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Rédemption (L'envers du paradis - tome 3)

De
198 pages
La mort n’est que le commencement.
Les ténèbres me guettent depuis l’enfer, elles sont prêtes à m’offrir la lumière en échange d’un contrat.
Ai-je vraiment le choix ?
La boîte de Pandore risque d’être réunifiée à tout moment.
Sans oublier que, selon la Prophétesse, je suis la seule personne à pouvoir tirer Sébastian de son sommeil éternel.
Je suis si proche du but, je ne peux pas renoncer maintenant, qu’importe le prix.
Je ne suis pas un ange, même si j’en possède la beauté.
Je ne suis pas un démon, même si mes charmes sont redoutables.
Je suis un enfant de l’ombre et de la lumière.
Je suis Kassia.
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L’ENVERS DU PARADIS
Tome 3Rédemption
Mélanie Wency
© Éditions Hélène Jacob, 2016. CollectionFantastique. Tous droits réservés. ISBN : 978-2-37011-489-1
Pour tous les anges qui ont veillé sur moi lors de cette aventure, qu’ilssoient à mes côtés ou dans mon Cœur.
Prologue
Les souvenirs fanés de cette précédente vie divine le noyaient sous d’immenses vagues déferlantes. La lumière d’une pureté éblouissantelui brûla immédiatement ses yeux, mais le temps d’un battement d’ailes lui fut suffisant pour s’habituer à la magnificence des lieux dont le souvenir était intact. Malheureusement, il ne saurait contempler cette beauté, maintenant que son âme entachée ne pouvait l’interpréter et donc l’apprécier. Une sensation de froid se glissa sous sa peau et cela le déstabilisa quelques instants. Son enveloppe charnelle était indemne, malgré le voyage,et il dépensait une quantité importante d’énergie pour la conserver afin de protéger sa véritable nature. Malgré le rejet évident qui l’enfermait dans un étau, lui intimant de retourner parmi le monde des vivants, il ne perdit pas de vue son objectif, qui se tenait juste devant lui. Il espérait secrètement que son acte ne briserait pas l’équilibre, mais il savait que seule la boîte de Pandore en possédait la puissance. Il décida de se mouvoir, carl’immobilitédévoilerait sa différence aux anges, ignorant le magnifiquepaysage qui désirait s’imposer à lui.Il poussa les portes de l’infirmerie où les anges revenaient lentement àleur disparition violente sur terre, là même où ils détenaient sa femme,d’après sa fille. Ses pensées s’envolèrentvers Kassia. Il l’avait quittée alors qu’elle se réveillait après la réunification de son âme. La fragilité de son enfant était évidente, mais il n’arrivait pas àse résoudre à laisser sa femme plus longtemps en enfer. Elle devait lui revenir. Elle lui appartenait. À lui seul. Ilcroisa son reflet au travers d’une porte et son ancienne apparence angélique l’amusa. Cette métamorphose surprenante lui permettait d’avancer dans les couloirs du premier ordre. Mais les anges n’étaient pas dupes et les regards se faisaient de plus en plus soupçonneux. Le démon tapi au fond de ses iris ne mentirait pas assez longtemps pour espérer sauver Véliah sans encombre.
Véliah s’éveillait d’ailleurs à mesure qu’il s’enfonçait dans le bâtiment, guidé par l’essence du séraphin qui laissait une empreinte dans l’air. Un sourire nerveux se dessina sur ses lèvres lorsqu’elle se pensa définitivement perdue dans la folie. Elle s’imagina alors qu’elle ne rêvait pas et que son amour viendrait bel et bien la chercher. Un doux rêve qui raviva le rose de ses joues ainsi que les marques rougissant sa peau. La douleur était devenue sa partenaire de vie à présent. Elle ne sentit pas la morsure du fer à ses poignets quand elle se releva dans un effort surhumain, faisant tinter les anneaux la retenant prisonnière.
