Solaris 190

Solaris 190

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Livres
164 pages

Description

LES FICTIONS :
« La Langue du voisin », d'Éric Gauthier ; « Profundis », d'Eleanor Belinki ; « Capitaine Pisse-Vinaigre », de Philippe Roy ; « Les Pèlerins de Calcibur », d'Alain Bergeron.
LES ARTICLES :
« Entrevue avec Bernard Werber », d'Élisabeth Vonarburg ; « Le Facteur Psi », de Sébastien Chartrand ; « Le sexe avec les robots », de Mario Tessier.
LES CHRONIQUES :
« Sci-néma » ; « Les Littéranautes » ; « Lectures ».

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Publié par
Date de parution 03 avril 2014
Nombre de lectures 13
EAN13 9782896158034
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Entrevue exclusive BernardWERBER
AlainBERGERON ÉricGAUTHIER
FacteurPSI Sexe &ROBOTS
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190 L ’ ALD E L I T T É R A T U R E S D E S P E R M A N E N T E N T H O L O G I E I M A G I N A I R E
Sommaire
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Éditorial Joël Champetier
La Langue du voisin Éric Gauthier
Profundis Eleanor Belinki
Capitaine Pisse-Vinaigre Philippe Roy
Les Pèlerins de Calcibur Alain Bergeron
Entrevue avec Bernard Werber 89 Élisabeth Vonarburg Le Facteur Psi : émergence et 105 évolution du thème des pouvoirs psychiques dans la science-fiction Sébastien Chartrand Les Carnets du Futurible 113 Le Sexe avec les robots, ou les robosexuels chez les gynoïdes Mario Tessier
Sci-néma 135 Christian Sauvé Les Littéranautes 147 M. Thisdale Lectures 149 M. Arès, M. Cayer, N. Faure, J.-P. Laigle, É. Vonarburg
Solaris 190 Printemps 2014 Vol. 39 n° 4
Né en France en 1981, Grégory Fromenteau étudie en Arts et Littérature, avant de commencer sa carrière dans le dessin animé. Il travaille notamment sur de nombreuses séries diffusées sur la scène internationale (Code Lyoko,L'Homme invisible…). Quelques années plus tard, il s'installe à Montréal afin de travailler dans le milieu du jeu vidéo. Il travaille également sur de grosses productions (Iron Man,Prince of Persia, Avatar…) à différents postes, tels qu'éclaira giste, directeur artistique et illustrateur. Il est toujours dans ce domaine à l'heure actuelle. En parallèle du jeu vidéo, il continue d'exploiter sa passion pour le dessin en réalisant des cou vertures de livres pour différentes maisons d'éditions. Vous pouvez découvrir son travail sur son site internet : http://www.gregf.com/.
Illustrations Valérie Bédard : 7, 25 Laurine Spehner : 41, 67 Suzanne Morel : 89, 105, 113
Le Prix Solaris s’adresse aux auteurs de nouvelles canadiens qui écrivent en français, dans les domaines de la sciencefiction, du fantastique et de la fantasy
Dispositions générales Les textes doivent être inédits et avoir Le lauréat ou la lauréate recevra une un maximum de 7 500 mots (45 000 bourse en argent de 1 000 $. L’œuvre signes). Ces derniers doivent être envoyés primée sera publiée dansSolarisen en trois exemplaires (des copies car les 2015. originaux ne seront pas rendus). Afin de Les gagnants (première place) des prix préserver l’anonymat du processus de Solaris des deux dernières années, ainsi sélection, ils ne doivent pas être signés que les membres de la direction littéraire mais être identifiés sur une feuille à part deSolaris, ne sont pas admissibles. portant le titre de la nouvelle ainsi que Le jury, formé de spécialistes, sera réuni le nom et l’adresse complète de l’auteur, par la rédaction deSolaris. Il aura le le tout glissé dans une enveloppe scellée. On n’accepte qu’un seul texte par auteur. droit de ne pas accorder le prix si la participation est trop faible ou si aucune Les textes doivent parvenir à la rédaction œuvre ne lui paraît digne de mérite. La deSolaris, au 120 Côte du Passage, Lévis participation au concours signifie l’ac (Québec) G6V 5S9, et être identifiés sur ceptation du présent règlement. l’enveloppe par la mention « Prix Solaris ». Pour tout renseignement supplémentaire, contactez Pascale Raud, coordonnatrice La date limite pour les envois est le de la revue, au courriel suivant : 13 mars 2015, le cachet de la poste fai sant foi. raud@revuesolaris.com
Rédacteur en chef : Joël Champetier Éditeur : Jean Pettigrew Direction littéraire : Joël Champetier, Jean Pettigrew, Daniel Sernine et Élisabeth Vonarburg Site Internet : www.revuesolaris.com Webmestre : Christian Sauvé Abonnements : voir formulaire en page 5 Coordonnatrice : Pascale Raud solaris@revuesolaris.com (418) 8372098 Trimestriel : ISSN 07098863 Dépôt légal à la Bibliothèque nationale du Québec Dépôt légal à la Bibliothèque nationale du Canada ©Solariset les auteurs
