Perry Rhodan n°14 - Mutants en mission

Perry Rhodan n°14 - Mutants en mission

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133 pages

Description

Fin 1982, la Terre est enfin unifiée et le Gouvernement Mondial siège à Galactopolis. Mais la menace des Francs-Passeurs pèse de plus en plus. S'appuyant sur un Marchand Galactique dénué de tout scrupule, Perry Rhodan lance une très subtile contre-attaque : quatre de ses mutants s'infiltrent sur Goszul, seconde planète de l'étoile 221-Tatlira, où se réuniront bientôt tous les patriarches des clans des Passeurs. L'aide des Goszlans opprimés sera un atout décisif dans l'entreprise...



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Ajouté le 27 octobre 2016
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EAN13 9782823855029
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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K. H. SCHEER ET CLARK DARLTON
MUTANTS EN MISSION
COLLECTION « ANTICIPATION »
Introduction
Lorsque la première fusée lunaire, lancée de Nevada Fields par les Américains, atteignit notre satellite, sous le commandement du major Perry Rhodan, celui-ci découvrit l’épave d’un astronef étranger : un croiseur d’exploration des Arkonides, armé pour la recherche d’une mystérieuse planète, dont les habitants possédaient, croyait-on, le secret de l’éternelle jouvence. Rhodan s’allia avec les Stellaires et, grâce à la supériorité de leurs armes et de leurs moyens techniques, créa, sur Terre, un Etat autonome, la Troisième Force, capable d’imposer aux deux blocs rivaux, l’Est et l’Ouest, non seulement une paix durable, mais encore une confédération : les Etats-Unis de la Terre cessaient d’être une utopie. Mais le croiseur naufragé avait eu le temps d’émettre des S.O.S. qui, captés par des races intelligentes, non humaines, les attira à la curée. Car la décadence rongeait un peu plus chaque jour l’empire des Arkonides, jadis maîtres des trois quarts de la galaxie ; les peuples soumis proclamaient leur indépendance et ne perdaient pas une occasion d’attaquer un adversaire faiblissant. Pour défendre ses nouveaux alliés et, surtout, Sol III, Rhodan avait dû se lancer dans la lutte contre ces envahisseurs venus de l’espace. Au cours de combats au large de Ferrol, la huitième planète de Véga, il réussit à s’emparer d’un croiseur de bataille, s’assurant ainsi la victoire sur les Extra-Terrestres. Puis, secondé par Thora et Krest, les deux Stellaires, il avait repris avec eux la Quête Cosmique, suivant une longue chaîne d’indices qui les rapprochait toujours davantage, à travers d’innombrables dangers, de la planète de Jouvence. La partie se joua d’abord dans le système de Véga, sur Gol, globe géant où des créatures lumineuses et malfaisantes mirent l’expédition à deux doigts de sa perte. Puis sur Perdita, monde aride peuplé, sous les rayons d’un soleil à l’agonie, d’une race de mulots pensants. Mais à peine un obstacle était-il surmonté qu’un autre surgissait. Enfin, à bord de l’Astrée, le croiseur reconquis sur les Topsides, Rhodan et son équipage atteignirent leur but : Délos, la planète errante. L’immortel, dont elle était le royaume, n’avait consenti à livrer son secret qu’à Rhodan seul. Les Arkonides, à ses yeux, n’étaient plus qu’une race trop ancienne ; ils appartenaient au passé. Devant les Terriens, en revanche, l’avenir s’ouvrait. Un avenir plein d’embûches, car, de retour à Galactopolis, sa capitale, Rhodan allait se heurter à un nouvel ennemi, aussi puissant qu’implacable : Stafford Monterny, le « Maître des Mutants », qui, doué de facultés exceptionnelles, tenta d’imposer sa dictature à la Terre. Une fois encore, Rhodan put remporter la victoire et sauver la Troisième Force. Répit de bien courte durée ! Pour avoir conclu un traité d’alliance économique avec les Ferroliens, Perry Rhodan avait, sans le savoir, lésé les intérêts des Francs-Passeurs : ceux-ci s’arrogeaient, en effet, le monopole du commerce au long cours dans la galaxie. Leurs attaques sournoises le contraignirent à leur tendre un piège, dont l’appât était un jeune aspirant de l’Académie spatiale, Julian Tifflor : une habile mise en scène le présentait comme un messager porteur de documents secrets, d’une importance capitale.
