Project Viper - 1 - Rising

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160 pages
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Description

Le temps est venu pour un nouvel ordre mondial. Les conflits armés font le bonheur des marchands de mort, membres de l'organisme qui chuchote à l'oreille des grands de ce monde. On crache sur son nom : Conglomérat, tout comme on s'incline face à son gigantisme. Des cendres des États-Unis est née la Fédération, amalgame de quatorze Districts gouvernés par la despotique et non moins sulfureuse Présidente Erika Lawson. Face à la rébellion qui fait rage, celle-ci doit prendre des mesures drastiques. Le Conglomérat se rencontre à l'occasion d'un nouveau sommet. Il décide de lui fournir l'avenir. Cyborgs de guerre ou machines douées d'une âme humaine, le nom de ces créatures reste incertain. Une chose est certaine : ce sont des Vipers. Car tous sont membres du Project Black Viper. Oserez-vous vous aventurer dans cet univers cyberpunk, mêlant technologie et noirceur humaine ? Découvrez le début du Project Viper.

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EAN13 9782956116417
Langue Français

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Ellen Raven Martin PROJECT VIPER — 1 — RISING © ERA Éditions 2018 Illustration © Yanis Cardin Typographie © Tiphs ISBN : 978-2-9561164-1-7 Site Internet : www.ellenmartin.fr Facebook : www.facebook.com/LadyRavenya Twitter : www.twitter.com/LadyRavenya
REMERCIEMENTS
Avant tout, je me dois de montrer toute ma reconnaissance à Élodie ZEN, à qui est dédié ce roman d’ailleurs, pour m’avoir aidée dans l’écriture. Grâce à toi, Blayne Weston s’est vu attribuer des traits de caractère que je n’aurais peut-être pas si bien détaillés. Il est ton bébé comme le mien ! Je te dois aussi ma reconnaissance pour ton travail de bêta lectrice, toujours au rendez-vous. D’ailleurs, j’offre un cookie à tous mes bêtas lecteurs du site de Jeunes écrivains : Nordgia, Nillac et Alstublieft. Vos conseils m’ont été précieux. Je remercie également Sophie SCHWEITZER, administratrice de feu le forum The Once and Future Queen où est né Skylar et où Pinxit Industries a connu son essor. De même, je remercie tous les membres de feu le forum Steel and Dust, qui m’ont permis de développer les personnages des Black Vipers. Un grand merci surtout à Thomas, dont je ne connais malheureusement pas le nom, joueur d’Aryan Turner, et à Camille MASSING, joueuse du docteur Jonathan MacGraham. Nos écrits ensemble m’ont été d’une grande aide. Enfin, je te remercie, toi qui tiens ce livre entre tes mains. J’espère que tu passeras un bon moment en compagnie des Black Vipers. Ellen Raven MARTIN
À Élodie, qui a su donner vie à Blayne.
Lexique
Augmentation : amélioration cybernétique d’un organe ou d’un membre. Un augmenté est une personne ayant bénéficié d’une telle amélioration. Neurophine : médicament antirejet que les augmentés doivent prendre à vie. Mécha-chien (se dit « méka-chien ») : intelligence artificielle intégrée à un exosquelette à forme canine. Robot-chien de grande taille. Mécha-garde (se dit « méka-garde ») : robot basique de protection. Leur forme arachnéenne leur permet de se déplacer eux-mêmes. Ils sont armés de canons qui leur permettent de tirer à volonté sur tout intrus (individus désignés comme tels dans leur programme).
