Le Triangle

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296 pages
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" L'aventure fantastique d'Akade continue ”


L'Héritière et ses amis réalisent qu'ils ne pourront jamais être tranquilles quand un démon les attaque à la fin de leurs vacances. Malgré ça, la princesse de Vénizy tient toujours à garder une vie normale. Elle commence alors une relation avec Olivier qui n'est pas du goût de David. En effet, celui-ci supporte mal le détachement de son amie par rapport à sa mission. Le choix s'impose à elle : amour ou devoir ?

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Nombre de lectures 2
EAN13 9782368323908
Langue Français

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AKADE
Ce livre est une œuvre de fiction.
Les noms, les personnages et les événements sont le fruit de l'imagination de l'auteur et toute ressemblance avec des personnes vivantes ou ayant existé serait pure coïncidence.
La SAS 2C4L — NOMBRE 7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsable de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu'ils produisent à la demande et pour le compte d'un auteur ou d'un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
Anne-Lyse BLASCO
AKADE
Le triangle
CHAPITRE 1
NOUVEAUX POUVOIRS
Le vingt-huit août deux mille deux était le dernier jour d’une longue semaine de vacances à la mer pour Angèle Fères, Karen Blaire, Annabelle Matthews, David Lorsa et Éric Lefebvre. En apparence, ces cinq adolescent s âgés de quinze à seize ans étaient tout à fait normaux. Mais ils étaient la pr euve qu’il ne fallait pas se fier aux apparences. En réalité, ils avaient été envoyés sur Terre par le roi de Vénizy, une petite planète dans le système solaire le plus proche du n ôtre dans la Voie Lactée.
Angèle était la plus spéciale. Tous avaient tous ét é envoyés dans une mère porteuse quand leurs mères biologiques étaient encore encein tes : Angèle, elle, avait été adoptée car elle était déjà née le jour de leur env oi sur Terre.
Sa différence venait également de sa puissance. Ave c respect, on l’appelait « l’Héritière ».
Ce surnom venait du fait qu’elle était née d’une Pr ophétie écrite il y a plus de mille ans, pour vaincre un tyran brûlé vif à la fin de la Grande Guerre et qui allait se réincarner bien plus puissant dans sa prochaine vie . Le roi de l’époque avait donc prédit la naissance d’Angèle et lui avait donné ses propres pouvoirs. A ceux-là s’ajouteraient ses pouvoirs de naissance, une copie de ceux de son père, de sa mère, de son frère et de sa sœur, faisant d’elle la fille la plus puissante depuis toujours et jusqu’à la fin des temps.
Pour l’instant, elle n’avait que le pouvoir de parl er aux animaux, mais ses autres pouvoirs n’allaient pas tarder à apparaître. L’anné e précédente, David avait émis l’hypothèse qu’elle puisse faire des rêves prémonit oires. Cette idée lui était venue lorsqu’Angèle avait rêvé qu’un jeune homme du nom d e Kevin la corrompait pour le mal et la forçait à tuer Olivier.
Olivier était le meilleur ami de Karen. Cela faisai t désormais un an qu’elle l’avait présenté à Angèle et Annabelle. Un coup de foudre a vait alors frappé Angèle et Olivier, mais aucun n’avait jamais osé aller vers l’autre pe ndant un an, chacun craignant ces sentiments confondus entre amour et obsession.
Angèle avait également pu avoir un aperçu de certai ns de ses futurs pouvoirs lorsqu’elle avait été possédée.
Ce matin-là, il était sept heures, David et Angèle épiaient quelque chose par la fenêtre. Tous deux avaient un passe-temps : ils ado raient se disputer. David était passé maître dans l’art d’énerver Angèle. Il y avait un s ujet auquel elle était particulièrement sensible. Angèle, de son côté, avait le don de mett re David mal à l’aise à l’aide d’un simple regard.
— Ça fait longtemps qu’il est parti !
— Ouais ! Il ne devrait pas tarder à revenir.
