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Une nuit à Aden (Tome II)

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Description

Essai autant que roman, ce livre permet à la fois de mieux comprendre le rôle de l’Islam et de juger de sa place dans notre civilisation contemporaine. À travers le récit d'un jeune musulman sunnite, il nous fait découvrir le Coran et nous aide à évaluer son influence dans la société actuelle.
Ce roman, en deux tomes, à l’intrigue palpitante d’émotion, raconte la jeunesse d’un Palestinien qu’un destin étonnant et une histoire d’amour hors norme conduisent à la découverte de lui-même, de sa conscience, et de sa relation avec les religions de son enfance, l’islam et le christianisme. Par une introspection à la fois insolite et spirituelle, il nous décrit comment les élans de la divine Providence le mèneront d’Alexandrie à New York, puis Sanaa, Aden, Djibouti, et enfin, Paris. Il est né musulman, certes ; mais sa raison défie cette réalité et son cœur refuse de le suivre. Il réalise peu à peu que cette religion à laquelle il se croyait enchaîné, occulte en fait la vraie nature de ce rite à l’emprise implacable sur un milliard et demi de fidèles…
Un récit captivant. Une réflexion morale et spirituelle sans concession.
La matinée se prolongeait, je perçus à l’extérieur de la cour des bruits de bottes ; j’eus dans l’instant le sentiment que l’on venait me chercher. Les pas se rapprochèrent et j’entendis les cliquetis de la clef sur la porte métallique. On poussa la porte. Deux hommes en kalachnikov pénétrèrent dans la pièce, suivie de « Chien de Chrétien », qui leur ordonna de m’attacher les chevilles avec la chaîne que l’un d’entre eux portait à la main. Il leur demanda de le faire avec suffisamment de jeu pour que je pusse marcher. Je me tenais debout tandis que deux d’entre eux me liaient les jambes. L’Algérien entra alors, la barbe noir et l’air menaçant, muni d’un papier dans une main et d’une caméra dans l’autre, il déclara en français :– Ton heure a sonné Français. Ton gouvernement t’a abandonné, et tu nous es dès lors inutile.Après que mes geôliers eurent terminé de me lier les chevilles, « Chien de Chrétien » leur ordonna de me conduire dehors. Je restais étourdi, assommé par cette annonce, en tant que je m’étais sans doute accoutumé à mon sort de prisonnier. De ce qu’étant captif depuis quatre mois, j’avais ceci de commun avec un animal que je m’étais fait à mon misérable état ; je m’en contentais et avais cédé à cette fatalité, si bien que l’idée que l’on pût m’exécuter à tout moment m’avait peu à peu abandonné.Il faut dire que mon enfermement et mon isolement m’avaient abattu et j’osais presque penser qu’il ne me restait pour toute raison que celle d’un animal. Ou plutôt, je me sentais comme un corps étranger qu’un organisme vivant tend naturellement à expulser tout en s’accommodant de sa présence. Oui, je me voyais comme un étranger qu’on avait jusqu’à présent tolérer, ménagé même, pour mieux négocier sa liberté en échange d’une rançon ou de quelque chose d’autre, mais de quoi ? Le saurais-je jamais ? Et qu’ainsi, du reste, ayant aliéné une première fois inconsciemment Adèle à New York, l’ayant sacrifiée à ma suffisance du fait de la faiblesse de mon caractère, j’avais une nouvelle fois la détestable impression de céder à cette forme de renoncement qui consiste à en appeler à la fatalité par complaisance, pour tenter de dédouaner mon amour-propre ou excuser ma défaillance.Mais quoi ! Que pouvais-je faire dans ma situation sinon jouer au héros ? Et à quoi cela eût-il servi ? Et pourquoi fallait-il me tuer, si le simple fait de le faire m’ôtait toute valeur marchande ; si un moribond ne comptait pas moins qu’un vivant, qui donc pouvait être disposé à payer pour un homme mort ? À dire vrai, un corps ne valait que pour la seule détresse et le remord de sa famille, pour une raison de décence et de morale ; mais un homme libre ne valait-il pas mieux ? Qu’allait-on alors m’exécuter ? Que s’est-il passé que soudain les islamistes ont décidé de me sacrifier ? De moi, voulaient-ils faire un exemple ? Détiendraient-ils d’autres otages de telle manière que ma