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Vox populi

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Description

2109.
La Mondialisation disparue, balayée par l'épuisement des ressources et les guerres.
La France gouvernée par l'OGS, complexe militaro-industriel qui impose au nom de la sécurité une ségrégation géographique de la population selon des critères sociaux, ethniques et religieux.
Deux frères aux deux versants de cette nouvelle société, pris dans la tourmente d'un drame familial.
Une seule alternative : la soumission à la technologie souveraine de l'OGS ou l'"effacement" propre et discret.
A moins que le salut ne réside dans l'avènement d'un nouveau messie ?
Sylvain passa le soir du Nouvel An dans le noir, seul sur son canapé à regarder des vidéo-clips de TFM se dévider inlassablement sous ses yeux aux pupilles éclatées.A minuit, les clameurs de la rue le tirèrent subitement de sa sinistre torpeur.Il risqua un œil à la fenêtre et découvrit avec stupeur une scène de guerre dans Paris : les jeunes de la cité s’étaient rassemblés en groupes compacts et utilisaient les mortiers des feux d’artifices pour se tirer dessus dans la rue Garnier qui coupait perpendiculairement la rue de Vitray.Le bruit était infernal, assourdissant et les traînées de lumière spectaculaires.Face à cette meute déchaînée s’invectivant, les commerçants avaient prudemment baissé rideaux et les quelques passants encore dehors rebroussaient prestement chemin.Cantonnée dans son petit commissariat de quartier, la police de la ZU avait bel et bien renoncé à intervenir face à ces excités maniant des bombes incendiaires.La foule grossissait et on entendait les meneurs galvanisés parler de remonter la rue pour prendre d’assaut le checkpoint de la ZS n°13 de la BDN.Au bout d’un temps abominablement angoissant, Sylvain entendit des sirènes et assista aux premières loges de son petit balcon à l’arrivée des DOGS.Appuyée par un STONE, surmonté d’un canon télé-opéré à haute précision, trente DOGS casqués et encaparaçonnés dans leurs armures de combat se déployèrent faisant face à une centaine de jeunes excités.Quelques tirs de mortier mal ajustés volèrent en direction des DOGS ce qui eut pour effet de déclencher une riposte immédiate.En un éclair, le système de combat du STONE acquit plusieurs cibles et largua une salve de missiles sol-sol à guidage laser dans la masse compacte, fauchant net les émeutiers pris au dépourvu.Effectuant une manœuvre bien rodée, les DOGS profitèrent de l’effet de choc pour charger la foule désorganisée.Protégés par leurs champs de force, les DOGS ne risquaient pas grand-chose et leurs pistolets à impulsions électromagnétiques commencèrent à faire des ravages chez leurs adversaires qui s’écroulaient, frappés dans leurs organes vitaux par ces armes aussi silencieuses que mortelles.Mais ce qui rendait les DOGS si irrésistibles était leur capacité à fonctionner en réseaux numériques combattants, interconnectés par des batteries de senseurs incorporés à leurs armures de combat.Les capacités des combattants de l’OGS étaient telles que d’insistantes rumeurs laissaient entendre que son président Rueger n’était en réalité qu’un faire-valoir, la véritable tête pensante n’étant pas un être humain mais une Intelligence Artificielle, capable via son réseau numérique opérationnel d’analyser les situations en temps réel et de prendre les options décisives sur le champ de bataille.Mais tandis que le gros de la meute refoulait à présent en désordre, des petits groupes isolés et mobiles tentèrent de se détacher pour harceler les DOGS en leur jetant des canettes et des pavés.C’est à cet instant qu’entrèrent en action les FAST, ces véhicules ultra mobiles dotés de systèmes de détection radar, infrarouge et vidéo, qui fondirent sur leurs proies pour tenter de les percuter ou de les rabattre dans une rue étroite.Légers, furtifs, bas sur caisse et taillés pour la vitesse, les FAST pouvaient grâce à leurs suspensions pilotées et leurs quatre roues motrices mues par des moteurs électriques indépendants, atteindre les 200 km/h en deux secondes et manœuvrer dans des espaces confinés.Face à pareil déploiement, les émeutiers n’eurent bientôt plus d’autres choix que de se replier sur les toits ou dans les caves pour tenter de poursuivre le combat en mode guérilla.L’épreuve de force dura plusieurs heures durant lesquelles le quartier fut en ébullition mais Sylvain, abruti par tant de violence et de stress finit par se retirer de son observatoire pour se pelotonner sur le canapé et dormir.

