Voyageuse, tome 1

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268 pages
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Description


Un ami dans le coma, un secret, un voyage...




RÉSUMÉ


À 18 ans, Kanyin vient de terminer son lycée avec brio et ne tient plus en place à l’idée d’entrer enfin à l’université.


Toutefois, lorsque sa mère lui annonce qu’elle doit passer ses vacances au Bénin, auprès de son père, sa bonne humeur s’évapore.


Ce dernier étant constamment accaparé par son métier de chirurgien, la jeune fille s’attend à deux mois d’ennui et de solitude.


Elle ne prévoyait certainement pas retrouver un vieil ami d’enfance dans une situation plus qu’inattendue : dans le coma.


Et elle s’attendait encore moins à ce qu’en le touchant, elle se retrouve projetée dans un endroit des plus étranges...




CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE



« J'ai été maintenue en haleine du début à la fin » Blog L'écho des mots


« Je ne rêve que d'une chose (ou peut-être deux) : le voir adapter sur les écrans - et lire la suite. » Blog Wolkaiw


« Un superbe coup de cœur pour une très belle histoire profonde et très bien écrite ! » Blog Les livres de Zélie


« Le dépaysement est complet ! Et pas de place pour l’ennui ! » Blog Un univers de livres



Lauréat du prix du cercle anonyme de la littérature 2017


En lice pour le prix imaginaires 2019



EN PROMO le 10/04/2019, de même que :