PROLOGUE
Le Capitole s’étendait sous les yeux d’Aryan. Sous était le mot, car du haut de la tour de verre de Pinxit Industries, on dominait le monde. À ses côtés avaient beau culminer les gratte-ciel de ses collaborateurs, aucun d’eux n’atteignait sa grandeur. Pinxit dirigeait le Conglomérat et le faisait savoir. Newtown ressemblait à s’y méprendre à une poupée gigogne dont Pinxit serait le cœur. Le quartier était constitué d’immeubles blancs qui se frayaient une place parmi les fameux gratte-ciel. Ils se dressaient de loin en loin sur des lignes droites comme taillées à la règle, et formaient des avenues gigantesques. Il y circulait un fouillis de véhicules minuscules, dans un sens comme dans l’autre. Au milieu de cette éternelle agitation, le train intelligent Starway glissait tranquillement sur sa rampe. En le voyant passer entre les tours, Aryan jura avoir entendu son sifflement caractéristique. Les mains jointes, le PDG de Pinxit Industries contemplait la ville. Il était assis dans son fauteuil et tournait le dos à ses collaborateurs, qui venaient de s’installer à la grande table ovale de la salle de réunion. Certains sortirent leur ordinateur de leur serviette, d’autres une holotablette, et d’autres encore des dossiers qui dégueulaient des papiers abîmés. Un archandroïde féminin en tailleur, muni d’un large plateau, servait à qui le voulait des mignardises, du thé ou du café. Aryan refusa le sien d’un signe sec de la main. La déléguée de Scottley Industries, autre éminente société de biotech, ouvrit le débat. Une femme dont le visage ridé affichait une mine sévère. Tirée à quatre épingles à l’image de son chignon, elle ne semblait tolérer d’être froissée, au sens propre comme au figuré. — Madame la Présidente n’est pas satisfaite du Conglomérat. — Elle ne l’est jamais, rétorqua un jeune homme en face d’elle. Son badge le désignait comme un certain Victor Winslow, voix de cette grande vendeuse de drogue qu’était Winslow Medical. Un homme dont le charme était égalà son sale caractère : il marquait les mémoires. Il but tranquillement une gorgée de son café, ce qui eut le don d’exaspérer la vieille Scottley. — Hum, fit-il en arquant les sourcils. Elle fait implanter ses hommes avec nos augmentations, mais comme ils ne savent pas s’en servir, ils sont moitié moins efficaces. Je gâche ma neurophine avec des bons à rien de ce genre. — Toujours est-il, enchaîna miss Scottley d’un ton glacial, qu’il s’agit d’un des grands actionnaires du Conglomérat. — Le Conglomérat s’en sortirait très bien sans elle. Les bénéfices sont excellents. — Vous abandonneriez la Présidente ? s’offusqua miss Scottley. — S’il le faut. C’est un actionnaire nul : nous perdons autant que nous gagnons. — Les gens du Capitole et des Districts alliés lui font confiance. Si elle nous quitte, ils croiront que c’est à cause du manque de fiabilité de nos augmentations. Nous perdrons une grande partie de notre clientèle. Winslow ne voit pas ces choses-là, évidemment : comme ils sont obligés de consommer ses produits, ses clients sont acquis. — Il nous faut une innovation, proposa, en bout de table, un homme grisonnant à
lunettes qui se lécha le doigt pour mieux feuilleter un dossier. Si elle fonctionne, cela nous fera de la publicité et les gens achèteront. — L’effet inverse ne doit pas non plus être négligé. — C’est ce qu’on appelle le commerce, avança Victor d’un ton mielleux. Il faut savoir prendre des risques. — Et que proposez-vous ? — L’avenir, lâcha tout de go Aryan. Il se retourna face à ses collaborateurs. Aryan Coleman Turner était un homme de taille moyenne à l’allure suffisante. Son corps était solide à l’image de son mental et ses épaules ne semblaient pas le moins du monde menacer de ployer sous sa charge. Son visage rond affichait constamment une expression sévère. Sa mâchoire était si souvent serrée que l’os saillait sous la peau glabre. Ses yeux gris ne laissaient transparaître aucune émotion. Pinxit devait être dirigée par une main de fer, et Turner en avait une. Toute la tablée s’était tournée vers lui. — Monsieur Turner ? Les coudes rivés aux accoudoirs de son fauteuil, Aryan gardait les mains jointes. Il fixait ses collaborateurs d’un œil acéré. Sa simple intervention avait définitivement mis fin à la dispute stérile entre Scottley et Winslow. — Qu’est-ce qu’une augmentation ? Les civils y voient un substitut à un organe ou à un membre défaillant. La Présidente, une simple arme. Moi, j’y vois une amélioration. L’évolution finale de l’Humanité. Le Conglomérat a fait mainmise sur le toucher divin, a réussi à le contrôler, à le monnayer. Ne nous contentons pas de créer des morceaux de surhommes qu’on fera implanter à des Hommes inconscients de leur potentiel. Créons-les. Créons de vrais surhommes. Nous sommes capables de transcender la nature humaine, alors transcendons-la. Il fit glisser un dossier au milieu de la table. Il était écrit TOP SECRETPROJECT BLACK VIPER sur la couverture