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Le séraphin se laissa enivrer par cette chaleur nouvelle qui venait à elle. Elle l’avait perçue au plus profond de son âme et elle lui fit légèrement tourner la tête. L’espoir avançait à grands pas, lui accordant la lumière qui lui manquait pour percer l’horreur dans laquelle elle se perdait depuis plus de quinze ans. À quelques mètres de la paroi en verre, elle tomba à genoux,sonnée par l’aura dont elle savait tracer les contours sans ouvrir les yeux. Elle désirait la sentir encore et encore, cette essence démoniaque avec qui elle avait tant dansé jusqu’à l’exaltation interdite. Un peu de répit, une
petite dose de bonheur, juste un moment de paix, c’était tout ce qu’elle demandait. Quand elle entendit céder la première porte menant à sa cellule, elle releva son regard sur une silhouette qui se tenait à l’endroit exact où un ange portant un K sur son poignet l’avait contemplée. Pour la deuxième fois en peu de temps, l’âme de Véliahsubmergée par une profonde émotion fut menaçant de lui faire perdre pied. Après sa fille, voilà que son mari se présentait à elle sous son ancienne forme séraphique, trois grandes paires d’ailes l’entourant.Impossible. Ce ne pouvait pas être vrai ! Les iris de Daren s’enflammèrent, délivrant le démon de toute cette supercherie. Ceux de Véliah s’illuminèrent comme des diamants, révélant toute la souffranceendurée pendant ces dernières années. Daren retrouva son apparence démoniaque dont se dégageait une nauséabonde odeur de soufre. Le supplice de sa femme le réveilla totalement et il lutta afin de ne pas faire demi-tour pour liquider chaque ange dont il croiserait la route. Sa fureur se répercuta sur les vitres enfermant Véliah qui se brisèrent en mille morceaux. En deux pas, il fut derrière le séraphin et arracha les chaînes à mains nues malgré les protections angéliques qui lui brûlèrent les paumes. Il s’agenouilla ensuite aux côtés de Véliah, puis la prit dans ses bras avec une grande délicatesse, refoulantles pulsions malsaines qui l’envahissaient. Elle balbutia des mots dénués de sens, hachés par ses pleurs silencieux, et sagrippa à lui avec véhémence. Tout va bien, maintenant, mon amour. Je suis là, Véliah, je vais te ramener chez nous.C’est terminé. Ses paroles étaient elles-mêmes désordonnées sousl’émotion provoquée par son contact. Il tremblait presque sous l’effortquil faisait pourne pas l’écraser contre luini la brûler. Sa détresse caressa l’âme du démon et il se délecta de son malheur afin de lui redonner un équilibre. Il sécha chacune des perles d’eau qui roulaient sur ses joues tout en lui chuchotant des mots réconfortants. Il ne put s’empêcher de l’embrasser à de nombreuses reprises, peinant à prendre conscience qu’elle reposait bien entre ses bras, qu’il avait enfin réussi à la rejoindre afin de l’arracher aux anges. Mais le temps leur était compté, il le savait. Tu m’astellement manqué…,avoua-t-il, soudainement ému et gêné comme un lui
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adolescent.J’ai cru devenir fou! Elle se perdit longtemps dans son regard brûlant de tendresse. Elle voulut lui dire combien elle l’aimait et que son âme ne savait pas briller sans sa lumière, mais aussi combien elle était brisée au point d’en désirer la mort.Mais il lisait tout cela au travers de ses silences, comme dans un livre ouvert, ses sentiments dégageant de nombreux parfums contradictoires. Comment peux-tu être de retour au paradis ? lui demanda-t-elle comprenant enfin qu’il se tenait bel et bien devant elle. Je suis désolé de te brusquer, mais nous n’avonspas beaucoup de temps. J’auraitout le loisir de te l’expliquer, mais nous devons avant tout sortir de cet enfer! Il ricana à cette phrase. Le paradis représentait véritablement l’enfer selon ses idéaux. Il ne l’interrogea pas sur les nombreuses marques qui zébraient son âme afin de conserver son aplomb fragile. Il les guérirait toutes, les unes après les autres, puis il lâcherait la bête contre les monstres qui avaient osé poser leurs mains sur elle. C’estune