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Les infinis

De
206 pages
Kai a toujours cru que le seul danger pour la ville venait de l’intérieur. Désormais, avec une force rebelle qui menace le fragile gouvernement, les murs se sont plus que jamais transformés en prison.La situation s’aggrave tandis qu’Avan explore sa nouvelle identité comme Infni, et que Kai doit lutter pour lui rappeler ce que c’est que d’être humain. Elle craint aussi que son frère, Reev, ne collabore avec les rebelles. Les deux êtres qui lui sont les plus chers sont dans les camps opposés d’une guerre en train de se couver, et Kai fera tout ce qui est nécessaire pour ramener la paix. Mais elle a perdu son pouvoir de manipulation des fils du temps, et elle apprend qu’une guerre civile peut n’être que le début de quelque chose de bien pire qui fera s’effondrer non seulement les murs de Ninurta, mais aussi la ville tout entière.Dans cette suite passionnante de Aux portes de la pierre et du temps, Kai doit décider quelle part de son humanité elle est prête à perdre pour protéger la seule famille qu’elle ait connue.
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Copyright©2015LoriM.Lee Titre original anglais : The Infinite opyright © 2015 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette puqlication est puqliée en accord avec Skyscape, New York, NY Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous QuelQue forme Que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critiQue littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Renée Thivierge Révision linguistiQue : Féminin pluriel Correction d’épre s : Nancy Coulomqe, Katherine Lacomqe Montage de la couvertinrture : Matthieu F Illustration de la couverture : © 2015 Tony Sahara Carte : © 2015 Megan McNinch Mise en pages : Séqastien Michaud papier 978-2-89752-942-0 PDF numériQue 978-2-89752-943-7 ISBNePuq 978-2-89752-944-4 Première impression : 2015 Dépô légal : 2015 et Archives nationales du uéqec BiqliothèQueNationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, qoul. Lionel-Boulet Varennes, uéqec, Canada, J3X 1P7 phone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 EscalQuens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 BelgiQue : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide fi ancière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pournos activités d’édition. Gouvernement du uéqec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publicatio de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Lee, Lori M. [Infinite. Français] Les Infinis (Série Aux portes de la pierre et du temps ; 2) Traduction de : The Infinite. Pour les jeunes de 13 ans et plus. ISBN 978-2-89752-942-0 I. Thivierge, Renée, 1942- . II. Titre. III. Titre : Infinite. Français. PZ23.L437In 2015 j813’.6 C2015-941826-7
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À Cha.
Chapitre 1
Je vivais dans la maison de l’homme que j’avais tué. Je n’y avais pas pensé jusqu’à deux mois après sa mort, lorsque les cauchemars avaient commencé. Peut-être parce que le palais avait été une distraction opulente et spacieuse, avec ses grandes salles blanches et ses bannières écarlates qui constituaient une façade convaincante. Peut-être parce que Kahl Ninu n’avait jamais été un homme. Ou peut-être parce qu’une partie de moi, une partie que je ne voulais pas reconnaître, était tout aussi froide que les Infinis eux-mêmes. Cette idée m’inquiétait parfois, mais les cauchemars l’avaient rapidement chassée. D’ailleurs, si c’était vrai, il m’aurait été moins douloureux de voir Avan chaque jour. Mais la souffrance ne m’empêchait pas de rester. — Où vas-tu aujourd’hui ? Le miroir sur le mur me montrait mon frère, Reev, debout derrière moi, les bras croisés alors qu’il essayait sans y réussir de ne pas me faire les gros yeux. Pour n’importe qui d’autre, son attitude en aurait imposé, mais je me contentai de sourire. Nous n’étions plus dans le Labyrinthe, et je m’amusais de le voir lutter continuellement pour accepter le fait que je n’avais plus besoin de ses restrictions. Au lieu de répondre, je ramassai le peigne sur ma coiffeuse. Je passai les fines dents métalliques dans mes cheveux, prenant mon temps pour démêler les nœuds dans les longues mèches noires. Le peigne était un cadeau d’Avan. Il brillait d’un bleu éclatant et son épine recourbée s’adaptait parfaitement au creux de ma paume. Lorsque je m’en servais, je pensais toujours au peu d’importance que l’ancien