Le tango rouge

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Première Guerre mondiale !


Le siège de l’État-Major du général Joffre est en ébullition. Depuis quelque temps, des documents secrets disparaissent mystérieusement du coffre-fort. Pas d’effraction, pas d’empreinte, personne n’a pu pénétrer dans la pièce...


Après une enquête inaboutie, le capitaine Ladoux du 2e Bureau décide de confier l’affaire à son meilleur homme qui se trouve être une femme, Thérèse ARNAUD alias C. 25.


Sous couvertures, elle et ses compagnons infiltrent l’État-Major et ses alentours afin de débusquer l’habile espion.


Bientôt, Thérèse ARNAUD constate l’attitude très étrange de deux sous-lieutenants que tout semble accuser bien qu’elle soit convaincue de leur innocence.


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EAN13 9782373476361
Langue Français

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AVIS AU LECTEUR
***
Nous commençons, aujourd’hui, la publication des :
EXPLOITS EXTRAORDINAIRES DE THÉRÈSE ARNAUD
Le meilleur agent du Service de contre-espionnage français. *
Les espions sont généralement des êtres vils, des ê tres décriés qui pratiquent la délation dans le but unique de servir leurs appétits de lucre et de débauche.
Il n’en est pas de même deTHÉRÈSE ARNAUD dont la conduite pourrait servir d’exemple à bien des hommes et des plus courageux.
Au début de la guerre, ayant assisté au meurtre de son père commis par les Allemands, elle avait, tout naturellement, comme el le le dit,« pris du service».
Trop vaillante pour jouer le rôle effacé d’infirmiè re, le cœur gonflé d’un trop profond amour pour la France, elle avait consacré s on intelligence, sa connaissance des langues, sa beauté, sa force, son dévouement, son courage et, il faut le dire, son génie à une besogne plus d irecte.
THÉRÈSE ARNAUD NE PEUT ÊTRE COMPARÉE À AUCUN AUTRE AGENT SECRET.
Toujours sur la brèche, toujours en plein danger, s on cœur jamais ne faiblit, même durant les interrogatoires les plus dangereux. Bien au contraire, elle ne cessa de se jeter audacieusement au plus fort du pé ril. Cent fois, elle se trouva en pleine bataille ; non pas dans des batailles d’o ù l’on ressort chargé d’honneurs et de gloire, mais dans des batailles an onymes, contre des ennemis invisibles, inconnus et, par là même, d’autant plus à craindre.
THÉRÈSE ARNAUDla plus noble figure de la Grande Guerre. est NOUS DEVONS À SA BRAVOURE, À SON HÉROÏSME, PLUSIEURS MIL LIERS DE VIES HUMAINES.
D’une modestie aussi grande que son courage, elle n ’a pas voulu que ses exploits fussent publiés de son vivant.
« Plus tard, disait-elle,plus tard... quand, dans ma Terre de France, je dormirai mon dernier sommeil, il sera bien temps... »
THÉRÈSE ARNAUDlemaintenant, dans le cimetière d’un minuscu  repose,
village de l’Est. Tous ceux pour qui elle s’est sac rifiée sans compter doivent, désormais, savoir comment et dans quelles épouvanta bles conditions, cette grande Française a magnifiquement combattu pour sa Patrie.
Puissent lesEXPLOITS DE THÉRÈSE ARNAUDun écho attendri trouver dans l’âme de ce Peuple de France à qui elle avait voué son plus fervent Amour et son incomparable Loyauté !
THERESE ARNAUD - 11 -
LE TANGO ROUGE
De
Pierre YRONDY
CHAPITRE I
AUTOUR D'UN MYSTÈRE
Presque en même temps que ses officiers subalternes , le colonel, chef du secrétariat particulier du général Joffre arriva à son bureau.
Dès qu'il eut accroché son képi, il se rendit au co ffre-fort où, chaque soir, il rangeait les dossiers secrets.
Méthodiquement, il tourna les boutons. Il forma le mot de la combinaison. Du regard, il vérifia. Il s'assura rapidement, d'un coup d'œil circulaire et soupçonneux qu'aucun de ses subordonnés ne surveill ait ses gestes avec une attention spéciale. Il introduisit la clef dans la serrure. La lourde porte tourna sur ses gonds.
Le colonel prit les dossiers dont il avait besoin p our les approbations du général, pour les décisions, pour les transmissions . Puis, il revint vers son bureau. Il s'absorba un instant dans l'étude d'une note ministérielle. Et, ayant à consulter une circulaire, il ouvrit un second dossi er. Un second dossier qu'il feuilleta avec une visible surprise... puis, ensuit e très soigneusement, pièce par pièce tandis que son visage blêmissait.
