Thérèse Arnaud contre Mata Hari

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Première Guerre mondiale !


La célèbre espionne française Thérèse ARNAUD et ses hommes se sont chargés de surveiller l’ambassadeur de la Hollande qu’ils soupçonnent d’être au service de l’ennemi.


Rapidement, Thérèse ARNAUD alias C. 25, agent du Deuxième Bureau, va apprendre que le diplomate est en relation très étroite avec la danseuse orientale hollandaise surnommée Mata Hari.


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EAN13 9782373475401
Langue Français

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AVIS AU LECTEUR
***
Nous commençons, aujourd’hui, la publication des :
EXPLOITS EXTRAORDINAIRES DE THÉRÈSE ARNAUD
Le meilleur agent du Service de contre-espionnage français. *
Les espions sont généralement des êtres vils, des ê tres décriés qui pratiquent la délation dans le but unique de servir leurs appétits de lucre et de débauche.
Il n’en est pas de même deTHÉRÈSE ARNAUD dont la conduite pourrait servir d’exemple à bien des hommes et des plus courageux.
Au début de la guerre, ayant assisté au meurtre de son père commis par les Allemands, elle avait, tout naturellement, comme el le le dit,« pris du service».
Trop vaillante pour jouer le rôle effacé d’infirmiè re, le cœur gonflé d’un trop profond amour pour la France, elle avait consacré s on intelligence, sa connaissance des langues, sa beauté, sa force, son dévouement, son courage et, il faut le dire, son génie à une besogne plus d irecte.
THÉRÈSE ARNAUD NE PEUT ÊTRE COMPARÉE À AUCUN AUTRE AGENT SECRET.
Toujours sur la brèche, toujours en plein danger, s on cœur jamais ne faiblit, même durant les interrogatoires les plus dangereux. Bien au contraire, elle ne cessa de se jeter audacieusement au plus fort du pé ril. Cent fois, elle se trouva en pleine bataille ; non pas dans des batailles d’o ù l’on ressort chargé d’honneurs et de gloire, mais dans des batailles an onymes, contre des ennemis invisibles, inconnus et, par là même, d’autant plus à craindre.
THÉRÈSE ARNAUDla plus noble figure de la Grande Guerre. est NOUS DEVONS À SA BRAVOURE, À SON HÉROÏSME, PLUSIEURS MIL LIERS DE VIES HUMAINES.
D’une modestie aussi grande que son courage, elle n ’a pas voulu que ses exploits fussent publiés de son vivant.
« Plus tard, disait-elle,plus tard... quand, dans ma Terre de France, je dormirai mon dernier sommeil, il sera bien temps... »
THÉRÈSE ARNAUDlemaintenant, dans le cimetière d’un minuscu  repose,
village de l’Est. Tous ceux pour qui elle s’est sac rifiée sans compter doivent, désormais, savoir comment et dans quelles épouvanta bles conditions, cette grande Française a magnifiquement combattu pour sa Patrie.
Puissent lesEXPLOITS DE THÉRÈSE ARNAUDun écho attendri trouver dans l’âme de ce Peuple de France à qui elle avait voué son plus fervent Amour et son incomparable Loyauté !
THERESE ARNAUD - 9 -
THÉRÈSE ARNAUD CONTRE MATA HARI
De
Pierre YRONDY
CHAPITRE I
DANS LES JARDINS DE MONTE-CARLO
Tombant d'un ciel clair et pur, des reflets de lune argentent les terrasses étagées duCasino de Monte-Carlo.
Un décor de féerie. Une nuit de rêve dans laquelle tout semble irréel ou fantomatique.
Derrière le tronc écailleux d'un gros palmier, une allumette fait soudain une blessure à l'ombre fluide. Un point rouge commence de se déplacer lentement à l'extrémité d'un gros cigare odorant.
L'homme poursuit paisiblement une lente promenade, sans s'éloigner du point où il a allumé son cigare. Durant quelques mi nutes, il croise patiemment des pas en long et des pas en large. Il semble atte ndre quelque chose... ou quelqu'un.
Plus rapide, une ombre est sortie du Casino par la porte réservée aux artistes et s'est dirigée vers les jardins.
Maintenant, la lueur du cigare va au-devant de la l ueur d'une cigarette.
Les deux hommes échangent une poignée de main.
