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Madeleine

De
143 pages
Elle est née en 1916 quand son père était mobilisé à l'arsenal de Rochefort. Il y avait eu une nuit... Vingt-cinq années plus tard - en Charente où la famille a migré - tandis que résonnent déjà les bruits de la nouvelle guerre, Madeleine s'éprend de René, fils des épiciers du village, alors que son mari est réquisitionné en Allemagne. La famille, le village sont choqué, sauf Adrienne, la mère, qui aide sa fille à partir vivre son amour à Angoulême. Les deux amants s'engageront dans la Résistance charentaise...
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Madeleine
Michel Chaigneau
Madeleine
Roman
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54151-1 EAN : 9782296541511
REMERCIEMENTS
Mes remerciements vont d’abord à toutes celles et ceux qui m’ont prêté attention et encouragé dans cette aventure qu’est l’écriture.
Ils s’adressent tout particulièrement à ma compagne Frédérique, mon meilleur soutien et ma première lectrice, dont la rigueur affectueuse vient me déloger de mes retranchements.
SOMMAIRE
 Chapitre 1 : MADELEINE
 Chapitre 2 : ELLE EST LA !
 Chapitre 3 : BONNE ECOLIERE
 Chapitre 4 : UN DRAME
 Chapitre 5 : LES MANTEAUX
 Chapitre 6 : JOURS DE FÊTE
 Chapitre 7 : LE DEPART D’ALFRED
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 27
 41
 49
 55
 69
 Chapitre 8 : PUIS CE FUT LA GUERRE 81
 Chapitre 9 : L’ANNEE 1941
 Chapitre 10 : LE MAQUIS
 Chapitre 11 : LA LIBERATION
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 99
111
127
Chapitre 1
MADELEINE
Elle z long  sortit la dernière de la petite église, un asse moment après tout le monde.
Appuyée sur sa canne, elle franchit avec précaution le seuil du portail latéral, ne sollicitant aucune aide. Elle marqua un léger temps d’arrêt seulement à l’instant précis où elle quittait la pénombre de la nef abandonnée au prêtre pour retrouver la lumière vive de cette fin de matinée qui l’éblouit un peu.
Le cercueil avait déjà été placé dans le corbillard prêt à se diriger vers le cimetière où elle n’était pas conviée. Bientôt il prendrait la tête du cortège de voitures accompagnant la défunte en sa dernière demeure. Quant à elle, silencieuse, recueillie, seule avec ses pensées, elle se dirigerait déjà vers son domicile, vers la ville voisine, assise à côté de son fils aîné qui conduirait.
Répartie sur la place par petits paquets, la petite foule attendait que soit donné le signal pour pénétrer dans les véhicules surchauffés et suivre alors le corbillard en une file modeste et lente.
9
Le ciel était bleu, juste repeint de la nuit qui avait effacé les nuages de la veille. C’était un ciel propice à la nostalgie, aux réminiscences de l’enfance, au retour des images vacancières et des sensations imprimées de longue date. La chaleur de ce jour de février authentifiait les lieux.
Les hommes avaient choisi de s’aligner à l’ombre le long du mur de l’église, casquettes vissées sur la tête. Les femmes se regroupaient sous les arbres et commentaient l’oraison décevante du curé qui avait si peu évoqué la défunte, ses parties de belote au club pas toujours sans accrocs d’ailleurs, son monologue quotidien avec sa poule qui lui fournissait ses œufs frais - elle ne mangeait que les œufs dont elle connaissait l’origine, pas question d’en manger d’autres et surtout pas ceux du supermarché ! - son amour des fleurs et son esprit frondeur, ses années de travail à l’usine de cartonnage, ses querelles innombrables et ses amitiés fidèles. Seules, des amies, anciennes compagnes de travail avaient su introduire, dans une très brève évocation, cette part d’émotion qui la rendait présente et lui redonnait son humanité. Le curé s’était égaré dans l’Evangile selon Saint Paul, se livrant à des exégèses absconses, inaccessibles au public qui avait fini par se distraire, chacun revenant en pensée à des choses simples.
Le médecin qui la visitait lui avait dit qu’elle était une « filoute ». C’était quelques années auparavant. Elle me l’avait confié. Des patientes, copines de Lucienne - Lulu pour ce petit cercle - sachant comme elle était capable de se plaindre pour se faire bichonner, avaient suggéré au médecin d’aller voir les magnifiques fleurs qu’elle entretenait dans sa cour. Pour réussir d’aussi jolis parterres il fallait que ça n’aille pas si mal que ça ! Elle se plaignait, il avait répondu à son appel. Tout allait bien, enfin, pas plus mal que d’habitude. A la fin de sa consultation il lui avait demandé de pouvoir se rendre dans la cour, admirer ses fleurs. C’était la première fois qu’il sollicitait pareille faveur. Elle l’avait guidé, franchissant pour
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