Sang Maudit
80 pages
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Description

Quand la différence devient intolérance, le danger rôde.

Trois femmes payeront cruellement le tribut de cette haine.

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EAN13 9782369763253
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Mentions légales Ad Vitam - Ad Mortem Let’s play Amours sacrilèges
Table des matières
Marielle Ranzini
Sang Maudit
Collection Lune Ténébreuse Fantastique – Epouvante Dirigé par Anne Ledieu
Auteur ©2019Marielle Ranzini Illustrations :© 2019 Nathy. Dirigé par Anne Ledieu ISBN978-2-36976-325-3
 Mentions légales
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Ad Vitam — Ad Mortem
Nous sommes en 2012. Depuis presque six ans, je vis à Locronan, petit village typique de Bretagne, très touristique l’été et plutôt tranquille l’hiver. Je possède une petite librairie médiévale assez fréquentée. Je loge au-dessus de la boutique et, en dehors de mes heures d’ouverture, je me qualifierai de solitaire. Je suis née en 1882. Mais oui, je vous assure, auss i bizarre que cela puisse vous paraître. En 1912, le 15 avril pour être précise, je me trouvais à bord du Titanic, je suppose que tout le monde a entendu parler de ce magnifique paquebot. Trente ans, toujours célibataire, je travaillais à l’époque comme nurse pour une famille américaine. On me disait plutôt jolie, avec mes grands yeux verts, mes formes généreuses, mon opulente chevelure rousse, mais je préférais travailler et garder ma liberté. Grâce à mes employeurs, je voyageais beaucoup, ce qui me ravissait. Après une visite aux parents anglais de Madame, nous rejoignions New York, lorsq ue le voyage tourna au cauchemar. Du naufrage, je ne me souviens que d’une seule chose : mon patron, paniqué, entrant dans la cabine où je me trouvais avec leur fille et nous exhortant à le suivre sur-le-champ. Je pris juste le temps d’enrouler la petite dans sa couverture, puis je lu i emboîtai le pas, sans avoir la moindre idée de ce qu’il se passait. Je ne pourrais point vous raconte r la suite, car ma mémoire s’est arrêtée de fonctionner en ce moment de confusion totale. Je ne sais pour quelle raison, je n’ai aucune réminiscence des heures qui suivirent. Je me suis réveillée à bord du navire Carpatia, entre la vie et la mort. J’eus la vague vision d’une silhouette se penchant sur moi, puis je me sentis i rrémédiablement glisser vers mon trépas. Un liquide tiède et écœurant coulait dans ma gorge, alors que je rouvrais les yeux subitement, tout en m’étouffant. L’espace d’un instant, je fus réellement un macchabée, mais un homme spécial, une créature comme il n’en existe que dans les histoires à faire peur, me sauva la vie, ou plutôt la mort. Laissez-moi me présenter à vous, je me nomme Léa et je suis une vampire. Mon père « spirituel », celui qui a fait de moi une vampire lors de mon vague séjour sur le Carpatia est le docteur Midford. Il est issu d’une très vieille famille écossaise. Il avait à l’époque de ma transformation cinq cent quatre ans, et je vous assure qu’il ne les faisait pas ! Désolée pour ce pitoyable trait d’humour. Quand je fus recueillie, au seuil de la mort, par les matelots du Carpatia, il a décidé de me sauver à cause de ma ressemblance avec sa sœur aînée à qui il vouait une admiration sans bornes, malheureusement décédée bien avant qu’il ne devienne immortel. Cette sœur l’avait sauvé de lui-même, alors que l’alcool l’asservissait. Il fut donc pris de pitié pour moi tout en pensant que je n’avais pas été placée sur son chemin par hasard. E h oui, même un être soi-disant sanguinaire éprouve des émotions ! En tout cas, c’est grâce à lui que j’ai eu la vie sauve, et même si ma mutation s’est révélée longue et assez pénible, je lui serai toujours reconnaissante d’être « vivante ». À ce jour, je ne me suis jamais posé la question de savoir s’il eût été préférable que je meure. J’appris par la suite que mes employeurs, ainsi que leur fille avaient trouvé la mort lors du naufrage. Je ne sais si mon sauvetage fut une bonne ou une mauvaise chose parce que j’ai vécu des épisodes atroces pour arriver au contrôle parfait de mes pulsions sauvages. Je n’avais de toute manière plus de famille ni quiconque pour s’inquiét er de moi. En somme, je n’avais plus rien à perdre. Physiquement, je ressemble à tout un chacun. Rien ne me distingue d’une personne normale si ce n’est, peut-être, la pâleur de ma peau. Je suis capable de manger, comme vous, humains, mais cela ne me nourrit pas. Pour subsister, il me faut autre chose, des repas plus consistants, j’ai besoin de ce qui coule dans vos veines. Je rassure chacun d’entre vo us, je n’ai jamais tué pour me sustenter. Vous êtes des fabriques de sang, seules quelques gorgées me suffisent quotidiennement. Certes, je me repais de votre essence vitale, mais il ne vous en reste aucun souvenir. De plus, contrairement aux idées reçues, je ne crains pas la lumière, ni le soleil, ni même sa chaleur, que j’apprécie énormément.
