Mysterium

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55 pages
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Le Professeur Humphrey, universitaire émérite, est retrouvée morte en Hongrie. Les circonstances de son décès sont étranges... Sa fille Eva découvre dans ses documents professionnels, un porte-folio intitulé Mysterium. En se plongeant dans l’ouvrage, elle découvre le roman que sa mère a écrit autour des affaires non classées concernant des crimes commis par des veuves noires ou des sorcières. À l’issue de sa lecture, Eva prend conscience du danger qu’elle court en conservant le manuscrit...



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EAN13 9791093889399
Langue Français

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KAAL GREEN
Mysterium
Copyright © 2018, Éditions Sarah Arcane
Ce roman s’inspire de la réalité historique, en prenant appui sur de véritables affaires : M ary-Ann Cotton (Isabella d’Anceny) la première "veuve noire ", Elizabeth Bathory, et Olympe M ancini (impliquée dans l’Affaire des Poisons). Toutes ces femmes ont été mêlées de près ou de loin à des crimes sordides qui ont fait d’elles des figures in quiétantes dans la mythologiepopulaire.
Prologue PARIS,FÉVRIER2018 EVASÉCHASESLARMES. CELAFAISAITMAINTENANTDOUZEJOURSQUESAMÈREÉTAITMORTE,MAISLADOULEUR ÉTAITTOUJOURSAUSSIINTENSE,FULGURANTE,ÀCHAQUEFOISQUELLEPENSAITÀELLE. COMMESILONCISAILLAIT SONCŒUR. ELLEPASSAUNEMAINDANSSESCHEVEUXETOUVRITLECARTONCONTENANTLESDOSSIERSDESAMÈRE. « PROFESSEURHUMPHREY»ÉTAITINSCRITAUMARQUEURNOIRENLETTRESCAPITALES. SONPÈREAVAITRASSEMBLÉ LESDOCUMENTSPROFESSIONNELSDESONÉPOUSEETÉTAITPASSÉLESDÉPOSERCHEZSAFILLEAVANTDEREPARTIR POURNEWYORK. ILDIRIGEAITUNEGRANDEFIRMEAUXÉTATS-UNISETNEREVENAITQUEPONCTUELLEMENTVOIR SAFAMILLEEN FRANCE. EVASAISITUNÉNORMEPORTE-FOLIOENPAPIERKRAFTSURLEQUELONPOUVAITLIRE « Mysterium».Elle fronça les sourcils. De quoi s’agissait-il ? Sa mère était professeur émérite à la faculté de Lausanne. Elle travaillait sur les affaires judiciaires NONÉLUCIDÉESENEUROPE. EVASAVAITQUELLEÉTAITRÉCEMMENTPARTIEEFFECTUERSESRECHERCHESÀPARIS,À LONDRESMAISAUSSIENHONGRIE. ELLEAVAITDAILLEURSPROPOSÉÀSAFILLEDELACCOMPAGNERMAISEVA,EN TANTQUAVOCATE,AVAITDELOURDSDOSSIERSENCOURSETNAVAITPUSELIBÉRER. ELLEAVAITREFUSÉÀ CONTRECŒURLAPROPOSITIONDESAMÈREQUIAVAITPRISLAVIONPOURLA HONGRIEQUELQUESJOURS auparavant. SAFAMILLELUISEMBLAITDISLOQUÉE,ÉCARTELÉEENTRELA SUISSE,L’AMÉRIQUEETLA FRANCE.MAISCÉTAIT