Cela faisait dix minutes qu’ils attendaient devant la porte. David était mal installé sous la fenêtre de la maison de vacances des grands -parents de Karen. Trop grand pour s’accroupir sans être vu, il s’était allongé e t utilisait son pouvoir de télépathie pour surveiller l’entrée. Maintenant qu’il maîtrisait sa capacité à voir les souvenirs d’une personne, il tentait à tout prix de réussir à parle r avec plus d’une personne à la fois. Il s’y était exercé en vain tout l’été.
Angèle se moquait de lui. Allongé par terre de la s orte, elle le trouvait ridicule. Elle n’était pas très petite non plus, mais sa tête ne d épassait pas de la fenêtre fermée. Elle avait trouvé des chats errants à qui elle avait dem andé de faire le guet pour eux, mais elle avait peu d’espoir qu’ils le fassent. Elle ten tait de bien prêter attention à ce qui se passait dehors.
— Tu crois qu’il va bientôt revenir ? demandait Dav id sans arrêt.
— Etant donné que tu n’arrêtes pas de geindre, ça n e m’étonnerait pas qu’il prenne son temps !
— Très drôle !
— Merci ! Je croyais que nous devions le surprendre ? Il faudrait arrêter de parler si on veut que ce soit possible ! Il va t’entendre.
— Angèle, je peux te poser une question ?
— Non.
Elle savait très bien sur quoi allait porter sa que stion, elle y avait échappé tout l’été grâce à ses amis qui lui permettaient de changer de sujet. Sauf qu’aujourd’hui, personne n’était là pour lui sauver la mise, ils étaient seuls.
Elle ne voulait pas entendre, mais David ne faisait pas attention à ce que lui disait Angèle. Il voulait le lui demander depuis le début des vacances et il voulait profiter de l’occasion qui se présentait.
— Mais si, c’est sûr…
— UNE SURPRISE !! Tu veux que je t’explique la définition de ce mot ?
David fut un peu stupéfait par la violence de la ré action d’Angèle. Peut-être savait-elle déjà sur quoi allait porter sa question. Il sourit.
— Oui, vas-y ! dit-il.
— Je n’ai pas que ça à faire.
— S’il te plaît, je veux juste te poser une questio n !
— Et moi, je veux juste que tu me laisses tranquill e, répondit Angèle les yeux toujours fixés sur la fenêtre. Tu vois, personne n’ a ce qu’il veut !
— Soit je te la pose à haute voix, soit je le fais par la pensée. C’est à toi de choisir ce que tu préfères.
Lorsque David entamait ce genre de conversation ave c quelqu’un, ils se retrouvaient dans une sorte de vide, une salle sans mur ni plafo nd d’où on ne pouvait sortir que par
la volonté du jeune homme ou si on était réveillé e n sursaut. L’année précédente, Angèle en avait déjà fait les frais.
La menace de David eut l’effet escompté. Angèle sav ait que si elle le laissait utiliser son pouvoir, il ne la laisserait pas partir et en v iendrait au sujet qui fâche. Elle se retourna donc vers lui et le regarda, contrariée.
— Ça va ! Tu pourrais au moins faire semblant d’être agréable ! lança David.
— Pas avec toi !
— Tu t’es levée du pied gauche ou quoi ?
— Ou quoi ! C’est la question que tu voulais me pos er ?
David commençait à s’apercevoir qu’Angèle s’impatie ntait. Comme ils n’avaient pas beaucoup de temps, il lui répondit :
— Non ! Mais je pense avoir la réponse à la questio n que je voulais te poser.
— Oh ! Et quelle est-elle ?
— Je voulais savoir si tu avais revu Olivier, mais je pense que si tu l’avais revu dernièrement, tu serais de bien meilleure humeur, e t beaucoup moins désagréable.
Il avait touché un point sensible, comme à chaque f ois. Tout le monde savait qu’Olivier était le point faible d’Angèle et lui en avait fait la remarque un jour ou l’autre. Elle tourna le dos à David qui se mit à rire.
— J’ai raison ? demanda-t-il l’air narquois.
— Non ! Je l’ai revu durant les vacances.
David attendit une suite qui ne vint pas. Il se mit à genoux et regarda Angèle dans les yeux :
— Et alors ?
— Et alors quoi ?
— Qu’est-ce qui s’est passé ?
— Ça ne te regarde pas !
— Oh oh ! Tu essayes d’éviter la question !