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Date de parution 25 juin 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782379792977
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

VOXPOPULI
ThomasHarnois
© 2020 ISBN:978-2-37979-189-5
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Chapitre I : Big Bang
TABLEDESMATIÈRES
Chapitre II : Vivre c’est mourir
Chapitre III : Welcome to the jungle
Chapitre IV : Effritement
Chapitre V : Nouvel An en ZS
Chapitre VI : Nouvel An en ZU
Chapitre VII : La Foi ?
Chapitre VIII : Eros et Thanatos
Chapitre IX : China girl
Chapitre X : Face au Staph
Chapitre XI : L’instinct du saumon
Chapitre XII : Perte
Chapitre XIII : Sanction
Chapitre XIV : Chez Emy
Chapitre XV : Cavale
Chapitre XVI : Mauvaise augure
Chapitre XVII : Cap à l'Est
Chapitre XVIII : Chinatown
Chapitre XIX : Le refuge
Chapitre XX : Rueger
Chapitre XXI : Chloé
Chapitre XXII : Chinatown underground
Chapitre XXIII : Eden rural
Chapitre XXIV : Sale boulot
Chapitre XXV : Spiral Architects
Chapitre XXVI : Répétition
Chapitre XXVII : Vox
Chapitre XXVIII : Elle s’appelait Emy
Chapitre XVIX : Massacre
Chapitre XXX : Vox story
Chapitre XXXI : Le Drone
Chapitre XXXII : Luisa
Chapitre XXXIII : Conseil de guerre
Chapitre XXXIV: Retrouvailles
Chapitre XXXV : L’assaut
Chapitre XXXVI : Terra nova
GLOSSAIRE DES TERMES EMPLOYES
Biographie
«Celui qui aime son frère, demeure dans la lumière, et aucune occasion de chute n’est en lui.
Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.»
Evangile selon Saint Jean 2:11.
«I am the way, prepare for salvation.»
Smasher/Devourer.Obsolete.Fear Factory.
CHAPITREI: BIGBANG
Ile-de-France, Zone de Sûreté n°92. Au départ, ce 15 novembre devait être comme tous les autres jours de la semaine 46, du mois 11 de l’année 2108 après Jésus-Christ. Marc Chalain fut réveillé par la sonnerie douce mais insistante des baffles de son appartement de Bouissy. Il le savait, le DOMS qui reliait entre eux les appartements des cinquante-six étages de la tour, était réglé pour sonner toujours à la même heure les jours où il devait aller travailler. Il s’était couché tôt la veille car une longue journée de travail l’attendait, aussi n’eut-il pas trop de peine à émerger de sa nuit. Marc se redressa en bâillant et sentit son PICS, localisé juste derrière le lobe de son oreille droite sortir du mode « veille . Instantanément, le petit implant intelligent transmit les informations de son état physiologique au DOMS pour le check-up quotidien. Il utilisa les douze secondes de la procédure pour laisser son esprit finir de se réveiller. Lorsque le bip de validation retentit, le DOMS prit le relais, et à l’aide des détecteurs de mouvements quadrillant son petit studio, envoya une série d’instructions aux appareils électrodomestiques. Aussi, dès qu’il posa un pied à terre, la pompe de la douche se mit en pression, le home cinéma mural et le distributeur de nourriture passèrent en mode « on  tandis que les baffles montaient le son pour diffuser uniformément une musique plus rythmée. Le DOMS était paramétrable dans une certaine plage de valeurs par chacun des locataires qui pouvaient ainsi choisir les seuils de déclenchement de leurs appareils ménagers. Le chauffage était aussi réglé pour fonctionner de manière automatique, baissant de quelques degrés la nuit pour coller à l’obligation réglementaire d’économie d’énergie, se coupant lorsque l’appartement était vide la journée et se remettant en fonctionnement dans les plages critiques précédant le retour des occupants en fin de journée. Après le GE et les guerres qui lui avaient succédé, le Gouvernement avait autorisé la mise en service de réacteurs à fusion nucléaire restés jusqu’ici à l’état de prototypes ultra confidentiels. Puis s’étaient ensuite imposées des normes draconiennes de gestion de l’énergie e comme la réglementation U-LowE en hommage au célèbre militant écologiste du XXI siècle.
