Résurrection

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256 pages
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Description

Je me nomme Aurore, fille de Jean Verger et de Virginie Lemère.


Pas de quoi être fière, je vous assure.


L’un a disparu on ne sait où, l’autre complote pour obtenir le pouvoir.


De la part de vampires, on ne peut espérer mieux, quant à l’esprit de famille, n’en parlons pas.


Nous sommes en 2122 et nous nous terrons tels des rats, dans des espaces clos nommés biodômes.


Autrefois, il existait des cités légendaires en surface, des lieux de lumière et de liberté gorgés d’espoir, c’était avant la grande catastrophe.


Une autre arrive, plus terrible si l’on y songe, celle de voir les humains exterminer notre race.


Si ma mère, par l’inconséquence de ses actes, ne s’en charge pas avant.


Une guerre se prépare, un combat qui ne laissera personne indemne et moi, au milieu de tout cela, je suis prise entre deux feux.


De quoi me mettre les nerfs...


De quoi me mettre en chasse...


De quoi me retrouver dans une belle merde...

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EAN13 9782919550708
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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RÉSURRECTION
LEDERNIERVAMPIRE- TOME2
Jean Vigne
Éditions du Petit Caveau Collection Miroir de Sang
Avertissement
Salutations sanguinaires à tous ! Je suis Van Crypt ing, la mascotte des éditions du Petit Caveau. Je tenais à vous informer que ce f ichier est sans DRM, parce que je préfère mon cercueil sans chaînes, et que je ne sui s pas contre les intrusions nocturnes si elles sont sexy et nues. Dans le cas c ontraire, vous aurez affaire à moi.
Si vous rencontrez un problème, et que vous ne pouv ez pas le résoudre par vos propres moyens, n’hésitez pas à nous contacter par mail ou sur le forum en indiquant le modèle de votre appareil. Nous nous chargerons d e trouver la solution pour vous, d'autant plus si vous êtes AB-, un cru si rare !
On ne conclut pas de pactes avec le Diable, car lui n’a rien à vendre, tout lui appartient.
Jean Vigne
2130
Quelque part...
La structure métallique se dévoile d’un grincement plaintif. L’homme sourit devant cette image de vieux chat endormi, dérangé trop tôt dans son sommeil. En guise de félin, une porte d’une tonne se soulève... Deux gardes apparaissent, emmitouflés dans d’épaiss es parkas. Le visage à peine visible, leur arme protégée du froid par un é tui molletonné, ils n’offrent aucun signe de bienvenue à l’arrivant. Ce n’est pas leur rôle. L’individu jette un dernier regard sur l’inscriptio n gravée dans le métal. Une cicatrice qui ne s’effacera jamais. La mémoire d’un lieu détruit par les hommes, durant la fin du XXe siècle. Le même lieu qui, aujo urd’hui, va servir à la naissance d’une nouvelle espèce, forte, invincible serait-il tenté de dire. Exchange 18... le projet... Faut-il y croire ? La lourde porte se referme derrière lui, il peut se débarrasser de sa combinaison polaire. Le climat s’adoucit dans les parties tempé rées du globe. Ici, la rudesse n’a jamais abandonné la région, une vilaine plaie collé e au visage d’une vieille femme à la peau d’albâtre. — Monsieur Entönokief, nous sommes heureux de vous revoir. L’homme observe son interlocuteur, sorti d’on ne sa it quel laboratoire : Herman, scientifique fin comme une brindille, un air de cri quet sur cette figure émaciée. On
