Un amour à travers le temps

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192 pages
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Comment surmonter le deuil de deux êtres chers ?


Pour Elise, c’est en allant en Ecosse pour suivre les traces de sa meilleure amie disparue il y a deux ans. Elle est alors loin de se douter que ce voyage ira au-delà de ses espérances et lui permettra de retrouver Laetitia, et pas que...


Quand Graig émet ce vœu fou de trouver son âme sœur, il ne croit pas à sa chance en voyant apparaître Elise dans sa vie. Mais, quand il apprend qu’il ressemble trait pour trait à son défunt fiancé, il n’est plus si sûr de lui.


Saura-t-il amener Elise à confier son cœur à nouveau ?


Et surtout, saura-t-il se faire aimer pour lui-même et non pour une copie de son amour perdu ?

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EAN13 9791034808861
Langue Français

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Les Mackintosh Tome 2
Julie Dauge Les Mackintosh Tome 2 Un amour à travers le temps (Seconde édition) Couverture :Maïka Publié dans laCollection Imaginaire Dirigée parPauline Monsarrat
©Evidence Editions2018
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Prologue Écosse 1510 — Quel sacré veinard ! Je n’aurais jamais cru dire ça un jour, mais je dois avouer que j’aimerais bien être à sa place. — Je ne te le fais pas dire, Dun, répondit Graig en portant son verre à sa bouche… pour se rendre compte qu’il était vide ! Il ne voyait que deux explications à cela : soit quelqu’un avait bu dans son verre, soit son verre s’était vidé comme par magie. La deuxième solution étant peu probable, il pencha donc pour la première. Or la seule personne à côté de lui était son frère Duncan. Il lui lança alors un regard noir. Ce dernier le regarda avec des yeux vitreux, ne semblant, a priori, pas comprendre ce qui lui valait soudain cette agression visuelle. D’un mouvement sec de la tête, Graig lui désigna son verre qu’il renversa à l’envers pour lui faire passer le message. — Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as fini ton verre. Et alors, tu n’es pas assez grand pour le remplir toi-même ? JEn’ai pas fini mon verre,quelqu’una fini mon verre ! — P4f, n’importe quoi, pourquoi j’irais boire dans ton verre, alors que j’ai le mien et que je peux me resservir comme je le souhaite ? — Peut-être parce que tu es tellement saoul que tu ne sais plus distinguer ton verre du mien ! — Quoi ! Elle est bien bonne, celle-là. Tu es aussi ivre que moi, si ce n’est plus, parce que moi, au moins, je me souviens de ce que je fais ! Ils se regardèrent quelques instants, avant de se mettre à pou4er de rire devant l’absurdité de leur querelle d’ivrognes. Il était assez rare que ces jeunes hommes, écrasés de responsabilité, se laissent ainsi charmer par la douce mélodie du whisky écossais jusqu’à en perdre la raison. Mais ce soir-là n’était pas un soir comme les autres. Ce soir-là, ils fêtaient l’arrivée de la nouvelle génération de MacKintosh. Quelques jours auparavant, Lætitia, la femme de leur frère, avait mis au monde une magnique petite lle répondant au nom de Moira. Quand ils avaient vu sa petite frimousse d’ange, ils étaient immédiatement tombés sous le charme de ce petit être si fragile. Graig en était même venu à prendre son frère Darren en pitié. D’une part, avec les menaces qu’avait hurlées Lætitia lors de l’accouchement, il aurait eu peur d’approcher ses bijoux de famille à moins d’un mètre d’elle s’il avait été à la place de son frère. D’autre part, si ce petit bout de chou héritait, ne serait-ce que de la moitié du charme et du caractère de sa mère, il ne ferait pas bon être à la place de Darren, lorsqu’elle serait devenue une jolie jeune femme prête à fleurir. Enn, c’était ce dont il essayait de se convaincre, parce que comme il venait de le dire à son autre frère, Duncan, il aurait bien aimé être à sa place. Il aurait même tout donné. Histoire d’alléger un peu l’atmosphère, il ajouta quand même : — En même temps, je préfère avoir mon physique que le sien. Je suis quand même plus beau ! — Pfff, c’est moi le plus beau des trois, c’est bien connu ! — Toi ? Tu n’es qu’un petit morveux qui a encore du lait qui lui sort des narines quand on presse dessus ! — Tu vas voir ce qui va sortir des tiennes ! Et ils commencèrent à se battre au corps à corps, comme seuls des frères savent le faire. En fait, si on en croyait les rumeurs qui circulaient dans le clan, chacun des trois frères avait son succès