Le marché de la domotique intégrée était apparu comme la seule réponse technologique viable permettant d’adapter à l’échelle nationale les dépenses énergétiques aux nouvelles capacités de production. L’adoption de U-LowE avait permis aux ZS de se développer de manière exceptionnelle en devenant les lieux stratégiques où étaient enfouies les énormes centrales nucléaires de nouvelle génération qui alimentaient toutes les technologies émergentes. Deux de ses plus formidables évolutions étaient le système de communication national équipant chaque habitant de ZS de PICS implantés à la naissance et le réseau d’infrastructure immobilière de DOMS, qui permettait de s’affranchir de toutes dangereuses communications vers l’extérieur. A chaque fois que Marc pénétrait dans une pièce, la lumière s’allumait. Le rasoir autonome entra en action, se mouvant adroitement grâce à son guidage laser sur les aspérités de son visage, passant et repassant en séquences pré-programmées afin d’éradiquer chaque couche de poils. En mode « full body  le rasoir était capable de traiter l’ensemble de son corps et d’éliminer en trente-trois secondes toute présence de pilosité. Marc ne se souvenait plus de ce qui avait conduit les hommes à opter pour ces pratiques mais au fil des ans les nouvelles conventions sociales égalitaires avaient conduit à l’épilation intégrale des femmes puis des hommes habitant dans les ZS. Une fois le rasage terminé, le petit appareil mobile aspergea son visage et son cou d’un after-shave odorant qui atténua la sensation de légère brûlure. L’eau de la douche, elle aussi réglée à débit et température fixés réglementairement vint stimuler son métabolisme et dissiper les odeurs de transpiration de la nuit. Comme la lumière et le chauffage, l’eau aussi était rationnée et se coupa au bout de deux minutes, passant le relais au séchoir automatique de la salle de bains qui débarrassa son corps de toute trace d’humidité. Marc saisit ses habits de travail repassés durant la nuit par le service de buanderie de son immeuble puis réacheminés jusqu’à son studio par le système de trappes coulissantes reliant les appartements entre eux. Sa chemise légère et son pantalon de couleurs neutres sentaient bon le propre. Comme toujours le minutage avec la préparation de son petit déjeuner avait été parfaitement synchronisé et il s’assit à la petite table de la cuisine pour avaler ses gélules de nutriments du matin. Dans les ZS, l’alimentation était parfaitement optimisée et les DOMS fournissaient un assortiment des médicaments couvrant largement les besoins nutritionnels de chaque individu. Ainsi, tout était plus simple pour chacun : une gélule verte le matin, une bleue le midi et une grise le soir. Marc jeta un œil distrait aux informations que diffusait TFM, l’unique canal d’information public qui était resté en place après les évènements tragiques de 2080. Deux journalistes, un homme et une femme aux physiques parfaits, traits symétriques, mentons volontaires, tailles minces, carrures athlétiques, dents blanches et cheveux rasés, commentaient depuis leurs bureaux de verre avec vue sur la Seine les émeutes de la veille qui avaient conduit certains habitants de la ZU n°93 à tenter de prendre d’assaut un checkpoint de la ZS n°93 du Stade de France, avant d’être impitoyablement repoussés puis traqués par les DOGS. LeprésentateurJulienLamaison,unbellâtreàlapeauburinéeetauxyeuxbleulaser
LeprésentateurJulienLamaison,unbellâtreàlapeauburinéeetauxyeuxbleulaser se félicitait de l’efficacité des forces de l’ordre mais rappelait également la recrudescence de ces évènements qui entretenaient un sentiment général d’insécurité. En un ballet bien huilé, sa consœur Mélissa Meunier, une Blanche solaire elle aussi resplendissante de beauté technologique obtenue à grand renfort de régimes draconiens, d’exercices physiques millimétrés et d’interventions chirurgicales discrètes, lui répondit que en accord avec les autortiés locales, le Ministre de l’Intérieur avait décidé de renforcer les effectifs de l’OGS pour rassurer la population. Marc ne s’émut guère de cette nouvelle qui semblait bien loin de ses préoccupations du quotidien. Il savait que si quelques émeutes survenaient occasionnellement dans les ZU les plus problématiques et prenaient de cours la police locale aux effectifs et aux équipements notoirement insuffisants, la situation se rétablissait invariablement lorsque