Un Genre de Jeu

Un Genre de Jeu

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251 pages
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Description

Ils sont aussi heureux qu'amoureux... mais une étrange idée vient perturber le calme apparent de leur paisible existence.
Un homme aux idées pré-conçues et une femme à l'esprit plus ouvert décident de pimenter leur quotidien en s'inscrivant à un jeu particulier, mystérieux, et réservé à une certaine population. Ils savent exactement à quoi s'attendre. Ils ne désirent qu'explorer au delà d'eux même le nouvel univers qui leur est offert. Sensations extraordinaires, sentiments incroyables, merveilleuses perceptions, le papier ne mentait pas.
Pourtant, les yeux de Mike le trahissent. Il ne sait plus comment penser. Il ne sait plus que dire. À travers ses songes troublés, vous découvrirez un monde inconnu et angoissant où s'expriment des émotions qu'il ne parvient pas à contrôler.
La partie a commencé, l'opération s'est déroulée à la perfection.
Il ne reste plus qu'à savourer.
Ou à paniquer.

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Ajouté le 02 octobre 2017
Nombre de lectures 7
EAN13 9791022740289
Langue Français
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Guillaume BERTRAND
Un Genre de Jeu
Cet ebook a été publié sur www.bookelis.com © Guillaume BERTRAND, 2017 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de tra duction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur est seul propriétaire des droits et respon sable du contenu de cet ebook. À ma tendre dulcinée, sans qui rien n'existerait, À Loly,
INTRODUCTION
- Même si elle n'est pue d'une Phalange, une amPuta tion reste très traumatisante. Une modification corPorelle, de puelpue sorte, Peut l'ê tre tout autant. Imaginez donc ce pu'il Pourrait advenir de votre état Psychologipue si nou s (il racle sa gorge)... si nous ne vous administrons Pas le traitement adépuat. Il fau t pue vous ayez conscience des rispues. Cette oPération en comPorte qeaucouP et vo us devez avoir connaissance de ce pui vous attend. Bien-sûr pue c'est effrayant, j e suis le Premier à le dire. Bien-sûr pue ce sera difficile, mais je suis Persuadé pue vo us Parviendrez à gérer tout cela comme il se doit. - Je... - Enfin, n'ayez aucune crainte puant à notre épuiPe , nous avons là les meilleurs médecins sPécialistes pui vous suivront tout au lon g de la manœuvre. D'ailleurs, souhaitez-vous pue j'en détaille le déroulement ? - Oui, oui ce serait qien. - D'accord (il marpue une Pause et toussote dans le creux de sa main). Vous êtes Prêt ? - Oui. - our commencer, vous allez suqir une anesthésie. Elle sera de courte durée, rassurez-vous. C'est cette anesthésie pui nous Perm ettra de Pratipuer l'intervention sans Porter atteinte à une puelconpue... comment vo us dire... Sans Porter atteinte à votre intégrité. - Une anesthésie générale ? - Générale, oui. - D'accord. - Les événements s'enchaîneront ensuite deux heures durant. Une fois fait, nous effectuerons alors divers tests et contrôles visant à vérifier la staqilité du Procédé. Vous serez toujours en sommeil qien-sûr, Puis la Phase d e réveil s'amorcera aPrès puatre heures de surveillance. Vous serez sûrement létharg ipue, voire confus, désorienté Peut-être, mais cela se dissiPera raPidement. À ce moment là, nous vous aurons injecté un Produit tranpuillisant unipuement réservé à cet usage. Il aura Pour cause d'accentuer les effets de l'anesthésie Pour un temPs mais il vo us disPensera d'une fracture Psychipue troP imPortante. Il inhiqera le stress, l 'angoisse, la Peur, en qlopuant leurs récePteurs. Il les rendra moins néfastes. - Oui, je vois. - Bien. Votre éPouse est-elle Prête elle aussi ? Se sent elle caPaqle de suPPorter ce pue vous allez endurer ? Vous a t-elle dit puelp ue chose de Particulier à ce sujet ? - Elle a vu votre associé ce matin. Nous en avons q eaucouP discuté, vous, moi, elle. Nous sommes tous Prêts je crois. - Comment le Prend-elle ? - lutôt sereinement. - Courageuse. Et vous, comment vous sentez-vous ? - our tout vous dire... - Oui, dites. - Je...