Solarisest une revue publiée quatre fois par année par les Publications bénévoles des litté ratures de l’imaginaire du Québec inc. Fondée en 1974 par Norbert Spehner,Solarisest la première revue de sciencefiction et de fantastique en français en Amérique du Nord. Solarisreçoit des subventions du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec et reconnaît l’aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour ses coûts de production et dépenses rédactionnelles par l’entre mise du Fonds du Canada pour les magazines. Toute reproduction est interdite à moins d’entente spécifique avec les auteurs et la rédaction. Les collaborateurs sont responsables de leurs opinions qui ne reflètent pas nécessairement celles de la rédaction. Date d’impression : avril 2014
Éditorial
Le contenant… Dans l’éditorial du numéro précédent, je promettais une sur-prise à nos lecteurs et lectrices restés fidèles à la version papier de leur revue préférée. Il a suffi d’un coup d’œil à l’intérieur de e ce 190 numéro, après avoir pris le temps d’admirer la superbe illustration de couverture de Gregory Fromenteau, tout de même, pour découvrir que la surprise en question serait… en couleur ! e Un cadeau pour notre lectorat en cette année de 40 anniversaire, mais aussi un petit plaisir égoïste pour moi et l’équipe deSolaris. Que voulez-vous ? Maintenant que nous avons pris l’habitude de commander des illustrations en couleurs à nos artistes (en l’oc-currence Valérie Bédard, Laurine Spehner et Suzanne Morel), que nous concevons et montons la revue en couleur pour ses incar-nations numériques pdf et epub, il était difficile de ne pas sentir un pincement de déception en constatant que la version « classique » restait en noir et blanc. Je remercie et félicite particulièrement Jean Pettigrew qui a proposé et mis en œuvre ces changements. Que ferions-nous si notre éditeur ne maîtrisait pas aussi bien les arcanes de l’informatique et de l’infographie ? Il en a profité pour rafraîchir un peu le visuel de la page couverture, une autre excel-lente initiative de sa part.
… et le contenu Quelle sorte de sommaire se pare de ces nouveaux atours ? Un sommaire riche et diversifié, cela va sans dire. Élisabeth Vonarburg a rencontré au dernier Salon international du livre de Québec le populaire Bernard Werber, le seul écrivain de SF en France à pouvoir s’enorgueillir d’une véritable notoriété inter-nationale – chez les auteurs vivants, on s’entend bien : inutile de nous écrire que Jules Verne aussi est connu dans le monde entier ! La conversation qui en a résulté est à la fois stimulante et enjouée : pas étonnant quand on connaît les deux personnes en présence. Sébastien Chartrand, qui a troqué son chapeau de nouvelliste pour celui d’essayiste, nous replonge dans un passé pas si lointain lorsque les pouvoirs paranormaux faisaient partie intégrante de
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la science-fiction au même titre que l’exploration spatiale et le voyage dans le temps : un cas intéressant de thème tombé en dé-suétude (ce qui ne veut pas dire qu’il ne redeviendra pas populaire). Mario Tessier, notre Futurible en résidence, complète le volet des articles avec un survol de l’obsession humaine pour le sexe avec les robots. Hum, hum… on apprend décidément de bien curieuses choses en lisantSolarisLes quatre fictions au sommaire possèdent chacune une per-sonnalité bien marquée. Quiconque a lu quelques nouvelles d’Éric Gauthier, ou a entendu de vive voix ses contes, connaît ses person-nages sans prétention mais sympathiques dont l’existence est sur le point de basculer ailleurs… un ailleurs généralement inquiétant. C’est notamment le cas ici. L’atmosphère qui imprègne la nouvelle de Philippe Roy est tout aussi inquiétante, oppressante même, comme il se doit avec un récit qui se déroule sur la ligne de front de la Première Guerre mondiale. Un texte fantastique que l’on relit avec autant de plaisir que la première fois tant la structure est ingénieuse. C’est toujours un honneur de pouvoir inscrire au sommaire une nouvelle d’Alain Bergeron, qui s’était fait rare ces derniers temps. Il nous propose cette fois un récit de fantasy extrêmement classique. Enfin, ledébutest classique, mais à mesure que l’in-trigue se développe, on finit par se douter que… Stop ! j’en ai déjà trop dit. Finalement, nous avons du fantastique et de la fan-tasy, il ne manque plus qu’une nouvelle de science-fiction pour équilibrer parfaitement le sommaire. C’est une histoire qui com-mence avec un poulpe, dans laquelle on discute abondamment hormones, biochimie et brevets, et qui est fort bien servie par la plume délicatement sarcastique d’Eleanor Belinki, notre invitée française du numéro à qui l’on souhaite la bienvenue dans nos pages.
