Nouvelle Ombre

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180 pages
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Description

La vie à New York est devenue trop dangereuse pour les Hunters depuis que de hauts dignitaires de la société ont été assassinés. La menace rôde et tout laisse à penser que Derian et son clan sont décidés à passer à l'action.


Quittant l'immensité et l'extravagance de leur vie new-yorkaise, les membres de la communauté s'orientent vers l'apparent calme du New Jersey. C'est la petite ville de Glen Rock qui est ainsi choisie pour devenir le nouveau quartier général des membres de la communauté des chasseurs.


C'est dans cet environnement inconnu que Carlie va devoir vivre et combattre ses ennemis de toujours sans pour autant céder à ses pulsions dévastatrices. Malheureusement, l'avenir joue parfois des tours cruelles à ce dont le destin est grand.

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EAN13 9782365403931
Langue Français

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Saga Hunters Tome 2: Nouvelle Ombre Meghane Vezzaro LES EDITIONS SHARON KENA Tous droits réservés, y compris droit de reproducti on totale ou partielle, sous toutes formes. © 2013Les Editions Sharon Kena www.leseditionssharonkena.com ISBN : 978-2-36540-393-1 À mes parents et ma famille. Merci pour votre souti en, j’espère pouvoir vous rendre la pareille un jour!
Première partie Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Deuxième partie Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Troisième partie Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3
Table des matières
Première partie Trouble Nocturne
Chapitre 1Départ
C’était un jour de février 2007 extrêmement froid e t sec qui s’était abattu sur la ville. La neige était tombée en rafale toute la nuit et avait recouvert tous les quartiers de New York. Le Bronx, le Queens, Brooklyn et Staten Islan d étaient enfouis sous presque quarante centimètres de poudreuse, tandis que Manha ttan battait tous les records avec plus de soixante-dix centimètres de glace cristalli sée entassés sur ses trottoirs. Le givre recouvrait toutes les vitres et les pare-b rise des voitures ainsi que les fenêtres des divers bâtiments de la ville. Les routes avaien t été déneigées et le salage avait été également fait dans le but d’empêcher le goudron de geler. Une grande majorité des écoles avait ouvert leurs p ortes à leurs élèves pour le plus grand malheur de ces derniers qui avaient espéré qu e les dispositifs de déneigement n’auraient pas été aussi efficaces. Il était cinq heures de l’après-midi et Central Par k semblait totalement désert. La température avait chuté si bas ces dernières heures que tous les habitants de la région restaient le moins possible à l’extérieur, tout com me les petits animaux qui peuplaient l’endroit; les divers mammifères avaient tous regag né leurs lieux de repos. Pourtant, deux adolescents marchaient dans la grand e étendue d’herbe blanche que représentaient la pelouse et la végétation du parc. Les deux jeunes gens marchaient l’un près de l’autre en se tenant par la main. Ils essay aient de rester le plus proche possible afin de ne pas mourir de froid face à la brise glac iale qui soufflait dans leur direction, ils étaient toutefois vêtus très chaudement. Tous deux portaient un épais jeans, un lourd blouson doublé de polaire, un gros pull à col roulé , une écharpe, un bonnet et des gants en laine ainsi que des bottes en cuir; ils étaient tellement couverts qu’on aurait pu croire qu’ils partaient pour une expédition dans le cercle polaire. Carlie et Seth étaient sortis de la Dwight School s eulement une heure