Fait prisonnier par Origans, un des capitaines-marchands, Tifflor parvint à s’enfuir, avec quatre compagnons et un robot, et à se réfugier sur Nivôse, la deuxième planète du système de Béta Albiréo. Les Francs-Passeurs, pendant ce temps, prenant l’offensive, formèrent une révolte des robots, jugulée au prix de très lourdes pertes. Rhodan comprit que, pour vaincre un tel adversaire, il lui fallait de nouvelles armes, plus puissantes. L’immortel, seul, pourrait les lui donner, et les lui donne, en effet, au terme d’un étrange voyage dans le temps et l’espace, pour sauver de la destruction Barkonis, la planète solitaire, berceau de toute civilisation. Equipé de deux « transmetteurs fictifs », après avoir détruit l’escadre de Topthor, un Franc-Passeur du clan des Lourds, l’Astréele cap sur Nivôse, où Tifflor et ses compagnons remet tiennent toujours l’ennemi en échec. Perdant patience, le patriarche Etztak ordonne l’anéantissement atomique de Nivôse. Ses plans seront déjoués au dernier moment : les cinq Terriens, une fois de plus, lui échappent. Mais les Passeurs ne renoncent pas pour autant à écraser Sol III. Quelle sera leur prochaine attaque ?
Première partie Levtan le traitre
Chapitre premier
LHécate et l’Hélios, les deux croiseurs lourds de la Troisième Force, émergèrent de l’hyperespace au voisinage de l’orbite de Pluton. Puis ils mirent, à la vitesse luminique, le cap sur la Terre. La souffrance, dont la vague pourpre accompagnait toujours la plongée, avait maintenant reflué. Perry Rhodan qui, avec Reginald Bull et quelques mutants de la Milice, se trouvait à bord de l’Hécate, rassura, d’un bref signe de tête, le capitaine McClears, commandant de la nef ; tout allait bien. Un peu plus tard, accompagné de Bull, il regagnait sa chambre. Le silence pesa. — Je ne peux pas y croire ! explosa Reginald. L’astronaute sourit amèrement, mais ne répondit pas. Ce calme acheva de déchaîner Bull. Loin des oreilles indiscrètes, il pouvait se permettre de parler d’homme à homme à son chef, qui était aussi, et surtout, son ami. Il l’était déjà, quand tous deux faisaient partie de l’équipage de la premièreAstrée, la fusée lancée de Nevada Fields pour atteindre la Lune. Et il le restait toujours, alors que Rhodan semblait bien en passe, au nom de Sol III, de conquérir la galaxie. — Perry ! Puisqu’il s’est amusé à nous jouer ce tour pendable, pourquoi n’as-tu pas fait contre mauvaise fortune bon cœur ? Pourquoi n’as-tu pas essayé, malgré notre échec, d’atteindre Délos ? Ila ses raisons, Bull. Qui ne sont pas toujours les nôtres, tu devrais le savoir. — Mais, enfin, c’est absurde ! Nous n’avons pas fait le saut jusqu’à Délos pour notre plaisir : nous avons les Francs-Passeurs aux trousses ! S’il leur vient à l’idée de rameuter toutes leurs tribus pour nous attaquer en masse, alors, nous, les Terriens, nous pouvons faire notre testament ! Et, au lieu de nous aider, que fait-il ? Il nous interdit d’approcher de sa maudite planète ! Je renonce à comprendre. Et toi ? Rhodan, assis sur la couchette, épaules et tête basses, ne réagit pas. En cet homme las, déçu, acculé, pour défendre la Terre du péril venu des étoiles, à chercher une issue qu’il ne se croyait pas capable de trouver seul, nul n’aurait reconnu le maître, invaincu jusque-là, de la Troisième Force. — Seigneur ! soupira Bull. Je ne t’ai jamais vu dans un pareil état… Ildoit se fier à notre esprit de ressources, beaucoup plus que je ne m’y fie moi-même. Il n’y a pas d’autre explication possible. Tu sais tout le mal que nous avons, à chaque voyage, à découvrir et redécouvrir Délos.Ils’amuse de nos efforts. C’est sa manière de plaisanter, et nous avons bien dû, toi et moi, nous y habituer. Mais, cette fois,il nous traite par le mépris ;il feint d’ignorer notre présence.Il refuse donc, implicitement, de nous fournir d’autres transmetteurs fictifs, dont j’ai pourtant un si pressant besoin !Illaisse entendre que, pour combattre les nous Passeurs, les armes dont nous disposons aujourd’hui doivent nous suffire. — Si c’est là sa manière de badiner, Perry, je la trouve saumâtre ! Songe que l’Astrée possède deux transmetteurs F. Deux ! Pas un de plus ! Voilà ce que nous avons pour tout potage ! Et même un croiseur de la classe impériale ne résisterait pas à une attaque de tous les Passeurs à la fois, surtout s’ils ont appelé leurs amis les Lourds à la rescousse ! Et l’Astréehors