auprès de la gent féminine… bien que, pour Darren, cela fût, depuis désormais deux ans, de l’histoire ancienne. Avec ses presque deux mètres de haut, ses cheveux noirs comme la nuit et ses yeux verts comme les forêts de leurs précieuses mais rudes Highlands, Darren avait eu son lot de succès. Il fallait bien reconnaître que son aîné avait pas mal d’atouts pour attirer les femmes. En plus de son physique avantageux, son statut de laird du clan MacKintosh ne laissait pas certaines indi4érentes. Et le moins que l’on puisse dire, c’était qu’il en avait profité au maximum. Enn, jusqu’à l’arrivée de Lætitia. Parce que désormais, il ne regardait plus aucune femme à part la sienne. Ce que Graig comprenait au demeurant. Non seulement Lætitia – Lilou pour les intimes – était d’une beauté extrême – on aurait même pu la prendre pour une déesse – mais en plus, il était convaincu que les parties intimes de son aîné ne résisteraient pas bien longtemps si Lilou le surprenait à regarder une autre qu’elle. Son adorable belle-sœur était comme une rose, elle avait une beauté pure et fraîche, mais il ne fallait pas trop s’approcher, car elle avait de méchantes épines. D’ailleurs, son frère en avait déjà fait les frais en recevant un coup mal placé la première fois qu’il l’avait rencontrée. En même temps, elle avait reçu une éducation assez peu conventionnelle. Envoyée dans le futur pour sa survie an d’éviter que son père ne la tue, elle y avait grandi en ignorant tout de ses origines. Quand elle avait décidé de faire un voyage pour visiter l’Écosse, elle était tombée par hasard sur les terres MacKintosh et surtout au milieu de leur cercle de pierres. Même si Graig ne comprenait pas le processus, elle était revenue dans son époque d’origine. Quand il regardait sa pétulante belle-sœur, Graig se demandait si les femmes de son époque d’adoption étaient toutes comme elle. Si c’était le cas, il aurait donné n’importe quoi pour avoir la possibilité d’en rencontrer une et la garder à ses côtés. Malgré le succès de son frère aîné, il fallait avouer que lui-même et Duncan n’avaient pas à se plaindre non plus de leur réputation. Duncan, le petit de la fratrie, à maintenant vingt-trois ans, alliait un charme masculin et un aspect juvénile qui rendaient les femmes folles de désir. Avec ses boucles aussi blondes que les blés et ses yeux d’un vert plus sombre que son aîné, il était, selon les dires des femmes du clan, « à croquer ». Un peu moins grand que ses deux autres frères, il faisait tout de même partie des plus grands hommes du clan avec son mètre quatre-vingt-dix. Graig, quant à lui, se situait entre les deux, que ce soit au niveau de la taille, avec quelques centimètres de plus que Duncan, ou au niveau de l’âge avec ses vingt-cinq printemps, quand Darren allait, lui, vers ses trente-deux ans. Graig avait hérité, comme Darren, des cheveux noirs de leur père, mais alors que son frère avait les yeux de leur mère, lui avait récupéré ceux de son père. Ils étaient donc d’un marron noisette avec des paillettes vertes qui pouvaient se voir dans ses yeux en fonction de la lumière. Enn, selon les dires des lles qu’il avait pu côtoyer de près. Graig, pour sa part, se moquait pas mal de savoir de quelle nuance étaient ses yeux. Le plus important était qu’ils plaisaient aux femmes, nonobstant le fait que dernièrement, il n’avait pas eu beaucoup de temps à consacrer à la bagatelle. Depuis que le frère de Lilou, Logan Anderson, avait tenté de tuer sa sœur et avait trouvé la mort des mains de Darren, les Anderson se retrouvaient sans chef. Le roi, qui était le grand-oncle de sa belle-sœur, avait mis le clan Anderson sous la tutelle du clan MacKintosh. Cette mesure prenait e4et jusqu’à ce que Lilou donnât un ls à Darren. Cet héritier, à la fois MacKintosh et Anderson, pourrait alors diriger légitimement les deux clans et ainsi les réunir. Ne pouvant pas s’occuper des deux clans, compte tenu de l’état de sa femme enceinte, Darren lui avait demandé de le suppléer et d’assurer son rôle à sa place. Graig s’était donc retrouvé à la tête provisoire d’un clan, dont une partie les haïssait, lui et les siens, depuis des générations et dont une autre leur en voulait pour la mort de leur précédent laird. Néanmoins, ils étaient assez peu nombreux dans cette deuxième catégorie.