AINSI. EVAAVAITCHOISIDETRAVAILLERÀ PARIS. CELAFAISAITCINQANSQUELLEEXERÇAIT. ELLEADORAITSON métier et n’aurait voulu en changer pour rien au monde. ETPUIS,DOUZEJOURSAUPARAVANT,SAVIEAVAITBASCULÉ. ELLEAVAITREÇUUNAPPELDESONPÈREQUILA CONTACTAITDEPUISSONCELLULAIREÀ NEW YORKETELLEAVAITRÉPONDUDESAVOIXCHALEUREUSE,EN reconnaissant le numéro : — Allô Papa ? Comment vas-tu ? MAISÀLINSTANTSONPÈREAVAITCOMMENCÉÀPARLER,ELLEAVAITCOMPRISQUEQUELQUECHOSENALLAIT PAS,QUEQUELQUECHOSEDETERRIBLESÉTAITPRODUIT. SONPÈREAVAITGARDÉLESILENCEPENDANTQUELQUES secondes, la voix éteinte, écrasé de douleur. — Eva… C’est ta mère… LAJEUNEFEMMEAVAITÉCOUTÉLEDISCOURSINCOMPRÉHENSIBLEQUESONPÈRELUIAVAITTENU.MAISELLE NAVAITGARDÉENMÉMOIREQUEDESBRIBESQUIAVAIENTLAISSÉENELLEUNEMARQUEINDÉLÉBILE:«MORT mystérieuse »… « empoisonnement »… « morsures »… LESIMPLEFAITDEPENSERDENOUVEAUÀCESMOTS,ELLEENAVAITDESNAUSÉES. ELLESAVAITSIMPLEMENT QUONAVAITRETROUVÉLECORPSDESAMÈRE,DANSUNEPETITECOMMUNEHONGROISEDONTELLENAVAITJAMAIS ENTENDUPARLER. LESAUTORITÉSAVAIENTPRÉVENUSONPÈREETDONNÉDEVAGUESINFORMATIONSCONCERNANTLA MORTSOUDAINEDESONÉPOUSE. LAPOLICESOUPÇONNAITUNEMPOISONNEMENT,MAISRESTAITPERPLEXEFACE AUXMORSURESQUELEPROFESSEURHUMPHREYPORTAITAUCOUETAUXPOIGNETS. LECORPSÉTAITENCOURSDE RAPATRIEMENTVERSLETERRITOIREFRANÇAIS,MAISLETRANSFERTNÉCESSITAITPLUSIEURSJOURSÀCAUSEDE l’ensemble des formalités administratives et cela compliquait le travail de deuil de la famille. EVAOUVRITLEPORTE-FOLIOETDÉCOUVRITUNEBONNECENTAINEDEFEUILLETSEMPILÉSLESUNSSURLES AUTRES,NUMÉROTÉSAVECSOINENBASDECHAQUEPAGE. SAMÈREAVAITIMPRIMÉSESÉCRITSAVANTDE DISPARAÎTRE. C’ÉTAITÀPEUPRÈSTOUTCEQU’EVAAVAITPURECUEILLIRPOURLEMOMENT. SONPÈRELUIAVAIT AVOUÉNAVOIRPASEULECOURAGEDEMETTRESONNEZDANSLESDOSSIERSPROFESSIONNELSDESAFEMMEET avait confié cela à sa fille. EVARESTAITDUBITATIVEDEVANTCETTELIASSEDEPAPIERSQUISEDRESSAITDEVANTELLE. CELANERESSEMBLAIT PASAUXTRAVAUXQUESAMÈREAVAITCOUTUMEDEMENER. D’HABITUDE,LEPROFESSEURRÉDIGEAITTOUTET ANNOTAITSESRÉFLEXIONSAPRÈSRELECTUREDANSLAMARGE. ICICELASEMBLAITDIFFÉRENT.ELLEFEUILLETA rapidement le recueil recensant des lieux qui l’intriguèrent. Londres, Versailles, Čachtice… ELLEEUTLASENSATIONDERECEVOIRUNCOUPDEPOIGNARDDANSLECŒUR. CESLIEUXNÉTAIENTAUTRESQUE les destinations vers lesquelles sa mère s’était rendue ces derniers mois. EVAREVINTAUDÉBUTDELOUVRAGE,PORTASATASSEDECAFÉÀSESLÈVRESETSEPLONGEAAVECFÉBRILITÉ dans la lecture, cherchant des réponses dans cet étrange dossier au titre énigmatique.