En attendant la version 3D deSolaris– j’imagine que c’est la prochaine étape d’un point de vue technologique ? à moins qu’on ne passe directement à la projection rétinienne ou l’implant cortical ? – je vous souhaite une bonne lecture en couleur, et vous donne rendez-vous dans trois mois pour le prochain numéro.
Joël CHAMPETIER
Abonnez-vous ! Abonnement : Numérique (pdf / epub) Québec : 40 $CAN23 $CAN Canada : 40 $CAN23 $CAN ÉtatsUnis : 40 $US23 $US Europe (surface) : 4018Europe (avion) : 44€ ---Autre (surface) : 50 $CAN23 $CAN Autre (avion) : 56 $CAN Nous acceptons chèques et mandats endollars canadiens,américainset eneuros. Paiement accepté aussi parVisaouMastercard. Toutes les informations nécessaires sur notre site : www.revuesolaris.com Par la poste : Solaris, 120, Côte du Passage, Lévis (Québec) Canada G6V 5S9 Tél. : (418) 8372098 / Fax : (418) 8384443 Courriel :solaris@revuesolaris.com
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Alibis, c’est le rendez-vous trimestriel des amateurs d’histoires policières, noires et mystérieuses écrites par les meilleurs auteurs du Québec. Suspense, émotions fortes et plaisir garantis !
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Valérie Bédard
La Langue du voisin
Éric GAUTHIER
n guise de déjeuner, Pierre-Louis avala un restant de mets muEable chaise de parterre, vide, toujours centrée dans son petit chinois de la veille. Son regard se tournait sans cesse vers l’extérieur, vers le balcon du voisin. Rien à voir à part l’im-espace clos, plancher de ciment, garde-fou peinturé noir tacheté de rouille. Il fallait se résigner : le temps rafraîchissait et les pré-sences du voisin s’espaçaient. Puis Pierre-Louis se doucha et sortit et, coup de chance, le voisin était à son poste – mieux, il était en plein sermon. Le plus souvent, le voisin restait avachi sans rien dire. Il exposait sans gêne son grand corps flasque et bronzé. Le menton sur la poitrine, les seins à l’air, le poil qui grisonnait sur ses
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longues jambes maigres allongées devant lui. Un bermuda pour tout vêtement. Gris avec des éclairs turquoise. Oui : toujours le même. Parfois, le voisin s’accoudait, la tête penchée, et posait une main sur son crâne nu. Une main aux très longs doigts, à plat, comme une araignée mangeuse de cerveau qui serait morte de faim. Pierre-Louis était convaincu que le voisin en avait pourtant, du cerveau. Amplement. Ce matin-là, le voisin sermonnait. Il avait les deux mains sur les accoudoirs, une pose monarchique, presque. Il fixait un point dans le milieu de la rue, une foule invisible, peut-être, et il parlait. Lentement, d’une voix grave. C’était le genre de mot qui venait toujours à Pierre-Louis quand il pensait au voisin. Grave, gravité, gravitas. On sentait qu’il se prononçait sur quelque chose. On sentait qu’il avait réfléchi. Pierre-Louis, souriant, le salua de la main. Aucune réaction. — Bonjour ! insista-t-il. Aucune interruption dans le sermon. Pierre-Louis s’assura que personne ne regardait ni n’écoutait. Il s’approcha du voisin, s’inclina et prononça : Nepiu. Le voisin termina sa phrase, posa les yeux sur lui… Nepiu, répondit-il gravement. Il reprit son sermon. Pierre-Louis reprit son chemin avec un peu plus d’entrain.
Les stations du métro se succédaient. Pierre-Louis les con-naissait par cœur maintenant. Les bancs orange de la station Vendôme. Les briques colorées de Place-Saint-Henri. Le trop grand espace de Lionel-Groulx où il devait attendre pour changer de ligne. Après Atwater et Guy-Concordia, les cercles colorés de Peel, sa station fétiche. Vite passés, comme tout le reste. Quand il s’était installé à Montréal l’année précédente, plu-sieurs de ses amis de Saint-Eustache étaient venus faire la fête avec lui pour une fin de semaine complète. Vers la fin des célé-brations, aux petites heures embrouillées par l’alcool, ils avaient essayé de voler pour lui un des panneaux portant le nom de la