Les Enfants de Pangée - 2 : Défense

Les Enfants de Pangée - 2 : Défense

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Les Enfants de Pangée se sont réveillés.
Mais l’Humanité, elle, dort toujours.
Ils se sont fédérés.
Mais la Terre, elle, ne décolère pas.
Il ne reste que peu de temps avant que l’extinction ne commence.
Peu de temps pour convaincre les adultes de ce qui se prépare, peu de temps pour forcer un changement de civilisation... et beaucoup d’obstacles pour leur faire barrage.
Les Enfants de Pangée entrent en lutte pour prouver qu’ils existent et qu’ils disent vrai.
Ils vont devoir devenir Veilleurs et en payer le prix.

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Ajouté le 16 octobre 2017
Nombre de lectures 244
EAN13 9782370115768
Langue Français
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Les Enfants de Pangée
Tome 2Défense
Stéphanie Aten
© Éditions Hélène Jacob, 2017. CollectionFantastique. Tous droits réservés. ISBN : 978-2-37011-577-5
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Elles étaient si nombreuses, ces civilisations disparues, emportées par des mystères, englouties par les eaux, recouvertes par la terre, dont les archéologues passaient leur temps à redécouvrir les vestiges aux quatre coins du globe. Des pyramides monumentales se dressant sous locéan au large du Japon, de Cuba, ou des Açores, aux ruines des villes olmèques ou minoennes, la Terre entière était constellée des traces d’une histoire bien plus riche et complexe que l’Humanité ne l’avait imaginée. Un passé qui avait vu nombre de nos ancêtres atteindre des sommets de modernité, avant de subitement disparaître. Un passé qui témoignait d’une évolution qui n’avait rien de linéaire, bien au contraire. Elle était chaotique, hachée, se prenant continuellement les pieds dans le tapis, dégringolant de son échelle, contrainte de tout recommencer, remise à l’épreuve une nouvelle fois. Une évolution perpétuellement remise en question à travers un nombre croissant de civilisations devenues vestiges. Depuis quelques années, les documentaires sur les « apocalypses », les « cataclysmes », le danger mortel que représentait, pour nous, notre propre planète, s’étaient eux aussi multipliés, tels les corollaires d’une prise de conscience en marche. Non, l’Humanité n’avait pas gagné les clefs de l’éternité. Non, l’Humanité n’était pas toute puissante. Oui, elle pouvait disparaître en un claquement de doigts, de bien des façons et sans même avoir le temps de s’y préparer. Les scientifiques, loin de chercher à faire du sensationnel, ne faisaient que ramener sous la lumière, de nos jours, le spectre d’une histoire que les hommes avaient tort de considérer comme révolue. Le voile se levait, avec de moins en moins de délicatesse, sur la probabilité élevée d’un avenir brusquement stoppé. Mais comment accepter de croire en un destin funeste lorsque l’on est l’espèce la plus avancée d’une planète exceptionnelle ? Comment se résoudre à vivre en perpétuel sursis, alors que tout nous sourit ? L’Homme était un enfant prodige. La version la plus aboutie de la vie consciente et intelligente. Ilne pouvait pasdisparaître dans les caprices de cataclysmes, c’était inepte: il avait bien trop évolué pour finir comme cela ! Du moins, s’en était-il convaincu.