plus tôt et ils avaient rapidement rejoint le parc grâce à Niels An son — le fidèle chauffeur du jeune homme depuis près de quatre ans —, qui avait accept é de rester gratuitement à la disposition du petit-fils de son défunt patron jusq u’à ce que celui-ci puisse officiellement conduire. Les deux amis profitaient de ce rare et d ernier moment de complicité qu’ils allaient pouvoir partager avant longtemps; Clint av ait accordé à sa nièce le plaisir de rester avec son meilleur ami, car il savait qu’avec ou sans son consentement elle y serait allée quand même. Durant leur longue promenade, ils énumérèrent leurs souvenirs de vie commune et se rappelèrent avec nostalgie de toutes les bêtises qu ’ils avaient pu faire en éludant toutefois leurs diverses disputes et les remontranc es du vieux Corner. Leur discussion pouvait laisser croire qu’il n’y avait jamais eu de secret entre eux, alors que la vérité était tout autre. Seth n’avait toujours pas réussi à avou er ses sentiments à Carlie et cette dernière ne faisait jamais rien pour l’aider et, ma lheureusement, il ne lui restait pas beaucoup de temps pour agir. Le garçon entraîna son amie vers un banc en bois qu ’il avait repéré pendant qu’elle lui expliquait que rien ne changerait entre eux-mêmes s ’il leur était impossible de se voir durant une longue période. Alors qu’il la tirait pa r la main, Seth essayait de faire abstraction des « Rien ne changera jamais, entre no us », « Je serai toujours ton amie quoi qu’il arrive » et « Tu pourras dire ce que tu veux, mais je te considérerai toujours comme un de mes frères » que lui serinait Carlie. S ’il n’avait pas été sûr qu’elle était encore trop naïve pour comprendre ses intentions, i l aurait pu jurer qu’elle voulait à tout prix le dissuader de lui révéler ce qu’il ressentai t. Pourtant, même si les paroles de l’hybride l’effrayaient quelque peu, il s’était jur é de mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes. Ils s’installèrent tous les deux sur le vieux morce au de bois et se serrèrent l’un à l’autre. Carlie laissa tomber sa tête sur l’épaule de Seth qui passa son bras autour de sa taille puis il la pressa contre lui. Il savait pour quoi il était autant attiré par elle, mais il ne se lassait pas de se demander pourquoi il l’aimait tant et comment aurait-il pu s’empêcher de tomber amoureux d’elle, même si elle ne lui était pas destinée. Sérieusement, Seth, ça va être horrible sans toi ! Comment vais-je faire ?  Ne t’inquiète pas, tu pourras toujours compter sur moi. Et si un jour tu te sens vraiment mal, tu m’appelles et je viens te chercher , dit-il en lui embrassant le front. Je
serai même capable de te kidnapper si ton oncle ne me laisse pas te voir ! Très drôle ! Mais honnêtement, s’il vient à m’inte rdire de te voir, je te garantis que tu n’auras pas besoin de me kidnapper, mais de me fair e évader de prison après que je lui aurai brisé le cou ! Ne dis pas de bêtises, tu le regretterais ! T’as toujours des scrupules de toute façon ! rit-il. Ouais, on verra si ça arrive vraiment ! Ça va être très bizarre de vivre sans toi et puis tu es mon seul ami. Et Elvira ? Tu sais qu’elle t’attend ! Elle t’a en core envoyé un message ce matin. Je sais, mais je suis assez rancunière à présent, et ce qu’elle m’a dit la dernière fois que je l’ai vue ne m’a pas plu du tout. Pour moi, e lle n’est plus qu’une étrangère, pondit-elle froidement. Arrête, tu sais qu’elle s’est fait monter la tête par ses parents et les Korolenko. Elle a compris son erreur, pas la peine de lui faire payer indéfiniment. Il faut que tu apprennes à pardonner ! Et c’est toi qui me dis ça ?  