- Coeur de flammes, tome 1


- Un Noël pas comme les autres



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Informations

Publié par
Ajouté le 31 octobre 2017
Nombre de lectures 35
EAN13 9791096622191
Langue Français
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DU MÊME AUTEUR
CŒURDEFLAMMES, TOME1 CŒURDEFLAMMES, TOME2 CŒURDEFLAMMES, TOME3 CŒURDEFLAMMES, TOME3.5 CŒURDEFLAMMES,TOME4 L’ANTICHAMBREDESSOUVENIRS ABIOLAETLAPLANTEMAGIQUE ABIOLAETLADÉESSEDESMERS
Iman Eyitayo
Voyageuse
Tome 1
©EDITIONSPLUMESSOLIDAIRES
PREMIREÉDITIONPARUEENJUILLET2017
©2017,EDITIONSPLUMESSOLIDAIRES EMAIL:CONTACT@PLUMES-SOLIDAIRES.COM SITEINTERNET:WWW.EDITIONS-PLUMESSOLIDAIRES.COM
AUTEUR: IMANEYITAYO
PHOTODECOUVERTURE: FOTOLIA
RÉALISATIONDECOUVERTURE: MARILYNNEEL& IMANEYITAYO
ISBNPAPIER: 979-10-96622-20-7
ISBNNUMÉRIQUE: 979-10-96622-19-1
©TOUSDROITSRÉSERVÉSPOURTOUSPAYS
DÉPÔTLÉGAL: NOVEMBRE2017
Chers lecteurs, Voyagez, Découvrez, Risquez, Vivez!
Iman
RETROUVEZTOUTELACTUALITÉDELAUTEURSUR:
SONSITE:WWW.IMANEYITAYO.COM
SAPAGEFACEBOOK: @IMANEYITAYOAUTEUR
SONCOMPTEINSTAGRAM: @IMANEYITAYO
Partie 1
Retour aux sources
Prologue
Jun entendit des bruits venant du rez-de-chaussée. Ses parents s’étant rendus en ville ce soir-là, il n’y prêta pas attention et s’e nroula dans ses draps. Rien n’y fit. La nuisance persista, et il finit par se redresser. La douleur dans sa tête s’amplifia aussitôt. Il se massa le crâne par réflexe. Cela faisait plus ieurs jours qu’il était fiévreux, nauséeux, faible : le paludisme. Pour la quatrième fois. On lui avait donné les médicaments habituels et ordonné le repos. Il serai t bien resté au lit, si quelqu’un ne s’amusait pas à faire du grabuge au rez-de-chaussée .
Jun souleva sa moustiquaire avec peine, en sortit e t se tint sur ses jambes. Pris de vertige, il avança en titubant, sans trop savoir ve rs quoi il se dirigeait ni pourquoi il le faisait. Il atteignit l’escalier et le descendit le ntement, le bruit se rapprochant indiciblement. On aurait dit que quelqu’un récitait un texte. Jun se fit l’image d’un prêtre en train de psalmodier et sourit. À cet instant, il se demanda même s’il n’avait pas des hallucinations, tout simplement. À quarante de fièv re, tout était possible.
Parvenu au bas des marches, il se dirigea vers le s alon. Une lumière aveuglante l’accueillit, lui brûlant les yeux. Il eut alors en vie de vomir et, sans prêter attention au bruit ambiant, s’agenouilla et se tint la tête. Il bouillait de l’intérieur. Qu’est-ce qu’il détestait le paludisme! À chaque fois, c’était l’horreur. L’habitude n’ai dait en rien.
La voix se fit plus forte à cet instant précis, l’a gressant au plus profond de lui-même. Il ne put se retenir et vida le contenu de son esto mac à même le sol. Qu’il soit vide n’y changea rien. Il ne se sentit mieux que pendant une seconde. Celle d’après, il reprenait enfin conscience de la raison de sa présence dans l e salon et du fait que ce qu’il entendait ressemblait à une incantation un peu… fam ilière.
Paniqué, il releva la tête et eut à peine le temps d’apercevoir l’intrus avant que sa vue ne se brouille. Il s’écroula au sol, le corps s oudainement très lourd. Un air froid lui glaça le sang, et sa fièvre lui sembla soudain préf érable à ce qui l’attendait. Les ténèbres l’accueillirent alors, et il sut que c’éta it la fin.
Le retour chez moi fut des plus laborieux.
1
C’étaient les vacances scolaires, et j’étais censée les passer chez mon père, un homme que je ne voyais que peu souvent, grand bien m’en fasse. J’avais donc quitté mon cher quartier montréalais pour me rendre à l’aé roport avec une nonchalance non feinte. Ma mère avait tenté de me rassurer sur le f ait que tout se déroulerait pour le mieux, que ces deux mois s’écouleraient bien vite, seulement on ne me la faisait pas.
Je connaissais parfaitement le bonhomme, et c’était bien là le problème. Individu respectable, médecin renommé dans mon pays d’origin e — le Bénin —, apprécié de tous, il aurait dû susciter chez moi de la fierté e t un certain sentiment de sécurité, mais non. Il ne m’inspirait qu’ennui et indifférence. Ve nant d’un homme qu’on ne voyait qu’une fois tous les trois ans et qui passait le pl us clair de son temps à l’hôpital, rien de plus normal. Aussi, j’ignorai toutes les tentatives de ma mère et essayai de me persuader qu’au moins le vol se déroulerait bien.
J’avais tort.
