Les traqueurs, épisode 1

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Une petite ville du nord, un ancien charbonnage abandonné, un démon incarné sous les traits d’un mineur fou, une bande de gamins prêts à défendre chèrement leur peau, un affrontement aux conséquences inimaginables...


Dans les entrailles de la terre, personne ne vous entendra hurler !

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EAN13 9791034202928
Langue Français

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Christophe Corthouts Les Traqueurs Saison 1 Épisode 1 : Le Démon de la Mine
Table des matières Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Mentions légales
Chapitre 1 Le père Bailli ajusta le sac de toile sur son épaul e avant d’entamer la montée vers la Butte des Mineurs. À soixante-douze ans, encore ale rte, il était vêtu de son habituel bleu de travail, de ses grosses chaussures à bouts ferrés et d’une casquette à carreaux que les années avaient usée jusqu’à la trame. Tous les matins d’été, le Père Bailli venait sur la butte s’approvisionner en herbes fraî ches pour la douzaine de lapins qu’il élevait dans un large clapier construit tout au fon d de son jardin-potager. Une petite serpe attachée par un lacet de cuir balançant à la ceinture, il avançait d’un bon pas, sans savoir qu’il effectuait la montée pour la toute dernière fois. La Butte des Mineurs, – ainsi nommée car elle était essentiellement constituée des résidus du puits de mine exploité dans la région – marquait la limite sud de Saint-Tilmont, bourgade sans prétention perdue dans les H auts de France, non loin de la frontière belge. La mine avait été le centre d’une activité importante pendant près de quarante ans. Quarante ans durant lesquels Saint-Ti lmont avait résonné des claquements des berlines, des cris des travailleurs et des hennissements des chevaux. Ensuite, la conjoncture économique, les restructura tions, l’évolution des techniques, avaient précipité la fermeture. Le silence s’était abattu sur les lieux, laissant pour seul vestige le dos rond de la Butte, comme un immense a nimal à jamais endormi sur l’horizon. Saint-Tilmont était devenu une cité dort oir, sorte d’hybride, pas vraiment une ville, mais pas tout à fait la campagne. Une banlie ue sans relief ni surprise. Le père Bailli cracha dans l’herbe haute avant de r eprendre son ascension. Depuis quelques semaines déjà, la colline lui semblait plu s haute, la pente plus abrupte. — L’âge est là, songea-t-il en jetant un œil vers le sommet. Une fumerolle attira son attention. Il connaissait le coin et pouvait affirmer que le c rassier ne fumait plus. Les flammes étaient encore emprisonnées au cœur de la terre, ma is depuis quelque temps aucune cheminée naturelle ne crachait de fumées aux odeurs soufrées. Une autre preuve des années qui passaient. Une bande de gamins avait certainement décidé d’imp roviser un petit barbecue dans le coin. Ce n’était pas grave en soi, mais en cette saison, un feu mal éteint pouvait mener à la catastrophe. L’année d’avant, une surfac e de plusieurs dizaines de mètres carrés avait brûlé à cause d’une simple bouteille d e verre abandonnée, à travers laquelle les rayons du soleil s’étaient concentrés. Le Père Bailli arriva au sommet de la butte. La sueur coulait dans ses yeux. Il la chassa d’un revers de la main avant d’ajuster sa casquette. Le soleil tapait dur malgré l’heure matinale. Le Pè re Bailli devina une silhouette accroupie une dizaine de mètres devant lui. — Bonjour, l’ami. Il connaissait pour ainsi dire tout le monde à Sain t-Tilmont, mais il ne parvînt pas à identifier la silhouette. Peut-être un promeneur de passage? Un sans-abri? Il arrivait de
temps à autre que des vagabonds viennent trouver re fuge dans le coin. — Bonjour, Père Bailli, fit l’inconnu. Le vieil homme s’étonna. Il ne se souvenait pas d’avoir jamais croisé l’inco nnu, mais de toute évidence, l’inconnu l’avait reconnu. Étrange. Aux dernières nouvelles, il n’avait rien d’une vede tte. Il connaissait tous ceux qui le connaissaient; et vice-versa. Du moins, en était-il convaincu ju sque-là. — On s’est déjà rencontré? demanda simplement le Père Bailli au personnage q ui lui tournait...