Encore une fois, il laissa peser sur les officiers présents un lourd regard. Puis, sans un mot, il sortit.
— Qu'y a-t-il ? demanda le colonel Rollet, directeu r des Services secrets, au chef du secrétariat particulier.
Tout d'une venue, le chef du secrétariat jeta :
— Il y a... il y a que cela continue !
D'un bond le colonel Rollet se dressa.
— Ce n'est pas possible ?
— Malheureusement si !
— Voyons, reprit le colonel Rollet, ne nous emballo ns pas, cela n'avance à rien. Avez-vous fait ce que je vous ai dit hier ?
— Oui ! Sans avertir personne, hier soir, je suis r evenu après le départ de tous les officiers. J'ai vérifié moi-même, dans le coffre, la présence de mes dossiers. Puis, selon la décision que nous avions p rise ensemble, j'ai changé le mot secret. Ce matin, dès mon arrivée, j'ai ouvert le coffre. Opération qui s'est effectuée normalement. J'ai retiré moi-même les dos siers rangés hier que j'ai retrouvés sans la moindre trace suspecte. Et cepend ant, l'ordre d'attaque que m'a remis le général Joffre lui-même quelques insta nts avant la fermeture du coffre avait disparu.
Avec le même calme, le colonel Rollet répéta :
— Ce n'est pas possible, voyons !
— C'est invraisemblable, je vous le concède. Mais, c'est ainsi, affirma le chef du secrétariat particulier. Cet ordre d'attaqu e n'a quitté les mains du général Joffre, présent à mes côtés, que pour entrer dans l e coffre. Ce matin, il n'y était plus. Un document de première importance que je dev ais, dès ce matin, transmettre aux commandants d'armées.
Un instant, le colonel Rollet resta perplexe.
Il eut un grand geste vague, puis il conclut :
— Je n'y comprends rien. Puisque vous êtes certain que cette pièce n'est pas égarée, n'a pas glissé dans un autre dossier, i l n'y a qu'une chose à faire : aviser le général.
Le chef du secrétariat esquissa une grimace signifi cative... exprimant que l'annonce de cette disparition risquait fort de pro voquer une colère du « Grand-père » que, déjà, à l'État-Major, on surnommait « le Taciturne ».
Resté seul, le colonel Rollet se prit à réfléchir. Dans son esprit méticuleux et précis, il envisagea une fois de plus les hypothèse s.
Ce n'était pas la première disparition ! Depuis que lque temps, les documents – et toujours des documents secrets et d'importance capitale – disparaissaient mystérieusement sans qu'il fût jamais possible de r etrouver la moindre trace de la pièce... ni de son voleur.
Toujours il s'agissait d'un papier placé, le soir, secrétariat.
dans le coffre-fort du
Chaque fois, le chef de service était aussi affirma tif : il avait lui-même avant la fermeture, mis les pièces en place ; le lendemai n matin, il les avait retrouvées dans le même ordre, intactes en apparence. Mais, un e disparition s'était produite !
Avant que de se laisser aller à des soupçons facile s qui eussent pu s'égarer sur des innocents, le colonel Rollet s'était mis en rapport avec le capitaine Ladoux, chef du Deuxième bureau du Ministère de la Guerre. Dès qu'il eut appris les fuites qui se produisaient à l'État-Majo r, le capitaine Ladoux dépêcha au colonel Rollet quatre de ses meilleurs agents.
Chacun d'eux, selon sa méthode personnelle, se livr a à une minutieuse enquête... dont les résultats restèrent absolument nuls.
Malgré la présence à l'État-Major des envoyés du Se rvice de Contre-Espionnage, les pièces continuèrent de se volatilis er.
Et aucun coupable ne fut découvert.
Bien au contraire, des vérifications très sévèremen t entreprises écartèrent les soupçons qui, selon toute vraisemblance, se por taient sur les officiers du secrétariat particulier.
Enfin, pour ajouter encore une précaution contre to ut vol ultérieur, il fut convenu que le mot du coffre serait changé.
Deux personnes seulement furent au courant de cette modification : le colonel Rollet, qui en eut l'idée, et le chef du se crétariat, qui la mit à exécution.