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La voiture roulait à vive allure, mais Corail ne voyait plus le paysage défiler. Depuis plusieurs kilomètres, il n’était plus que rais de lumière.Il s’étirait en traînées floues et colorées, perdant sa consistance et son apparence, jusqu’à ne plus présenter aucune tangibilité. Elle observait le spectacle sans ciller, absorbée par des pensées qui effaçaient la réalité pour la remplacer par une autre. Depuis que Charles l’avait sauvée des agents de la DGSI, elle n’avait pratiquement pas parlé. Tous deux avaient quitté la ville, changé de voiture, roulé longuement. Le garde du corps avait emprunté maints détours pour s’assurer qu’il n’était pas suivi et prenait la direction de la maison où Corail avait retrouvé son grand-père, quelques jours plus tôt. L’adolescente avait gardé le silence tout du long, plongée dans les flashes qui envahissaient son esprit, comme pour le tapisser d’une nouvelle mémoire.Elle savait. Oui, elle savait beaucoup de choses, à présent. Le processus avait commencé à s’activer durant son interrogatoire par les services de renseignements et semblait ne plus vouloir s’arrêter. Les informations déferlaient, comme si elle était en téléchargement, mais elle peinait à y démêler l’écheveau du temps. Elle n’arrivait pas à déterminer si les images qu’elle voyait provenaient du passé, ou si elles constituaient des avertissements. Lasse, elle soupira et se frotta les yeux. Ça va ? lui demanda Charles. Ouais. Désolé pour les détours, mais c’était un mal nécessaire.Le véhicule venait de quitter la route nationale et s’engageait sur le petit chemin caillouteux qui serpentait entre les bois et menait à la demeure de Guillaume. Tu es très attendue, la prévint Charles. Ah, bon ? Guillaume a fait convoquer pas mal de monde, juste après t’avoir revue.En prévision de ce qui pourrait se passer. Corail haussa les sourcils : son grand-père avait été fort inspiré. Tu sais vraiment ce qu’il faut faire ? lui demanda Charles sur un ton inquiet. Oui. Je sais.
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Vous pouvez vraiment empêcher l’extinction? On peut. Et tu penses que vous allez y arriver ? L’image d’une planète cimetière, plongée dans un hiver séculaire, vint heurter son esprit comme si la voiture venait de percuter un arbre. On verra. Charles resserra l’emprise sur son volant et accéléra. Ils débouchèrent dans la clairière, où se dressait fièrement la grande maison. Cossue, imposante, solide. Une bonne dizaine de véhicules
étaient garés devant, et les mêmes vigiles que la fois précédente étaient postés près du perron. Des silhouettes, nombreuses, se laissaient deviner à travers les baies vitrées du rez-de-chaussée. Charles avança jusqu’aux marches de l’entrée et coupa le moteur. Il eut un instant de silence. Prête ? À quoi ? À expliquer tout ce que tu sais.
«Expliquer tout ce qu’elle savait». Le devait-elle vraiment ? Pour le rassurer, elle acquiesça, mais, au fond, les connaissances qui lhabitaient, généraient bien plus de problèmes qu’elles n’apportaient de solutions.Charles descendit et vint lui ouvrir. À peine avait-elle posé le pied par terre qu’elle vit Guillaume sortir de la bâtisse pour l’accueillir. «Attendue » était le mot juste. Comment tu vas ? lui demanda-t-il en l’enserrant de ses bras.Elle s’y blottit, mais, curieusement, ne se sentit plus aussi soulagée que la dernière fois.Bien…Son grand-père lui enserra le visage de ses mains et plongea ses yeux dans les siens. Il avait beau s’être préparé à la situation pendant des années, le regard du vieil archéologue brillait d’inquiétude et son doux sourire ne parvenait pas à le masquer.J’ai ici des gens qui sont impatients de te rencontrer et de comprendre ce qui va se passer. Je resterai à tes côtés.
Elle hocha la tête, tout en assistant intérieurement à la fin du monde vivant. Elle gravit les marches et entra dans la maison. Une bonne odeur de café et de feu de cheminée emplissait les lieux, mais elle était totalement occultée par la rumeur, vibrantede nervosité, qui émanait du salon. Le cœur palpitant, Corail approcha, et son arrivée fit aussitôt taire les murmures. Les visages se tournèrent vers elle en un mouvement unanime, et elle crut se faire engloutir par leurs regards fascinés.