Avan aurait accordé à un joli peigne. Tout était si faux. Au cours des derniers mois, je m’étais habituée à vivre dans le palais, mais ce confort me rendait mal à l’aise. La chambre qu’on m’avait donnée — je commençais à penser que c’était maintenantma chambre — était près de deux fois plus vaste que le conteneur que j’avais partagé avec Reev dans le Labyrinthe, sans même compter la salle de bain attenante. Des tapisseries colorées et tissées serré étaient accrochées aux murs de pierre blanche. Un feu crépitait dans le foyer, alimenté par un domestique qui ne venait que lorsque j’étais absente, parce que je refusais de me faire servir par les serviteurs du palais. D’épais tapis réchauffaient le sol. Un lit immense reposait impérieusement sur une plateforme dans un coin de la chambre. Des colonnes de bois renforçaient le lit à chaque coin, qui était recouvert d’un baldaquin d’où pendaient des rideaux blancs vaporeux et des rideaux rouges plus lourds. Pendant la première semaine, j’avais dormi dans le fauteuil, car la taille du lit me semblait excessive. Mais la douleur qui s’était formée dans mon dos m’avait obligée à changer d’endroit. Ce séjour était censé être temporaire, mais notre logement dans le Labyrinthe avait été pris par de nouveaux locataires. De toute manière, un retour au Labyrinthe n’aurait pas été mon premier choix, et le District Nord ravivait trop de souvenirs.
Je me demandais si Reev ressentait la même chose ou si c’était pire pour lui de se retrouver à la Cour blanche, puisqu’il avait été sentinelle. — Kai, dit Reev avec impatience. Je déposai le peigne et me retournai sur le tabouret pour lui faire face. — Je n’ai pas encore décidé. Il décroisa les bras et fit rouler ses épaules. Elles semblaient tendues sous sa tunique noire. — S’est-il… souvenu de quelque chose ? Je commençais à être moins amusée de voir Reev faire du surplace. Je me levai, puis m’éloignai en me penchant pour prendre la robe déposée sur le dos du fauteuil. Ma main s’immobilisa sur le tissu vert foncé. — Non, dis-je. Comme le silence s’installait entre nous, mon regard parcourut le tissu damassé argenté qui recouvrait le fauteuil. Je soulevai la robe et repliai l’étoffe sur mon bras. Je me retournai pour le regarder. Son épaule était appuyée contre le cadre de porte, et il me contemplait en penchant la tête. Je n’avais aucune idée de ce qu’il pensait. — Crois-tu qu’il va finir par se souvenir ? demanda Reev. Mes doigts serrèrent la robe. — Je ne sais pas. Mais je ne peux pas abandonner. Les lèvres de Reev se contractèrent en une ligne en signe de mécontentement. On aurait dit qu’il voulait discuter, mais sa bouche demeurait fermée. Un muscle fléchit dans sa mâchoire. Pourquoi se tracassait-il à propos de mes allées et venues, alors qu’il dédaignait de me parler des choses vraiment importantes ? Pourquoi insistait-il pour être aussi prudent avec moi ? Un inconfort s’était installé entre nous depuis ce jour dans la tour de Kalla quand j’avais tué Ninu et rompu sa domination sur Reev et les autres sentinelles. Malgré mes efforts, je ne savais comment rétablir notre relation. Reev m’avait permis de lui poser des questions sur la façon dont il m’avait trouvée sur la berge des années auparavant. Mais il refusait toujours de me parler de son passé, de la période avant que mon père, Chronos, le libère pour la première fois. Non pas qu’il fut obligé de me confier ces choses. Je comprenais son désir de ne pas revenir là-dessus. Mais il semblait se sentir encore coupable d’avoir gardé ses secrets et de ce qui était arrivé à Avan. La distance croissante entre nous n’était pas seulement l’œuvre de Reev. Je lui avais dit que je ne le blâmais pas pour ce qu’il avait fait, mais je n’avais pas été tout à fait honnête, et je sentais qu’il le savait. Je me sentais irritée par ce ressentiment, comme si j’étais incapable de déloger un caillou de ma chaussure. C’était stupide de ma part. Reev avait été aussi impuissant qu’Avan contre le pouvoir de Ninu, mais mes émotions avaient peu à voir avec la logique et la vérité. Je soulevai la robe. — Je devrais me changer. Reev hocha la tête. — Sois prudente à l’extérieur, dit-il avant de se retourner. Il y a eu des problèmes avec des sentinelles. Je n’avais pas entendu parler de problèmes, mais ça ne signifiait pas grand-chose, étant donné que personne ne me parlait de quoi que ce soit. Même si j’avais tué Ninu, je n’étais apparemment pas suffisamment importante pour qu’on me tienne informée.
