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Scéance digitale

De
123 pages

Intérieur nuit survolé. Minuit Décimé. Le silence ne répond de rien. Définition du délire amoureux en apnée.

Publié par :
Ajouté le : 05 novembre 2006
Lecture(s) : 224
EAN13 : 9782748161342
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Scéance digitale
Raphaël Miller
Scéance digitale





ROMAN











Le Manuscrit
www.manuscrit.com












© Éditions Le Manuscrit, 2006
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 08 90 71 10 18
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN : 9782748161342 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-6134-3 (livre imprimé)











Le terrain était vague.
La surface était détendue comme un
ondulement sableux.
L'amplitude décrochait sous le relief des
détritus essoufflés.
Leur repos cherchait encore son chemin.
Les fragments dessinaient.
Les corps étaient.
Ils balançaient leur silence entre une mort
dévouée qui aurait porté son testament jusqu'à la
parodie de son apparition, où le temps arrêté aurait joué
une dernière fois sa surexposition pour dénouer l'inerte
de l'espace, et le regard pantin amouraché.
Ils avaient avalé une dimension autoscopique qui
reculait encore la trace du souvenir,
l'empreinte, de la mémoire.
Leur extinction fugitive est l'équilibre comme dernier
ressort.
La danse immobile laissait au monde sa
dernière chance.
La décomposition de l'ensemble laissait un goût de
décompensation.
Le signe indistinct évoluait dans un brouillon unitaire
9
qui aurait dépossédé son ultime
autonomie.
L'origine avait enfin.

Un homme revoyait les images du souvenir de sa bien
aimée défilées.
Le feu à côté de lui libérait les étoiles crépitantes de son
âme.
Il pensait que le temps qu’il avait passé à ses côtés avait
raison, malgré sa disparition.
Il se laissait naviguer dans la réverie qui le rappelait à
elle.
Il venait de lâcher sa photo.
Sa description raturait ses propres yeux.
Elle défiait sa présence qu’il tentait d’oublier.
La photo fit un dernier survol pour se coucher à terre
L’éternité s’écroulait dans sa part éphémère.
La maladresse qu’il avait eue de la laisser tomber portait
son amour dans l’absolu.
La nuit glisse l'ombre d'un envol démelé et aveugle.
Son fil plonge pour fendre l'air engorgé.
L'obscur siffle d'un reflet se couchant.
L'aile se bombe, interrogative.
Le sang muet s'effile.
Il se protège de son apnée vacillante.
Le regard glisse.
Le déployé survol le resquif.
Le cri serait penchant.
Le silence croît.
Désormais n'est plus qu'une gravité quitte.
Elle creuse l'eau sourde d'une pierre assommée de
repos.
Le ciel fonce l'immense.
10
La mer échevelée balance les horizons chavirés.
Et pourtant, le rivage ondule à flot de cime.
L'ombre puise en esquisse.
La promesse plisse, inerte.
Alors, une main se tend, dévoyée.
Le relief, isolé.
La naissance cherche à se déserter.
Mais une peau se décroise.
Les écarts respirent et dénoncent.
La lune frappée, défile.
La transpiration détonne.
Un sexe saisi pour en allonger le dos.
Le pourtour des doigts se replie.
L'arc jouit une étendue solitaire.
Le fruit se détend de son empreinte délovée.
Le volume courbe.
Le soc pulse.
Le jeu portait son ultime masque.
Comme une feuille de papier arrachée qui tremble sous
le vent.
On y reconnaît des traits rayés de leur sens.
Un visage griffé et mobile sous un crayon
incertain, dont on ne peut voir émerger que le naufrage
ébahi.
Il vient jucher le maquillage du présent et offre une
course au quotidien désolé.
Il avait posé un premier pied anonyme et maladroit sur
cette forteresse d'ordures découchées.
Ils auraient crispé sous le poids des gravités en
extension.
Peu de place pour que le pas puisse déflorer le puits
continent.
L'émotion devient sourde.
11
La parole du lieu était absorbée à démanteler les saisons
dépassées.
Il cherche des appuis à ses propres articulations qui
nous poussent à tenir le handicap moteur pour profit.
La saccade des gestes accompagne l'exploration de la
décharge confondue.
Le démembrement signe sa chute.
L'oiseau quitte sa perche.
La fenêtre laissait déborder la lumière sur laquelle la
lande avait déposé son tranchant.
Lorsqu’il reprit conscience, il se tenait dessus comme un
pantin en équilibre qui imite le vol de l’oiseau tout en
tenant sur une jambe infidèle.
Son pied repose désormais sur une carte géographique
qui baille sa gravité sous le poids du geste interdit.
Un drap couvre sa nudité.
Ses replis ombrés sculptent une chute qui glisse comme
une clé dénouée sur son corps.
Ses mains retiennent une force invisible dont il déjoue
les attaches.
Elles deviennent comme un éventail difforme pour
signer leurs silences.
Elles s’ouvrent tout en retenant ce fantôme qu’il tente
de saisir.
Il croise les figures des mains.
Il fait la rupture de toute proximité.
Il essaie de créer un langage inconnu dont l’extrémité de
ses doigts dépose le testament.
Les figures s’alternent comme fuyant leur agilité de leur
jeu indélébile.
Le visage jongle avec des masques de vertiges.
Le rythme coule sa cible.
Les contorsions livrent leurs transgressions.
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