— Il ne s’est rien passé ! D’ailleurs, pourquoi se serait-il passé quelque chose ?
David ouvrit de grands yeux et se rallongea, déçu. Elle n’était pas du tout du genre timide. Il ne comprenait pas qu’elle n’ose pas sort ir avec un garçon dont elle était de toute évidence amoureuse.
— Angèle ! Tout le monde se souvient de ce qu’il s’ est passé l’an dernier !
— Ah bon ? Je croyais que tout le monde avait oubli é, au contraire ! Mais dis-moi, que s’est-il passé ? Tu peux me le dire ?
Après avoir vaincu le Croc-Mitten, le premier démon que leur avait envoyé le tyran -qui n’était autre que l’oncle d’Angèle -, ils avaie nt dû lancer un sortilège d’oubli qui effaçait tout ce qu’avait fait Angèle lorsqu’elle é tait sous son influence au cours de l’année passée. Car le Croc-Mitten l’avait fait agi r d’une manière très provocante et son comportement aurait pu mettre la puce à l’oreille d e certains. D’ailleurs, elle avait même tenté de coucher avec Olivier pour tomber enceinte de lui et donner un héritier au Mal.
— Plusieurs personnes pourront en témoigner. Tu sai s ? Quand tu lui as donné son porte-bonheur et qu’il t’a embrassée !
Ah ça ! Oui, Angèle se souvenait très bien de ce premier vrai baiser avec Olivier et de ce qu’elle avait ressenti à ce moment-là : la certi tude qu’avec lui, tout le reste n’existait pas.
Elle ne savait pas si elle avait aimé ou non cette sensation. Certes, ce fut agréable, mais elle s’était sentie fragile et vulnérable, ce qu’elle n’appréciait pas.
— Je m’en souviens, ne t’en fais pas.
— Et ? Ne me dis pas que vous en êtes restés là !
— Alors je ne te dirai rien.
— Quoi ?! Non, tu n’es pas sérieuse !
— Si ! Pourquoi ?
Impossible ! David, qui pouvait lire dans les pensé es des deux jeunes, ne comprenait pas ce qui les empêchait d’être ensemble. Quelque c hose bloquait au niveau d’Angèle qui freinait Olivier. Il n’arrivait pas à savoir qu oi. Une histoire à propos d’un ancien copain, mais il n’en savait pas plus.
— Attend Angèle ! Tu l’aimes ! Il t’aime ! Qu’est-c e que tu attends ?
— Que tu me laisses tranquille !
Angèle commençait vraiment à être exaspérée. Elle d étestait discuter de ce sujet avec David car elle avait toujours une mauvaise imp ression quand il en parlait. Elle le trouvait trop insistant et ça ne lui paraissait pas normal. Mais David n’avait pas l’intention d’arrêter.
— Si j’étais toi, je lui sauterais dessus !
— Oui, mais tu n’es pas moi !
— C’est vrai ! S’il te plaît, tu peux au moins me d ire pourquoi tu ne veux pas le voir, non ?
— Je n’ai jamais dit que je ne voulais pas le voir.
— Pas directement.
Angèle se retourna vers David avec l’intention gran dissante de l’injurier. Mais il la regardait avec un tel air triste, suppliant et sur- joué qu’elle eut alors envie de rire. Pour ne pas le lui montrer, elle lui répondit simplement :
— C’est parce que je manque de confiance en moi.
— Si tu veux, je peux t’aider de ce côté-là.
L’aider à avoir confiance en elle ? Comment comptai t-il s’y prendre ? Certes, Angèle avait vu David séduire une fille par jour cette sem aine, mais comment pouvait-il transmettre ça à Angèle ?
— Ah bon ? Comment ?
— Cécile dit souvent que j’ai tellement confiance e n moi que je pourrais en donner aux autres.
C’était sans doute vrai.
— Ça ne me servirait à rien.
— Mais pourquoi ?
— J’ai peur que Jonathan s’en prenne à lui. Je ne v eux pas qu’il lui fasse subir la même chose qu’à moi.