Par ailleurs, il aurait été malvenu de me fâcher alors que tout ce que je voulais, c’était qu’on me laisse tranquille. Une fois la porte refermée derrière Reev, j’attrapai l’ourlet de ma tunique et la passai par-dessus ma tête. J’enfilai d’abord un maillot ample de couleur crème. La robe verte avait été confectionnée à partir d’un brocart raide avec des motifs tourbillonnants cousus à la main avec un fil d’or pâle. J’enfonçai les bras dans les manches et resserrai le laçage sur le devant. Il aurait été probablement plus facile d’avoir de l’aide pour m’habiller, mais l’idée d’avoirbesoin d’être aidée pour enfiler mes vêtements me semblait ridicule. Une fois que je fus bien sanglée dans la robe, je constatai que le tissu s’adaptait parfaitement à mon buste et à ma taille, puis s’évasait à mes hanches. La jupe avant tombait en plis élégants à mi-cuisse, mais l’arrière se ramassait en une demi-jupe à crinoline qui frôlait mes mollets. Le tout était accompagné d’un pantalon ajusté qui m’allait comme une seconde peau. L’intendant du palais, maître Hathney, avait passé une commande à l’un des couturiers les plus admirés de la Cour blanche pour me confectionner quelques robes. Les vêtements étaient encore une chose à laquelle je ne voulais pas m’habituer, mais maître Hathney avait été consterné de me voir me promener dans une vieille tunique que Reev avait cousue pour moi. Et si j’étais totalement honnête avec moi-même, j’aimais beaucoup ces robes. Avec elles, je ressentais une féminité que je n’avais jamais ressentie avant. D’ailleurs, ça ne me dérangeait pas du tout. Je ne voyais pas de mal à les apprécier. Je tirai sur mes bottes à hauteur de cheville et fis face au miroir. Je reconnus à peine la jeune fille qui me regardait. La robe tenait lieu de costume qui me transformait en quelqu’un d’autre. Je plissai les yeux, essayant de trouver dessous celle que je connaissais. Mes cheveux tombaient maintenant en bas de mes omoplates et avaient besoin d’être coupés. J’étais encore trop pâle, mais mes joues affichaient une sorte de teinte chaude, et mon corps mince avait perdu son aspect sous-alimenté. Je lissai le devant de ma robe de mes paumes, mes doigts tendus contre mon ventre, comme si je pouvais retirer l’anxiété qui se logeait à cet endroit. Même si je rencontrais Avan presque tous les jours, mon cœur continuait à annoncer le moment en martelant ma cage thoracique. Je ne pouvais étouffer l’espoir que peut-être, aujourd’hui, il se souviendrait. Comme je sortais de ma chambre, je glissai mes mains dans les poches que j’avais demandé que l’on ajoute à la jupe. La robe devait avoir unecertainepratique. La chambre de fonction Reev se trouvait à quelques portes de là. Sa porte était fermée, alors je passai précipitamment au cas où il déciderait de me poser d’autres questions. Je passai devant une servante qui dépoussiérait une peinture. Dans le palais, il y avait beaucoup de serviteurs et très peu de vrais résidents. La plupart des ministres du Kahl habitaient dans de vastes suites à l’intérieur de la Cour blanche, probablement avec leur propre armée de serviteurs. J’avais découvert que les sentinelles logeaient dans des casernes derrière le palais. Elles disposaient de leurs propres cuisine et personnel, ainsi que d’une armurerie et d’une cour d’entraînement. Les casernes étaient construites avec la même pierre blanche que le palais et avec le même degré de détails architecturaux. Comme je doutais que ses efforts aient été pleinement appréciés par ses soldats dont il commandait le cerveau, je ne comprenais pas pourquoi Ninu s’était préoccupé de leur offrir des logements aussi somptueux. Peut-être voulait-il simplement que les bâtiments soient assortis. Le bruit de mes pas résonnait jusqu’aux hauts plafonds alors que je tournais dans un long couloir spacieux. C’était l’un de mes endroits préférés dans le palais.