- Oui, allez, dites-moi. - Je suis terrorisé. Long silence. - Ne vous en faites Pas. Ça va aller.
Chapitre I
Sublime, elle est sublime. Ma merveilleuse épouse, Candice, tout juste vingt-neuf ans, porte sur elle toute la beauté d'une femme. Son vis age à la peau blanche et douce, angélique et raffiné, est en partie caché par ses l ongs cheveux blonds dorés. Ils descendent et ondulent sur ses épaules et sa poitri ne, révèlent et embellissent cet éternel petit sourire en coin accroché à ses jolies lèvres fines et rosées. Pleins de joie, pleins de bonheur, ses yeux bleus d essinés en amande, ornés de cils naturellement épais, sont en parfait accord av ec ses grands sourcils élégants. Elle m'observe tendrement de profil, révélant son menton mignon, ses joues rougies et ce nez en trompette imprégné de féminité. Dissimulée sous les draps blancs, je devine ses for mes, j'imagine son corps nu somptueusement sculpté. Ses petits pieds aux ongles habituellement vernis d'une teinte écarlate, ses jambes galbées, ses larges et délicieuses hanches, son ventre plat et fin, ses seins magnifiques et délicats, ses bras frêles et ses belles mains aux doigts allongés, son cou réclamant quelques baisers... Hébété, encore endormi, je peine à contenir la chut e de mes lourdes paupières et songe aux rêves fantastiques qui peuplent mes nu its. Nous nous sommes couchés assez tôt hier. Pourtant, c'est comme si la fête av ait duré jusqu'au petit matin. Mes muscles sont faibles, mes articulations ankylosées et ma bouche pâteuse. Trop de boissons et de folies sûrement. J'ai dû me laisser emporter... Car les événements passés ont du mal à s'imbriquer. Là, maintenant, je sens seulement que je fonds dans le matelas. Littéralement. C'est un de mes moments préférés. Quand je m'étire et que mon corps s'éveille lentement. Quelle heure est-il ? L'horloge a disparu. Je vois Candice uniquement, juste à côté de moi. Elle n'a pas l'air de m'en vouloir. Je n'ai donc pas dû faire de bêtises. Je soupire devant elle, trop amoureux, et suis surp ris d'entendre son souffle si près de mes oreilles. Ma vue s'ajuste doucement alo rs que je secoue la tête et ressens, en un frisson démentiel, une curieuse et soyeuse ca resse filant sur une partie de ma nuque. Mes membres sont rouillés, mes yeux à nouveau fermé s. Illusions insaisissables, sentiments incroyables, suis-je enc ore en train de rêver ? Lorsque je les rouvre, je la vois toujours près de moi, ici, juste à droite, impassible, presque étonnée dans son petit encadrement. Je ne comprends pas. À demi assis dans le lit, je fronce les sourcils et les frotte du plat de la main afin de rassembler mes pensées. Et je la vois qui m'imite, qui recopie le moindre de mes gestes. Je la questionne du regard. Elle me rend la pareille instantanément. Que se passe-t-il ? Se moque-t-elle de moi ? Mon rythme cardiaque accélère tout à coup alors qu' un fragment de mémoire resurgit. Cette chambre n'est pas celle que je conn ais. Les murs, le plafond, les meubles, tout est flou, tout est blanc. Comme dans un hôpital. Suis-je à l'hôpital ? Qu'est-ce que je fais ici ? Je n'ai pas mal, vraime nt pas mal, au contraire. Je me sens bien, mais je suis à l'hôpital. J'inspire une grand e bouffée d'oxygène et laisse le souvenir se reconstruire peu à peu. Cela s'assemble petit à petit, par fragments, et cela commence à m'angoisser, fortement... Quelques secondes de perdition sont nécessaires à m a prise de conscience. À présent, je ne peux plus respirer. Mon thorax glacé , figé, est transpercé de toutes parts. À côté de moi, Candice ne soulève plus son diaphrag me non plus. Elle paraît effrayée, terrifiée comme je le suis maintenant pour une rais on que j'ignore encore mais que ma mémoire discerne progressivement. Que fait elle ici , de l'autre côté de ce mur ? À côté de moi...