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Mes amis, je vous présente ma petite-fille. La voix de Guillaume résonnait de fierté. L’assistance approcha, se confondant en salutations diverses, embourbée dans une déférence empruntée. Corail sentit les mains de son grand-père se poser sur ses épaules et, avec elles, le poids du monde entier. Elle va tout nous dire, ajouta-t-il. « Tout» Elle n’était pas certaine d’aller jusque-là. Les personnes réunies avaient un point commun : la croyance. Toutes représentaient une religion, ou une culture, dont les traditions anciennes faisaient état de cataclysmes. Il y avait là un prêtre, un imam, un rabbin, un moine bouddhiste et un brahmane; ainsi qu’un chef maya, un chef inca, un chef hopi, un émissaire des Dogons du Mali. L’histoire de l’Humanité était nimbée du spectre del’apocalypse, un spectre présent dans presque toutes les légendes du monde. La grande majorité des gens y voyait un phénomène « naturel » et « psychologique »: l’Homme avait besoin d’imaginer sa fin pour se sentir vivant. Corail, elle, ne savait que tropbien que la quasi-totalité des textes ou transmissions orales, qui avaient survécu au temps, était ancrée dans une vérité qui n’avait rien à voir avec la névrose.Elle fut invitée à s’asseoir dans un fauteuil installé sur une petite estrade, en bout de salon, et l’assemblée prit place en face d’elle, sur les sièges et canapés spécialement agencés pour l’occasion. Le feu crépitait dans la cheminée, et, au-dehors, un vent puissant était en train de se lever, amenant avec lui de gros nuages gris voilant la lumière du soleil. Guillaume alluma les lampes et sinstalla près de sa petite-fille… qui venait d’assister mentalement à l’ouverture béante du sol, sous les fondations d’une ville.Comment tu veux procéder? Leurs questions d’abord, ou tes explications tout de suite ? Ne perdons pas de temps, répondit-elle, stressée. Elle se tourna vers l’auditoire. Leurs paires d’yeux brillaient d’une appétence qu’ils regretteraient rapidement. Elle inspira profondément.
Vous savez tous que notre passé est jalonné de nombreuses catastrophes. Chacune de vos « légendes» les raconte à sa manière, et nombre d’entre elles ont déjà reçu des preuves scientifiques de leur réalité. Les extinctions, majeures ou secondaires, qui ont ponctué l’histoire de la Terre, constituent aujourd’hui des événements avérés. Notre planète observe des cycles. Réguliers et multiples. Elle s’ébroue continuellement, à intervalles plus ou moins longs, parfois de façon sommaire, parfois de façon totale. Les cataclysmes les plus anciens ont permis à la vie de naître, puis de s’ébattre, de progresser, de se sophistiquer. Les mammifères ont fini par se tailler une place de choix, et, parmi eux, une espèce en particulier s’est distinguée. Nous. Nous
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régnons depuis maintenant quelques millénaires. Nous sommes devenus l’espèce dominante par excellence, comme les dinosaures en leur temps. Nous avons développé nos facultés cérébrales, mentales, puis intellectuelles. Nous avons conscientisé ce que nous sommes et avons pris notre envol… Depuis que nous «régnons», nous n’avons pas eu à endurer d’extinction majeure, parce que nous étions « hors cycles ». La Nature nous a laissé la possibilité de grandir et de nous épanouir. Plusieurs civilisations, avant nous, ont été rayées de la carte par des cataclysmes secondaires et non généralisés, qui n’ont pas empêché l’Humanité de survivre… jusqu’à aujourd’hui.Elle marqua une pause, gênée par le poids qui lui oppressait la poitrine. Son silence plongea le salon sous tension. Aujourd’hui, nous avons atteint le seuil. Cen’est pas nous qui causerons la sixième extinction. Elle ne nous en laissera pas le droit. Un vent d’anxiété souffla sur l’assistance, soulevant les cœurs et renversant les esprits. Le bateau de l’Humanité, que d’aucuns avaient toujours considéré comme insubmersible, était en train de prendre l’eau.L’Homme a oublié qu’il