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Rouge Carmin

De
201 pages
Tout a basculé au printemps dernier; un réveil brutal, une respiration qui s'emballe au rythme des rafales et qui s'étouffe dans la mitraille des mensonges et des non-dits. Elle a suivi le labyrinthe de Thomas sans s'y perdre, s'est enfin libérée de sa dépendance et de leurs solitudes siamoises, ses yeux ont retrouvés la couleur de la mer.Š
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© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55291-3 EAN : 9782296552913
Rouge carmin
SolangeCombe
Rouge carmin
Roman
L’Harmattan
«La vérité est rarement pure et jamais simple. »
Oscar WILDE
air est d’une fraicheur âpre et sauvage qui surprend L’ pour un 14 juillet. La mer au loin paraît inatteignable.Des chapelets d’algues brunes s’étirent entre les rochers et quelques rubans d’eau parcourent la baie ensablée.
Presque de la terre ferme, presque du sûr, jusqu’à la prochaine marée qui ne laissera apparente qu’une fine langue de plage. Claire s’est emmitouflée dans un lainage couleur sable, mais de ces sables fauves, des pays plus au sud, en bordure des dunes. Elle est là pour quelques jours à la recherche de sa respiration.
Elle avale l’air frais et se lance sur cette fausse plage que des pelleteuses d’algues viennent fouler avec assurance. Une bonne paire de bottes et la voilà qui slalome entre les rochers, le nez fouillant les odeurs de varech sous
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ROUGE CARMIN
l’œil jaloux des mouettes.Elle marchera jusqu’à l’eau qui scintille là-bas mais qui remonte déjà. Le vent devient piquant, poivré.
Il faut s’arracher au présent pour retourner vers le rivage. L’heure avance, on l’attend pour dîner. Faire semblant d’être disponible alors qu’elle plonge trop souvent dans des absences qui l’éloignent de tout. Son sourire alors se fige, ses yeux nous lâchent. D’ordinaire, ils appellent le contact, retiennent, capturent. Immenses, ils nous aspergent de leur éclat vert d’eau, nous bombardent de rayons d’or. On perd un peu le fil de la conversation, occupés qu’on est à suivre ces yeux-là.
Lui, c’est un grain de beauté à l’oreille qui le rend différent : juchée sur le lobe droit, brun foncé, cette fantaisie attire le regard mais ne le retient pas. On évite cet accroc qui pourtant intrigue.De biais, alors, on y revient. Curieusement, c’est parce qu’il possède cette tache ronde et bombée, sorte de boucle d’oreille, qu’on le remarque vraiment. Car seule cette curiosité donne à Thomas un air original. Le reste est rangé malgré une complexité qui le trouble parfois encore. Il s’accepte assez bien, ou du moins de mieux en mieux. Les soubresauts sont surtout difficiles pour ceux qui l’entourent.