D'autre part, deux clefs seulement existaient qui o uvraient le coffre. L'une était en possession du général Joffre lui-même. L'a utre était confiée au chef du secrétariat... qui ne se séparait jamais de son tro usseau et qui, la nuit, le cachait sous son oreiller.
Le fait que les pièces disparaissant étaient toujou rs des documents importants écarta de prime abord l'idée d'un vol ba nal.
La ou les personnes qui opéraient étaient parfaitem ent au courant de la valeur des pièces qu'elles subtilisaient, puisqu'el les les CHOISISSAIENT dans un coffre-fort de grandes dimensions, bourré de doc uments. Il ne s'agissait pas de la première pièce d'un dossier, non ! Quelquefoi s, le voleur devait feuilleter plusieurs liasses de documents pour trouver celui q u'il désirait... (à moins qu'il n'eût su exactement où il était placé ! mais, cela, seul le chef du secrétariat le savait, lui seul touchant au coffre !!)
Et l'enquête des quatre agents du capitaine Ladoux innocentait les officiers du secrétariat... qui seuls étaient aussi parfaitem ent au courant du contenu du coffre.
Cependant, il y avait un coupable puisque les pièce s continuaient de se volatiliser !
La sonnerie du téléphone interrompit les réflexions du colonel Rollet.
Le général Joffre lui-même demandait des explicatio ns au sujet du dernier vol commis.
Le colonel Rollet ne put fournir aucune précision a utre que celles du chef du secrétariat.
Le « Taciturne » resta parfaitement calme. D'une vo ix sèche, il dit simplement au directeur des Services secrets :
— Entendez-vous avec le Deuxième bureau. Faites le nécessaire ! Il faut que cela cesse.
Le colonel Rollet regagna son bureau. Il s'installa à sa table. Et il murmura :
— Faites le nécessaire ! Il faut que cela cesse, c'est très beau à dire ! Mais, je voudrais bien savoir ce qu'il est nécessaire de faire. Et, c'est justement ce que
j'ignore !!
Il décrocha le téléphone. Dès la réponse du Standard, il ordonna :
— Demandez-moi d'urgence le Deuxième Bureau du Mini stère de la Guerre.
CHAPITRE II
PLAN DE CAMPAGNE
— Voilà, c'est bien simple, il faut que cela cesse, résuma le capitaine Ladoux à Thérèse Arnaud qu'il avait mandée spéciale ment dans son bureau. Je vous ai fourni tous les renseignements que je possé dais sur cette mystérieuse affaire qui met sens dessus dessous les bureaux de l'État-Major du général Joffre. Maintenant, le reste vous regarde. Agissez ! Et tâchez d'aboutir vite. J'ai rappelé mes quatre agents. Vous êtes libre d'opérer à votre guise.
— Parfait, sourit Thérèse. Voilà une affaire qui me plaît. J'espère bien sous peu vous en apporter la solution.
— Désirez-vous que je vous communique les rapports détaillés qui m'ont été fournis par mes quatre agents de façon à gagner du temps et à avoir les premiers éléments...
— Non, surtout pas ! se défendit Thérèse. Jamais. C e que vous m'avez dit me suffit. Je désire n'être influencée par aucune o pinion étrangère. Je ferai moi-même les constatations...
— Dans ce cas, au revoir, C. 25. Et... à bientôt, s ourit le capitaine Ladoux, en tendant la main à son agent.
Puis il ajouta :
— Cela me fournira une nouvelle occasion de vous fé liciter.
En quittant son chef, Thérèse Arnaud rentra directe ment chez elle. En prévision d'une nouvelle mission qui allait lui êtr e confiée, elle avait convoqué ses fidèles auxiliaires qui attendaient son retour.
Mais, avant de leur donner des instructions, elle v oulut réfléchir.
Elle n'avait jamais d'idée préconçue lorsqu'elle se chargeait d'une affaire. Elle opérait le plus souvent selon une intuition sp éciale qui était l'une des raisons, l'un des facteurs, de sa force.
À l'examen, le mystère de l'État-Major présentait u ne importante particularité qui écartait l'idée de la présence d'un traître ou d'un espion au quartier général. Un professionnel de l'espionnage eût opéré avec bea ucoup plus de prudence et n'eût pas commis une faute aussi élémentaire. Il se fût arrangé de façon à n'être pas inquiété, à ne pas donner l'éveil... afin de co ntinuer à profiter de l'impunité le plus longtemps possible. Donc, il eût eu intérêt à NE PAS FAIRE DISPARAÎTRE LES PIÈCES, mais seulement à en prendre connaissanc e...