illusion, tu ne peux pas être là! Je viens de perdre la tête, c’est cela? Oh, Agarès, ne laisse pas les ténèbres m’avalerencore une fois ! Calme-toi, Véliah, calme-toi. Je suis là, c’est bien moi. Je suis conscient que c’est improbable, mais je refusaisd’attendre qu’ils prononcent ta déchéance. Tu ne rêves pas, j’ai bien défié Le Cercle et l’Équilibre pour venir te chercher. Je vais prendre soin de toi, Vee, mais tu dois t’apaiser pour me permettre de t’emporter avec moi.Elle s’accrocha à lui, touchant chaque centimètre de sa peau qu’il peinait à conserver. Puis Véliah s’agita nerveusement et jeta de nombreux regards autour d’elle. L’énergie lumineusede plusieursanges puissants s’approchait, mais Daren s’en était déjà aperçu, saisissant sa femme pour la porter dans ses bras. Elle lui semblaitaussi légère qu’une plume, mais son cœur était affreusement lourd. Nous devons redescendre sans plus attendre. Ils seront bientôt là et les portes ne seront pas éternellement ouvertes ! Un instant, le supplia-t-elle en tournant son visage en direction des débris. Elle désirait mémoriser sa cellule de cet angle. Non pas pour se flageller encore, mais pour tenter de voir au travers du regard de cellequ’elle avait prise pour sa fille. Impossible aussi. Et pourtant, son démon était bien là…J’ai rêvé d’elle, Daren. QueKassia, sous sa forme angélique,m’observait sans se douter de qui j’étais. Oh, c’était un affreux cauchemar! Oui, un épouvantable cauchemar, en réalité d’imaginer un moment que les anges l’avaient trouvée! Si c’était le cas,je ne me le pardonnerais jamais.
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Il l’étreignit contre lui, son cœur se serrant sous le poids de la vérité qu’il ne pouvait pas garder pour lui. Une fois les portes traversées dans l’autre sens, le choc serait bien trop grand si elle posait ses yeux sur elle. C’était bien elle, Véliah, lui révéla-t-il avec une voix douce. Avec l’aide de Kassiaet de la boîte de Pandore, j’aipu ouvrir les portes du paradis et te localiser facilement. Notre fille est rentrée à la maison et… ses ailes sont de nouveau partagées entre le blanc et le noir. Il déploya toute son énergie pour continuer à apaiser l’âme de Véliah, se nourrissant sans aucune once de retenue, jusqu’à souffrir d’une crise de foie. Mais cette nouvelle fit éclater les dernières bribes de raisons du pauvre séraphin qui explosa de rire, celui-ci se répercuta dans le couloir avant de se transformer en sorte de cris perçants qui s’échappaient des profondeurs de son âme. Vee, ne te perds pas! Je vais te sortir de là, mais j’ai besoin que tu restes avec moi! Il soupira face au virulent désespoir de sa femme, mais, dans le fond, il comprenait sa réaction. Cela faisait beaucoup trop après de nombreuses années à essuyer les tortures des anges. Il décida donc de la laisser partir lentement vers sa réalité chimérique en l’obligeant à perdre conscience. Il accompagna son âme pendant qu’il marchait d’un pas rapide dans le couloir totalement vide de l’infirmerie, remontant progressivement vers la sortie. Mais il savait que ce silence et l’absence de soldats ne présageaient rien de bon. Et il ne s’était pas trompé.Il poussait à peine les portes del’établissementqu’il se retrouva nez à nez avec l’archange Michel,accompagné de sa garde. Les deux hommes s’affrontèrent du regard sans pour autant
déclencher une attaque. L’archange n’était pas dénué d’intelligence et préférait sans doute opter pour une chasse douce comme s’il s’agissait d’un animal sauvage venu se perdre dans lacapitale parisienne. Il connaissait la puissance du séraphin déchu et le provoquer en ces hauts lieux serait une bêtise. Et, malheureusement pour l’archange,il n’était pas le seul àen avoir conscience. Michel, aurais-tu l’amabilité de t’écarter de mon chemin? Avec grand plaisir, je t’invite à repartir dans tes terres dévastées sans plus attendre. Mais avant, j’aimerais connaître le secret qui a permis ta venue jusqu’en ces lieux qui te sont interdits. Je vois que ton enveloppe commence à souffrir de la lumière et il m’étonnerait que tu puisses survivre ici un instant sans elle…Ce qui inquiétait davantage Darenétait les brûlures inaltérables qu’il pouvait laisser sur l’âme de Véliah. Mais il ne put contenir le sourire machiavélique se dessinant sur son visage cramoisi lorsqu’il lui révéla avec arrogance: La boîte de Pandore fait des miracles ! Une vague de panique déferla sur les soldats alors que l’archange tentait, en vain, de cacher le
