires ou pas, il ne pouvait rien faire pour l’aider maintenant. Son ravisseur avait fait en sorte qu’il en soit ainsi. C’était du moins ce qu’il lui avait dit, et elle le croyait. Elle n’avait pas le choix, car Roman n’était pas ici… et elle mourait. — Prononcez seulement les mots, Evie. Pour l’amour de Dieu, la supplia son ravisseur en se
mettant à genoux devant elle et en prenant une fois de plus son menton dans sa main. Elle laissa ses yeux fermés, réticente ou incapable de croiser son regard ne serait-ce qu’une fois de plus. — Vous pouvez mettre un terme à tout ceci, renchérit-il. Vous pouvez décider de ne plus jamais avoir à ressentir de la douleur ou de la peur. Evie gémit doucement en guise de réponse. Son corps la faisait réellement souffrir. Son ravisseur libéra son menton, et la tête d’Evie se retrouva de nouveau contre le mur. Elle n’avait jamais eu aussi froid. Elle prononça presque les mots. Elle passa bien près bien de rendre les armes et de lui donner ce qu’il voulait. Elle désirait seulement que la torture cesse. Tout ce que tu as à faire est de prononcer trois petits mots. Que trois petits mots. Evie secoua sa tête, ce qui lui donna le tournis, mais elle repoussa ces pensées de son esprit. Non, s’intima-t-elle.Accroche-toi encore un peu. Son cœur sembla palpiter, comme s’il poussait un soupir d’impuissance en guise de réponse. Oh mon Dieu, Roman, pensa-t-elle misérablement.Dépêchez-vous, je vous en prie. * * * Charles Alexander Ward avait poussé un gros soupir à son retour dans la salle de séjour après avoir verrouillé une fois de plus la porte de la cave. Il s’était ensuite assis sur le divan avant de se pencher pensivement vers l’avant en appuyant ses coudes sur ses genoux. C’était une dure à cuire et il devait reconnaître que la dernière partie de son plan prenait beaucoup plus de temps que ce qu’il avait prévu. Il pouvait toutefois entendre le désespoir naissant qui se mélangeait à chacune de ses respirations. Le vent était en train de tourner. Elle allait bientôt rendre les armes… ou mourir. Il se demanda depuis combien de temps il était parti avec elle. D’Angelo avait sans aucun doute retourné ciel et terre à la recherche de son amour. Charles pouvait imaginer l’édit du roi se répandre en long et en large en un rien de temps. Il pouvait imaginer les yeux du roi et ce à quoi ils pouvaient ressembler à ce moment. Cette pensée offrit à Charles un rare frisson. Cela n’avait toutefois pas d’importance. Le roi ne pouvait pas l’atteindre ici. Charles avait seulement besoin d’un peu plus de temps… une heure, peut-être, au maximum. Il avait seulement besoin que sa précieuse captive prononce trois petits mots. Les Chimères étaient des créatures nées de l’union entre une race énigmatique, sombre et dangereuse connue sous le nom d’Akyri et les mortels infâmes adeptes de la magie, les sorciers. En raison de cette combinaison, les Chimères étaient des êtres de magie par-dessus tout. Tous les vampires possédaient les pouvoirs intrinsèques d’un sorcier… et les tours de passe-passe innés des morts-vivants. Ils formaient également une race maudite. Le mal inhérent de leur parentage infectait le sang qui coulait dans leurs veines et avec les années, ils en étaient venus à se faire connaître sous un autre nom : vampires. Les règles qu’un vampire devait suivre étaient peu nombreuses et assez simples, mais difficiles au mieux. Le soleil était caustique, maispas mortelune Chimère. Cependant, en pour dépit de la représentation populaire propagée par Hollywood, le fait de vivre dans l’obscurité de la nuit n’était pas un choix intéressant ou acceptable pour les vampires. Ils s’étaient donc tournés vers leur magie pour résoudre le problème. À l’aide de sorts ou d’items chargés de la puissance de ces sorts, les Chimères avaient pu paver la voie à leur race afin qu’ils puissent évoluer sous les rayons du soleil. La seconde vérité essentielle liée au fait d’être une Chimère : le sang était également une
nécessité. Un vampire devait s’alimenter. La fréquence selon laquelle il devait le faire était dictée en grande partie par l’environnement choisi par une Chimère. Il était plus sain de vivre dans un milieu humide, près de l’océan, et préférablement ombragé par la forêt. Pour cette raison, des endroits comme la Louisiane et la côte du nord-ouest étaient très populaires chez les vampires. Ceux qui choisissaient de vivre dans le désert ou qui n’avaient pas le choix en raison de leurs carrières se voyaient dans l’obligation de s’alimenter plus souvent, comme compensation au manque d’humidité dans l’air. L’alimentation se retrouvait dans deux catégories différentes. Il y avait longtemps, les vampires tuaient automatiquement leurs victimes en prenant leur sang. C’était plus facile ainsi et ce n’était pas comme si les humains étaient très doués pour dépister les assassins, quand ils daignaient s’en soucier. Depuis que D’Angelo était le roi, le rituel de l’alimentation avait cependant pris une tournure positive dans la mesure où les humains étaient concernés. On enseignait aux vampires à prendre seulement ce dont ils avaient besoin d’une victime. Il arrivait finalement qu’un meurtre soit nécessaire. Les Chimères ne vivaient pas longtemps sans absorber jusqu’à la dernière goutte de sang d’une victime. C’était maintenant une chose plus rare. Des vampires plus jeunes pouvaient passer une semaine ou deux sans devoir tuer quelqu’un, et les vampires plus âgés pouvaient attendre plusieurs mois. Finalement, il y avait seulement un moyen pour un vampire lui permettant de créer un autre vampire. Et c’était un secret. Les Chimères n’étaient que ça : des rejetons. En