Le vide-sanitaire

Le vide-sanitaire

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Livres
113 pages

Description

Le vide-sanitaire est un recueil merveilleux, composé de nouvelles indépendantes qui, réunies, forment la biographie d’un personnage inhabituel.


De l’enfant meurtrier à l’adulte compositeur, en passant par l’adolescent aventureux, le héros de cet ouvrage nous confie tous les secrets, toutes les modulations de son âme. Il est entouré de personnages incroyables – un bel homme devenu obèse par tranquilité, une femme dont on a kidnappé l’utérus, et un ancêtre mythique à la réputation sulfureuse – mais également touchants de simplicité.


Si certaines histoires sont très brèves, d’autres nous plongent dans un quotidien emprunt de poésie. Comme nous, venez vous abriter dans le vide-sanitaire de JFK !



Ce recueil contient les nouvelles suivantes : Les marteaux, L'inefficacité des yeux de biche, Tante Mag, Les pieds au mur (weyanweer), Penser à autre chose, La théorie du chien, La fin du haricot, Une très vieille voiture, Mettre de côté, Négocier son départ, Eclipses, Léa, Cercles, Introduction à "Dialogue avec le gros", Dialogue avec le gros, Les funérailles de Monsieur Dubourdy, Zizique, Deux hippocampes.



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Le vide sanitaire est un recueil de nouvelles dans lequel le narrateur nous raconte son enfance, ses débuts à l’âge adulte, sa vie de trentenaire, les souvenirs de sa famille, ses déboires, les femmes qui sont entrées dans sa vie et en sont ressorties, mais aussi bien d’autres choses...


J’ai retrouvé avec plaisir le style de l’auteur que j’avais beaucoup apprécié dans la nouvelle Tante Mag (nouvelle que vous retrouvez dans ce recueil). Sa plume est toujours soutenue et sa manière de narrer les évènements m’a fait un peu penser aux livres de Marcel Pagnol que j’ai dévorés étant plus jeune.


Le personnage de ce recueil est un être à part qui ne semble pas avoir eu une vie très joyeuse, il suffit de voir qu’au moment où il nous parle il loge dans un vide sanitaire alors qu’il a la quarantaine passée (je pense même qu’il est plus âgé!!!). Cet homme a des réflexions assez particulières sur la vie, les gens qu’ils croisent ou qu’ils côtoient. J’ai trouvé parfois qu’il était méchant, parfois qu’il avait totalement raison. C’est quelque part un philosophe qui regarde différemment les choses, mais qui a surtout tendance à voir le côté sombre ce qui le rend très pessimiste. On ressent que c’est un homme blasé qui ne s’attache à rien ni à personne, mais qui a peur aussi et qui n’a jamais vraiment su quoi faire de sa vie.


Son humour aussi est atypique, on est même tenté parfois de dire qu’il n’en a pas. Nous assistons à certaines scènes singulières (je pense par exemple à un certain jeu de lancer avec un utérus!!!), rencontrons des personnages intéressants.


Ce recueil peut se lire dans l’ordre que l’on souhaite. Pour ma part je l’ai lu d’une traite et chronologiquement cela m’a permis de réellement voir une vie qui défile sous forme d’anecdote.


En bref, une lecture différente de ce que je lis d’habitude, mais très agréable.


Ma note : 4/5 - Boulimique des livres, chroniqueuse


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Informations

Publié par
Date de parution 11 septembre 2015
Nombre de visites sur la page 8
EAN13 9791094896280
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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A propos de cette édition :
Le vide-sanitaire JF Kogan
Éditions de l’Arlésienne
Retrouvez-nous surhttp://arlesienne-editions.com
Publié pour la première fois le 2 septembre 2015 Tous droits réservés. ISBN 979-10-94896-28-0 Dépôt légal automatique.
Source de l’illustration : Propriété de JF Kogan.
Introduction :
« Le vide sanitaire » est, dans la forme, un recueil de nouvelles ; on peut également le lire comme une série de souvenirs imaginaires racontés à la première personne par un narrateur échoué.
Les marteaux
1971.  Le premier cadeau véritable que je reçus de mon père était un marteau. Un vrai marteau à tête de métal, identique à ceux qui me fascinaient sur l’établi paternel, ceux que je voulais toujours attraper. Un vrai petit marteau, qui ne pesait pas bien lourd, certes, mais qui n’était déjà plus un jouet de plastique ou de bois ; un outil capable d’enfoncer de petites pointes, et qu’on tenait bien en main grâce à une bonne répartition des masses. Mon père, parfois soucieux de pédagogie, me montra qu’il fallait tenir le marteau par le bout du manche et frapper quelques faibles coups pour rien avant d’y mettre de la force. Il me proposa un morceau de chevron et quelques dizaines de petits clous pour que je m’entraîne, ce qui me divertit quelques minutes et suscita les applaudissements de ma mère ; de mon côté, je sentais bien que ce marteau m’invitait secrètement à toute autre chose : il y avait en lui un parfum d’armement, de destruction, de force invisible dans le prolongement de ma jeune main malhabile : on allait voir ce qu’on allait voir.  Dès lors je ne quittai plus mon marteau. Il dormait sur ma table de chevet, et je l’emportais sans rien dire à l’école, où il passait des heures au fond de mon sac : je le sentais en prenant mes cahiers, mes petits doigts palpaient le froid de l’acier et le lisse vernis du manche ; j’avais là une formidable arme secrète dont il ne fallait à aucun prix révéler l’existence.  Une question se posa rapidement : qu’allais-je faire de mon marteau ? Je m’étais bien appliqué à enfoncer mes petits clous didactiques, et c’était marre : le bout de chevron était criblé, inutilement lesté de pointes : il me fallait passer à un niveau supérieur. Je partis dans la forêt, assez loin de la maison. J’allais pouvoir me livrer à quelques nouvelles expérimentations. Je tapai sur le tronc d’un arbre, qui me parut étrangement mou ; frappant de toutes mes forces, je parvins à crever de l’écorce, et l’arbre me révéla sa chair blanche. C’était déjà un résultat.  Les arbustes n’avaient aucun intérêt : trop souples, ils vacillaient sous les coups de mon outil, les feuilles tremblaient mais je ne cassais rien je, n’abîmais pas. Le marteau réclamait du dur. Un rival digne de lui.  Je choisis un caillou : il se réfugia dans l’humus mou à la première percussion, et le bel outil fut taché de terre. J’eus alors l’idée de prélever au sol un autre petit caillou, que je coinçai cette fois-ci sur un rocher qui allait nous servir d’enclume naturelle. J’armai mon coup. Plus question de tapoter pour enfoncer le premier millimètre de pointe : je voulais que la masse de métal arrive sans préliminaires sur la pierre, une agression sauvage et gratuite, un choc inexplicable, brutal, un drame inaperçu au fond de la forêt.  Le caillou vola en éclats. Par chance, j’avais frappé juste. Il y eut une douleur sur mon visage, qui se mit à saigner vers la paupière, et je fus pris de panique. Le caillou s’était vengé, à l’instant précis de sa désintégration violente, en me tirant un éclat dans l’œil. Je courus vers la maison, où
l’on me soigna en m’assurant que ce n’était pas grave. J’étais humilié. J’avais laissé le marteau sur la scène du crime. Mon père alla le récupérer en riant.
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