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Millie Plume (Tome 3) - Millie Plume choisit son destin

De
464 pages
Après la mort de sa chère maman, Millie Plume est à nouveau seule au monde. Relevant son plus grand défi, elle se met en quête du père qu'elle n'a jamais connu. Elle retrouve même son amour d'enfance, Jem. Mais a-t-elle vraiment sa place dans cette nouvelle vie ? Millie rêve de se forger un autre destin, d'être fidèle à elle même, de prendre le risque de la liberté... Pourra-t-elle abandonner son nom d'enfant trouvée pour devenir l'audacieuse, l'éblouissante Emeraude Star ?
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Mîîe Pume
Les maheurs de Mîîe Pume
Une nouvee vîe pour Mîîe Pume
Mîîe Pume choîsît son destîn
Jacqueîne Wîson
Mîîe Pume choîsît son destîn
Iustratîons de Nîck Sharratt
Traduît de ’angaîs par Aîce Marchand
Gallimard Jeunesse
Pour Naomi Avec un grand merci et beaucoup de tendresse.
Tître orîgîna :Emerald Star
Édîtîon orîgînae pubîée en 2012, en Grande-Bretagne par Doubeday, une fîîae de Random House Chîdren’s Books © Jacqueîne Wîson, 2012, pour e texte © Nîck Sharratt, 2012, pour es îustratîons © Gaîmard Jeunesse, 2013, pour a traductîon françaîse © Édîtîons Gaîmard Jeunesse, 2015, pour a présente édîtîon
Iustratîonde couverture: Anne Sîmon
1
– Qu’est-ce que tu faîs îcî, mon enfant ? Ce n’est pas un endroît pour es petîtes ies comme toî. Aez, dîs-moî ton nom. Je me suîs redressée pour me grandîr e pus pos-sîbe, en me perchant sur a poînte des pîeds dans mes grosses bottînes. – Je ne suîs pas une enfant, aî-je décaré avec hau-teur, même sî je savaîs bîen que j’étaîs oîn de paraïtre mes quatorze ans, teement j’étaîs petîte et menue. Je m’appee… Là, bêtement, j’aî hésîté. Je m’appee Mîîe Pume, maîs je n’aî jamaîs eu e sentîment que c’étaît monvrainom. On m’a attrî-bué cette appeatîon saugrenue au hasard orsque maman m’a coniée à a dîrectrîce de ’hôpîta des Enfants-Trouvés, quand je n’avaîs que queques jours. J’aî été baptîsée Mîîe Pume à a chapee de ’Hôpî-ta et, depuîs, es gens m’appeent aînsî ; en généra, on prononce mon nom avec îrrîtatîon ou coère.
5
Je n’aî jamaîs été une enfant pacîde et j’aî eu du ma à me pîer aux règes rîgîdes de ’Hôpîta. Mon tempérament de feu et mon esprît îndomptabe me dîstînguaîent de tous es autres pensîonnaîres des Enfants-Trouvés aussî nettement que mes cheveux d’un roux écatant. J’étaîs une ie queconque, a pus petîte et a pus frêe de ma casse, aflîgée de cette tîgnasse coueur carotte… maîs j’avaîs des yeux beu vîf, c’étaît a seue chose que je trouvaîs bee chez moî. Je me paîsaîs à îmagîner que ma mère m’auraît peut-être appeée Saphîr sî ee avaît pu me garder. Quand je ’aî enin retrouvée, j’aî apprîs qu’ee avaît be et bîen envîsagé ce prénom-à pour moî. J’aî essayé de me faîre appeer Saphîr Battersea quand j’aî quîtté ’Hôpîta pour travaîer dans une grande maîson ; j’aî ièrement adopté e nom de famîe orîgîna de maman. Maîs à mon nouveau travaî, on s’est moqué de moî en dîsant que Saphîr n’étaît pas un nom de servante. Lorsque je suîs tombée en dîsgrâce et que j’aî été renvoyée, j’aî ié rejoîndre maman au bord de a mer, pour découvrîr ’affreuse vérîté : ee étaît en traîn de mourîr de phtîsîe. Pendant cet été-à, où je uî rendaîs vîsîte tous es jours, j’aî dû gagner ma vîe. Je n’aî pas trouvé d’empoî respectabe, aors j’aî opté pour un métîer honteux. J’aî transformé ma bee robe du dîmanche, faîte de veours vert, en costume de sîrène et je suîs entrée dans a troupe de phénomènes de foîre de M. Carendon. J’étaîs ’attractîon vedette !