— Vous rentrez à Nice, cette nuit, de Bergh ?
Le baron de Bergh hésite à peine une seconde. Puis, d'une voix où cependant se trahit une légère hésitation ou un vag ue secret, il répond :
— Parfaitement, Saracco.
— Bien. Alors, voici.
Vivement, après s'être assuré qu'il n'y avait aux e nvirons, nul témoin indiscret, Saracco fouille dans la poche intérieure de son veston. Il en tire un gros portefeuille. Il l'ouvre. Il en extrait une gr ande enveloppe sur laquelle se distinguent nettement les taches brunes de cinq cac hets de cire. Il tend le pli au baron de Bergh, et répète, mais sur un autre ton, p resque sur le ton d'un chef qui donne un ordre :
— C'est bien entendu, n'est-ce pas ! Vous regagnez Nice immédiatement. Pas de bêtises.
Le baron de Bergh baisse affirmativement la tête to ut en faisant disparaître, à son tour, la lettre dans la poche intérieure de s on veston.
— Au revoir, dit Saracco.
Deux mains se tendent de nouveau.
Saracco, déjà, commence de s'éloigner. Il refait de ux pas en arrière, et glisse au baron de Bergh une dernière recommandatio n :
— ... Attention, n'est-ce pas ? C'est important.
Encore un regard circulaire pour s'assurer que pers onne n'a pu surprendre cette conversation. Les deux hommes se séparent. Du même pas rapide, Saracco retourne vers le casino tandis que, comme u n flâneur qui achève tranquillement son cigare, le baron de Bergh contin ue sa lente promenade.
Les pas du baron de Bergh étaient de plus en plus i ncertains. On devinait une hésitation qui se faisait de plus en plus nette . Tout à coup, à la suite, sans doute d'une brusque décision, le baron obliqua vers le casino.
Il allait y entrer, mais il s'arrêta net, et resta immobile quelques secondes. Puis, à contrecœur, il fit volte-face, l'esprit san s doute préoccupé par l'ordre reçu, ou songeant, peut-être, à l'agrément de cette nuit qu'il aurait pu finir dans cette atmosphère de luxe. Peut-être aussi l'attrait du jeu (ce jeu où d'aucuns, en une seule soirée recueillent ou gaspillent une fort une) faisait-il miroiter aux yeux du baron de Bergh de séduisantes illusions ?
Mais, la décision définitive, irrévocable, était prise.
D'un pas plus ferme, après s'être retourné pour s'a ssurer que personne n'avait pu être témoin de son incertitude et de son commencement de désobéissance, le baron, en soldat qui exécute fidè lement les ordres d'un supérieur, quoi qu'il puisse lui en coûter, sortit du casino.
Et il prit résolument le chemin de la ville, de la gare.
Maintenant, le baron de Bergh marchait rapidement d ans Monte-Carlo désert et endormi. Encore qu'il ne manifestât aucun e inquiétude visible, il prenait soin, assez fréquemment, de se retourner brusquemen t, afin de dépister quelque curieux qui l'eût suivi. Mais, le regard ex ercé du baron ne découvrait aucune présence suspecte. Rien ! Rien que des avenu es vides, bordées de palmiers.
Soudain, alors qu'après s'être retourné une fois en core, le baron, rassuré, allait reprendre sa marche, une ombre se détacha br usquement du tronc d'un arbre. Elle vint se placer aux côtés du baron. Avan t qu'il eût eu le temps de faire un mouvement de défense, un saut en arrière, il éta it immobilisé. Une détonation retentit.
Le corps du baron tomba. L'ombre se pencha vers le sol. Fouillant dans la poche intérieure du veston, elle en tira l'envelopp e aux cachets de cire. Puis, elle prit le soin de replacer dans la poche une env eloppe toute semblable. Ensuite, l'ombre s'agenouilla près du corps du baro n dont elle referma les doigts encore chauds de la main droite sur la crosse du re volver... qui avait servi à assassiner le malheureux. Elle murmura :
— Une balle dans la tempe droite. Le revolver dans la main droite. Suicide ! C'est clair. Et la situation financière du baron co nfirmera cette hypothèse.
Puis, l'ombre disparut dans la nuit.
CHAPITRE II
