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Mémoires apocryphes d'Augusto Roa Bastos

De
142 pages
Juan, un journaliste, en 1978, en pleine dictature argentine, s'apprête à interviewer sept écrivains exilés. Il décide que sa première interview sera pour Roa Bastos. De Réécriture en palimpseste, "détours et jeux textuels" se métamorphosent alors en histoires, qui, rassemblées, forment la biographie apocryphe de l'auteur paraguayen Augusto Roa Bastos, le transformant en personnage de fiction.
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Mémoires apocryphes d’Augusto Roa Bastos
© L’Harmattan, 2010 57, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296118805 EAN : 9782296118805
oCarolina Orland Mémoires apocryphes d’Augusto Roa BastosPréface et traduction de l’espagnol (Argentine) d’Éric Courthès
L’Harmattan
«Et maintenant dégage Carpincho. Prends la plume et déguerpis plus vite que ça. Je ne veux plus te revoir. Ah, attends un instant. Si tu arrives à écrire avec la plume, ne lis pas ce que tu écris. Regarde les figures blanches, grises ou noires qui tombent sur les côtés, entre les lignes et les mots». Augusto Roa Bastos,Moi le Suprême « Un livre où l’on se perd, où l’on ne trouve pas toujours ce qu’on cherche et où la plupart du temps, on découvre ce qu’on n’y cherchait pas, mais qui nous attendait, là… Un livre qui nous écrit et nous réécrit… » Iker Boutin, à propos deMoi le Suprême
PRÉFACE Augusto Roa Bastos, le génial écrivain paraguayen, passé Maître de l’hypertexte et de l’endotexte entre autres attributs textuels, est mort le 26 avril 2005, trois jours après l’un de ses Maîtres, Miguel de Cervantès, disparu pour sa part le 23 avril 1616, et pourtant son œuvre, telle celle de son illustre antécesseur, non seulement ressuscite dans chacune des lectures qu’on en fait mais aussi dans la réécriture. 1 Nous sommes en effet quelquesuns dans le monde à avoir décidé de reprendre en main la plume de Carpincho, celle donc du Suprême et de Raymond Roussel, et à nous l’attribuer. Pour ma part, ce processus se fit de façon 2 presque inconsciente , dans le cas de Carolina Orlando, la démarche est claire, faire revivre le Carpincho à travers, d’une part, son écriture et, d’autre part, une interview apocryphe de Juan, un jeune journaliste argentin, en 3 1978 , à Toulouse, où résidait alors Augusto Roa Bastos, puisqu’il enseignait la littérature latinoaméricaine et le guarani, à l’Université de Toulouse le Mirail. Carolina Orlando est née le 24 septembre 1975, elle n’a jamais rencontré Roa ni ne l’a interviewé, elle l’a par
1  On pourrait citer ici quelques grands noms de la littérature argentine qui assument cet héritage, tels Tomás Eloy Martínez ou encore José Saer. 2. En ce qui me concerne, audelà d’un pamphlet antiSarkosy, dont le titre en dit déjà long sur mon héritage roabastien : « Moi Sarkousette le Suprême »,  prudemment *a signé d’ailleurs par mon hétéronyme et personnage préféré, Iker Boutin ,inLe Livre et autres délivres,Paris, Société des Écrivains, mars 2006, je constate de plus en plus son influence, en particulier dans la gestion du texte absent, dans des textes où je ne l’attendais pas, tel mon conte éponyme et initial, « Le Livre ».*a : De récentes pressions du parti hélas encore au pouvoir en France, à travers un Directeur d’une station locale de RFO à sa solde et aux dépens du seul journaliste qui a osé me donner la parole sur cette dénonciation de la « démocradure » que nous subissons en France depuis le dérapage électoral d’avril 2002, m’autorisent à croire que cette prudence pourrait s’avérer salutaire dans l’avenir… 3. En pleine dictature argentine, pour laquelle les références ne manquent pas dans « Cahiers de notes », ainsi que sa mémoire et celle de l’exil qu’elle provoqua, tout comme les mentions à la dictature de Stroessner au Paraguay, dans « Les cahiers du Général ».
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contre lu en long et en large, en profondeur oseraisje dire. On retrouve dans ses remarquables mémoires apocryphes de Roa Bastos, l’humanisme révolutionnaire deFils d’homme», la, dans le conte « Des armes avec du sang complexe pluritextualité deMoi le Suprême,dans les nombreux paratextes et dans « Le jeu de l’écriture », qui débouche sur l’hallucinante marqueterie textuelle de « La légende du divin narcisse », une pièce de théâtre presque exclusivement constituée de passages retravaillés d’œuvres qu’a sans doute lues Augusto Roa Bastos… Impressionnant donc, car au moment où le lecteur exercé de Roa croit déceler une faiblesse : cette pièce est l’élément de trop dans l’ensemble, elle est discordante, ce n’est plus de la réécriture de Roa Bastos, et qu’il découvre le stratagème, il ne peut que réitérer ici sa vision de l’écriture roabastienne, il s’agit d’un endotexte qui se mue en exotexte, par la magie de la relecture et de la réécriture. On remarque en effet que dans l’œuvre de Roa, les narrateursécrivants sont dominants, qui mettent en scène l’écriture et donnent l’illusion qu’elle s’autogénère : endotexte. Mais logiquement le processus ne s’arrête pas là, le lecteur s’empare à son tour de cette merveilleuse machine à écrire à la Roussel, et y va de sa plume, il réécrit, consciemment ou pas du Roa Bastos, sans jamais sombrer dans les excès de la citation ou du plagiat, il écrit du Roa Bastos, parce qu’il n’a pas le choix, il est condamné à réécrire : exotexte,et à se transformer en simple maillon d’une écriture transfinie… Ce phénomène est à mon sens unique, c’est pourquoi, quand au printemps 2006, une jeune Argentine de 31 ans, 1 grâce à mon blog sur Roa Bastos , m’envoya ses Mémoires d’un écrivain,je ne pus que frémir dès la première lecture. En effet, ce que je croyais la marque d’une forme de folie, la mienne, celle de passer ma vie à 1 http://spaces.msn.com.members/ROABASTOS/PersonalSpace.aspx 10