Les Amants du Crépuscule

-

Livres
48 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Guérine est une Vampire, Drésil est un Elfe. Ils s'aiment, mais leurs peuples sont en conflit. Ils vont devoir apprendre à faire face aux coups du sort pour espérer un jour vivre ensemble...


Embarquez pour l'Entremonde, le monde magique, et suivez les Amants du Crépuscule à travers leur récit !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 2
EAN13 9782379600104
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0015 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Guillaume Guégan
Rappel
L’Entremonde est un monde parallèle au nôtre, un mo nde magique où vivent de très nombreuses créatures extraordinaires comme les Nains, les Centaures, les Fées, les Hufits, les Lycanthropes, les Vampires ou encore les Elfes. Ces derniers sont d’ailleurs à l’origine de la création des sorciers, des Anges et des Fils de la Lumière qui peuplent la Terre et l’Entremonde.
Avant Propos
Présentation de l'oeuvre
Tenons-nous-le pour dit : cette histoire ne m’appartient pas. Je ne suis que l’humble intermédiaire entre la rumeur, le mythe, la légende et le lecteur. L’analyse, cependant, me revient intégralement et j’assume l’entière responsabilité de mes propos. Le récit que vous allez lire n’est pas à mettre entre toutes les mains, et surtout pas entre celles des plus sensibles d’entre vous. Sachez-le avant d’aller plus loin : ce récit ne se termine pas bien ! Si vous êtes toujours là, si vous n’avez pas refermé ce livre, je vous en sais gré et vous encourage à poursuivre. L’histoire de Guérine et Drésil est la plus belle h istoire d’amour connue à ce jour. Elle fut popularisée en 1898 par le conte Les Amants en fuite, de Miranda Hawk. Un récit très documenté, si l’on en croit les historiens sorciers. On compara cette tragique aventure à celle de Roméo et Juliette, de William Shakespeare ou à Tristan et Iseult, un poème du XIIe siècle ; deux funestes histoires d’amour humaines. Pendant des siècles, dans l’Entremonde, o n prédit aux jeunes amants fougueux qu’ils finiraient comme les héros de cette histoire s’ils s’entêtaient. Prétendre que Guérine et Drésil ont existé serait une incohérence en raison des témoignages et des écrits, souvent contradictoires. Légende ou réalité ? Nous ne le saurons peut-être jamais, bien que de nombreux documents prouvent l’existence, au Ier siècle, d’un demi-Elfe, nommé Drésil et d’une Vampire qu’on appelait Guérine. Ces deux-là sont-ils le couple de la légende ? Comme on ne peut être catégorique, le doute planera toujours. Même si Guérine et Drésil vous sembleront frappés d’une véritable malédiction, les plus cartésiens d’entre nous comprendront que ce sont simplement les aléas de la vie qui vont séparer nos héros. Toutefois, à une époque où la mésentente entre les Elfes et les Vampires était à son apogée, beaucoup de ceux qui entendirent cette histoire pensèrent qu e le sort avait cherché à écarter Drésil de Guérine. Les férus de romances tragiques aiment à croire en cette version. Mais Guérine et Drésil est surtout un récit métaphorique pour expliquer aux jeunes sorciers, Elfes ou Vampires que, dans la vie, rien n’est jamais acquis et que l’on peut tout perdre, à tout moment, à cause de facteurs extérieurs. Je vous laisse seuls juges... Avant de commencer notre récit, je tiens à remercier chaleureusement l’ensemble du gouvernement magique (et tout particulièrement Nééri Mc Gik) qui m’a autorisé à consulter les archives des monts Calimani à de nombreuses reprises. Bonne lecture !