LES ÉMOTIONS ET LA COLÈRE DE SARACCO
Le commissaire de police feuilletait paisiblement u n dossier.
Un agent entra, l'informant qu'un monsieur désirait lui parler.
Le commissaire étouffa un bâillement et esquissa un geste ennuyé.
L'agent précisa :
— Monsieur le commissaire, c'est au sujet du suicid e du baron Van Bergh...
Le commissaire haussa les épaules et murmura :
— Le baron de Bergh s'est suicidé à la suite de per tes au jeu. L'enquête est terminée. L'ambassade de Hollande, dont dépendait l a victime, est avisée. L'affaire est classée...
— Cependant, ce monsieur a remarqua l'agent...
Le commissaire se résigna :
beaucoup insisté pour
êt re entendu...
— C'est bien ! Faites-le entrer, soupira-t-il en fe rmant son dossier.
Le visiteur entra. Grand. Large d'épaules. Vêtu ave c une sobre élégance. Il paraissait fort ému.
— Vous avez manifesté le désir de me parler ? Je vo us écoute, monsieur, dit le magistrat d'un ton assez peu engageant.
L'homme tira son portefeuille, montrant diverses pi èces d'identité que le magistrat, ennuyé, ne regarda même pas.
— Monsieur le commissaire, je suis Saracco...
L'attitude du commissaire se modifia immédiatement. Et c'est d'une voix fort aimable qu'il s'empressa :
— Le maître de ballet duThéâtre de Monte-Carlo. Oh ! excusez-moi, j'étais...
Saracco eut un geste large. Puis, toujours un peu é mu, un peu préoccupé :
— Il s'agit de ce malheureux baron de Bergh...
— Oui ! Jeune encore ! Dommage ! Hélas ! ici, c'est un cas tellement courant, tellement banal...
— Je sais, je sais, monsieur le commissaire. Mais l a question n'est pas là.
— Alors ?
Avec un léger embarras, tout en surveillant l'effet de ses paroles, Saracco
poursuivit lentement :
— J'aurais une... une faveur... un service à vous d emander, monsieur le commissaire...
Et, reprenant un peu d'assurance, s'enhardissant au fur et à mesure, Saracco continuait :
— C'est fort peu de choses, c'est fort simple, mais , peut-être au strict point de vue administratif, n'est-ce pas très régulier...
— Oh ! monsieur Saracco, pour vous, croyez bien que , s'il est en mon pouvoir de vous donner satisfaction, je le ferai vo lontiers...
Saracco libéra discrètement un soupir de joie.
— Je vous remercie, monsieur le commissaire. Voici. J'ai eu, hier soir même, quelques instants avant que le malheureux bar on ne mette à exécution sa détermination fatale, une conversation. J'avais été maintes fois en relation avec lui. Je le connaissais depuis longtemps. Il al lait regagner la Hollande. Aussi, m'autorisant de la circonstance, je lui avai s remis une lettre... qu'il devait faire parvenir à LA destinataire lors de son arrivé e à La Haye.
Le commissaire regardait curieusement Saracco qui reprit :
— Cette lettre était strictement personnelle... et... assez intime. Un maître de ballet, vous le comprendrez, n'en est pas moins hom me et peut conserver certaine admiration, tout artistique, je vous l'affirme, pour une femme. Alors...
— Alors ?
— Alors, je désirerais, si possible – et je vous en serais particulièrement reconnaissant –, que cette lettre ne fût pas versée au dossier, ne tombât pas en des mains étrangères. Il s'agit de choses qui n'intéressent que LA destinataire et moi. Il me semblerait pénible et absolument inutile , pour ne pas dire nuisible, que ce courrier fût livré plus ou moins à la malign ité publique. Il est tant de gens avides de scandales ! La moindre indiscrétion peut être redoutable de conséquences lorsqu'il s'agit de l'honneur et de la réputation d'une femme...
— Oui... oui, évidemment, approuva le commissaire.
— D'ailleurs, termina Saracco, cette lettre est dev enue sans aucun objet,la destinataire était arrivée ce matin même à Monte-Ca rlo.
Après un court instant de réflexion, le magistrat d écida :
— Les procès-verbaux de cette affaire ne sont pas e ncore établis. Pas davantage que l'inventaire des objets et pièces...