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trouble qui l’ébranlait. Les esprits s’échauffèrent et prirent conscience de la gravité qu’impliquaient les paroles du démon.Que t’arrive-t-il, archange? C’est ton incapacité à dominer le monde enson nom qui te chagrine ? Aurais-tu oublié que la roue tourne, mon frère ? En parlant de ça, il ne faudrait pas que Pandore soit assemblée, cela serait très fâcheux que tu perdes tes hautes fonctions angéliquesLe démon en profita pour faire un pas en avant afin de réduire la distance le séparant des portes que les anges ne paraissaient pas percevoir.Sa remarque avait eu l’effet escompté et l’atmosphère était électrique, pour son plus grand plaisir. Cesse de jouer, Daren, intimida Michel sans pour autant laisser transparaître son impatience. Pandore est une chimère montée de toutes pièces par des déchus désespérés de leurs chutes. Tu as raison, tous ces enfantillages sont d’un ennui…Par sa simple volonté, il fit naître une boule de flammesqu’il libéra avec une puissance considérable, le sortilège effleura le visage de Michel qui conservait son attitude impassible. Les soldats se rassemblèrent immédiatement, toutes armes dehors, mais le démon sentait le doux parfum de la terreur. Quant aux autres anges, ils s’étaient tous envolés comme des pigeons effrayés par un petit enfant. Daren savait que cela pouvait être dangereux de les agacer, mais, au plus profond de lui, il en tira une profonde satisfaction : Là, ça devient intéressant, n’est-ce pas? Maintenant, si tu ne désires pas que j’étende les dégâts à ton joli minois, j’ai un conseil à te donner: retourne dans sesjupons et ne t’avise pasde poser un seul regard sur ma femme ou ma fille. Ai-je été clair sur ce point ? L’âme de Véliah appartient à la lumière, nous la récupérerons si elle ne revient pas parmi les siens. Mais sois sans crainte, Daren, je te la rendrai après son jugement. Quant à ta fille, sans doute trouveras-tu le courage de lui arracher les ailes pour la garder éternellement à tes côtés…Le démon sourit malgré la colère qui bouillait dans ses veines. Ma fille promise au roi des enfers ? En voilà une excellente idée de présent, il saura me récompenser pour mon offrande des plus exquises…Il ricana nerveusement devant la mine décomposée de Michel. Car cette marque de possession apposée par l’armurier en chef l’enchantait bien moins que ses mots ledisaient. L’archange désirait répliquer, mais l’un deses soldats dégonda les portes de l’infirmerie, lesréduisant en morceaux. Lorsque Daren le vit, il reconnut Amaël, le gardien de sa fille. Son âme était prise de soubresauts incessants, comme s’il faisait une sorte de crise d’angoisse. Il se dégageait de lui une grande détresse mêlée à un chagrin sans fond. Le temps se figea pour le duc des enfers qui comprit la nature de cet état secondquand le regard abattu d’Amaël se posa sur lui. Il se fit
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violence pour garder un brin de prestance et ne pas écraser sa femme dans ses bras lorsque le soldat prit enfin la parole en s’efforçant d’être loquace : L’enfant… l’enfant de l’ombre et de la lumière! Elle… Vous aviez raison, depuis le début ! Tu as exécuté les ordres, comme je te l’avais demandé? l’interrogea Michel avec autorité sans en douter une seule seconde. ExécutéOui, mais je ne voulais pas la perdre ! Je voulais seulement la sauver de son côté démoniaque ! Alors tu as fait ce qu’il fallait, Amaël. Ce que ton cœurte dictait pour lutter contre nos frères tombés. Je conçois que cela t’affecte puisque ta vie s’est mêlée à celle de l’ange Kassia et que cette décision doit la meurtrir, mais