Guillaume Guégan
PREMIERE PARTIE
DE SOLARIA A REDROJO
Entremonde, Elfes et Vampires
L’Entremonde– ou Intere’ha, qui signifie littérale-ment la même chose – est souvent surnommé le « monde magique » par les sorciers qui, eux, sont nés sur Terre (cette interprétation est sujette à caution, NDLA). Il se compose de trois continents : Tark-El- Han, le plus cosmopolite ; Aeldan, le plus inexploré ; et Prima, le plus vaste. Chacun de ces territoires jouit de caractéristiques diverses mais nous nous intéresserons principalement à Prima. Le continent principal, souvent dédaigneusement surnommé « le vieux continent » par les habitants de Tark-El -Han, se divise en trois zones bien distinctes : le Territoire Noir, au nord, une région essentiellement occupée par les démons ; le Comté de Suria, au sud, un conglomérat de villes et de villages sous l’égide du Comte Alphane ; et les terres du Nashram, au centre, un paysage verdoyant, où vivent (entre a utres) Elfes et Vampires, des créatures dissemblables. Les premiers habitent dans le Palais de Solaria, un lieu-dit à l’ouest du Nashram. Ils se sont autrefo is autoproclamés défenseurs des plus faibles et dirigent en temps de guerre les plus grandes armées du territoire. Bien qu’ils apprécient davantage le dialogue et la diplomatie, les Elfes font d’excellents combattants car ils allient la puissance de leur magie à l’efficacité de leurs armes. Au fil des siècles, Solaria est devenu un véritable refuge pour les créatures opprimées, accueillies au château jusqu’à ce qu’elles souhaitent s’en aller. D’un blanc éclatant, le palais trône au sommet d’une colline dominant la Plaine du Visionnaire, une immense étendue verdoyante. Les Elfes se sont illustrés lors des conflits contre les démons, les pires créatures qui soient. Au début de l’Âge Primaire, grâce à leurs dons extraordinaires et avec l’aide de leurs alliés les plus fidèles, tels que les Fées et les Nains, les E lfes sont parvenus à expédier les démons loin de l’Entremonde , sur une terre encore primitive : la nôtre. Cependant, pour garantir la protection de ses habit ants, dont l’évolution prochaine ne faisait aucun doute, le roi elfe d’alors se sacrifia au cours d’u n rituel pour accorder de la magie à quelques élus « autochtones » en manipulant leurs gènes. Ainsi naqu irent les sorciers, les Anges et les Fils de la Lu-mière. Leurs pouvoirs et l’espèce humaine évoluèrent parallèlement. Un jour, les sorciers puis les démons gagnèrent – ou regagnèrent – l’Entremonde, déchirant le voile entre les mondes, mais ceci est une autre histoire. Les Vampires, eux, ont hérité de l’affreuse réputation de leurs ancêtres qui embrassaient souvent les desseins des démons. Ceux-ci leur promettaient une part intéressante de victimes à se « mettre sous la dent ». Révélons-le : les Vampires ne sont pas prof ondément cruels, ils ont seulement besoin de se nourrir, le sang leur permettant de survivre. Bien qu’ils consomment toutes sortes de mets par simple gourmandise, aucun aliment ne leur est aussi indispensable que le sang. Jadis, on les accusait, parfoisà tort, d’être de véritables prédateurs, pareils aux Garwalfs ou aux Insectors. Cependant, quand ils comprirent que le sang animal était tout aussi nourrissant que celui des humains, ils préférèrent s’en abreuver, mettant un terme aux rumeurs. Pendant plu sieurs siècles, les Vampires pensèrent que la morsure était également l’unique moyen de perpétuer leur espèce, jusqu’à la découverte de l’un d’entre eux : ils pouvaient s’accoupler lors d’éclipses lunaires. Bien sûr, il fut moqué et même banni de sa communauté car aucun Vampire n’envisageait d’attendre une éclipse pour en féconder un autre, leur impatience jurant avec leur grande longévité. Les Vampires vivent dans des clans nommés « Maisons », la seule notion qui prévale chez ce peuple. Même le concept de famille s’efface devant elle. C’est pourquoi les Vampires sont aussi disséminés à travers les mondes. Ils sont hautains et méprisants, et pas uniquement les plus aristocrates d’entre eux. Ils aiment manger, faire la fête, ils apprécient l’ art et la musique mais savent se battre lorsque la situation le requiert. Beaucoup ignorent cependant la notion d’amour. Techniquement, ils ne sont pas vivants. Pas tout à fait. Ils se trouvent dans une sorte de demi-vie, ni vivants, ni morts, un entre-deux difficile à assumer. Leur âme et leur esprit sont fonctionnels, contrairement à leur corps. Pour toutes ces raisons, autrefois, Vampires et Elf es se détestaient. Pas tous, bien sûr, mais les conflits entre ces deux espèces étaient légion. Une situation regrettable puisqu’elles partageaient des traits communs, tels que leur grande longévité, leu r sens de l’honneur et leur respect de l’égalité entre hommes et femmes.