mort en pouvait rehausser leur valeur ?Hélas ! Sans doute même n’y avait-il aucune raison à justifier mon exécution autre que celle d’en satisfaire les sens ou d’assouvir des pulsions ;  allez savoir ! Que fallait-il d’ailleurs attendre du fanatisme ? Mais en dépit des faiblesses et des tourments que l’annonce de mon exécution faisait monter en moi, mon corps ne tremblait pas : il y a à savoir que mon esprit curieusement ne s’était pas encore mis dans la peau d’un condamné. Au fond de moi, je rageais de me trouver dans une telle situation à quelque temps de ma mort sans pouvoir réagir. Mais que pouvais-je attendre de ces demeurés ? Tout chrétien que je fusse, n’avais-je droit à un peu de justice ? C’était sans doute bien trop leur demander.Alors je m’avançai vers la porte et commençai de gravir les quelques marches comme un homme qu’on traîne à un rendez-vous galant qu’on lui impose, celui de son exécution. L’atroce réalité de la mort n’avait envahi mon esprit qu’avec peine ; en ceci qu’étant sans doute emporté, euphorisé même, par l’espoir que ce voyage d’Adèle avait fait naître, je n’avais pas eu le réflexe de me préparer au pire. Mais cela importait-il si je devais mourir tout compte fait, hein ? Je sentis sur mes joues ces prodigieux rayons de soleil qui irradiaient paisiblement mon visage, l’imprégnaient de douceur et le réchauffaient de toute leur chaleur ; absurdement, je trouvais même étrange que ces rayons puisent aussi sereinement et impassiblement m’inonder le visage sans se préoccuper de mon misérable sort, sans réagir. Je finis par penser que c’était bien là le propre des natures mortes que d’être insouciantes au monde qu’elles peuplaient.Puis je me dis niaisement que le destin eût de toute façon été bien cynique de m’envoyer à trépas par une si belle journée. Mais, après tout, qu’était-on en droit d’attendre de bon de ce satané destin qui passait son existence à jouer des mauvais tours au genre humain ? Et je trouvais cela si insensé que je me laissais à penser que si le destin ne me conduisait à mon exécution par cynisme, du moins pourrait-ce être seulement pour le sadique plaisir de prouver que c’est bien lui et lui seul qui décidait de tout sur terre et à sa bonne guise. Sinon, s’il n’y avait aucune logique à tout cela, pourquoi diable ce sacré destin avait-il envisagé qu’on se retrouvât une nouvelle fois dans ce lieu invraisemblable, si ce n’était pour enfin nous unir pour la vie ? Ou pour la mort ? L’erreur pouvait-elle se tromper autant ?J’avançais à petits pas, mes pieds empêtrés par les chaînes qui me liaient les chevilles, alors que les islamistes me conduisaient vers cette fosse qui avait été creusée pour la circonstance au début de ma captivité et où la croix de bois avait été plantée au même endroit. Je clopinais sous ce soleil de la mi-journée, le visage exposé à sa chaleur irradiante ; tous les pores de ma peau sevrés de lumière semblaient s’en abreuver avec volupté comme s’ils eussent compris que ce fut pour la dernière fois. Et lors donc que je marchais vers cette fosse, je ressentis que mon âme s’absentait pour faire le tour d’une vie alors qu’à travers de courtes séquences, dans mes pensées défilèrent les visages, de mes parents d’abord, puis celui d’Adèle, et de Yuliya, puis ceux du père Iak et de Khalil, comme si tous dans ma mémoire s’étaient réunis par la pensée une dernière fois à mon chevet, au crépuscule de ma vie.Je fermais les yeux et pensais à Adèle, à son voyage à Aden lequel n’aura donc servi à rien ; je songeais à l’anéantissement que fatalement lui causerait ma mort, puisqu’elle emportait sans doute son dernier espoir de pouvoir sauver son fils de l’absurdité d’une triste destinée qu’elle lui aura involontairement fait subir.