ta mission est un succès…Non, non, vous ne comprenez pas ! Vous ne comprenez pas ! Soldat, ressaisis-toi ! Mais il ne parvenait pas à se calmer, écrasé par le poids de la culpabilité le rongeant, jamais plus il ne trouverait la sérénité. Un démon au cœur d’ange, un ange au cœur de démon!J’ai été aveuglé par la lumière, VOUS m’avez aveuglé! Personne n’échappe à son destin, Amaël, dit l’archange avec dureté. Depuis le début, vous saviez et vous m’avez utilisé comme un vulgaire pion! Tu n’as aucune idée de la menace qu’elle représentait pour nous, anges et démons.Qu’as-tu fait à ma fille ? tonna soudainement le timbre cassé du démon qui menaçait d’arracher vif les plumes des deux anges une à une. Je l’ai tué! J’ai tué Kassia! hurla-t-il sans plus aucun contrôle de ses émotions. J’ai tué l’enfant de l’ombre et la lumière! Elle n’est plus… Elle est retournée à la Terre, elle est… morte ! La bêtesommeillant dans le cœur de Daren détruisit alors tous les remparts le contenant. Il arracha ses chaînes pour prendre pleinement possession de ses droits, déclenchant une véritable fournaise au paradis. Il se détourna de l’ange gardien avant de lui infliger un quelconque châtiment mortel. Il serra fortement l’âme de Véliah contre lui et courut vers les portes toujours ouvertes menant au sous-sol de leur demeure. Mettre de la distance entre lui et le gardien devint sa principale obsession et, contre toute attente, personne ne se mit en travers de son chemin. Il traversa les portes et captaimmédiatement le pouvoir d’une prophétesse qui semblait à bout de force. Quand leurs regards se croisèrent, elle lâcha prise et l’accès au paradis se referma en quelques secondes. Néira tomba sur le sol poussiéreux, sa respiration haletante résonnant contre
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les murs se mélangea à des sanglots non feints. Daren, je n’ai rien pu faire, je suis tellement désolée…Mais le démon n’écoutait pas, se dirigeant vers l’autel pour déposer sa femme avec une douceur en opposition avec les ténèbres le rongeant. Où est-elle ? demanda-t-il en rejoignant la prophétesse qui resta à ses pieds sans parvenir à se relever, vidée de toute énergie. Daren…Où est Kassia ? rugit-il, faisanttrembler l’enceinte à cause de ses pouvoirs se manifestant sans retenue. Kassia est…Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase, il venait de la saisir par le cou pour la clouer contre le mur. Le choc fut si violent que sa respiration en fut coupée, la jetant dans des eaux sombres au goût écœurant de fer. Elle toussa à plusieurs reprises tout en essayant vainement d’écarter les doigts du démon contre sa peau.Agarès, s’il te plaît…,implora-t-elle d’une voix étranglée.Ressuscite-la. Je ne peux…Il serra davantage, incapable de contenir la haine se déversant sur son âme. Je te demande de la ramener, Néira ! Si seulement il acceptait de la relâcher et de la laisser parler, elle pourrait l’apaiser…Les mots restaient piégés, broyés par l’étau ne cessant de se refermer sur sa gorge.Alors que le monde s’effaçait lentement devant ses yeux, la poigne du démon céda et il lui rendit sa liberté. Elle s’écroula sans tomber au sol pour autant, s’efforçant seulement de répondre au besoin urgent du manque d’air de son corps. Lorsque le feu s’éteignit dans sa gorge, elle leva le visage vers celui d’un démon sous sa forme originelle qui parlait vivement sans cacher son énervement consumant la peau de son enveloppe. N’en profite pas, Astaroth…,souffla-t-elle au Duc qui la tenait contre lui avec une certaine possessivité. Ma douce Néira, je savais que tu tomberais un jour dans mes bras, cela n’était qu’une question de temps, ironisa-t-il en lui envoyant un semblant de sourire enjôleur. Il la releva gracieusement, comme s’ils exécutaient un pas de danse, tout en gardant précieusement sa main dans la sienne. Se tenant à ses côtés, elle sentait la puissance qu’irradiait le démon et, étrangement, cela provoqua un léger frisson de plaisir quand son essence la parcourut sans gêne.
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