Par le professeur Humphrey Première partie
SORTIARUS
Catherine de Médicis, La Chambre des Secrets 1520 Sous les flamboyantes fleurs de lys Ornant Les armoires de Catherine de Médicis, Se cacheraient de singulières curiosités royales : Candélabres et camées Sculptures et opales, S’entremêleraient ainsi en secret, Afin de mieux occulter Quelques collections sans égales. Bijoux et trésors cachés Seraient ainsi les gardiens du soir De sulfureux venins secrets, Dans l’envoûtant Cabinet des Poisons Sacrés de La Régente Noire.
CHAPITRE 1 Manoir d’Anceny, Londres - 7 novembre 1872 Isabella Une brume épaisse était tombée sur la ville sombre, conférant une atmosphère irréelle aux rues piétonnes, martelées par le bruit des sabots des chevaux tirant les fiacres. Les passants s’abritaient sous les portes cochères à peine éclairées par les flammes vacillantes des réverbères. Seules quelques femmes, vêtues de robes rouges et de corsets blancs, s’affichaient sur le perron des maisons closes. On distinguait à peine les murs des hautes maisons qui s’élevaient le long des rues étroites et obscures dégageant une odeur âcre. Les marchands ambulants surgissaient au coin des ru es, une lanterne à la main, en criant et en bousculant les colporteurs postés devant les marches des bâtisses. Une large pancarte, dans l’avenue principale, affichait en grandes lettres rouges :Absinthe. Les vagabonds, en quête de fée verte, se ruaient dans les bouges mal famés, alignés les uns à la suite des autres dans la rue, d’où provenait u n curieux mélange de cris, de rires et de musique. Le manoir de Mme d’Anceny se dressait au croisement de l’une de ces rues pavées, mais donnait également sur l’un des nouveaux quartiers du centre-ville, tourné vers la modernité. Comme d’habitude, Emily devait porter les infusions des époux d’Anceny dans leurs appartements privés, au premier étage du manoir. Le couple était sorti chez des amis pour la soirée et la jeune servante devait laisser leurs tasses sur le guéridon de l’antichambre. Emily lissa son tablier puis poussa doucement la porte et déposa le plateau de bronze. Il faisait très sombre dans la pièce. La jeune femme fit demi-tour, mais son pied heurta quelque chose. Elle se baissa, les sourcils froncés. Emily ne parvenait pas à distinguer ce qui jonchait le sol, si bien qu’elle décida d’aller chercher une bougie, posée sur une console, dans le lo ng corridor. En refermant la porte de l’antichambre, elle sentit quelque chose d’étrange sur ses mains. Des gouttes de sang perlaient sur ses doigts fins. Prenant son courage à deux mains, elle poussa à nouveau la porte de l’antichambre. … Elle le vit alors. Le corps du Chevalier, étendu sur le sol. Raide. Le visage figé, les yeux ouverts. Les larmes aux yeux, Emily étouffa un cri et s’enfu it dans les escaliers en colimaçon qui conduisaient à la cuisine.