De tout mon long, je frémis et considère mon épouse , perplexe. La chair de poule m'envahit alors que le brouillard se dissipe dans mon cerveau, alors que je réalise l'impossible à l'instant, comme si un terri ble orage venait d'éclater entre mes deux tempes. Subitement, je me rappelle de ce que n ous avons initié tous les deux. Candice et moi. Un haut le cœur brutal s'empare de moi alors que le souvenir des préparatifs, de la soirée que nous avons passé ensemble hier, des d iscussions que nous avons eu jaillit soudainement des confins de mon esprit endo rmi. Je me souviens de ce que nous désirions pour célébr er nos deux années de mariage. Je m'en souviens parfaitement. C'était une idée que nous avions tous deux imaginée. Une idée invraisemblable. Complètement fo lle ! Le pari était lancé, nous nous étions engagés. Sur le papier du moins. Nous v oulions pimenter notre existence, découvrir, explorer. Tel était l'objectif. Du jamais vu disaient-ils. La somme à débourser éta it considérable. Nous avons signé. Nous l'avons choisi, décidé. Et nous l'avons fait. Nous... nous l'avons fait... je crois... je crois que oui, nous l'avons fait. D'intenses tremblements assaillent mes membres engo urdis alors que je me liquéfie aux rappels de mes pensées. Je ne contrôle plus rien, je vais vomir. Mon estomac s'écrase sous l'effet de la panique. La dou leur est terrible, atroce ! Je pousse sur mes bras pour soulager les maux qui me ravagent , qui me laissent sans voix tandis que ma mémoire s'éclaircit soudain. Mon cœur bat la chamade. La contemplation de mon être, de mon reflet dans ce petit miroir, juste à côté de moi, va le faire exploser. Mon corps frissonne, surchauffe, alors que mon impl acable et brutale lucidité agresse la définition de mes contours. Mes sens s'éveillent, ma langue se dénoue et se fic he entre mes dents. Ça y est. Nous y sommes donc. Cela me revient. Un J eu d'Esprit, tel était le nom de ce projet insensé. Ont-ils réussi ? Réellement ? L'évidence est fracassante, et pourtant je ne peux pas y croire. Haletant, bataillant contre une salivation plus qu'abondante, je déglutis difficilement et constate que ma dentition n'est pas pareille à celle que je possède. Je la lèche et peine à adopter sa forme régulière, puis je fais la moue afin de distinguer mes lèvres, là en bas. Elles entrent en contact avec ce nez extrêmement pe rturbant et laissent échapper un souffle léger.
Ma voix s'active alors involontairement, pétrifiant mon être à son écoute. Crispé, le sang figé, j'agrippe les draps et extrais de nou veau ce son particulier de mes cordes vocales pour tenter de l'aggraver. Sans succès. Le timbre étrange que je n'ose concevoir ressort aussitôt que j'essaye de le modif ier, comme si quelqu'un d'autre chantonnait à côté de moi.
Le malaise grandit, la nausée s'amplifie alors que je m'affale et tends les mains devant moi. Frêles et fragiles, je les examine et e ffleure mes bras imberbes, absents de muscles saillants. Apeuré, tremblant, je cache cett e vision avec mes paumes et caresse mon front, en saisis les traits, descends s ur mes paupières, sur mon nez minuscule, en apprécie le dessin...
