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Sarah Leboni

De
105 pages

Sarah Leboni doit quitter l'Italie. L'année 1938 déverse les premières lois raciales de Mussolini qui imposent arbitrairement une immigration aveugle, autant pour elle, que pour tant d'autres de ses congénères. Qu'adviendra-t-il alors du destin de ces déracinés ?

Publié par :
Ajouté le : 01 décembre 2011
Lecture(s) : 41
EAN13 : 9782296475120
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© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-56674-3
EAN : 9782296566743
Sarah Leboni






Du même auteur
Prose poétique
Intrusion dans une banalité, Editions Librairie Galerie Racine, Paris, 1998
Jour après jour, Petit journal des réalités singulières, Editions Librairie
Galerie Racine, 1999
Un étrange voyageur, Coll. Vagabondage, Editions du Cherche Midi, Paris,
2000
A deux de Michel Noiret, Editions Librairie Galerie Racine, Paris, 2005
Lettres à un danseur, Editions Librairie Galerie Racine, Paris, 2006
Bestiaire, Editions Librairie Galerie Racine, 2007
Monographie
Le Pont de Saint-Gilles, Histoire du franchissement du petit Rhône
(collectif), Editions des Presses des Ponts et Chaussées, Paris, 1999
Articles
Les circonstances d’une rencontre, Coll. Cahiers Octave Mirbeau, n°15,
Angers, 2007
Les Etats mystiques dans l’œuvre d’Octave Mirbeau, Coll. Cahiers Octave
Mirbeau, n°16, Editions Société Octave Mirbeau, Angers, 2008
Quelques figures animalières dans l’œuvre d’Octave Mirbeau, Coll. Cahiers
Octave Mirbeau, n°17, Angers, 2009 Fabienne Massiani-Lebahar
Sarah Leboni
roman
L’Harmattan



Aux déclassés, de tous genres.















« Mais quand le Sublime vient à éclater où il faut, il renverse
tout comme une foudre »

Pseudo Longin
Traité sur la sublimation du discours Chapitre I
Un couple et un atelier d’artiste
out lui faisait mal. Même ce sale petit froid qui s’y T mettait. Pas un vrai froid glacial de verglas et de neige,
mais ce pseudo gel bien persistant qui vous a à la longue,
pénétrant au plus profond du corps, par toutes les fibres de
vos frusques.

Il y avait bien ce poêle, très insuffisant, car bon
nombre de vitres s’étaient fêlées, un peu comme les os de
ces sportifs qui subissent des fractures d’usure. Le mieux
c’était quand même la vodka, surtout la bonne, que la
vieille madame Tchoitsky avait offerte, un peu en mémoire
de son mari. D’ailleurs elle faisait tout en mémoire de lui.

On pouvait quand même compter sur la
communauté, qui avait fui soit les pogroms, soit Hitler, soit
Mussolini.
C’est bien la preuve qu’on en avait vu d’autres,
qu’on n’allait pas se laisser avoir par quelques degrés de
températures en moins, ou la dèche, ou la faim. 10 SARAH LEBONI
Mais quand ça s’y met, on n’y peut plus rien ; il
aurait fallu ne pas commencer à être à sec.
On est donc mardi, et Sarah Leboni ne se souvient
pas précisément de ce qu’il va se passer dans la journée ;
elle sait simplement que quelque chose d’important est
prévu.
Sarah n’a pas résisté à un shoot hier soir. C’est Mark
qui est passé et le lui a refilé, comme un bienfait.
Suite à ça elle a vomi et sa tête s’est vidée, elle aussi,
cul sec.

On sonne. Sarah retrouve la mémoire. Mr Castillo
est là. Il vient voir la dernière terre. Elle l’avait zappé elle
encore, malgré les six mois de travail acharné. ça devrait
être sous la bâche là-bas. C’est quand même un monde de
ne pas se souvenir.
Il a vu la bâche avant elle, et l’enlève d’un trait. Un
drap levé sur un corps nu.

La chose est là, mi phallique, mi arborescente. Elle
ne sait si c’est bon ou mauvais. En tous cas, c’est un
mouvement qui part vers le ciel et semble assez bien y
parvenir, puisque Castillo est intrigué, pas rebuté d’emblée.
Il a son regard des jours d’achats.