« Chien de Chrétien » était là pour faire le beau, ne craignant jamais sa peine lorsqu’il s’agissait de commettre un méfait ; c’était son jour d’extase : il allait enfin exécuter un chrétien innocent au nom de Dieu. Visiblement, il n’était pas ici pour uniquement juger des coups. Pour pervers que fût le tréfonds de son âme, elle avait enfin l’occasion de se déclarer à Allah. Ah ! il jubilait. Sa voix de fausset dans ce corps à la démarche de pachyderme servait comme une symphonie pathétique à l’étrangeté de ma situation : elle en multipliait l’absurdité en y apportant une touche qui aurait pu tenir du burlesque, n’eût été sa dramaturgie kafkaïenne. Dans ce rôle du bourreau, il l’était de tout cœur et à fond, comme si son Dieu l’avait pris à témoin. Et s’il se mettait au garde-à-vous, ça ne pouvait être que devant son Dieu ! Tous ses efforts ne se portaient qu’à faire avec l’impétuosité qui toujours habite les possédés, d’une victime parfaitement innocente, le martyr d’une religion qui de toute évidence ne sera jamais la sienne.Alors, que dire d’un tel acharnement ?  Pourquoi combattre la raison par tant de servitude à un Livre ? Faire le malheur des juifs et des chrétiens en particulier, et même en général d’ailleurs, peut-il faire un bien pour l’humanité ? Pourquoi une telle haine, comment comprendre cette sotte perdition de l’âme humaine ou expliquer un tel acharnement à faire le mal au nom d’un dieu, s’il ne s’agissait d’obéir qu’à un simple livre, dût-il être d’une nature divine ?Il me cria d’avancer au bord de la fosse et d’un mouvement dédaigneux du bras, me fit signe de m’orienter vers la Kaaba. Les deux suivants s’étaient recouvert la tête de cagoules noires, et m’entouraient, leur kalachnikov maintenue sur le torse pareil à une prise d’armes. L’un deux brandissait de son autre main un Coran vert. J’hésitais puis obtempérais sans m’autoriser un murmure : on ne doit jamais encourager des tueurs. L’Algérien s’avança, me demanda en français de m’agenouiller puis me tendit le papier qu’il avait en main. « Chien de Chrétien », me faisait face ; son état rappelait celui d’un chien enragé, il dénotait une véhémence prodigieusement exaltée qui donnait à penser à une hyène s’apprêtant à dévorer ma dépouille mortelle. Il enfila une cagoule noire à son tour et vint se placer à mes côtés. Il portait à la taille un énorme janbiya à la crosse en corne de rhinocéros qu’on exhibait en général pour les cérémonies, un poignard que je n’avais pas remarqué jusque-là.J’étais donc à genoux, face à mon futur sépulcre, consentant bien malgré moi à jouer le rôle-titre de l’abominable immolation d’un chrétien, la croix de bois légèrement sur le côté, les deux geôliers encagoulés se campant au garde-à-vous juste derrière moi, leur kalachnikov barrant leur poitrine en diagonal. D’un geste décisif, l’Algérien empoigna alors sa caméra qu’il dirigea vers nous pour un dernier réglage, puis il me demanda de lire mot pour mot le message en français qu’il avait écrit sur cette feuille qu’il me tendait. Il se mit alors à filmer cette sinistre scène. Je restais cette fois immobile, en état de sidération, prostré, mais encore incrédule à l’idée que je pusse vivre mes derniers instants.Et là, il arriva ce qu’il arriva ! À la seconde même où je me saisis de cette feuille, la douceur de ce papier sur mes doigts me sortit de cette léthargie dans laquelle m’avait plongé l’annonce de mon exécution. Elle me rappela soudain à la vie, et je pris alors conscience que je m’apprêtais à être l’acteur sacrifié et non un simple spectateur de ce sordide drame qui se jouait. J’allais être sauvagement exécuté par ces suppôts de l’islam, ces dépendeurs d’un prophète, ces moins que rien, au nom d’une religion qui sans doute n’avait d’elle que le nom, et dont les versets décousus et quelquefois confondants ne servaient trop souvent qu’à absoudre les actes les plus infâmes. Mais que dire de ce texte ? Comment un tel récit cursif et trop souvent violent pouvait-il être vénéré de la sorte, n’eût-été par des esprits aussi courts que ceux qui me faisaient face ? Et d’une vie entière, pourquoi fallait-il à ce point soutenir ce paradoxe qui semblait enivrer les âmes avec tant d’aisance dès le plus tendre âge ? Était-ce la crainte de la punition, la revanche sur les autres ? Était-ce une pensée qu’on utilise comme une arme de chevet qu’on brandit pour galvaniser les instincts ? Ou serait-ce plutôt ce besoin sournois de soumission qui assomme trop souvent les esprits ?Il y a que certaines des intimations de l’ange Gabriel paraissent fort énigmatiques ou chimériques pour tenir du divin, en