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Les dauphins d'argent - tome 3

De
61 pages

Une boutique vient d'ouvrir en ville. Mais Léna découvre avec horreur que les propriétaires pillent les fonds marins et fabriquent des souvenirs pour les touristes. Il faut les arrêter ! Même si Tino et Émilie, la nouvelle, ne semblent pas prêts à l'aider...



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À mes parents, qui sont toujours là pour moi
Chapitre 1
lettrineLa journée de classe allait bientôt se terminer. Léna rangea son livre dans son cartable et regarda les aiguilles de l’horloge. Elles avançaient lentement vers 15 h 15.
« Plus vite ! s’impatienta-t-elle. Pourvu que Mlle Martin ne nous retienne pas après la sonnerie. »
L’institutrice croisa les bras sur sa poitrine et jeta un regard sévère à ses bruyants élèves.
— Personne ne sortira tant que je n’obtiendrai pas le silence complet. Laurine, cela te concerne aussi.
Léna aurait bien voulu que ses camarades se calment. Elle était un dauphin d’argent, une gardienne de la mer. Les dauphins d’argent étaient choisis pour veiller sur les océans. Léna portait autour du cou un pendentif magique qui la prévenait chaque fois que son aide était nécessaire. Elle se précipitait alors à la plage la plus proche pour nager jusqu’à l’endroit où elle devait intervenir.
Les dauphins d’argent étaient rares. Seuls les êtres humains qui vivaient en harmonie avec la nature et qui croyaient à la magie pouvaient le devenir. Léna en connaissait deux autres : son ami Tino et la grand-tante de celui-ci, Claudia. La vieille dame dirigeait l’association Sauvons la mer. Mais elle était désormais trop âgée pour remplir ses devoirs de dauphin d’argent.
Le silence se fit enfin dans la classe et Mlle Martin sourit.
— C’est bien, les enfants. Vous pouvez y aller.
Léna fut la première dehors. Comme elle s’y attendait, son pendentif se mit à vibrer. Ce n’était pas la première fois qu’elle devinait qu’il allait l’appeler. Elle le serra au creux de sa main afin que personne ne le voie bouger et se tourna vers Tino.
— Tu es prêt ?
Le garçon écarquilla les yeux : le badge en forme de dauphin accroché à son tee-shirt se mettait à vibrer à son tour. Vite, il plaqua son cartable sur sa poitrine pour le cacher.
— Oui, répondit-il.
— À demain, Sophie ! lança Léna.
Sa meilleure amie lui répondit en agitant son carnet de croquis. Elle avait décidé de faire le portrait de tous les chats errants des Sables d’Argent.
— Oh, les amoureux ! Oh, les amoureux ! les nargua Laurine tandis qu’ils se précipitaient vers la sortie de l’école.
Léna ne prit même pas la peine de lui répondre.
— Spirit, j’ai bien reçu ton appel, murmura-t-elle tandis que son petit dauphin donnait des coups de queue et se mettait à siffler.
Spirit était le chef du groupe de dauphins qui vivaient dans la baie. C’était toujours lui qui la contactait.
Le badge de Tino sifflait aussi de plus en plus fort. Léna jeta un regard inquiet vers les parents qui attendaient aux portes de l’école. Heureusement, seuls les dauphins d’argent pouvaient percevoir les appels des dauphins magiques. Ils purent donc s’en aller sans se faire remarquer.
— Quelle plage ? demanda Tino, hors d’haleine.
— La baie des Sables, c’est la plus proche, répondit Léna, les doigts toujours serrés sur son pendentif, qui continuait à s’agiter.
Ils dévalèrent la rue côte à côte et s’arrêtèrent sur la promenade afin d’enlever leurs chaussures et leurs chaussettes. Léna fut la première à sauter sur le sable. Elle courut vers la mer.
— On n’a qu’à tout laisser là, dit-elle en posant ses affaires au pied d’un gros rocher.