Logan était devenu carrément fou à la n de sa vie. Beaucoup de membres de son clan étaient en désaccord avec sa façon de le gérer et surtout avec la façon dont il avait traité sa mère, Helen. Cette dernière avait d’ailleurs joué un rôle clé dans cette histoire, puisqu’elle avait aidé Lilou à s’évader. En résumé, d’un côté, il était heureux que son frère lui fasse conance, de l’autre, il était moyennement content de se retrouver dans ce nid de vipères. Sans parler que de son côté, il ne portait pas non plus les Anderson dans son cœur. Heureusement, depuis quelque temps, la situation s’était améliorée. Sans aller jusqu’à dire qu’il aimait vivre au milieu des Anderson, il commençait à prendre ses repères. Mais pour ce soir-là, il avait décidé de laisser tous ses problèmes de côté et de proter de ce moment de joie. Il reporta donc son attention sur son frère qui, tout comme lui, avait perdu le l de leur dispute et commençait à vaciller légèrement sur son siège. L’alcool aidant, il laissa échapper ses pensées : — Tu crois que nous aussi, nous pourrions avoir notre Lilou à nous ? Son frère le regarda, enfin il essaya, et lui répondit : — Je ne sais pas, mais je ne dirais pas non. En même temps, si j’ai bien compris, elle a pu revenir à notre époque parce qu’elle en était originaire. Je ne sais pas si Minerva en a envoyé d’autres dans le futur. Il avait bien fait attention à ce que personne ne puisse les entendre. À part eux, Lilou, Darren, Helen, Minerva et Broderick – qu’ils considéraient comme leur frère – personne n’était au courant du fait que Lilou avait voyagé à travers le temps. Pour tous, elle avait simplement été envoyée en France pour la sauver de la menace que représentait son père. Comme si le fait de parler d’elle avait su à l’invoquer, Graig vit justement Minerva apparaître dans son champ de vision. Cette femme, à qui il aurait bien été en peine de donner un âge, était arrivée un beau jour au château et avait demandé l’asile. Elle était originaire du clan Anderson, mais ces derniers l’avaient mise à l’écart, car certaines rumeurs lui attribuaient des dons étranges et certaines personnes allaient même jusqu’à la traiter de sorcière. Voyant qu’elle ne portait pas son clan d’origine dans son cœur, et sachant qu’elle avait des dons pour soigner les gens, le père de Graig avait répondu favorablement à sa requête. À partir de ce moment-là, il l’avait considérée comme un membre du clan à part entière. Avant que la vieille femme ne disparaisse de son champ de vision, Graig l’apostropha : — Hey, Minerva ? Tu peux venir nous voir ? Dun et moi avons une question à te poser. Avec un calme que seules les personnes d’un certain âge sont capables d’adopter, elle vint les rejoindre : — Oui, Graig ? — Dun et moi, nous nous demandions : tu n’aurais pas par hasard envoyé d’autres jeunes lles à travers les âges ? La question la fit sourire, puis elle le regarda avec une intensité dérangeante : — Non. Pourquoi cette question ? Tout à coup mal à l’aise, Graig se dandina sur son siège, ne sachant pas trop comment continuer cette discussion. Il en vint même à regretter d’avoir attiré l’attention de la vieille femme. Duncan, qui n’avait visiblement pas la même réticence, ou plus vraisemblablement, qui était plus ivre que lui, répondit à sa place : — C’est juste qu’on se disait que nous aussi, nous aimerions bien avoir notre Lilou. Alors, nous voulions savoir si tu pouvais faire quelque chose pour nous. Cela fut dit sur le ton de la plaisanterie, tous deux persuadés que Minerva allait les envoyer paître. Pourtant, quelle ne fut pas leur surprise quand elle répondit, après s’être frotté le menton durant de longues minutes : — Passe me voir à la prochaine pleine lune, Graig.