pourrait souffler dessus qu’il se casserait... Même son sourire ressemble à un trait de plume. — Appelez-moi Dimitri, Angus. Alors, nos travaux, a vancent-ils ? Le scientifique louche sur ses mains vides. Il aura it dû penser à prendre un bloc-notes, un crayon, n’importe quoi pour masquer son trouble naissant. — Je... nous avons rencontré plusieurs problèmes. — Problèmes ? Vous savez que je n’aime guère entend re ce mot, Angus. Je vous paie grassement pour les résoudre, non pour les com ptabiliser. — Je sais, Dimitri... Mais, de votre côté, vous com prenez bien qu’il nous faut un sujet particulier pour réussir. Sans lui, aucune ch ance... Dimitri attrape l’étui de son revolver, un authenti que Magnum 44. L’œil du scientifique devient vitreux, son pouls s’accélère. .. avant de ralentir. Dimitri vient de déposer son arme sur le premier meuble à sa portée. — Angus... notre investisseur ne va pas tarder à dé barquer. C’est une question de jours, peut-être moins. Et s’il apprend que nous n’ avons rien... Le visage du scientifique s’éteint. Dimitri est un être impitoyable, mais juste. Il n’e n est pas de même pour cet investisseur, individu tout aussi aisé que redoutab le... — Nous pourrons toujours lui montrer l’avancement d u projet Exchange 18, monsieur... — Dimitri. Et au fait, Angus, quels sont vos progrè s en la matière ? — Suivez-moi. Dimitri n’en demande pas plus. Il le sait, son comm anditaire a tous les pouvoirs, surtout celui de le faire tuer d’un claquement de d oigts. Alors, si pour Angus réussir n’est pas une option, pour lui, c’est une question de survie. Il quitte le hangar principal du complexe où sont e ntreposés des chasse-neige, pelles mécaniques, bulldozers et même un hélicoptèr e Kamov Ka-60 d’époque, oublié non loin d’ici après la grande catastrophe. Autant d’engins abandonnés, aujourd’hui remis en état par une équipe de mécanic iens inventive. L’un d’eux, clef à molette en main, salut les deux hommes d’un geste r apide, avant de replonger dans ses réparations. Dimitri pourrait se laisser impres sionner par une telle effervescence, il n’en est rien. Le véritable miracle n’est pas là , mais à quelques dizaines de mètres sous terre, à l’abri des regards... protégé de toute indiscrétion. Une porte métallique ornée de son inscription : « D éfense d’entrer zone dangereuse », fait office de filtre. La mesure de d éfense est complétée de deux gardes, grosses brutes pourvus de biceps saillants et bardés de tatouages, aux visages carrés dotés d’un regard animal. L’expressi on la plus simple pour justifier leur unique fonction : éliminer sans sommation toute personne non habilitée. Angus sort son badge, le glisse dans un logement ca mouflé. Une plaque en verre se dévoile dans la paroi. Un code numérique, une id entification d’empreinte, les voilà dans la place. Une succession de laboratoires où s’ activent maints scientifiques, entre éprouvettes, centrifugeuses, appareillages mé dicaux, détecteurs électroniques... — Impressionnant, lâche Dimitri. — Je sais, chaque fois ça fait cet effet-là. Et enc ore, nous avons deux étages en dessous, tout aussi pleins. — Et tout ça dans un seul but.
— Le même espoir... pour nous tous, rétorque Angus, le regard vaporeux. — Ne rêvez pas trop. Tout cela pourrait rapidement disparaître si nous ne trouvons rien. Le scientifique se tait, préférant ouvrir une derni ère porte munie de son propre code de sécurité. Angus s’enfonce dans la pénombre de la pièce, bientôt suivi par Dimitri. Ses pupilles se dilatent, ses paupières se contract ent. Une silhouette se découpe dans l’obscurité de cette espace volumineux et somb re. Une demi sphère souterraine dont les murs couverts de bardages métalliques aler te sur la dangerosité de son contenu. Soudain, la lumière éclate. Dimitri recule, la main sur le visage. Quelques sec ondes passent, le temps d’accommoder sa vision. — Excusez-moi, lance Angus, j’aurais dû vous préven ir. — Ce n’est rien, répond Dimitri, tout en baissant s on bras. Il fixe la forme devant lui, interloqué. Un humain est suspendu dans les airs, les chevilles et les poignets attachés en croix. Ainsi lié, il semble sur le point de subir l e supplice de l’écartèlement. Et pourtant, ce n’est ni la position inconfortable du prisonnier, ni sa nudité totale qui laisse sans voix Dimitri. Non, la source de son