7
J’încarnaîs Émeraude, a Stupéiante Sîrène de Poche. Ma nouvee amîe, Freda a Géante, m’appeaît tout e temps Émeraude. TU ES SOURDE OU IDIOTE ? COMMENT TU T’AP-PELLES? a tonné ’aubergîste. Je ne vouaîs pas me faîre appeer Mîîe Pume. Je n’aîmaîs pas ce nom, et a dîrectîon de ’hôpîta des Enfants-Trouvés aaît peut-être essayer de retrouver ma pîste. Je brûaîs de dîre que je m’appeaîs Saphîr Battersea, maîs a méiance s’împosaît dans ce vîage înconnu. C’étaît îcî que ma chère maman avaît grandî. Les gens rîsquaîent de reconnaïtre ce nom et de courîr prévenîr mon père. Je vouaîs e retrouver moî-même et uî annoncer a nouvee en douceur. L’aubergîste, quî secouaît a tête, se préparaît à s’éoîgner. – Je m’appee Émeraude, aî-je âché brusquement. Les vîeux accoudés au bar poîsseux ont rîcané dans a mousse de eur pînte de bîère. – Émeraude ? a répété ’aubergîste. Qu’est-ce que c’est que ce nom ? – C’est un joî prénom orîgîna, aî-je décaré. – Et ton nom de famîe ? – Je m’appee Émeraude… Star, aî-je annoncé, me créant dans ’înstant une nouvee îdentîté. – Émeraude Star ! a répété ’aubergîste. Cette foîs, es vîeux ont rî ouvertement. I s’est tourné vers eux pour ancer : – Ee est fêée !
8
Hîares, îs ont craché dédaîgneusement dans a scîure, à eurs pîeds, tout en contînuant à boîre. – Je vous prîe de ne pas vous gausser, aî-je ancé. Émeraude Star est mon nom d’artîste. Je suîs très connue dans e Sud. Même que es gens paîent pour venîr me voîr. – Ah ouî ? Et qu’est-ce que tu faîs, Émeraude Star ? a demandé ’aubergîste d’un ton dépaîsant. – Je faîs de a scène. Ce n’étaît pas tout à faît un mensonge. Quand je me donnaîs en spectace dans e rôe d’Émeraude, a Stupéiante Sîrène de Poche, c’étaît sur une soîde estrade évîtant aux gens d’avoîr à se baîsser pour me voîr remuer ma queue de veours vert, aongée sur un petît tas de sabe. En entendant e mot « scène », es cîents du bar ont vîvement tourné a tête vers moî. Is ont posé eur pînte et m’ont dévîsagée comme sî j’aaîs donner une représentatîon tout de suîte. Certaîns afichaîent un aîr condescendant et désapprobateur. – Ah, c’est une de ces actrîces, a dît ’un en caquant a angue contre ses deux dents. Un autre cîent m’a questîonnée avec întérêt : – Tu faîs un numéro de musîc-ha, c’est ça, ma grande ? J’y vaîs réguîèrement e samedî soîr, à Brac-keny. Je es aî tous vus : Peter Paîette, a petîte Rosîne Rêverîe, Georgîe et sa poupée quî pare, es frères Romuus, Aîne ’Aouette… Tous d’exceents artîstes. Maîs toî, je ne t’aî jamaîs vue.
9
– Je ne suîs pas une comédîenne ambuante. Je donne mes spectaces sur a scènelondonienne, aî-je décaré, bîen que ce soît un énorme mensonge. – Tu n’as pas ’aure de ces gens de théâtre, avec eurs vîsages grîmés et eurs voîx strîdentes, a observé ’aubergîste. – Et c’est bîen dommage, a renchérî un des vîeux. Qu’est-ce que c’est que ce costume-? I montraît du doîgt ma robe grîse mîteuse. – Tu n’es qu’une petîte bonne quî nous raconte des hîstoîres à dormîr debout. Je n’en croîs pas un mot. – Croyez ce que vous voudrez. Je m’en iche com-pètement. Ce n’est pas avec vous que j’aî à traîter. Je me suîs tournée vers ’aubergîste. – C’est avecvous,monsîeur. – Ee veut une pînte de bîère brune ! a ancé e vîeux en rîcanant. – Je veux juste queque chose à manger et une chambre pour a nuît, aî-je annoncé. J’aî de quoî payer. J’aî tapoté ma poche bîen peîne. – … Et d’après votre enseîgne, dehors, vous propo-sez ’un et ’autre. C’étaît a seue enseîgne que j’aîe vue. J’avaîs battu e pavé pour trouver une chambre dans ce morne vî-age du Yorkshîre. Sîtué au bord de a mer, î ne sem-baît pourtant proposer nî hôtes nî pensîons. Dans a joîe vîe de Bîgnor, sur a côte sud, î y en avaît péthore ; une maîson sur deux ouaît des chambres.
10