Oui, parce que je n’ai réussi à le faire qu’il y a peu de temps. Et, malheureusement troptard.  Seth, ne parlons pas de ça. La situation est déjà assez … horrible comme ça, lui rappela-t-elle. Je sais, princesse. Enfin tout ça pour dire que tu ne dois pas te défaire d’elle, car elle est un de tes rares appuis dans cette nouvelle soci été gouvernée par Dimitri. Peut-être. Bref, il y a quelque chose qu’il faut absolument q ue tu saches avant de partir, sinon je risque très probablement de me faire passer deva nt. Comment ça ? De quoi parles-tu ?  Carlie, franchement je ne vois pas comment ça se f ait que tu n’aies pas encore réussi à comprendre depuis le temps, parce que je t ’ai quand même envoyé plus d’un indice au cours de notre colocation ! D’ailleurs, M ilton avait compris, Nelson avait compris, Niels avait compris, même ton chat l’a com pris et mon grand-père le savait parfaitement dès le début. Mais c’est à croire que tu es totalement aveugle. Et si tu étais plus clair !  C’est difficile d’être plus clair sans passer à la vitesse supérieure et là, je te choquerais sûrement. Je ne comprends rien à ton charabia !  Ton sang, Carlie ! Enlève tes œillères et regarde- moi normalement deux minutes et pas juste comme celui qui t’a toujours défendue ! R egarde mes yeux, ma bouche, mes mains, regarde-moi tout simplement ! Tu ne vois vra iment pas ? Je ne veux pas qu’on soit amis ! Je ne l’ai jamais voulu ! Je me suis co ntenté de ça en me disant qu’il ne fallait pas aller trop vite et qu’il valait mieux te faire comprendre en douceur ! Mais là, j’en ai assez ! Tu sais que la patience n’est pas mon fort et pourtant j’ai attendu pour toi. Je … Seth, je suis totalement perdue … Je ne veux pas être ton ami, et je ne veux pas êtr e ton chevalier servant … je veux ton amour. C’est la seule chose que j’ai jamais vou lue. Carlie, JE NE VEUX PAS QU’ON SOIT AMIS ! hurla-t-il à s’en décrocher les poumons en se levant du banc. Je suis désolée, je … je n’ai jamais pensé que tu pouvais ressentir ça pour moi … Normal. Tu ne voulais pas le voir de toute façon. Ne dis pas ça, tu me l’as dit plus d’une fois, je suis totalement naïve, le réconforta-t-elle en se levant et posant son front entre les omo plates du rebelle. Ne fais pas ça, s’il te plaît. Je n’ai vraiment pa s besoin de ta compassion. Seth … ce n’est pas ça ! Tu interprètes mal ma … Carlie fut coupée dans sa phrase par la sonnerie de son portable qui jouait « The Mission » de 30 Seconds To Mars. La sang-mêlé s’exc usa auprès de son soupirant et regarda le numéro qui s’affichait sur l’écran de l’ appareil. C’était Aaron. Oui, Aaron ?
Non, c’est Peter, lui répondit la voix rauque et à peine audible de son frère. Oh, désolée. Qu’est-ce qui se passe ? Je t’attends à la sortie sud, prends celle du lac The Pond. Non, attends … Désolé, on doit y aller, dit-il avant de raccroche r. Elle était exaspérée par les manières de son frère. Il avait beau avoir horreur de parler — ce qu’elle arrivait tout à fait à concevoi r —, elle trouvait pourtant qu’il exagérait vraiment. De plus, il était encore plus distant que lorsqu’elle l’avait vu à la soirée que le grand-père de Seth avait organisée en octobre de l’ année passée. Malgré tout, l’hybride soupira profondément et rangea son téléphone dans l a poche de son jeans, se résignant à accepter enfin son départ. La future Huntress prévint celui qui était encore s on meilleur ami quelques minutes plutôt et lui demanda de la raccompagner. Il n’y av ait que cinq cents mètres à parcourir, mais elle voulait quand même passer ces instants av ec lui et cela malgré les révélations fracassantes qu’il lui avait faites. Les mètres défilaient dans un silence de mort absol u et ni l’un ni l’autre