jaune cartonnée. Miss Scottleyse pencha sur la table et le récupéra d’une main. Le dossier contenait des fiches d’informations sur tous les membres du projet Viper. Scottley les feuilleta tandis qu’Aryan Turner s’expliquait. — Pinxit Industries a sélectionné les meilleurs pour que ce projet soit une véritable réussite. — Qui sont ces gens ? — Ce qu’ils sont aujourd’hui n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est ce qu’ils seront demain. Nous les remodèlerons à l’image du Conglomérat. Nous en ferons nos agents d’excellence. Le bras armé de la Présidente, et le nôtre. — Une excellente idée, minauda Victor. Mais qu’apportera-t-elle au niveau commercial ? Vendrons-nous de ces surhommes ? À l’entendre, il se foutait ouvertement de l’idée d’Aryan. Celui-ci évita de s’en formaliser, comme s’il en avait l’habitude. Il se contenta de le fixer. — Non, affirma-t-il. Ils seront nos outils marketing. Les gens verront combien la sécurité est assurée grâce à eux. Leurs yeux brilleront devant leur force, car nous en ferons des dieux sur Terre. Nous leur montrerons que l’avenir ne saurait exister sans augmentations. Victor se tut, dubitatif à l’évidence. Il sirota sa boisson en silence, tandis que le discours d’Aryan était accueilli par des applaudissements à l’unisson et des exclamations de joyeux lèche-bottes. Excellente idée, monsieur Turner. Vous êtes un visionnaire. Nous étions absolument certains que vous trouveriez une solution. Aryan
avait toutefois oublié de préciser un léger détail : Pinxit Industries créerait les Vipers, mais jamais ne les céderait à la Présidente. Au fond, n’était-ce donc pas la même chose ? Les sociétés du Conglomérat avaient obtenu le droit de veiller à la sécurité aux côtés de l’État. Ses agents travaillaient même mieux que les siens. Personne ici n’oserait traiter Aryan Turner de menteur. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres. Il était impatient de voir ses chiens de guerre.
CHAPITRE 1
Zeera
Clac, clac, clac. Ses talons hauts résonnaient dans le couloir. Les pans de sa blouse blanche ondulaient au gré de ses pas. Au pli du col était épinglé un badge sur lequel était inscrit son nom : docteur Zeera Elvira Kingsley. La sorcière. Les gars d’Harmattan Associés savaient qu’il valait mieux éviter de la regarder dans les yeux. Ses yeux augmentés, d’un jaune qui tirait vers l’ambre, lui donnaient cet air méchant qui lui avait valu de nombreux surnoms, dont la sorcière. Une bien belle sorcière cela dit, un vrai aimant à types en manque. Elle avançait d’une telle démarche chaloupée que les types qui la croisaient n’hésitaient jamais longtemps à la reluquer. Grossière erreur. Il circulait tellement de rumeurs au sujet de Zeera Kingsley que seuls les fous osaient se frotter à elle. Elle marchait rapidement. Les couloirs de la base d’Harmattan lui semblaient interminables. Une suite de murs blancs et beiges, dénués de toute décoration. Les fenêtres embuées par le froid de l’hiver donnaient sur les terrains d’entraînement. Par cette journée ensoleillée, une vingtaine de soldats y courait au rythme des une-deux, une-deux d’un capitaine qui se tenait droit, les mains derrière le dos. Bizarrement, l’allure de Zeera se calquait sur cette cadence. Elle fila comme ça vers les bureaux où elle était attendue. Harmattan Associés était le nid d’un ramassis d’ordures et d’enfoirés de tous poils, cela dit ses locaux n’avaient rien à envier à ceux de l’État. L’administration était un coin accueillant. C’était d’ailleurs la seule chose accueillante dans cette base. Zeera doubla de nombreux bureaux dont les battants de porte avaient tous une jolie plaque dorée au nom de leur occupant. Elle s’arrêta devant celui du docteur Frédéric Cordier, inspira un grand coup et expira tranquillement, les yeux fermés. Les doigts de ses mains augmentées s’ouvrirent et se refermèrent, comme si ce geste allait la calmer. Zeera détestait rendre visite à cet homme infâme que le destin lui avait imposé comme supérieur hiérarchique. Personne ne méritait d’être supérieur à elle — encore moins ce salaud de Français qui la traitait comme une chienne. Sans compter que son petit air suffisant lui donnait foutrement envie de lui arracher les deux yeux. Mais cette fois, c’était différent. Sa visite était dans son intérêt, et cette seule réalité allait incontestablement mettre Cordier en rogne. Zeera s’en réjouissait d’avance. Un sourire aux lèvres, elle toqua. — Entrez, entendit-elle. Zeera poussa la porte et entra. Un bureau en acajou trônait face à l’entrée. Touty était soigneusement rangé : les dossiers à gauche, l’ordinateur à droite, l’holotablette au milieu sur un sous-main unicolore d’un bleu insipide. Absence totale de cadre photo ou de toutou à la tête branlante. Cordier n’était pas du genre à aimer les bibelots. Sur les murs étaient exposées des peintures d’art new era. Les rumeurs affirmaient — et sûrement à raison — que Cordier avait été tenté par cet art