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Ombres

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104 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 0001
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EAN13 : 9782296174566
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Écritures arabes Conection dirigée par Marc Gontard

- OMBRES

Collection Écritures arabes
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BAROUDIAbdallah, Poèmes sur les âmes mortes. ACCAD Évelyne, L'Excisée. ZRIKAAbdallah, Rires de l'arbre à palabre. Poèmes. La parole confisquée. Textes, dessins, peintures. de prisonniers politiques marocains. ABA Noureddine, L'Annonce faite à Marco ou A l'aube et sans couronne. Théâtre. ABA Noureddine, C'était hier Sabra et Chatila. AMROUCHE Jean, Cendres. Poèmes. AMROUCHE Jean, Étoile secrète. SOUHELDib, Moi, ton enfant Ephraïm. BEN Myriam, Sur le chemin de nos pas. Poèmes. TOUAT! Fettouma, Le printemps désespéré. ABA Noureddine, Mouette ma mouette. Poèmes. BELHRIT!Mohammed Alaoui, Ruines d'un fusil orphelin. Poèmes, suivis de L'Épreuve d'être. Pamphlet. BENSOUSSAN Albert, L'Échelle de Mesrod. Récit. MORSY Zaghloul, Gués du temps. Poèmes. BELAMRI abah, Le Galet et l'Hirondelle. Poèmes. R BEKR!Tahar, Le chant du roi errant. Poèmes. HOUARI Leïla, Zeida de nulle part. LAABIAbdellatif, Discours sur la colline arabe. BEREZAKFatiha, Le regard aquarel. AMROUCHE Jean, Chants berbères de Kabylie. KALOUAZ Ahmed, Point kilométrique 190. Roman. SAOUDI Fathia, L'oubli rebelle. Beyrouth 82. Journal. KACIMI El Hassani, Le mouchoir. FARÈSNabile, L'exil au féminin. GUEDJ Max, Mort de Cohen d'Alger. BEN Myriam, Sabrina, ils t'ont volé ta vie. Roman. RAITHMustapha, Palpitations intra-muros. Roman. YACINEJean-Luc, L'escargot. Roman. lAABI Abdellatif. L'écorché vif

Arriz T AMZA

OMBRES

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

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LAABIAbdellatif, Le baptême chacaliste. Théâtre. COISSARDG. et DJEDIDI H., Chassés Croisés. TAWFIK El Hakim, L'Ane de sagesse. BOUKHEDENNASakinna, Journal: Nationalité: Immigré(e). BENSOUSSAN Albert, Le dernier devoir. BEKR!Tahar, Le cœur rompu aux océans. Poèmes. HOUARI Leïla, Quand tu verras la mer. ACCAD Évelyne, Coquelicot du massacre. CHNIBERMohamed Ghazi, Les murmures de la palmeraie. REZZOUGLeïla, Apprivoiser l'insolence. HADDADI Mohammed, La malédiction.

@ L'Harmattan, 1989 ISBN: 2-7384-034-2-5

Existe -

Ombre eXIste pas

]' ai voulu écrire un livre qui se rapproche le plus possible de la réalité. Il narre la vie extérieure et intérieure d'un homme et d'une femme (ce dédoublement qui nous fait tant souffrir) dans un espace tissé de lignes parallèles et courbes, et rythmé par les heures qui ne sont jamais les mêmes. La nuit est marquée par l'obscurité qui s'abat sur les phrases pour ne laisser paraître que certains mots. Elle a la résonance du tam-tam qui émane du plus profond, du plus lointain. Et le jour est un éclaircissement qui révèle la forme, et dans lequel l'obscurité n'est plus qu'une ombre. 7

Ainsi l'imaginaire, le rêve, le fantasme, le désir, et le monde que l'on dit réel ou irréel sont étroitement liés. Tout comme dans la vie de tous les jours, où la pensée de chaque instant tangue entre le passé, le présent et le futur: la mémoire, l'instant et l'imaginaire (parfois l'intuition).

M.A.T.

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Je l'avais aperçue en arrivant - son regard furtif et pénétrant m'avait reconnu. Elle me disait dans ce langage sans paroles: - Je voudrais vous parler. Il était vingt heures et je venais prendre la relève de l'infirmière de jour. Une fois les transmissions faites, je me retrouvais seul dans le service. Un service dit de « gastro-entérologie» où on recevait la plupart du temps des gens qui se plaignaient de leur ventre. Aménagé récemment dans une aile perpendiculaire, il était isolé du bloc de trois étages 9

des autres unités de soins. l'hôpital, ancienne école communale improvisée en dispensaire durant la dernière Grande Guerre - vieille bâtisse dont on amputait la façade et à laquelle on greffait des annexes modernes érigeait ses murs neufs dans la ruelle obscure d'un quartier industriel et populeux. Un entrepôt de mobilier de bureau lui faisait face. - Je passerai vous voir dès que j'aurai fini ma tournée, lui dis-je. l'infirmier de nuit fit sa tournée habituelle. Fit les piqûres - distribua les remèdes - les comprimés pour dormir. le service comprenait cinq chambres - à deux lits - il n'y avait que sept malades. la dernière était la plus pénible - la plus irritante - occupée par deux vieilles alitées qui réclamaient sans cesse le bassin - des calmants - un somnifère - une présence. Elles aussi avaient besoin de parler - d'être écoutées. la nuit était pour elles - plus que pour les autres un abîme sombre qui s'entrouvrait telle une bouche carnivore. Une pierre tombale qui crissait dans le silence pour dévoiler leur future - si proche - demeure. 10