n’osait prendre la parole. Malheureusement, Carlie voyait déjà la M ustang de son frère aîné se profiler; Peter avait dû l’emprunter à Aaron. La jeune fille s’arrêta à quelques pas de l’automobile usée et se retourna vers Seth qui la suivait, la tê te basse. Seth, je ne veux pas qu’on se quitte comme ça ! Moi non plus. OK, donc … Le rebelle ne lui laissa pas le temps de parler dav antage et il posa fermement ses lèvres sur celles de Carlie en emprisonnant son vis age entre ses mains solides. Il savait qu’il l’avait surpris, mais il ne se gêna pas pour approfondir son baiser avec la fille de ses rêves. La brusquerie disparut et il laissa éclater toute la douceur dont il était capable à travers sa bouche et sa langue. Après une minute d’embrassade langoureuse, Peter dé cida de rappeler à l’ordre sa petite sœur en donnant un grand coup de klaxon; il baissa même sa vitre et lui intima de monter rapidement dans la voiture. Les deux nouveaux amoureux se séparèrent à contrecœ ur pour elle et avec désespoir pour lui, car même si Carlie éprouvait des sentimen ts pour son protecteur, elle savait qu’ils n’équivalaient pas à ceux du jeune homme. Je t’aime, princesse. D’accord. Tu vas tellement me manquer. Je viendrai dès que j e le pourrai, c’est promis. D’accord.  À très bientôt, dit-il en allant cueillir un nouve au baiser sur les lèvres rouges de Carlie. À bientôt. L’hybride se dégagea de l’emprise du petit-fils de Corner et alla rejoindre, d’un pas rapide et déstabilisé, Peter qui allait une fois de plus klaxonner. Elle ouvrit la portière — un peu difficilement — et la referma vivement après s’être installée sur son siège. Elle attacha sa ceinture de sécurité et le jeune diplômé Hunters démarra sans lui laisser le temps de voir les grands signes que lui faisait Seth. *** Durant le trajet Peter ne cessa de lancer des regar ds en coin à sa petite sœur, ce qui ne manqua pas de l’agacer. Son frère avait toujours été d’une timidité maladive pourtant il n’avait pas eu la chance d’obtenir le don de la discrétion au moment de sa naissance au regret de Carlie, car cela était vraiment gênant. La sang-mêlé n’arrêtait pas de s’agiter sur son siè ge, de tourner et retourner sa tête de droite à gauche sans arriver à trouver une posit ion où elle pourrait éviter les yeux de son aîné. C’était horrible pour elle de devoir supp orter le regard du jeune Hunter et elle commençait malgré elle à sortir de ses gonds. Son s ouffle se faisait de plus en plus saccadé et ses joues pâles commençaient à se teinte r de rouge. Tu as l’air énervé, affirma le blond.
Non, tu crois ? Tu n’arrêtes pas de m’observer dep uis tout à l’heure ! J’en ai marre ! Je ne suis pas une bête curieuse, OK ? Désolé. Tu ne sais pas aligner une phrase complète ou quoi ! Arrête de jouer au pauvre petit garçon ! Tu es l’une des plus violentes recrues de la société ! En seulement un mois, tu as réussi à abattre plus de vampires et de loups qu ’Igor Korolenko au même âge que toi ! Alors, tu peux stopper tout de suite ta comédie ave c moi ! s’écria-t-elle. Tu déverses ta colère sur moi. Tu es frustrée ? Moi je suis frustrée ? Tu délires, Peter ! Pourquo i le serais-je, hein ?  