R.I.P. Histoires mourantes

R.I.P. Histoires mourantes

-

Livres
162 pages

Description

Treize nouvelles insolites, cocasses, drôles, où la mort fera passer un bon moment à tous les amateurs de polars et aux fervents d'ironie et d'humour noir.
R.I.P. : « Qu'il repose en paix ». Curieusement, ceux qui trouvent la paix, dans ces nouvelles de Claude Forand, ce sont ceux qui donnent la mort. Ils tuent « de bon coeur », comme on dit, sans remords ni scrupules.
Accidentelle ou provoquée, froide ou banalisée, nécessaire ou pas, la mort échappe ici à toute forme de compassion ou de morale. « La mort est inévitable, profitons-en », semblent penser les héros ordinaires de ces histoires mourantes.
Jusqu'à l'ultime clou qui scelle leur dénouement, ces treize histoires font des grimaces à la mort. Leur auteur, féru de littérature policière, jongle sans retenue avec les ingrédients du polar pour donner lieu à des inventions inusitées, bizarres et rocambolesques d'où la mort sort toujours gagnante.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2009
Nombre de lectures 99
EAN13 9782895971566
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
DU MÊME AUTEUR
Ainsi parle le Saigneur(polar), Ottawa, Éditions David, 2006, coll. « Voix narratives et oniriques ». Finaliste au Prix Trillium en 2006. Le cri du chat(polar), Montréal, Triptyque, 1999. Le perroquet qui fumait la pipe(nouvelles), Ottawa, Le Nordir, 1998. Littérature pour la jeunesse On fait quoi avec le cadavre?(nouvelles), Ottawa, Collection « 14/18 », Éditions David, 2009. Ainsi parle le Saigneur(polar), Ottawa, Éditions David, 2007, Coll. « 14/18 ». Prix des lecteurs 1518 ans RadioCanada et Centre Fora en 2008.
Ouvrage traduit In the Claws of the Cat(polar), Toronto, Guernica Editions, 2006. Traduction deLe cri du chat.
Claude Forand
R.I.P. HISTOIRES MOURANTES
Nouvelles
Les Éditions David remercient le Conseil des Arts du Canada, le Secteur francoontarien du Conseil des arts de l’Ontario et la Ville d’Ottawa. En outre, nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour nos activités d’édition. Les Éditions David remercient également le Cabinet juridique Emond Harnden.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Forand, Claude, 1954  R.I.P. : Histoires mourantes / Claude Forand. (Voix narratives) Nouvelles. ISBN 9782895970934  I. Titre. II. Collection : Voix narratives PS8561.O6335R46 2009 C843’.54 C20099011565
Révision : Frèdelin Leroux Maquette de la couverture, typographie et montage : AnneMarie Berthiaume graphiste
Les Éditions David 265, rue StPatrick, Bureau A Ottawa (Ontario) K1N 5K4 www.editionsdavid.com
Téléphone : (613) 8303336 Télécopieur : (613) 8302819 info@editionsdavid.com
Tous droits réservés. Imprimé au Canada. er Dépôt légal (Québec et Ottawa), 1 trimestre 2009
À ma sœur, Marthe
Il paraît qu’on n’apprend pas à mourir en tuant les autres.
FrançoisRenéDECHATEAUBRIAND
Un tueur sentimental
Eduardo Carrera descendit du taxi à l’adresse qu’on lui avait indiquée, jeta un coup d’œil à l’immeuble devant lui et grimpa l’escalier jusqu’au troisième étage. Après s’être assuré que personne ne l’avait remarqué, il intro duisit la clé dans la serrure et ouvrit la porte. La pièce était abandonnée et une odeur âcre le saisit à la gorge. Quelques boîtes de carton vides et des câbles télépho niques traînaient sur le tapis. Il verrouilla la porte der rière lui et se dirigea vers le fond de la pièce. L’unique fenêtre donnait sur la rue, plus précisé ment sur le Café Montclair, un établissement populaire en ville. Eduardo souleva lentement le store. En cette fin d’aprèsmidi de juin, les clients occupaient les quelques tables à l’ombre sur la terrasse devant le café. Il sortit une enveloppe brune de sa poche de veston et examina attentivement la photo qu’elle contenait. Puis, il prit ses jumelles et son regard balaya à tour de rôle les clients attablés devant le café. Il s’immobilisa soudain. Aucun doute possible. C’était bien l’homme sur la photo. Son regard fixa à nouveau intensément l’individu assis à la terrasse.
11
R.I.P.
Eduardo sortit son mouchoir et s’épongea le front. Il desserra sa cravate et enleva son veston de bonne coupe. La chaleur de fin de journée était telle que le ven tilateur au plafond n’arrivait pas à dissiper la moiteur qui envahissait la pièce. Mais ce n’était qu’un détail sans importance. Il n’était ici que pour affaires, le temps de s’occuper du type assis au Café Montclair. Le moment, l’angle et l’éclairage étaient parfaits. Comme il se disait souvent :Batti il ferro quando è caldo. Il faut battre le fer quand il est chaud. C’était ce qu’il appelait « faire un carton ». Dans sa jeunesse, à Naples en Italie, son père l’amenait souvent à la fête foraine. L’attraction préférée d’Eduardo était le stand de tir, où sa précision incroyable lui valait une certaine admiration. Par la suite, il avait fait carrière dans l’armée italienne avant d’immigrer. Trente ans plus tard, il était toujours un tireur d’élite. Mais plutôt que l’admiration, la récompense était, cette fois, une épaisse liasse de billets verts. Eduardo mit sa main sur sa veste et tâta l’épaisseur de l’enveloppe. Son client lui avait remis 30 000 $ en billets de 100 $ et lui en avait promis autant, une fois le travail accompli. C’était son tarif pour « faire un carton ». Il ouvrit sa mallette et en sortit une carabine. Il l’as sembla méthodiquement, presque amoureusement, et y fixa en dernier lieu une lunette d’approche. Eduardo avait répété ces gestes des dizaines de fois durant sa carrière de tueur professionnel. C’était sa façon à lui de faire corps avec son arme. Il s’embusqua derrière la fenêtre du local, pointa la carabine en direction de la
12