CHAPITRE 1 Garçon du jour, fille de la nuit
C’est dans ce contexte que naquirent Guérine, Vampire de Redrojo, et Drésil, mi-Elfe, mi-sorcier, en 44 de l’Âge Troisième, pendant une période que l’on nommera plus tard l’Âge de la Terreur, et qui prendra fin en 375, à l’issue d’une guerre idéologique déclenchée par l’impérialisme sorcier. Certainsy verront déjà un signe. Moi, je n’y vois qu’une simp le coïncidence, ce récit étant suffisamment complexe sans avoir à y insérer quelque superstition. La mère de Guérine était la sœur du Prince-Père, le dirigeant de la Maison Stoker, à Redrojo. Son père, cependant, n’était qu’un simple archiviste, u n homme respectable, avec un emploi respectable, mais pas un aristocrate. Drésil était le troisième enfant du roi elfe Héril, héros du Troisième Âge d’Or, et de la reine Prima. Celle-ci était une sorcière, pas une Elfe, mais à S olaria, l’amour l’emportait sur la raison. D’autant qu’elle était l’aînée d’Antedenudeus, le premier sorcier à avoir gagné l’Entremonde. Ainsi, si l’on attendait beaucoup de la petite Guér ine, Drésil, lui, avait une vie bien plus libre et heureuse. Redrojo, au nord-est du Nashram, n’était pas une vi lle à proprement parler mais plutôt un grand village de deux cents âmes (sans compter les soldats, dont le nombre variait trop fréquemment). Une telle concentration de Vampires était assez exceptionnelle pour être soulignée. En effet, malgré leur apparente maîtrise d’eux-mêmes, les conflits entre les clans, appelés Maisons, survenaient souvent. Le village s’était agrandi au fil des années autour d’une imposante bâtisse en granit, un château rudimentaire, une sorte de gros donjon encadré par quatre tours très étroites et terriblement pointues. Les autres habitations de Redrojo, des tours de tro is étages maximum et des maisons aux toits très bas, extrêmement pentus, se dressaient, rectilignes. Des rues pavées serpentaient entre les demeures. En raison de sa proximité avec la mer, l’amplitude thermique n’était pas très élevée. Les vents en prove-nance directe du Territoire Noir refroidissaient l’air significativement. Il ne faisait donc jamais plus de douze degrés, Saison Rouge comme Saison Blanche, cela arrangeait bien les Vampires, qui ne supportaient nullement la chaleur. En cette année 54, la Saison rouge se montrait douce, presque trop chaude avec ses quinze degrés. C’était la première fois, en vingt-sept ans, qu’il était si pénible de mettre le nez dehors. Tandis qu e les adultes hésitaient à sortir, les enfants couraient dans les rues à la recherche d’un jeu. Au nord du château, la petite Guérine grimpait à vive allure la pente douce d’une basse colline, couverte de hautes herbes couleur paille ; elle y cherchait une cachette. Un peu plus au sud, la voix de son camarade Komi résonnait, il comptait à rebours, comme le voulait le Jeu de la meilleure cachette. Le but était plutôt simpliste : l’explorateur comptait à rebours jusqu’à cent pendant que les autres filaient se cacher. C elui qui était trouvé en dernier gagnait la partie et devenait explorateur à son tour. Au sommet de la colline se tenaient trois petites maisons, en formation serrée, reliées par de longues ficelles qui servaient à suspendre le linge mouillé. Les yeux émeraude de Guérine se fixèrent sur différentes cachettes potentielles, un gros rocher ou un large tonneau vide, mais ils s’arrêtèrent sur la maison de Madame Maricis, une Vampire aigrie, dénuée d’allant. Guérine observa le toit de la maison et un large sourire étira ses lèvres. L’avant-toit entrait pratiquement en contact avec le sol, laissant un espace suffisamment large pour se cacher dessous. La jeune Vampire rampa ventre à terre dans le petit tunnel formé par l’écart entre le toit et le mur extérieur. Une fois tout son corps à l’intérieur, elle se retourna de façon à voir qui venait dans sa direction. Les grandes herbes la cachaient plus encore. Sa respiration haletante formait de petits nuages avec la terre et une petite araignée dont c’était le domicile en fut contrariée. Elle entendit Komi qui hurlait « zéro », et le stress monta. Elle était certaine de gagner ! Les minutes passèrent, des cris et des rires lui parvenaient de temps en temps depuis le village, mais personne n’avait encore eu l’idée de monter sur la colline. Guérine s’en félicita : elle était plus maligne