Mais passons sur ces détails, ainsi que sur les dif férents événements vécus par ma modeste personne pendant cent trente ans. Je puis vous assurer que mon destin, jusqu’à présent, ne vaut même pas l’encre pour l’écrire. Il s’est composé d’une vie simple, effacée, sans heurts. Cependant, rien n’est fait pour durer, aussi discrète que j’aie pu être, la fatalité a fini par un jour me rattraper.
*****
Par un bel après-midi de juin, je rentrais à Locron an après un séjour en Écosse, chez mon créateur. Aidan, le meilleur ami de ce dernier me raccompagnait. Je connaissais Aidan depuis ma transformation ; il passait du temps avec moi dès que l’opportunité se présentait. C’était un vampire impressionnant. Grand et carré, de splendides yeux gris acier durs et froids, de longs cheveux noirs qu’il portait détachés sur les épaules, tout cela le rendait furieusement beau. Sur son visage, on pouvait lire les bouleversements, les douleurs, les atrocités, vécues pendant ses huit cent trois ans de vie. Lors de notre rencontre, et longtemps après encore, il m’inspira une sorte de peur et d’attirance mêlées. Pour moi, il était auréolé de mystère et d’un soupçon de sauvagerie. Il n’évoquait jamais son passé, il répétait que des êtres tels que nous ne devaient pas regarder en arrière. Cela nous rendait vulnérables et sujets à la mélancolie. Il dégageait un fort magnétisme auquel je ne résistais pas. Nous sommes devenus amants, et je n’échangerais pour rien au monde les moments passés ensemble. Je ne sais pas si l’on pourrait qu alifier d’amour ce que je ressens pour lui, mais pour moi, cela en est une forme. Le jour de mon retour chez moi, je m’aperçus que les touristes commençaient à envahir les rues du bourg. Il était temps que je rouvre ma librairie, je ne m’étais déjà que trop absentée, et la saiso n commençait. J’en étais là de mes pensées quand Aidan, qui portait mon sac, et moi pénétrâmes dans mon appartement. À peine étions-nous rentrés que mo n chevalier servant se débarrassa de mon bagage, envoya claquer la porte, puis me propulsa contre le mur. Je me retrouvai plaquée entre lui et la cloison, le regard fascinant de mon suceur de sang préféré transperçant le mien. Un mi-sourire aux lèvres, je posai mes mains sur son torse et, d’un coup, le repoussai aussi violemment que lui-même avait agi envers moi. Notre petit jeu commençait. F aire l’amour chez les vampires relève davantage d’un sport intense, grisant, que d’un moment de douceur. J’adorais ces joutes. Nous nous jetâmes agressivement l’un sur l’autre, t out en grognant, toutes dents dehors, nous arrachant nos vêtements, nous infligeant de féroces coups de canines. La douleur bienfaisante nous tarauda agréablement le corps. Par nos baisers puissants, assoiffés, brûlants, nous nous absorbâmes l’un l’autre. Le sang de chacun de nous coula, ruis sela de nos blessures, et nous nous léchâmes réciproquement avec avidité. Les caresses d’Aidan me brûlaient la peau, faisant monter en moi un désir impérieux. Une soif intense de mon compagnon, de violence me submergea. Je pris alors dans ma bouche son membre gonflé et ferme. Je le suçai, le mordis, tandis qu’Aidan enfonçait ses doigts dans mon opulente chevelure tout en poussant de longs et rauques gémissements de plaisir. Puis soudainement, je me retrouvai allongée sous lu i. Il prit brutalement possession de mes tétons pointés, tellement durs de plaisir qu’ils m’en faisaient mal. Il jouait avec, tout en les serrant fermement pendant que sa langue léchait le sang de mes plaies. Puis ses mains glissèrent vers mon intimité, et un de ses doigts m’investit, tandis qu e les autres jouaient avec mon clitoris. Nous haletions tous les deux, aussi fort que des bêtes. Le feu embrasa mon corps lorsque je sentis ses canines mordre mon bassin. Je n’en pouvais plus. Avec une brutalité extrême, je me retrouvai à cheval sur lui tout en empalant son sexe tendu en m oi. Par petits mouvements saccadés, je le chevauchai. Il était prêt, je le sentais, mais je faisais durer la chose autant par plaisir que pour l e taquiner. Jouer de son impatience me transcendait. Nos gémissements se transformèrent en râles, puis en hurlements de plaisir, quand il finit enfin par se déverser en moi. Épuisés et repus, nous nous écrasâmes l’un contre l’autre. Je jetai alors un coup d’œil à mon appartement qui ressemblait à un champ de bataille. Du sang s’étalait à profusion, mais mon corps était extatique, peu importait ce qu’il y avait autour de moi. Soudainement, je fus prise d’un...