général, elles étaient nées et n’avaient donc pas été créées. Au sein des cercles sociaux de sa race, aucun moyen permettant à un mortel d’être transformé en immortel avait jamais été officiellement documenté. Il était possible d’utiliser du sang de vampire pour qu’un jeune mortel ne vieillisse pas. La princesse vampire, Isabel Marie Wraythe, l’avait fait ; un loup-garou avait ainsi pu demeurer jeune pendant environ cinq décennies en consommant son sang sur une base régulière. Ce sang avait également infecté l’intérieur des veines de Byron Caige, le rendant plus sensible à la lumière du soleil. L’aspect infectieux du sang des vampires était bien connu. Les Chimères avaient utilisé leur sang pour guérir des mortels dans le passé, et il y avait toujours eu des effets secondaires. Il était préférable d’évoluer sous le radar après avoir partagé son sang avec un humain. Du moins pour un certain temps. Le fait de partager du sang ainsi que ses effets secondaires ne créait cependant pas un autre vampire. La transformation d’un humain en vampire, comme les mortels s’y référaient, était impossible. Ou du moins, c’étaitcenséC’était ce que Roman D’Angelo voulait faire croire à tout le l’être. monde. Malachi Wraythe, le défunt roi des sorciers, avait été le plus vieil et le plus proche ami de Charles. Au cours des années, Charles avait beaucoup appris auprès de Malachi. On lui avait donnébeaucoup. Après le nom de la fille du roi des sorciers, également décédée, c’était le nom de Charles qui était inscrit tout en haut du testament de Wraythe, et un des cadeaux qui lui avait été légué était un livre… rempli desecrets. Wraythe avait été beaucoup plus âgé que les apparences le laissaient croire. Sa fille était une vampire, née de l’union de Wraythe et sa femme captive, la reine Akyri. De ce fait, une partie de son apparente jeunesse éternelle était sans doute attribuable à du sang de vampire emprunté.
Cependant, la magie noire était également très utile en ce sens. La vérité était que Wraythe était très vieux et qu’il avait acquis beaucoup de connaissances. La connaissance était généralement source de puissance. Cependant, la connaissance de la sorcellerie était particulièrement puissante ; un angle maléfique pouvait rendren’importe quoi ainsi. Charles avait maintenant accès aux sortilèges de sorciers qui avaient été dissimulés aux yeux des hommes pendant des centaines d’années. C’était pourquoi il demeurait maintenant à l’écart de son roi. Et ce n’était pas tout. Il savait aussi comment transformer un mortel en vampire. Le secret avait été caché par le roi des vampires une éternité auparavant. C’était si facile. Si simple. La prise de sang était nécessaire, bien sûr. Il fallait s’y attendre. Les loups-garous devaient aussi s’y astreindre. Mais lorsqu’un loup-garou revendiquait sa partenaire au gène dormant, il lui chuchotait des mots qui scellaient l’affaire. Ainsi, pourquoi le procédé serait-il différent pour une Chimère ? Il s’avéra qu’iln’était pas différent. Charles fut étonné qu’aucun d’entre eux n’y ait pensé auparavant. Ou peut-être que certains d’entre eux y avaient pensé sans toutefois savoir quels mots devaient être utilisés. Charles sourit en y pensant.Ilsavait. Les mots étaient anciens. Ils l’étaient à un point tel qu’ils n’avaient pas encore été traduits à partir de leur langue d’origine. Ce n’était cependant pas cette absence de traduction qui les rendait difficiles à produire. C’était la personne qui devaitprononcerparoles qui rendait la ces transformation du mortel en vampire si improbable. Un loup-garou pouvait revendiquer sa partenaire. En la prenant,ildevenait le dominant, celui qui possédait le pouvoir, et c’était ce pouvoir qui faisait qu’elle était désormais sienne. Les Chimères n’avaient pas eu droit à ce luxe. C’était tellement plus compliqué avec les vampires, mais pas en raison d’un plus grand nombre d’étapes. C’était plus compliqué parce que pour qu’un mortel devienne un vampire, il ou elle devaitle vouloirson propre gré. Ils devaient de l’accepter en fonction de leur propre volonté. Et prononcer les mots. Addo nox noctis. Apportez la nuit. Dans la cave, la jeune Evelynne Grace Farrow, que ses proches connaissaient sous le nom d’Evie, était fort probablement en train de lutter avec ses démons intérieurs, et Charles avait pu capter le plus faible des sanglots frissonnants. Ses lèvres formèrent un sourire décidément cruel. Il avait joué son jeu très soigneusement au cours des dernières semaines et les cartes étaient tombées parfaitement en place. La voyance de la sorcière avait eu raison de tout jusqu’ici. Plusieurs semaines auparavant, Charles avait visité la vieille femme dans l’obscurité de la caverne souterraine dans laquelle elle vivait et lui avait dit qu’il voulait obtenir sa vengeance. C’était aussi simple que cela. Elle n’en avait pas été étonnée. Pour une sorcière, il y avait peu d’autres raisons de le vouloir. La haine, la vengeance (le genre de ce clan obscur et dur) étaient les forces agissantes qui menaient les gens à leurs portes. Ainsi, elle avait pris son sang et avait jeté un sort… Charles serra ses dents derrière ses lèvres fermées tandis qu’il glissait rapidement la lame contre sa paume avant de serrer son poing au-dessus du bol en pierre noire de la sorcière. Il pouvait sentir son excitation tandis qu’elle regardait le sang s’écouler de sa blessure pour remplir le récipient sous sa main. La coupure commença à guérir quelques secondes plus tard, mais il avait déjà rempli le bol à moitié etcette quantité avait apparemment été suffisante parce que la sorcière voyante avait soulevé sa main pour lui signifier de s’arrêter.