que tous les autres jeunes Vampires qu’elle connaissait. Solaril, le soleil, effectuait sa course dans le ciel d’un bleu éclatant et, toujours, Guérine demeurait allongée dans la terre, de plus en plus impatiente. Depuis combien de temps la cherchait-on ? Devait-elle se risquer hors de son excellente cachette pou r tenter de voir où se trouvaient ses amis ? La décision fut prise en une seconde. Guérine rampa dans l’autre sens, sa frimousse blafarde émergeant de l’ombre, et les rayons du soleil l’aveuglèrent momentanément. Il n’y avait plus ni rires ni éclats de voix, le calme total. Un peu déçue, Guérine se redressa et frotta sa robe verte pour chasser la poussière qui s’y était agglutinée. En redescendant vers le village, la jeune Vampire comprit qu’une fois de plus, o n l’avait bernée. Ce n’était pas la première fois que ses soi-disant camarades lui proposaient de jouer au Jeu de la meilleure cachette en « oubliant » de venir la chercher ensuite. Quelle idiote ! Komi et les autres devaient être en train de se rouler par terr e en riant à gorge déployée, songeant à la tête de Guérine quand elle s’apercevrait enfin de la mauvaise blague. La fillette soupira en passant devant la tour de la Gardienne des eaux, la responsable de l’eau potable de Redrojo, une jeune Vampire qui se montrait toujours très attentionnée avec Guérine. La Gardienne des eaux apparut sur le seuil de sa demeure, elle transmettait ses instructions à ses em-ployés, dont la mission consistait à effectuer plusieurs allers-retours jusqu’à la rivière la plus pro che pour y remplir d’eau de grands tonneaux. — Tiens, ma petite ! Tu es encore toute seule, au-jourd’hui ? Guérine acquiesça, sans toutefois baisser les yeux. Elle n’avait pas honte, non. Les autres ne méritaient pas son amitié, tout simplement. La Gardienne des eaux poussa sur la porte de la tour, passa le bras à travers l’entrebâillement et sortit une p etite cruche en terre cuite, celle qu’elle donnait toujours à Guérine lorsqu’elle avait besoin de son aide. — Mes Coltineurs ne seront sûrement pas efficaces si tu ne leur donnes pas un coup de main, ma petite. Je te confie cette tâche ! La Vampire remit à Guérine la cruche vide. Celle-ci savait que ni la Gardienne des eaux ni ses employés n’avaient vraiment besoin d’elle, mais elle aimait se sentir utile et la Gardienne lui offrait cette chance à chaque fois qu’elle en avait l’opportunité. Après un bref hochement de tête, Guérine s’éloigna en direction de la sortie ouest de Redrojo. Elle faisait ce chemin plusieurs fois par mois sans jamais rencontrer personne d’autre que les Coltineurs. Ses parents se moquaient bien de ses pe tites escapades, ce qui, elle devait l’admettre, l’arrangeait bien. Si, les premiers jours, elle s’était bien rendue à la Rivière Zirandis, qui passait au sud du village, semaine après semaine, elle s’en était éloignée sans qu’on lui dise rien. Du moment qu’elle ramenait un peu d’eau, elle pouvait profiter de sa liberté comme bon lui semblait. Le mois précédent, Guérine était parvenue jusqu’au Lac du Serpent, dan s lequel les rivières du Serpent et Zirandis prenaient leur source. En partant le matin de bonne heure, elle avait pu rentrer juste avant qu’on la mette au lit. Au début, elle circulait uniquement à pied, mais ensuite, puisqu’elle s’éloignait de plus en plus de Redrojo, elle avait pu profiter de véhicules de marchands ou de théâtre ambulant. Cependant, récemment, elle avait réussi à maîtriser l’un des pouvoirs des Vampires : se transformer en chauves-souris. Sous cette forme, Guérine prenait pleinement conscience de tout ce qu’elle manquait en restant à Redrojo, de tout ce qu’elle raterait... Car les Vampires doivent se soumettre aux lois de leur Maiso n, et la Maison Stoker ne plaisantait pas avec tous ces protocoles ! Arrivée au Passage de Zirandis, un pont de bois...