les DOGS entraient en action. Leur présence était indispensable depuis le GE… Alors que les ZS qui couvraient les intérêts vitaux du pays, qu’ils soient financiers, industriels, historiques ou touristiques, bénéficiaient d’une protection totale des effectifs de l’OGS et offraient à leurs habitants un cadre de vie agréable bien que soigneusement réglementé, les ZU et les ZR étaient laissées à l’abandon et leur population, composée d’habitants de seconde voir troisième zone relégués dans un état de stricte survivance. En 2108, malgré les émeutes qui surgissaient sporadiquement dans les ZU, aucune personne ne songeait à remettre en cause l’ordre établi depuis plus de vingt ans. Avec son diplôme d’ingénieur en intelligence systémique et son emploi chez AXXS, Marc faisait parti des heureux élus au monde de paix et de prospérité des ZS crée par le Gouvernement pour les forces les plus productives de la Nation. Il avait trente-trois ans, était en pleine forme physique avec son mètre quatre-vingt-cinq de muscles, son visage fin et ses yeux bleus. Il occupait une vie en apparence parfaite, se rendait chaque jour chez AXXS en THV, pour faire avec plaisir ses douze heures de travail de bureau puis revenait chaque soir chez lui par le même chemin. Changeant de programme pour regarder les derniers résultats sportifs, Marc haussa les épaules, indifférent comme pouvaient l’être tous les habitants privilégiés des ZS, qui vivaient à l’abri dans leur périmètre. Puis il se leva, laissant les longs bras mécaniques du DOMS déplier la table escamotable contre le mur et déterminer quand déclencher un nouveau cycle de nettoyage. Il mit une touche finale à sa préparation, laissant sa cravate électronique se nouer autour de son cou après que le jet de son freshbrusher eut achevé de laver impeccablement ses dents. Son visage réfléchi dans la glace paraissait net, reposé et il se sentait paré pour une nouvelle journée de productivité. Lorsqu’il referma la porte d’entrée, il entendit DOMS lui souhaiter une agréable journée de sa voix neutre tandis que tous les appareils se mettaient automatiquement en veille mis à part les systèmes de sécurité qui eux rehaussaient leur état de vigilance. L’ascenseur à lévitation descendit en une dix-sept secondes les quarante-trois étages puis s’arrêta sous l’immeuble relié aux bornes d’appels du réseau de THV qui desservait l’ensemble des ZS de l’Ile-de-France.
Autre effet positif d’U-LowE, depuis 2085 à Paris comme dans toutes les ZS, les automobiles à moteur thermique avaient été interdites et subsistaient seulement des modèles individuels à propulsion électrique devant passer de sévères normes anti-pollution pour se voir autoriser à rouler. Avant U-LowE , la situation dans les grandes métropoles nationales était devenue critique, les grands axes urbains étaient congestionnés et la pollution ravageait l’environnement, provoquant des épidémies de maladies mortelles en plus des autres nuisances habituelles. Aujourd’hui, la situation s’était grandement améliorée : dans les ZS l’air était pur et l’ambiance sonore enfin apaisée. Marc grimpa dans le THV qui à cette heure encore matinale n’était pas encore bondé. Il avait toujours conservé ses habitudes de lève-tôt afin d’échapper à la foule des heures de pointe. Les portes blindées se refermèrent après un signal sonore puis la puissante machine automatisée s’ébranla dans un bruit étonnamment feutré. En une accélération parfaitement dosée, le THV monta jusqu’à ses rails situés à vingt mètres d’altitude. La particularité de ces nouvelles lignes post 2085, était de se trouver toutes perchées e dans les airs à la manière des téléphériques des stations de ski du XX siècle. Le THV était une machine de forme oblongue circulant à près de 200 km/h le long d’un axe reliant Versailles à la Défense en passant par Vélizy, afin d’irriguer les principaux centres de développement économique des ZS de l’Ouest parisien. La section de la ligne qu’empruntait Marc entre Bouissy et son entreprise à Neuvallois surmontait la Seine. Malgré la brièveté du trajet, le paysage qu’il observait à travers les vitres blindées avec d’un côté le Parc de Saint-Cloud, de l’autre le Bois de Boulogne était particulièrement agréable. Les protections que constituaient la hauteur, la vitesse et la structure renforcée de ses nouveaux THV développés par la branche transports civils de l’OGS, étaient complétées par