Charles baissa son poing et recula. La voyante s’avança. Charles observa tandis qu’elle se penchait en murmurant au-dessus du bol. La puanteur du sang brûlant s’éleva versses narines et le bol se mit à produire de la vapeur. Il sentit ses canines s’allonger dans sa bouche, alors que chaque muscle dans son corps se préparait pour le combat ou la fuite. Il franchissait le point de non-retour en le faisant. Il le savait. Il y avait aussi un certain degré de peur qui accompagnait le fait de savoir que vous étiez en train de signer officiellement votre propre ordre d’exécution. C’était une évidence. Il y avait égalementune furieuse force motrice, parce que l’on n’atteignait pas ce point de non-retour par accident, et c’était la rage bouillonnante qui redressait la colonne vertébrale de Charles et rétrécissait son champ de vision tandis que la sorcière maléfique crachait ses mots venimeux dans le sort qui était son destin décisif. — Une femme, dit-elle finalement à haute voix, cette dernière s’élevant pour combler les ombres qui obscurcissaient les recoins de sa caverne. Charles fronça les sourcils. — Quoi ? La sorcière voyante se tourna pour lui jeter un coup d’œilpar-dessus son épaule de noir vêtue. — Une femme, suceur de sang. C’est une femme que vous cherchez. Elle consacra de nouveau son attention au bol, que Charles devina être taillé dans un morceau d’onyx ou d’obsidienne, puis son regard plongea dans les profondeurs obscures et cramoisies de son sang bouillonnant. Elle sembla examiner quelque chose qu’il ne pouvait pas voir. Puis, elle poussa un soupir accompagné de soubresauts et hocha la tête. — Une femme très spéciale. Charles ne s’était jamais considéré comme étant du genre à fonder une famille. Malachi l’avait bien su. Tous deux avaient à peu près les mêmes goûts en matière de femmes et la même approche quand venait le temps de les traiter, surtout dans la chambre à coucher. Cependant, la petite Evie offrait une nuance à son existence qui n’avait simplement pas été là jusqu’à tout récemment. Elle était une chose adorable. Impossible de le nier. Ses épais cheveux châtains étaient beaux, et doux, et parsemés de reflets couleur miel qui faisaient ressortir les éclats dorés dans ses yeux bruns. Elle était petite, mais forte, avec des courbes qui donnaient envie à un homme d’y enfoncer les doigts. Et elle était intelligente. C’était son intelligence qui l’intriguait le plus. Plus tôt dans le mois, il avait passé un peu de temps dans son esprit, à écouter les pensées qu’elle croyait être privées. Elles étaient profondes et parfois intenses, tout en étant indéniablement différentes de ce à quoi il était habitué. Il y avait une subtilité non identifiable dans son essence qui le fascinait. Il ne serait pas en mesure d’y associer un nom s’il s’y risquait. Quoi que c’était, il en était captivé. C’était logique. Il avait autrefois pu lire dans son esprit, mais il n’y parvenait plus à présent. Sa magie de sorcier ne fonctionnait pas sur elle non plus. Elle était devenue plus résistante face à sa race d’une façon ou d’une autre. Elle n’était pas du tout comme d’autres êtres humains. Et son goût faisait réagir ses canines dans ses gencives à cette simple pensée. Selon la voyante sorcière, Evie Farrow était censée causer la perte du roi des vampires. Il faudraitune femme spéciale pour provoquer la chute de Roman D’Angelo. Après avoir décidé quel était le meilleur et donc le plus douloureux plan d’action à suivre pour D’Angelo, Charles n’avait plus qu’à demeurer en retrait et attendre. La voyante l’avait assuré