n’est qu’une espèce à l’essai, reprit Corail. Sa survie et sa dominance ne sont pas des dons qui lui sont acquis : il est censé les gagner. Comme la nature est bien faite et qu’elle n’aime pas devoir tout recommencer, elle offre à son espèce dominante la possibilité de survivre aux nettoyages enclenchés, de s’en rendre maîtres, de les stopper pour pouvoir poursuivre sa destinée. C’est la raison pour laquelle les Veilleurs naissent, chaque fois que l’espèce est menacée. Notre rôle à nous, c’est de bloquer le processus.Comment? s’exclama un homme. Comment allez-vous empêcher une telle puissance de se mettre en branle ? Les paires d’yeux brillaient, suspendues à l’espoir que l’adolescente était censée incarner. Ils avaient l’air de croyants appelant un miracle.Nous avons pour tâche de vous aider à lui transmettre des messages. Des messages démontrant votre maturité, votre compréhension du monde et de ses forces, votre capacité à vous situer en tant qu’espèce, en tant que progéniture et en tant que résident. Des messages qui vous ouvriront le droit de rester. Les mutations génétiques dont les Veilleurs sont dotés leur confèrent la capacité «d’entendre» la Terre, d’anticiper ses réactions et de jouer les relais dans l’autre sens également. Ce qui passe par nous lui parvient. Nous sommes l’antenne de communication de l’Humanité avec sa planète.Elle perçut leur immense déception et leur profonde angoisse. C’est tout? se lamenta l’homme.
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Corail se mordilla l’intérieur des lèvres… et mentit.Oui. La consternation emplit le salon et fit chuter la température de plusieurs degrés. Il va nous falloir envoyer des signes clairs, renchérit-elle. Des signes forts, généralisés, hautement perceptibles. Chacune des trois catégories de Veilleurs aura un rôle à jouer. Les « traducteurs » sont les antennes les plus puissantes et ils sont les plus nombreux. Il faudra les appeler à se manifester massivement, à exercer leur influence sur le monde pour pousser l’Humanité à écouter. Les «devront frapper du poing sur la table de façon concrète etagissants » engagée, pour appuyer les propos de leurs semblables et forcer l’Humanité à changer.Vous proposez quoi, exactement? s’alarma une femme. Comment des enfants pourront-ils s’imposer dans un monde où les adultes les considèrent comme leurs inférieurs? Les traducteurs vont devoir s’exposer et les agissants… rejoindre lesRésis-terre. Un murmure s’empara de l’assistance où se cumulaient refus, rejet et opposition. Corail ne chercha pas à convaincre. De toute façon, elle était la seule à détenir les solutions. La rumeur s’éteignit, suivie d’un silence abattu, avant que Guillaume lui-même ne lui pose une autre question. Une question déterminante, dont il bouillait de connaître la réponse, tout en la craignant de tout son être. Et vous, les « sachants », quel rôle jouerez-vous ? Corail baissa les yeux et s’efforça de rester la plus atone possible.Élaborer la stratégie et veiller à son bon déroulement. Ni plus ni moins. Nous ne sommes ni des omniscients ni des tout-puissants. Nous n’avons pas de super-pouvoirs et nous ne pouvons aucunement garantir la victoire. Elle eut l’impression qu’ils étaient déjà morts, pétrifiés dans l’effroi, empaillés dans l’accablement. Nous allons avoir besoin de relais crédibles auprès du monde adulte pour être entendus, compris et suivis, le plus rapidement possible. L’Humanité, et particulièrement ses dirigeants, vont devoir prendre conscience tout de suite, maintenant, de la véracité de notre existence et de la gravité de la situation. La Terre n’attendra pas que nous soyons prêts. Les séismes qui se sont produits hier en trois points du globe n’étaient qu’un prélude, un échauffement. Rapidement, un autre palier va être franchi, jusqu’à ce que le processus s’enclenche totalement. Nous avons très peu de temps devant nous. Une nouvelle voix résonna dans l’auditoire.Combien exactement ? Nous sommes en novembre. En janvier, tout sera terminé.