Sur ce, elle tourna les talons et s’éloigna avec la même démarche tranquille que lorsqu’elle s’était approchée d’eux. Le temps que sa réponse arrive à leurs cerveaux embués, elle était déjà loin. Graig se demandait si c’était une plaisanterie ou si Minerva avait vraiment pris au sérieux leur requête. Il était encore en train d’épiloguer sur le sujet quand il vit son frère s’élancer pour partir à la poursuite de la vieille femme. En voyant la démarche de Duncan si peu assurée, Graig douta que son frère arrivât à la rattraper. Graig se t alors la réexion que c’était à lui que Minerva s’était adressée et non à son jeune frère. Ce dernier avait dû en arriver à la même conclusion, et c’était sans doute pour cette raison qu’il s’était élancé pour la rejoindre. Il vit son frère se pencher sur la vieille femme et lui parler à l’oreille. Elle t de même. De là où il se trouvait, il lui sembla voir son frère se raidir comme si elle venait de le contrarier. Puis Duncan, au lieu de revenir vers lui comme il s’y attendait, s’éloigna de la fête. Graig serait bien parti le rejoindre, mais d’une part, il n’était pas sûr que sa présence fût bien accueillie et d’autre part, il était passablement éméché et il n’était pas certain de pouvoir mettre un pied devant l’autre. Il serait toujours temps de discuter avec son frère le lendemain. Sur ce, il s’installa du mieux qu’il put et s’endormit presque aussitôt. ***** Cela faisait désormais plus de quinze jours que la fête était passée et Graig était en plein dilemme. Parti le lendemain de la fête pour retrouver ses responsabilités au sein du clan Anderson, il était ce jour-là de retour pour discuter avec Darren de certaines a4aires du clan qu’il avait sous sa responsabilité. Or, ce soir-là, c’était la pleine lune et les mots de Minerva lui trottaient toujours dans la tête depuis cette fameuse soirée. Passe me voir à la prochaine pleine lune, Graig. Parfois, il se disait qu’elle avait dû se moquer de lui et voulait le faire marcher. D’autres fois, il se disait qu’elle y croyait peut-être, mais que ce n’était qu’une vieille femme un peu dérangée. D’autres fois encore, il se demandait :et si elle ne plaisantait pas? Et s’il s’agissait de bien davantage que des élucubrations d’une vieille folle ? Mais ce qui le travaillait le plus, c’était qu’elle ne lui avait pas dit :passe me voir lors d’une prochaine pleine lune. Elle avait bien dit :LA prochaine pleine lune. Peut-être que sa seule chance de trouver l’amour, comme son frère, se présenterait uniquement ce soir-là. Après avoir tourné et retourné ces pensées dans sa tête, il en était venu à la conclusion que cela ne lui coûtait rien de passer la voir. Au pire, elle se moquerait un peu de sa naïveté, mais après tout, avec deux frères, cela ne serait ni la première ni la dernière fois qu’on lui jouerait un tour et qu’on le taquinerait. Ayant arrêté sa décision, il était désormais pressé de voir la nuit tomber. Il guetta plus d’une fois l’horizon pour voir l’astre solaire se coucher et laisser place à la nuit. Quand, enn, la lune apparut toute ronde dans le ciel, Graig prit la direction du cottage de Minerva, en pressant le pas avant de retrouver sa raison et de changer d’avis. C’était une petite maison tout à fait charmante vue de l’extérieur, qui dégageait, au printemps et en été, un parfum de eurs des plus agréables. Minerva était la guérisseuse du clan, et de ce fait, responsable de la santé de chacun. Elle réalisait pour cela un nombre impressionnant de potions pour tous les maux qui venaient à frapper le clan. Ces potions étaient concoctées soit avec des plantes cultivées, soit avec des plantes sauvages. Pour ces dernières, elle allait régulièrement les cueillir dans les bois, accompagnée de Lilou. Pour les premières, elle avait un jardin composé d’une quantité importante de variétés différentes.