malaise est bien plus profond e. L’individu n’est plus que l’ombre de lui-même, un s quelette vivant, couvert d’une peau si fine et fripée qu’elle paraît être issue d’ un vieux parchemin froissé. Ses chairs, ses muscles, ses tissus organiques ne sont plus. — Que s’est-il passé ? lâche finalement Dimitri. Angus, tout en observant le résultat des derniers p rélèvements, commente. — Ce sujet, comme les six autres avant lui, présent e des anomalies notables. L’expérience ne peut aboutir, même si nous sommes p roches du but. Dimitri, accompagné par les paroles du scientifique , rejoint le malheureux. Une momie... voilà le mot qu’il cherchait dans sa mémoi re. Il se souvient, étant jeune, d’avoir aperçu dans un livre d’histoire quelques cl ichés d’un célèbre pharaon, un dénommé Ramses II. Ce type pourrait être son frère jumeau. Un cri, la forme bondit sur lui. Dimitri tombe à la renverse, les fesses au sol. Devant lui, la chose – comment la nommer autrement ? – pousse un hurlement, ses pupilles vitreuses fixées sur lui, sa bouche ou verte dans une mimique démesurée. — Ah, j’avais oublié de vous prévenir. Notre spécim en est encore vivant, lâche Angus d’un air gêné. Dimitri aimerait rétorquer le traditionnel j’avais remarqué... Devant les canines du prisonnier, il n’en a pas le courage. Deux dents à la proéminence anormale, qui sur ce ta bleau plissé et asséché, se détachent comme la preuve de l’existence d’une autr e forme de vie... dangereuse, animale, prédatrice, mortelle. Une main se pose sur l’épaule de Dimitri. Il sursau te, avant d’apercevoir le visage anguleux d’Angus. — Ah, ces vampires, ils sont un tantinet cachottiers. Vous ne trouvez pas, Dimitri ?
2130
Paris : au même moment...
Bang... La porte blindée vibre sur ses embases. Bang... Les yeux sont rivés sur cette paroi, l’ultime prote ction. Derrière ce concentre la rage incontrôlée de leurs assaillants. Élise ne peu t retenir un frisson d’effroi. Le visage blême, elle se tourne vers Damien, son supér ieur, avant de sursauter au son du martèlement. Des cris transpercent le lieu, feul ement de bêtes sauvages dont Élise n’ose imaginer la nature. Tout s’est déroulé si vite. Que se passe-t-il, dehors ? Et Alexandrov, son fils... Que va-t-il devenir ? A- t-il réussi à s’échapper, fuir, oui, mais pour finir où ? Existe-t-il un endroit sur Terre où se cacher seulement ? Bang... Les coups, plus puissants, lui arrachent un hurleme nt. Devant le sourire de Laurence, jeune laborantine empreinte d’une légèret é agaçante, elle ne peut s’empêcher de s’interroger : est-elle inconsciente du danger ? La voix rauque de Damien la sort de sa léthargie. — Élise, viens donc m’aider. Laurence, range les éc hantillons dans le coffre. — Mais... Damien... Élise ne dit pas un mot de plus, incapable de termi ner sa phrase. Elle se contente de détailler l’entrée protégée par une épaisse port e, la peur collée au visage. Damien s’approche d’elle, une femme qu’il côtoie depuis pl us de trente-six ans, maintenant. À la mort de Solange, créatrice du bioplasma, Damien a poursuivi les recherches concernant ce fabuleux procédé. Les recherches de c ette femme, assassinée dans de mystérieuses conditions par son gendre – le Vamp ire des Alpes, selon les rumeurs –, ne devaient pas disparaître. Un sang de synthèse, substitution au plasma humain, assurant à l’homme la vie éternelle, sans r isque de maladie, exempt du moindre signe de dégénérescence. Un don de Dieu, of fert par une simple femme. Depuis, Damien, assisté d’Élise, a repris le flambe au afin d’améliorer le concept. Les transfusions régulières sont pénibles pour la popul ation. Une solution en aérosol serait une révolution, un confort indéniable pour t ous. Solange, peu de temps avant de mourir, était sur le point de réussir. Mais voil à, son gendre, Jean Verger, l’aurait tué pour des raisons encore obscures. Depuis vingt- deux