tant qu’elles laisseraient facilement accroire à de trop nombreux musulmans qu’un meurtre serait excusé dès lors qu’il est commis au nom de Dieu, et que leurs auteurs pourraient ainsi se jouer de Dieu, le duper. Ces islamistes, mes tortionnaires ! Que ne se réfugient-ils derrière le Coran, sinon pour justifier leur ignoble mission ! Si tant est qu’un meurtre juste, celui qui est commis au nom de Dieu, pour défendre l’Islam, ne soit pas un crime : « Ne tuez personne, car Allah l’interdit, sauf si vous êtes dans votre droit (avec juste raison)… » (XVII, 33, et VI, 151). Comme bien d’autres assesseurs de l’islamisme, depuis le VIIe siècle, ces criminels qui me font face l’esprit enflammé par l’influence de telles lectures, s’apprêtant à me trancher la gorge pour donner effet à leurs pulsions plus impétueusement encore, ne retiennent de ce verset que son corollaire : le meurtre n’est plus interdit s’il est autorisé par la Loi, s’il est juste, si l’on estime être dans son droit. Nom de Dieu ! Par quelle loi, et de quel droit ? Être juste ou ne pas l’être, qui diable pouvait décider cela ? Et s’il fallait croire que Dieu fût bien l’auteur du Coran, comment aurait-il pu jouer sur les mots de la sorte pour justifier un crime sans que le Diable eût soufflé là-dessus : où est Dieu, où est Satan dans cette affaire ? En passe d’être égorgé, j’étais donc libre de songer à mon gré, pour si peu d’une vie qu’il me restait, que si les musulmans tolèrent si facilement le meurtre, n’est-ce à dire que le mal n’est plus immoral, et partant, que la vertu puisse être impure ? Et par le fait même, ne conviendrait-on qu’il ne serait plus dès lors nécessaire de n’encenser que le seul bien comme vertu, à savoir que le mal pourrait être moins à charge, qu’il rendrait même heureux puisqu’il n’est plus illicite ?De ce que le plaisant serait moins grand à commettre un meurtre (car lever un interdit en diminuerait l’attrait), et en supposant que la Loi tirée de l’islam ne le punisse pas automatiquement puisqu’elle lui prête des circonstances atténuantes, peut-on concéder pour autant que le meurtre n’est plus un crime, qu’on le peut tolérer ? Eh oui ! En faudrait-il plus à ceux que la faiblesse de leur jugement, l’absence de lecture critique d’un Livre, les fichus préjugés acquis depuis leur tendre enfance, et une lecture perverse d’une prose sans doute controuvée dans laquelle ils ont été élevés, pour que les vaines terreurs que cette religion et sa Loi suscitent au plus profond d’eux-mêmes ne les stimulent dans la course au crime au nom de turpitudes d’une foi qu’ils tiennent pour sacrée ?Le toucher de cette feuille que l’Algérien me tend, sa douce sensation sur des doigts qui de longs mois durant, en avaient été privés, me fait instantanément penser à ces papiers que j’avais retirés un à un du tiroir du bureau de l’Algérien à Brooklyn. Oui, je me mets à songer à ces documents de la plus haute conséquence puisque les services français n’avaient pas hésité à envoyer un de leurs officiers en poste à Sanaa pour tenter de les récupérer. Pierre m’avait bien dit qu’ils étaient d’une importance capitale pour la France, qu’ils pouvaient notamment permettre de démanteler le FIS, voire prévenir des attentats par leurs sympathisants fanatisés sur le sol français ou empêcher des assassinats de ressortissants français. Pour qui savait les exploiter, les informations que recelaient ces documents devaient avoir une valeur inestimable pour des services de renseignements. Et si leur importance était si déterminante, que ne pouvait-elle l’être pour le FIS ? Dès lors, leur récupération pouvait être alors une priorité pour ces islamistes. Soudain, tenant cette feuille à la main, ce bout de papier que je dois lire pour préparer mon supplice, je réalise que ces informations que je détiens, si elles ne sont susceptibles de me garantir la liberté, pourraient en revanche me sauver la mise ; et puisque c’est la seule façon de m’en sortir, il ne me reste plus d’autre choix que d’utiliser cet atout ; maintenant ou jamais ! Il faut que je lui indique que je sais qui il est, que je suis en possession de ces documents, et mon exécution entraînera inévitablement