CHAPITRE2 Château de György Báthory, Hongrie - février 1570 Elisabeth Dans la région de Nyírbátor, en Hongrie, se dressai t au beau milieu d’une campagne aride, un grand palais entouré de vastes jardins. De l’union de György et d’Anna Báthory était née une belle petite fille aux cheveux noirs et aux yeux clairs. Le prince de Transylvanie en personne, futur prince de Pologne, s’était rendu au château afin de fêter la naissance de l’enfant. Elizabeth, de sang royal, grandit comme une rose rouge, au milieu des terres enneigées. Elle n’était pas fragile et sa bonne constitution lui permit de survivre aux maladies infantiles qui sévissaient dans la province. Pour ses dix ans, la famille se réunit, accueillant à nouveau le prince de Pologne au château. Un matin d’hiver, alors que de légers flocons drapaient les jardins des Báthory, la jeune Elizabeth apparut sur le perron. Émerveillée par la neige qui recouvrait silencieusement le parc, elle se dirigea en courant vers la fontaine dont les eaux avaient g elé. Elizabeth avait un joli visage de poupée boudeuse, au teint d’un blanc porcelaine et de longs cheveux noirs et soyeux. Ses lèvres vermeilles souriaient à la vue des floco ns qui virevoltaient comme des plumes autour d’elle. Elle aperçut un oiseau sur la margelle de la fontaine et s’approcha doucement de lui. Il tremblait de froid, mû par de grands frissons qui agitaient ses plumes sombres. L’enfant eut l’air ravi et le recueillit délicatement dans ses mains. Elle rentra avec l’oiseau dans le château et demanda à la domestique de lui apporter une cage afin de mettre le volatile à l’abri. La servante ne tarda pas à réapparaître, portant une grande cage dans ses bras et aidée de la petite fille, elle mit au chaud l’oiseau affaibli. Elizabeth s’en occupait tous les jours, heureuse de voir qu’il reprenait des forces. Un jour, alors qu’elle lui donnait à manger, il lui piqua le doigt d’un coup sec et une perle de sang jaillit sur l’index de l’enfant. Elizabeth sursauta puis contempla le sang qui coulait le long de ses doigts. Elle referma mécaniquement la porte de la cage et regarda, fascinée, les gouttes qui tombaient, étoilant de rouge le tapis blanc de sa chambre. Elle eut peur d’être grondée et tenta d’essuyer le sang, mais elle se rendit compte qu’elle ne pourrait nettoyer seule et appela sa domestique. Lorsque celle-ci trouva la petite fille, elle vit sur le visage blême d’Elizabeth de grandes traces rouges. L’enfant ne semblait pas effrayée. Elle s’était approchée de la coiffeuse et se regardait dans le miroir ovale. Une lueur étrange brillait dans ses yeux. — Nettoie mon visage, ordonna-t-elle à la domestique. Celle-ci, surprise de trouver l’enfant dans cet éta t, s’exécuta aussitôt. Elizabeth retrouva rapidement son teint pur et la gratifia d’un grand sourire. — Je crois que je suis encore plus belle lorsque l’on me lave avec du sang, gloussa Elizabeth, d’un air ravi. Vois comme ma peau est belle et douce, maintenant ! La domestique, sidérée, sentit un long frisson glisser le long de son échine en regardant la fillette rejeter derrière son épaule l’une de ses longues mèches de cheveux noirs, un sourire énigmatique flottant sur les lèvres.
CHAPITRE3 Cour du roi de France, 1654 Olympe — Je vous en prie, chère Olympe, après vous, lui glissa le roi, en la tenant par la main. — Je vous remercie, Votre Majesté, répondit la jeune fille avec élégance, avant d’entrer dans la salle de bal. Il régnait dans la pièce une atmosphère légère et douce, les rires fusaient et les femmes dansaient. Les robes de taffetas tournoyaient gaiement. Une mu sique enchanteresse se faisait entendre. Les lustres brillaient de mille feux, conférant à la sa lle décorée de grands miroirs un effet kaléidoscopique. La salle, blanche et dorée, semblait d’autant plus immense. Une table de banquet s’étendait d’un bout à l’autre. Des gardes étaient postés de chaque côté des grandes entrées. Mais Olympe fut soudain prise de vertiges. Elle ser ra le bras du roi qui, la voyant pâlir, la conduisit vers une marquise de velours rose. Quelqu es femmes s’écartèrent afin de laisser passer le roi et Olympe, toute pâle. Louis semblait assez inquiet, à en voir son sourire crispé. Il aida Olympe à s’asseoir doucement. — Respirez vos sels, l’encouragea-t-il, en l’aidant à porter une petite fiole à ses narines. Ce n’est rien, un petit éblouissement sans doute. Vous sentez-vous...