Parce que Seth t’a avoué qu’il t’aime et que tu es incapable de ressentir la même chose. Tu ne le vois pas différemment d’Aaron ou de moi et c’est ça qui te rend aussi agressive. Qu’est-ce que tu en sais ? Tu ne t’es jamais intéressé à personne, souffla l’hybride. Si tu le crois, répondit-il d’un ton monocorde. On est presque à la maison. Le jeune homme de dix-sept ans avait à peine pronon cé sa phrase qu’ils voyaient déjà la maison de quartier qu’ils avaient habitée six mo is après leur arrivée à New York et qu’ils allaient bientôt quitter. D’après Rebecca et Clint, il fallait rester près des membres de la communauté au vu des meurtres qui se propagea ient comme la peste au sein de leurs rangs; ce qui n’était pas pour déplaire à Pet er qui était heureux de se rapprocher des membres de sa famille depuis qu’il avait rejoin t Aaron sur le campus de Princeton. Une semaine plus tôt, Carra Māhoe avait été retrouv ée empalée sur une croix peinte en noir. Elle avait été placée en plein milieu d’un cimetière devant la tombe d’une jeune artiste qui portait le nom d’Astrid. Tous les Hunte rs avaient bien sûr compris le message. La croix représentait le symbole des Black Cross — qui leur avait été donné par leur fondateur — et le cimetière faisait penser à la mor t qui allait frapper beaucoup de personnes. Quant au choix de placer le cadavre de l a mère de Noma face au lieu de repos de cette Astrid, cela représentait la fin de la créatrice originelle et donc de la société. Ce qui signifiait littéralement une fois i nterprété : « Hunters, enfants d’Astrid, prenez garde aux Black Cross et à leur vengeance ». Au contraire de son frère, Carlie avait été mortifi ée d’apprendre devoir quitter sa ville d’adoption, ses habitudes, le manoir des Palmer, et surtout Seth. Pourtant, après le baiser que ce dernier lui avait pris, elle était mo ins horrifiée de quitter New York, Belleville et son meilleur ami, pensant que cet éloignement fo rcé leur permettrait de réfléchir à la situation. Elle pourrait éclaircir ses sentiments e nvers lui sans risquer de le blesser en l’évitant puisqu’elle ne le reverrait pas avant lon gtemps. Toutefois, déménager dans une petite ville du New Jersey ne lui plaisait vraiment pas. Glen Rock était une bourgade d’environ onze mille h abitants qui comptait quelques sièges de l’enseignement primaire et secondaire, un e « grande avenue » — qui ne devait même pas être aussi large que la route qui passait sous les fenêtres de la maison de son oncle —, une gare et de minuscules boutiques totale ment obsolètes face aux géants de l’habillement de la capitale économique des États-U nis. Heureusement, Sawyer Bramson — une amie arrivée depuis plus d’une semain e — lui avait appris qu’il y avait une bonne pizzeria, un cinéma correct et, par mirac le, un Starbucks; Carlie savait déjà où elle passerait toutes ses journées pour éviter sa tante ainsi que son oncle. Lorsque Peter coupa le moteur de la Mustang, l’hybride ferma les yeux une fraction de seconde pour se préparer à affronter ses tuteurs, d e même que le nombre incroyable de cartons qui reposaient encore sur le sol et les cri s des jumeaux qui ne voulaient pas partir, car ils n’auraient qu’une chambre pour eux deux. La sang-mêlé n’avait jamais voulu se l’avouer, mais à présent elle se rendait c ompte qu’Alex et Josh étaient d’horribles monstres d’égoïsme totalement impossibl es à égaler. Finalement, elle ouvrit sa portière et s’extirpa des vieux sièges en cuir t ernis et collants, durs comme une planche de bois à cause du froid qui régnait dans l a vieille automobile; le chauffage était tombé en panne un mois auparavant et le toit pliabl e du cabriolet s’était déchiré. Soudain, Carlie sentit un regard fixé sur elle. Ell e tourna la tête vers la place du conducteur et vit que Peter la regardait d’un air a musé en affichant un petit sourire en coin. Elle ne comprit pas pourquoi son frère — qui n’exprimait presque jamais ses émotions d’une quelconque manière que ce soit — se comportait ainsi. Qu’est-ce qui te prend ? soupira-t-elle Mais rien du tout … lui répondit-il en l’embrassan t sur le haut du crâne. Tu es tombé du toit d’un building ou quoi ?