Elle ne se souvenait que trop bien de sa rencontre avec Jonathan, le tyran qu’elle devait combattre dans quelques années. Elle avait e ncore des frissons en se souvenant de ce qu’il lui avait fait subir. Des tor tures encore et encore, dans une salle secrète, dans le seul but de l’affaiblir et de lui montrer qu’il était plus fort qu’elle.
Il avait voulu profiter du temps pendant lequel ell e n’était pas encore assez puissante pour lui faire peur. D’ici quelques années, elle se rait beaucoup plus forte que lui et pourrait lui faire payer ce qu’il lui avait fait. E lle avait déjà des idées pour se venger, mais elle craignait d’en parler, de crainte de faire peur à ses amis.
Elle se souvenait aussi de ce qu’il avait fait quan d elle avait refusé de lui dire ce qu’il voulait entendre. La sensation du Croc-Mitten entra nt en elle et absorbant sa force vitale jusqu’à ce qu’elle accepte de faire le mal é tait elle aussi toujours trop présente dans son esprit.
C’était justement pour éviter qu’une chose pareille ne se produise qu’on les avait envoyés sur Terre. S’ils étaient restés sur Vénizy, Jonathan les aurait kidnappés et les aurait élevés pour faire le Mal à ses côtés. Pour é viter cela, ils auraient dû faire l’objet d’une surveillance constante.
Bien entendu, Angèle n’aurait jamais pu le supporte r, et le roi qui avait écrit la Prophétie avait dû le prévoir. En conséquence, il a vait fait construire une machine leur permettant d’avoir un corps compact sur Terre afin de les y envoyer pour qu’ils soient à l’abri.
Repenser à tous ces évènements faisait mal à Angèle . Elle baissa les yeux et envoya un message télépathique à David.
— On peut changer de sujet s’il te plaît ?
— Bien sûr !
— Merci !
Il la regarda d’un air inquiet. Elle n’était pas du genre à implorer les gens pour obtenir ce qu’elle voulait, et encore moins David. Et elle le lui avait dit par télépathie alors qu’ils n’étaient que tous les deux. Ça devait vraiment lui peser. Mais il savait exactement quel sujet remonterait le moral d’Angèle.
— Au fait, enthousiaste.
tu commences à travailler quand ? demand a-t-il avec une voix
— Début septembre, comme vous !
A la fin de l’année précédente, Angèle avait décidé d’arrêter le lycée pour travailler dans le magasin d’une ancienne apprentie de ses par ents. Commerçants, ils avaient été ravis que leur fille suive leurs traces et avai ent donc donné facilement leur accord. Elle suivrait désormais des cours par correspondanc e.
— Je peux te poser une question, Angèle ?
— A condition que ce soit sur le travail !
— Oui, ne t’inquiète pas !
— Je t’écoute.
— Tu n’as pas encore seize ans, tu as le droit de travailler ?
Angèle s’était attendue à ce qu’un de ses amis lui pose la question à un moment ou un autre. Elle aurait pourtant cru qu’Éric le ferai t, lui qui voulait toujours tout savoir. Sans doute son ami avait dû chercher une jurisprude nce sur un mineur de quinze ans ayant travaillé et s’était arraché les cheveux à ch ercher encore et encore.
Après tout, l’école était obligatoire jusqu’à seize ans, mais elle continuait par correspondance. Elle n’arrêtait pas. Elle n’avait c ependant pas le droit de signer un contrat de travail avant le trente et un octobre su ivant, David avait raison.
— Eh bien, le seul contrat que j’aie le droit de si gner aurait été un contrat de préapprentissage, mais pour deux mois, c’était un p eu compliqué.
— Alors, tu vas commencer le trente et un octobre ?
— Officiellement oui, mais je vais travailler bénév olement en attendant.
David eut l’air perplexe, ce qui amusa Angèle. Puis il eut l’air désespéré et lui demanda :
— En fait, tu vas travailler gratuitement ?
— Non ! Je vais donner un coup de main contre de l’ argent.
Elle eut ce petit rire innocent et moqueur que Davi d adorait et qu’il n’avait pas entendu durant tout le temps où elle avait été poss édée.
— Tes parents ne disent rien ?
— Mes parents sont commerçants, mon père signera mo n contrat avec moi le jour de mes seize ans, et je connais très bien Lucille…
— Lucille ?