Il leva la main pour frapper à la porte, mais avant qu’elle ne s’abatte sur le bois, la porte s’ouvrit. Un peu plus et il mettait un coup de poing dans la figure de Minerva ! — Entre, je t’attendais. Avant même qu’il ait eu le temps de rééchir, ses jambes se mirent en mouvement et il se retrouva dans l’antre de la guérisseuse. Graig éprouvait toujours des dicultés à se sentir à l’aise dans ce lieu. Il y avait trop de choses inquiétantes dans cette maison pour le mettre en conance. Il ne savait pas trop quoi dire, et commençait à se dire qu’il n’aurait pas dû venir. De son côté, Minerva s’a4airait autour d’un bol, baragouinant des incantations qu’il ne comprit pas et remplissant le bol de substances dont il ignorait l’origine.Fort heureusement, pensa-t-il. Alors qu’il allait s’excuser de l’avoir dérangée et qu’il s’apprêtait à partir, elle lui prit la main gauche, la mit au-dessus du bol. Avant qu’il ait compris ce qui se passait, elle lui écorcha la main avec une lame tranchante. Il ne put retenir un cri, davantage dû à la surprise qu’à la douleur, et tenta de ramener sa main à lui. Là, Minerva t preuve d’une force insoupçonnée et maintint sa main au-dessus du bol, récupérant ainsi son sang qui coula lentement mais sûrement dans le récipient. Au bout de ce qui lui parut durer une éternité, mais qui n’était en réalité que quelques secondes, elle lui lâcha la main. Il la ramena aussitôt contre lui en un geste instinctif, mais inutile, de protection et ne put retenir son indignation : — Non, mais ça ne va pas la tête ! Tu es devenue folle ou quoi ? La vieille femme continua sa tambouille sans prêter la moindre attention à ses paroles, ce qui l’énerva encore plus. Il commença à tourner les talons pour s’en aller, mais elle le stoppa net : — Tu veux trouver ton âme sœur, oui ou non ? — Q… quoi ? — Réponds ! Pris au dépourvu, il s’entendit répondre : — Oui ! — Alors, assieds-toi et tais-toi, que je puisse me concentrer. Il eut l’impression d’être un gamin pris en faute et s’assit docilement sur une chaise. Moins d’une minute plus tard, il la vit vider une partie du contenu du bol dans un godet et conserver le reste. Un mauvais pressentiment s’empara de lui, qu’elle confirma moins d’une seconde après, en venant dans sa direction, le récipient à la main : — Bois ! — Quoi ? Hors de question ! Mais tu es dérangée, ma parole ! Je refuse de boire ton horrible mixture dont le seul ingrédient que je connaisse est mon propre sang ! — Bois ! Ou sinon, ne viens plus jamais m’importuner avec tes demandes ! Il sentit qu’il venait de la vexer. Aussi, il se demanda ce qu’il risquait à boire l’horrible concoction, à part d’a4reux maux d’estomac. En même temps, c’était lui qui était venu lui demander assistance. Avant de changer d’avis, il se saisit de la chope et le but d’une traite pendant que Minerva récitait une incantation. Le goût du liquide était infect et il crut qu’il allait vomir sur-le-champ ce qu’il venait d’ingurgiter. Il le rendit à Minerva qui lui dit : — Bien, maintenant repose-toi. Je m’en vais faire ma part de travail. Avant qu’il ait pu lui demander de préciser ses propos, il fut pris d’une terrible crampe à l’estomac. Quand il vit le sol se rapprocher dangereusement de sa tête, il pensa : Mais quel crétin !