la perquisition de mon domicile et fera que les services français mettront la main sur tout cela. En l’espace de quelques secondes, je réalise que je dois le révéler à l’Algérien. Comment pourrait-il faire autrement que de me garder en vie pour récupérer ces documents dont nous seuls connaissions l’insigne valeur, puisqu’il en avait été le teneur de plume tandis que j’étais à la fois le responsable de leur disparition et leur détenteur. Puis je l’entends hurler : « Lis à haute voix », au moment où « Chien de Chrétien » sort son poignard et m’empoigne les cheveux qu’il tire brutalement vers le haut de sorte que mon cou fasse saillie. Je sens à ce moment-là la lame effilée appuyer férocement sur ma carotide.Alors je porte cette feuille de papier devant mon visage, ce qui a pour effet de relâcher la pression du poignard sur mon cou. Le frère éloigne légèrement pour lors cette lame, dont l’usage qu’il compte en faire paraît tant l’exalter, comme le cochon dans la fange. Mais à la différence du cochon, il avait le choix. Une balle aurait mieux fait l’affaire si l’on m’eût demandé mon avis : aucun sentiment dans une balle et peu de souffrance comme elle va aussi vite que la lumière ; et ne s’agit-il pas justement de l’éteindre, la lumière, en donnant la mort ? Mais une simple balle dans la tête, sentiments mis à part, que ne convenait-il pas mieux au XXe siècle puisqu’elle arrivait à faire le travail bien mieux qu’une créature de Dieu ? Mais non ! Ces sombres crapules ! Ils préféraient être les acteurs de ma mort, organiser leurs mise en scène avec leurs cagoules noires, leur poignard et leur Coran. Du reste, pourquoi se seraient-ils privés d’une telle cérémonie macabre, si ce n’était par perversité ou pour mieux mélanger la couleur du sang à celle de la mort ? Eh oui ! Entre le bon sens et cette lamentable réalité, il y avait l’Islam et l’exemple du Prophète. Les islamistes préféraient leur poignard pour imiter le Prophète, s’il était le meilleur exemple.Ah ! c’est qu’il y a cette notion trop souvent tragique de pur et d’impur, dans l’Islam ; et fallait-il autre chose qu’un beau poignard et une gorge de mécréant pour sacraliser ce principe de si haute moralité ! Et surtout, un couteau qui tranche, ça fait gicler le sang, ça fait mieux retentir le râle du mourant. Au bruit assourdissant du canon et de la vitesse d’une balle, l’islamiste préfère le plaisant du doux crissement de la lame qui sectionne l’aorte, tranche la carotide. La fermeté d’un poignet, le mouvement d’une main créée des sensations exquises, fait mieux partager la passion du meurtre, fait durer l’instant pervers : à la vie comme à la mort c’est le ressenti qui compte ; et il en va ainsi du criminel qui peut mieux jouir de la scène, s’imprégner par un geste tragique de la volonté d’un dieu : comme Abraham avait envisagé de le faire pour contenter le sien, pour faire vivre son meurtre en quelque sorte, pour mieux s’investir dans la souffrance de sa victime, comme s’il s’agissait de faire partager une passion. Mais c’était dit[i], comme dans le Coran : voilà que le frère s’apprêtait à immoler un mécréant en lui tranchant la gorge. Comme l’avait fait le Prophète avant lui quand il avait égorgé Ibn Akhtab devant sa fosse sur la place centrale de Médine aux cris rituels de : Au nom d’Allah, Allah est le Plus grand, ô Allah accepte ce sacrifice ! Ou encore, après la bataille de Badr, quand il fit de même avec deux prisonniers Mekkois qui s’étaient moqués de lui ; quand l’un deux lui dit : « Et qui s’occupera de mes garçons, Muhammad ? » Il répondit alors : « L’enfer », et il lui trancha la gorge[ii].Je retiens mon souffle un court instant avant de commencer de lire ce message écrit en français que l’Algérien s’apprête à enregistrer et qui doit précéder mon égorgement au nom d’Allah : [i] … ensuite, nous lui aurions tranché l’aorte. » (LXIX, 30-31-46). [ii] Ibn Ishaq, biographie du Prophète “Muhammad”, Editions Al Bouraq. 

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Date de parution 02 juillet 2018
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EAN13 9782363158970
Langue Français

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