Yeux rouverts, je longe mes pommettes, touche mes j oues satinées, lisses et non piquantes. Puis je chatouille ma bouche et enla ce les cheveux dorés qui semblent reposer sur mes épaules. À mes côtés, derrière l'encadré, Candice reproduit ce que je fais. Candice ? Je me souviens très bien maintenant. L'anxiété atte int des sommets. Il est trop
dur de... ma conscience ne peut l'accepter. De nouv eau, je secoue la tête. Rien n'a changé. Ils ont réussi. Mon regard hésitant se pose alors, avec immense app réhension, sur le reste de mon corps couvert d'un drap blanc à l'épaisseur dou teuse, et tout d'abord sur cette poitrine que je ne saurais ni toucher ni imaginer. Apposées sur mon maigre thorax, je distingue l'incr oyable, ces deux protubérances ornées de mamelons féminins, ornées d es mamelons de ma Candice adorée. Je les reconnais, je les ai tellement admir ées, tellement convoitées, tellement caressées. Que m'arrive-t-il ? Il ne faut pas faillir. La peur ne doit pas me subm erger. Non, surtout pas. La peur. Elle est majorée par l'inquiétude infinie que susci te mon entre-jambe aux sensations aussi nouvelles que manquantes. Oh... tout se mélan ge dans ma tête. Ma respiration devient si forte que mon esprit suro xygéné m'empêche d'y voir clair. Je vais me dissoudre. Si je touche... je vai s me dissoudre. Il n'y a plus rien ? Mes yeux ne distinguent plus rien. Mes cuisses ne resse ntent plus rien. Entre elles, il n'y a rien. Le courage me manque, il m'est trop difficile de vérifier s'il est toujours là, cet organe viril, ce sexe que j'ai toujours porté, que j'ai toujours senti là, juste là... Quelques soubresauts nerveux accompagnés de ricanem ent aigus et de larmes bouillantes réveillent ma raison en perdition. Je s èche rapidement ma peau, douce et fine, et décide d'élucider les questionnements de c ette situation, aussi désagréable et insensée soit-elle. Du bout des ongles, au dessus des draps, j'examine lentement cette zone anormalement vide de la grosseur dont je dois être pourvu. Oui. Légèrement redressé, abdominaux contractés, je ne cesse de replacer les longues mèches de cheveux qui obstruent mon champ de vision. Doucement, très prog ressivement, j'entame un laborieux tâtonnement vers le point d'ancrage de ma verge puissante. Je souffle, je m'essouffle, me tétanise... au conta ct de ce cauchemar. De minces renflements sont perçus par la pulpe de m es doigts. Surfaces charnues, molles, exemptes de mon membre d'homme, s éparées par cet espace étroit où réside inéluctablement son inverse. Rien d'autre . Il n'y a plus rien d'autre que cela. Seulement cette fissure insaisissable, seulement ce sexe féminin, le sexe de Candice. Mon organisme tout entier se paralyse. Mon âme hurl e tout son soûl, elle hurle sa douleur, elle ne comprend pas. Plus rien. Il m'est impossible de stopper ce rire aigu, ce rir e de femme ! Je deviens fou. Et je pleure comme un gosse, incapable de prendre cons cience de ce que je suis devenu. Le choc est trop violent. Trop violent ! Je ne peux accepter de l'avoir perdu. D'avoir tout perdu ! Je ne peux accepter qu'il soit remplacé par ce contraire ahurissant ! Complètement sonné, front plissé, yeux écarquillés, je m'enfonce brusquement sur le lit et me perds dans le néant en fixant le l ustre blanc au dessus de moi. Je ne peux pas le croire. Je ne peux. Ce n'est pas possib le. Pas possible ? Non. Je ne peux pas croire ça. Je ne peux pas croire que je... Tout à coup, j'entends les rires de mes anciens cam arades résonner au fond de mes pensées. Leurs abominables moqueries quant à ce sexe, quant à cette antre qu'ils considéraient comme vulnérable, comme une véritable marque de soumission, d'infériorité, éclatent et envahissent le peu de so nges troublés qu'il me reste d'intacts.