ans, l’homme a disparu, emportant avec lui de sombres secrets. Est-il terré quelque part, dans l’attente d’un hypothétique retour ? Est-ce lui la cause des troub les qui agitent la capitale en ce jour néfaste ? Damien ne saurait répondre. Il se content e d’enlacer Élise dans un geste tendre. — Écoute... je comprends ton inquiétude, mais ici, nous ne risquons rien. Nous sommes dans le cœur du laboratoire, le blindage qui protège l’entrée mesure plus de dix centimètres... Damien est interrompu par une vibration sourde, sig ne que les agresseurs n’ont pas le même point de vue. Son mentor prêche par exc ès de confiance au goût
d’Elise. Pourtant, malgré l’angoisse au creux de l’ estomac, elle acquiesce d’un timide signe de tête. — Allons-y ! commande Damien. Le jeune homme – soixante-dix-huit ans d’existence, mais n’en paraissant que trente – entraîne la laborantine. Le moment est ven u de rassembler les documents et de les mettre à l’abri, le temps pour les forces de l’ordre de reprendre le contrôle de la ville. Et si ce n’était pas le cas ? Si le chaos to tal se répandait comme un sale virus dans tout le biodôme parisien ? Damien chasse cette idée de son esprit. De toute manière, les autres biodômes se lanceront à leur se cours. L’alerte est donnée, ce n’est qu’une question de patience. Damien relève la tête et fustige du regard Laurence : une beauté rousse aux jambes interminables, un sourire de démone et une l angue bien pendue. Une laborantine plutôt douée, encore qu’elle soit plus intéressée par la frivolité que par son travail... Damien serre les dents. Le souvenir des seins de la belle confinés dans les paumes de ses mains traverse ses pensées, de quoi l e troubler. Une erreur d’un soir... il faut dire que la garce sait y faire. Un corps à se damner, un appétit de tous les diables – sexuel, il va s’en dire – de quoi oub lier le protocole et les rapports distants qu’une hiérarchie bien pensante se doit de respecter. De quoi oublier qu’il est marié, surtout... jusqu’à l’aube où, invariablement , il s’est retrouvé en présence d’un dilemme. Son épouse, dans son lit, et ce sentiment de culpabilité, couché à ses côtés. Un coup d’œil sur Élise, petite brune un peu ronde, au visage anodin bien qu’une beauté discrète transparaisse chez elle... e t voilà, la gêne renaît de plus belle. Une frappe plus puissante sur l’unique accès l’arra che à cette impression trouble. Une aubaine, finalement. Élise s’est redressée, le regard tourmenté. Pourtan t, la porte a tenu bon... pour combien de temps encore ? Damien ouvre le coffre, combinaison électromagnétiq ue dont seules deux personnes peuvent prétendre connaître le code. À l’ intérieur, tous les secrets du laboratoire, soixante-dix ans de recherches, une vé ritable mine d’or convoitée par beaucoup. Un clic sonore suivi d’un léger ronflemen t, les moteurs hydrauliques dégage la demi-tonne métallique d’une fermeture dite inviolable. — Élise, passe-moi les éprouvettes du test 24-B. Comme seule réponse, le scientifique n’entend que l e ronronnement de la climatisation, entrecoupé de grognements inhumains. — Élise ? Devant le silence persistant de la jeune femme, Dam ien se retourne. Son regard se pare d’un voile d’effroi. Élise est là, à quelques mètres... les yeux ouverts sur un point imaginaire, bien loin d’ici. Derrière se dresse Laurence, les mains glissées sous les aisselles d’Élise pour la soutenir. Le visage de la rouquine est camo uflé par sa longue chevelure flamboyante, mais Damien entrevoit les lèvres de la belle posées sur le cou d’Élise... les lèvres et deux filets de bioplasma qui courent vers la poitrine dénudée de la jeune femme. La rousse s’amuse à pincer la pointe des sei ns de la petite brune. Un curieux bruit de succion s’ajoute à l’ambiance pesante du l aboratoire. Au prix d’un effort conséquent, Damien réussit à balbutier : — Laurence, que fais-tu ?