un réseau de caméras de surveillance et de détecteurs de mouvements implantés sur des drones aériens, terrestres ou aquatiques qui patrouillaient inlassablement afin de reléguer le souvenir des sanglants attentats de la GCIF au rang de mauvais souvenirs. Le THV le déposa dans le quartier d’affaires de Nevallois Centre dans lequel il retrouva l’univers familier des buildings de verre, de béton et de métal qui était le sien depuis son entrée dans la vie active. Comme tous les jours ou presque, il arriva dans les premiers sur son lieu de travail. Les bureaux d’AXXS, siège parisien d’une entreprise d’ingénierie de plus de cent mille personnes, se situaient dans un immeuble de vingt étages ressemblant à un paquebot paré pour de longues croisières interstellaires. La proue s’avançait, effilée et conquérante, dans un mouvement fendant d’imaginaires horizons à défricher, tandis que la poupe plus évasée présentait une large assise synonyme de solidité. Les teintes des matériaux étaient similaires à toutes celles des autres immeubles des ZS, noires, grises ou légèrement bleutées. A l’intérieur on retrouvait cette dominance de la sobriété fonctionnelle : fontaines zen, jardin intérieur soigneusement taillé, plateaux d’open spaces à perte de vue créant de la
synergie entre les équipes, grandes fenêtres apportant de la luminosité et bien entendu stations informatiques surpuissantes reliées en réseau. L’immeuble disposait aussi d’un assortiment de services : réfectoires, salles de fitness ainsi q’une piscine sur le toit permettant d’organiser des soirées cocktails pour célébrer les bons résultats de l’année avec en prime une vue imprenable sur les tours voisines et concurrentes de la ZS de la Défense. Marc prit l’une de ses places préférées dans le plateau, alluma son ordinateur par une commande vocale envoyée depuis son PICS et s’installa confortablement. Malgré son jeune âge, il était déjà chef de projet et dirigeait une équipe de dix personnes. Après le GE et une fois les différentes zones créées, le Gouvernement avait eu en charge la lourde tâche de relancer l’économie. Dans ce domaine comme dans tant d’autres, le général Rueger, n’avait pas fait dans le détail et avait fait de l’OGS le principal donneur d’ordres du pays. Le PDG à poigne nommait lui-même les membres du conseil d’administration parmi ses proches et avait permis au consortium militaro-industriel de lancer d’importants programmes pour redresser un pays mis à genoux par le double effet du GE et de la GCIF. Proche des cercles du pouvoir, l’homme d’affaires Hubert Kalman avait alors sauté sur ce nouveau marché et crée AXXS, une société d’ingénierie qui, alimentée par les juteux contrats de l’OGS, avait rapidement prospéré. Marc avait été embauché à la sortie de l’Université et travaillait depuis sept ans au département domotique. Sa tâche consistait principalement à prendre en compte les évolutions des protocoles de sécurité employés dans les DOMS. Si l’OGS seule produisait la mise à jour des protocoles ultra confidentiels, il restait ensuite à assurer leur diffusion à grande échelle dans le réseau domotique reliant entre elles les ZS. Chaque jour, Marc distribuait le travail aux membres de son équipe, qui effectuaient la mise à jour des documents et reliaient les données entre elles à travers les multiples niveaux d’arborescence du DOMS. De son côté, il effectuait une activité de relecture afin de vérifier la qualité du travail produit et s’assurait de la bonne diffusion des fichiers en mettant son manager, Cédric Kalman en copie. La petite équipe du projet occupait une portion de l’open space et toute la journée les ingénieurs s’acquittaient de leur tâche, s’isolant dans la bulle de leurs PICS, support essentiel qui leur permettait de communiquer vocalement avec les stations de travail. Tout se faisait à distance et les interfaces directes avec l’OGS étaient essentiellement pilotées par son manager, en sa qualité de neveu du PDG et donc de représentant de la famille Kalman. Après ses longues journées de travail, Marc effectuait par mail un reporting régulier afin d’informer en temps quasi-réel sa hiérarchie de l’avancée des activités. Lorsqu’il quitta son bureau vers 20h, le cerveau abruti d’une saine fatigue, Marc emprunta le THV pour un trajet de retour express et sentit son implant PICS pulser dans sa boîte crânienne.
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