Tino avait du mal à la suivre. C’était seulement la deuxième fois qu’il répondait à l’appel des dauphins et il marchait avec difficulté sur les rochers glissants. Léna se retourna. Elle s’efforçait toujours de répondre à l’appel de Spirit le plus rapidement possible. Mais cette fois-ci elle avait l’impression que ce n’était pas urgent. Peut-être devrait-elle attendre Tino ?
— Pars devant ! lui lança-t-il.
Elle entra dans les vagues, soulagée. Et si elle se trompait ? Si c’était très grave ?
Dès que l’eau lui arriva à la poitrine, elle plongea et ses jambes se soudèrent. Elle poussa des sifflements joyeux et s’éloigna vers le large. À peine sortie de la crique, elle perçut des vibrations dans l’eau.
— C’est toi, Spirit ? siffla-t-elle.
— Oui, dauphin d’argent, répondit-il. Quelle rapidité !
Il surgit devant elle et frotta son nez contre le sien. Spirit était magnifique avec sa longue bande jaune sur le flanc et les raies noires qui allaient de ses yeux et de sa bouche jusqu’à ses nageoires. Léna, intimidée, frotta à son tour son nez contre le sien.
— Quelle est ma mission aujourd’hui ? demanda-t-elle.
— Un bateau a jeté l’ancre devant les falaises pendant l’après-midi. Il avait à son bord deux plongeurs qui ont remonté beaucoup de choses du fond de la mer, mais j’ignore quoi. Avant de repartir, ils ont jeté toutes leurs ordures par-dessus bord.
— Heureusement que tu les as vus ! soupira-t-elle.
Les détritus représentaient un grand danger pour les animaux marins : ils les prenaient pour de la nourriture et s’étouffaient avec.
Tino fit surface à côté d’eux.
— Me voilà ! haleta-t-il.
Spirit vint le saluer.
— Merci d’avoir répondu à mon appel, dauphin d’argent.
Tino rougit, très impressionné.
— Aujourd’hui, c’est opération nettoyage, poursuivit Spirit. Venez avec moi.
Au bout de quelques mètres, il s’aperçut que Tino peinait à les suivre et ralentit.
— Il faudra que tu m’apprennes à faire comme toi avec les bras, chuchota Tino à Léna.
— Tu verras, c’est facile, le rassura-t-elle.
La transformation de Léna en dauphin d’argent s’était faite tout naturellement. Elle avait déjà assimilé un tas de choses, même s’il lui restait encore beaucoup à apprendre.
Ils arrivèrent au pied des falaises qui séparaient la baie des Sables de l’anse aux Mouettes. Léna laissa échapper un cri devant la quantité de déchets. On aurait dit que quelqu’un avait déversé une benne à ordures dans la mer. Il y avait des cannettes vides, des cartons et une grosse quantité de sacs en plastique : toutes ces choses étaient très dangereuses pour les animaux marins.
— C’est dégoûtant ! s’exclama Tino. Pourquoi les gens font-ils ça ?
— Par paresse, le plus souvent, soupira Léna.
— Et par ignorance, ajouta Spirit. Ils ne se rendent pas compte des conséquences.
Comme Spirit devait rejoindre son groupe, il laissa Léna et Tino travailler. Tino tomba sur un grand sac en plastique dans lequel ils allaient pouvoir mettre toutes les saletés.
— Un dauphin aurait pu s’étouffer avec ! remarqua Léna. Autant nous en servir.
Elle frissonna en pensant à son ami Bulle, le fils de Spirit. Ce petit curieux aurait très bien pu se coincer dedans.
— Je me demande ce que ces plongeurs cherchaient, murmura Tino. Regarde !
Il montrait un emballage avec une étiquette colorée.
— « Lanière extensible. Permet d’accrocher la lampe au bras pour nager les mains libres. » Et tu as vu celui-là ? « Filet de plongée haute résistance en poly… » Je n’arrive pas à lire la suite. Plus bas il y a écrit que c’est le sac idéal pour rapporter sa récolte en mer.
— C’est bizarre. Il n’y a aucune épave dans le coin. Qu’est-ce qu’ils pouvaient bien chercher ?
Une petite brise ramena les cheveux de Léna sur son visage. Elle les repoussa en frissonnant, prise d’un mauvais pressentiment.
— Qu’est-ce qui t’arrive ? s’inquiéta Tino. Tu es toute pâle.
Elle secoua la tête.
— Rien. Oh !
— Quoi ?
— Je sens des vibrations ! s’écria-t-elle avec un grand sourire. Quelqu’un nage dans notre direction et je crois savoir qui c’est !