Les Héritiers du Grand-Large

Les Héritiers du Grand-Large

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180 pages
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Description

Lancé par le curé local à la recherche d'un héritage caché par Marcello, braqueur international disparu dans des conditions peu claires, le héros de ce roman va découvrir une région gangrénée par toutes sortes de maux dont le plus visible est sans doute le chômage des jeunes. L'envoyé du curé va vite découvrir qu'il est faux de toujours croire que les biens mal acquis ne profitent jamais... Cela est d'autant plus vrai que même l'inspecteur Gulliano ne se fait pas prier devant un héritage illicite.

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Ajouté le 01 janvier 2014
Nombre de lectures 16
EAN13 9782336335346
Langue Français
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Léon-MichelILUNGA
Les Héritiersdu Grand-Large Roman
Les Héritiers du Grand-Large
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01676-4 EAN : 9782343016764
Léon-Michel ILUNGA
LesH ritiersdu Grand-Large Roman
DU MÊME AUTEUR
— LesParfums d’une Imposture, Roman, Préface de V.Y. Mudimbe, Nice, Éditions Bénévent, 2011. — LePetit-Château, Roman, Paris, L’Harmattan, 2008. re e Une Lettre ésotérique. Conte philosophique,éd. 1997, 2Wavre, 1éd., Caperf éditeur, 2008. — Pythonisse, Poèmes, Préface de Karl van den Eynde de KU Leuven, Leuven, 1996. (Épuisé).
Essais — LaurentD. Kabila et la Conférence Nationale sur la reconstruction, 2001. — Manipulationset discours politiques, 1997. (Épuisé).
Pour Hilde, L’égérie de Rotselaar…
Chapitre premier
 ralentit son allure... Il poussa délicatement sur la pédale de frein pour réduire sa vitesse, le cœur léger. Le D bonheur se lisait aussi bien dans son regard que dans ses gestes. Il avait du respect pour ce genre de bolide luxueux. Dans la région, seuls ceux qui avaient le sentiment d’avoir réussi leur vie pouvaient se l’offrir. Ce qu’on peut considérer comme une certaine réussite sociale, ici, s’illustrait avant tout par le type de voiture que l’on conduisait. Le moteur, déjà très silencieux, étouffa presque son ronronnement discret comme on retient un éternuement. La passagère assise à côté regarda le chauf-feur et sourit. Le même sourire qu’elle avait l’habitude d’arborer pour exprimer sa satisfaction. Un geste complice. Durant tout le trajet, la main posée délicatement sur la cuisse du conducteur, elle lui avait raconté son rêve, une même idée obsessionnelle qui revenait souvent… En guise de réponse, le conducteur lui avait balancé, sans en connaître vraiment l’au-teur, une phrase de Paul Watzlawick entendue un jour à la télé : « Uneidée, pour peu qu’on s’y accroche avec une conviction suffisante, qu’on la caresse et qu’on la berce avec soin, finira par produire sa propre réalité ». Dimitri avait mis de la musique techno qui faisait trembler les baffles. Le volume monté au maximum faisait vibrer l’air de tout l’habitacle comme un tourbillon. Mademoiselle n’aimait pas ce genre de musique tonitruante qu’elle trouvait bruyante
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et agitée... Mais comme elle aimait Dimitri, elle se devait d’ado-rer sa musique. Le conducteur mit le clignotant sur la gauche et la voiture amorça le virage serré qui donne sur la concession de la rue du Pont d’Arcole. Une maison bourgeoise, superbement amé-nagée, située au fond, affichait une certaine opulence. Le véhi-cule s’arrêta net. Le crissement des pneus sur les graviers fins qui recouvraient la cour avait alerté le maître des lieux. Tonton Gentelino était venu sur le pas de la porte pour voir. Il avait le sourire aux lèvres. Il était très fier de son neveu. Il l’aimait beau-coup. S’il devait choisir entre ses propres enfants et Dimitri, il lui léguerait tout ce qu’il avait gagné dans la vie. — Alors mon garçon, elle t’a plu ? Dimitri descendit calmement sans rien dire. Il souriait. Il alla de l’autre côté du bolide, ouvrit la portière de la Range Rover et Alicia en descendit lentement, de crainte d’abîmer ses hauts talons aiguilles. Elle détestait cette cour pleine de gra-viers. La dernière fois qu’elle était venue ici, un de ses talons s’était enfoncé profondément au point qu’elle avait failli tomber. — Toujours amoureuse ? cria tonton Gentelino. — Qu’est-ce que tu crois ? répliqua Alicia, un peu agacée par la question. Les deux tourtereaux se prirent la main et se dirigèrent vers la porte. Ils étaient légers, souriants, pleins de vie. Le soleil de fin d’après-midi les couvrait de ses rayons doux et apaisants. Alicia se déhanchait fièrement sous sa longue robe blanche presque transparente. Tonton Gentelino disait qu’elle lui donnait l’al-lure de Venus. Mais Alicia affichait visiblement son mépris pour ce genre de comparaison. Au fond, elle l’adorait... Comme elle connaissait bien tonton Gentelino, elle faisait semblant de
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contester ses propos pour le pousser à répéter le compliment. Tout le monde dans la famille était d’avis que la chevelure de la fiancée de Dimitri était d’une beauté exceptionnelle. Alicia en avait conscience. C’est pour cela qu’elle avait décidé de quitter l’école à quatorze ans pour essayer de devenir mannequin. Les études de coiffure qu’elle voulait suivre ne lui convenaient pas tout à fait et, selon elle, rester assise toute la journée à écouter les enseignants pérorer et, souvent, persifler était une perte de temps. À son âge, elle avait beaucoup à découvrir et à offrir, pourquoi s’en priver ? Toutes ses meilleures copines avaient fait pareil. Dans la région, quand on était belle, jeune, on se devait de le montrer aux hommes. Dimitri donna une ferme accolade à son oncle. Celui-ci la lui rendit avec de grandes tapes dans le dos. Il s’approcha d’Alicia et la prit dans ses bras, tendrement. Il lui donna un baiser doux sur la joue et plaça sa main dans le bas du dos de la jeune femme en la conviant d’entrer. Alicia fit une petite génuflexion en signe de respect puis, elle s’introduisit dans la demeure en compa-gnie de son fiancé. Dehors, sous la pénombre qui annonçait la tombée de la nuit, les petits cousins de Dimitri s’affairaient à décharger la voiture. Ils étaient tout excités, joyeux, désinvoltes, comme peuvent l’être des enfants à qui on n’a jamais rien refusé. Des casiers de bière, des liqueurs, du vin, de la limonade, des sacs de friandises tout ce qu’il fallait pour faire la fête. Le coffre était plein à craquer. Les enfants étaient ravis. Finalement, la fête tant annoncée aura lieu. À l’intérieur, la femme de tonton Gentelino vint dire bon-jour et proposer un rafraîchissement. Elle aimait beaucoup le neveu de son mari. Dès le premier jour où elle l’avait vu, elle
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