J’adorais les voyages en avion. Le ciel, le bruit d e l’appareil, le sentiment de liberté qui m’envahissait lorsque j’observais les nuages de puis le hublot, même les films que je regardais et les livres que j’y lisais faisaient partie de cette ambiance toute particulière que je ne ressentais pas sur la terre ferme. J’aimais cet ensemble, ces plats qu’on mangeait sur le pouce, l’appréhension de ne p as savoir qui serait mon voisin ou ma voisine, l’excitation au moment du décollage, l’ exaltation à l’atterrissage, quand bien même la destination ne me plaisait guère. J’ad orais tout ça. Seulement, cette fois, comme si le ciel avait souhaité appuyer le fait que mes vacances ne seraient qu’une longue course d’obstacles, mon vol fut des plus horribles.
Mes deux voisines — de derrière comme de devant — s ’étaient donné le mot pour me donner envie de sauter de l’appareil. L’une ne s upporta pas que mes jambes touchent son siège, et n’arrêta pas de les cogner — comme si en agissant ainsi, elles rétréciraient. Je dus m’armer de patience pour ne p as l’étrangler. Elle avait un enfant avec elle, ç’aurait été de très mauvais goût et rel ativement traumatisant pour ce dernier. Et je ne voulais pas être catégorisée dans ce genre . L’autre, pour ne rien arranger, occupa son temps à crier sur toutes les hôtesses qu i passaient, se plaindre de tout, essayer d’engager la conversation avec moi en espér ant que je serais d’accord avec tous ses principes antisociaux. Elle n’aimait rien, pas même l’eau qu’on lui servit. Elle lui trouva une odeur étrange, et je me demandai sin cèrement si cette femme se supportait elle-même tant elle ne concédait rien. E t, comme j’étais assise côté hublot, ce fut très compliqué de l’ignorer ou de lui échapp er. Mes allers-retours aux toilettes furent si nombreux qu’une des hôtesses de l’air fin it par s’enquérir de mon état de santé. Trop énervée, je n’eus pas la patience de lu i expliquer. Et lorsque je tentai de me réfugier dans un coin de l’appareil pour lire, je f us aussitôt interpellée par un steward qui me recommanda fermement de regagner ma place. C e que je fis en traînant des pieds… juste avant de me heurter à la jambe de ma c harmante voisine de derrière qui dépassait. Résultat, je m’affalai au sol et me cogn ai la tête, récoltant ainsi une grosse bosse sur le front et beaucoup de rires de la majorité des passagers. Mes sept premières heures de vol s’avérèrent donc t rès longues. Mon escale à Paris
fut un tant soitpeu acceptable, si on supposeque se faire traiter comme une terroriste à la douane l’était. J’avais oublié de retirer unepince de ma chevelure et toutes les alarmes se réveillèrent d’un coup. Etj’avais beaupasser et repasser, rien n’y changeait. Qui aurait songéque le coupait dans ceable se cach petit afroparfaitement innocent? Pas moi, en tout cas. Il fallut doncplusieurspa ssages et une série de contrôlesphysiques assez muscléspteour trouver ladi pince et me laisser enfin circuler. Aupoint oùj’en étais,juai même pas. J’espérais encore quee ne m’en offusq la seconde partie du vol serait supportable.
J’euspresque raison. Cette fois,phiantes ouas de voisines c humanophobes, mot queje venais toutjuste d’inventer dans un accès d e dépit. Je bénéficiaipar contre de turbulencespresquepermanentes, dues à une météo d éfavorable. Beaucoup des passagers, apeuréspfurent certainsar les récents crashs aériens, que leur dernière heure était arrivée. De mon côté, seuls leurs cris etprières intempestives megênèrent. À ce stade, une catastrophe relèverait davantage du soulagement qu’autre chose. Et, finalement, je parvins à Cotonou, la capitale é conomique du Bénin. À précisément 21 h 54.
Dès le hublot, je sus que j’étais au bon endroit. P as d’erreur. Ce noir infini définissait bien le comité d’accueil habituel de l’aéroport de mon pays natal, où tous les vols de l’étranger atterrissaient presque exclusivement de nuit. La chaleur étouffante qui m’enveloppa en sortant de l’appareil, le bus blindé et empli d’odeurs qui nous conduisit au bâtiment principal depuis la piste d’atterrissag e, la longue attente pour les bagages, et enfin, la rencontre avec le chauffeur qui m’emmè nerait à l’hôpital de mon père — car oui, il se trouvait encore en salle d’opération —, le trajet dans une obscurité parsemée de quelques lampadaires solitaires, tout cela me ra ppela qu’il s’agissait bien d’un retour au bercail, d’une plongée dans l’ennui intempestif que seraient mes vacances scolaires.
Eh bien, bienvenue à moi, me dis-je en découvrant finalement lapolycliniqu e Olouoba, le sanctuaire de mon père et mon habitat pendant les deux prochains mois.
J’y étais. Plus de retour en arrière possible.