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Ils gelèrent sur place. Quelques semaines. Quelques semaines de sursis avant d’être définitivement rayés de la carte. Quelques semaines pour convaincre des milliards de personnes de changer radicalement de modèle de civilisation, afin d’échapper à une éradication annoncée par des enfants. Une dernière question fusa dans l’assistance et acheva de figer les cœurs.Dans le passé, les précédents Veilleurs ont-ils réussi ? Est-ce que les cataclysmes secondaires dont vous avez parlé ont été amoindris, voire stoppés, du fait de leur intervention ? Depuis qu’elle avait commencé son exposé, la mémoire de Corail n’avait cessé de se remplir. Des visages peuplaient à présent son esprit. Des visages et des souvenirs, des connaissances et des leçons… Le passé élisait domicile en elle, comme si elleen était le réceptacle. Ses aïeux avaient effectuédes tests. Beaucoup de tests. Des préparations, des répétitions… Plusieurs générations s’étaient entraînées à enrayer des processus en prévision du seuil actuel. La réponse à cette question, il fallait la donner. Du désespoir pouvait naître l’abandon, mais de la vérité jaillissait la conscience. Ils ont tous échoué.
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Un sifflement aigu lui vrillait les tympans. Il était pris dans un tunnel, dont les parois étaient tapissées des images de ses derniers instants. Rive ne savait plus s’il était mort, vivant, ou coincé dans la transition. Il se revoyait quelques minutes avant l’explosion, avant que l’usine ne s’effondre sur elle-même et ne se transforme en tombeau. LesRésis-terreétaient parvenus à fuir, mais Max, lui, était resté à l’intérieur pour finir le travail, et, lorsque l’adolescent avait investi le bâtiment, les armes automatiques des vigiles s’étaient aussitôt mises à cracher leurs munitions. Il avait couru droit devant, sans se préoccuper destrajectoires. Il avait vu l’acier et le béton se couvrir d’étincelles rageuses et avait entendu ses poursuivants hurler des ordres terrifiants. Il avait écouté son instinct, uniquement son instinct, et avait agi sans s’interroger. Il avait pris la direction des sous-sols, où Max se trouvait assailli, acculé, condamné. Il s’était caché derrière des piliers et avait eu un instant d’hésitation: fuir ou agir, vivre ou mourir ? Il s’était jeté dans le feu et avait arraché son arme à l’un des gardes. Il avait enchaîné les salves, protégeant Max derrière un mur de cartouches qui leur avait permis de sortir de l’impasse. Ils avaient couru côte à côte, talonnés par la mort, les balles sifflant à leurs oreilles. Le militaire
avait voulu entraîner Rive vers une issue, mais le jeune homme l’avait saisi par le bras pour l’attirer dans une direction opposée. Max avait tempêté, lutté, mais l’adolescent l’avait emporté: Si tu veux vivre, il faut me suivre ! avait-il affirmé. Ils avaient rejoint les déversoirs par lesquels l’usine se vidait de sa putrescence: de grands conduits de ciment débouchant dans le cours d’eau adjacent. Les munitions avaient ricoché partout autour d’eux et l’une d’elles avait fait gicler du sang.Maintenant ! avait hurlé Rive. Max avait appuyésur le détonateur au moment où ils s’étaient jetés dans le goulot.L’adolescent n’avait plus aucun souvenir de la suite.Il venait d’arriver au bout du tunnel et attendait de comprendre où il se trouvait. Une douleur terrible lui rappela qu’il avait encoreun corps et le fit se redresser d’un bond.Ça va aller ! Reste tranquille ! Un étau atroce lui comprimait la tête. Il ouvrit les yeux. À travers un voile, il reconnut le visage flou de Max, penché sur lui. Le sifflement dans ses oreilles perdurait et il avait l’impression qu’on lui avait frappé le crâne à coups de marteau.
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