Pourquoi ? Je n’ai pas le droit d’avoir un geste d ’affection ? Disons que je ne t’ai jamais vu aussi … démonstrat if, et en plus on n’a jamais eu de discussions qui ont duré autant de temps. Correctio n, on n’a jamais vraiment parlé ensemble. Eh bien, je compte changer ça. Je suis peut-être ton aîné, mais j’ai besoin de toi. Pourquoi ? s’étonna-t-elle.  Comme tout le monde, j’ai mes démons et j’ai besoi n de les partager. Et comme je n’ai aucun ami et qu’Aaron me tuerait sur-le-champ s’il l’apprenait, je me tourne donc vers toi.  Sympa, je suis la roue de secours, en fait ? Bref, laisse tomber et dis-moi plutôt pourquoi Aaron te ferait du mal. J’ai bu du sang, avoua-t-il. Quoi ? Encore ! Peter, tu avais promis d’arrêter, s’énerva l’hybride. Ce n’est pas de ma faute, l’autre jour je chassais et je suis tombé sur un vampire qui était en train de vider une fille dans une ruelle. Je l’ai donc abattu, mais je n’avais pas prévu que la fille soit recouverte de sang et … enfin … Tu l’as finie ? s’écria-t-elle. Non, pas du tout. Dès que j’ai eu fini, je l’ai dé posée devant un hôpital. On va avoir des problèmes avec tes bêtises ! Tu as pensé que maintenant ils ont ton ADN !  Ne t’inquiète pas, j’ai pris mes précautions, lui expliqua le jeune Hunter, le regard perdu dans le vide. Je me demande bien comment … Secret de demi-vampire qui ne sait pas se contrôle r, s’amusa-t-il avec malice. Ah ça, je suis d’accord ! Mais pourquoi me dis-tu ça ?  J’ai mauvaise conscience, et je voudrais que tu m’ aides à me contrôler lorsque tu seras devenue une Huntress. Je verrai ce que je peux faire. Merci, par contre, tiens ta langue. Évidemment ! Si ça arrivait aux oreilles d’Aaron, il t’égorgerait. Je sais … articula-t-il difficilement. Rentrons ma intenant, on a du pain sur la planche. Ouais, quelle joie ! Elle sortit de la vieille Mustang en claquant la po rtière. Elle rejoignit son frère qui était déjà en haut des marches du perron. Le jeune homme ouvrit la porte et se poussa afin de laisser passer sa sœur. Une fois qu’ils furent tous entrés, il la referma et il n’eut même pas le temps de faire plus de deux pas que Clint su rgissait de la cuisine pour lui mettre un gros carton dans les bras. L’oncle demanda à son neveu de commencer à remplir la voiture d’Aaron en lui rappelant que le départ était prévu une heure plus tard et qu’il devait absolument faire vite. Puis il se retourna vers Carlie et lui dit d’ aller chercher ses affaires et de dégonfler son lit pneumatique. Celle-ci s’exécuta sans un mot et sans un regard po ur celui qui l’avait recueillie. Elle remarqua qu’elle était de plus en plus rancunière a vec le temps; c’était peut-être à cause de Seth qui l’avait trop endurcie. Pourtant, elle s ’en moquait éperdument, car à présent, pour elle, il ne représentait plus rien. Tout comme Rebecca, Alex et Josh. Ils étaient devenus négligeables à ses yeux comme elle l’avait été aux leurs. En montant les marches de l’escalier, elle eut un rictus mauvais. Elle se rendit compte qu’en réalité elle n’avait pas juste une dent contr e eux, mais plutôt qu’elle les haïssait cordialement. Elle ne supportait pas de les voir to us les jours et elle savait que cela allait encore durer presque trois années supplémentaires; son enfer personnel continuerait un certain temps et il allait falloir qu’elle le suppo rte. Elle entra dans sa chambre et ramassa son sac — qu’ elle posa dans le couloir — avant d’attraper son chat et de le mettre dans sa c age. Puis, elle commença à dégonfler son matelas, pour ensuite sortir de la petite remis e qui avait été son antre et alla faire un rapide tour dans la salle de bains. Elle attrapa sa trousse de toilette et la glissa dans son cartable en toile.