de combat, plus rien n’empêchera les Barbus de s’emparer de la Terre, pour la réduire en esclavage. Rhodan se redressa ; une flamme dangereuse brûlait soudain dans son regard. Bull, observant la transformation, reprit espoir. — Tu as raison. Quelle plaisanterie d’un goût douteux que de nous croire capables, à nous seuls, de vaincre et les Passeurs et les Lourds alliés contre nous ! Reginald, déçu, se laissa retomber dans son fauteuil. — Ah ! C’est tout ? Je pensais que tu venais peut-être d’imaginer un plan… — C’est tout, Bull. Pour l’instant, du moins. Mais ne t’inquiète pas. Tu m’as rendu un signalé service en me donnant le coup de fouet dont j’avais besoin. — Moi ? Comment ? L’astronaute, sans répondre, se plongea dans ses pensées. Bull, dépité, se tut. Les détecteurs de structure avaient enregistré le double ébranlement du continuum. Galactopolis — qui, depuis le 25 novembre 1982, était devenu le siège du Gouvernement Mondial — attendait le retour des deux nefs ; l’infrangible écran d’énergie, qui protégeait la métropole, s’abattrait, en temps voulu, pour leur permettre de se poser. Lorsque Rhodan quitta l’Hécate, il semblait calme et sûr de lui. Apparence trompeuse…, mais Reginald fut le seul à le soupçonner. Jamais encore la Terre n’avait couru pareil danger : les Francs-Passeurs connaissaient maintenant son existence. Ces descendants des Arkonides (dont le Grand Empire, lentement, sombrait dans la décadence), métissés par d’innombrables unions avec des races indigènes, et qui, sans patrie depuis bien longtemps, vivaient à bord de leurs cargos, en clans soumis chacun à l’autorité d’un patriarche, avaient monopolisé tout le commerce au long cours, dans la galaxie. Le lucre était leur seul but. Quand une guerre éclatait, ils fournissaient des armes et du matériel aux deux partis, indifféremment, pour peu qu’on les payât. S’étant arrogé la haute main sur tous les échanges économiques, ils défendaient ce qu’ils nommaient « leurs droits » avec une impitoyable férocité : malheur à qui se risquait sur leurs brisées ! Et si les Passeurs, à eux seuls, ne parvenaient pas à imposer leur loi, qui était simplement celle du plus fort, ils appelaient alors les Lourds à leur aide. Issus d’une souche commune, ceux-ci avaient vécu longtemps, jadis, sur une planète à la gravité anormale ; leur aspect physique s’en était trouvé modifié. Pour une taille qui ne dépassait pas un mètre soixante-dix, les Lourds pesaient une demi-tonne, ou plus ! Leurs navires cylindriques, infiniment mieux armés que les cargos, constituaient une redoutable flotte de guerre, toujours prête, moyennant finance, à répondre à l’appel des autres clans. Ils avaient tenté de faire payer cher à Rhodan son audace : n’avait-il pas signé, au nom de la Terre, des traités commerciaux avec deux autres planètes ? L’astronaute, attaqué, s’était défendu, leur donnant une leçon mémorable. Mais les Lourds étaient obstinés. Ils chercheraient certainement à tirer vengeance des pertes subies. Le danger qu’ils représentaient pour la Terre, momentanément écarté, n’en restait pas moins menaçant. C’est ce que Rhodan, ce jour-là, exposait à son état-major. — Demain, dit le major Nyssen, leCenturionsera lancé. — La belle affaire ! Nous n’avons encore sorti de nos chantiers que trois croiseurs de cette classe. Avec ses deux cents mètres de diamètre, et tout son armement, il ne fait pas le poids, si nos adversaires s’avisent de jeter toutes leurs unités dans la bataille ! Telle est la situation, messieurs ! Comment la redresser à notre avantage, j’avoue que je ne le vois pas. Un royaume pour une idée ! L’un de vous en aurait-il une ? Il interrogeait du regard les assistants : Bull, Nyssen et McClears, le major Deringhouse, les mutants de la Milice et, enfin, les deux Arkonides, Thora et Krest. Tous se taisaient. La cérémonie s’achevait. Thora venait de baptiser leCenturion.