Zombie : mythe ou réalité ?
89 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Zombie : mythe ou réalité ?

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
89 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Ces dernières années, le zombie est devenu un phénomène culturel à part entière.
Il ne cesse de revenir hanter la bande dessinée, films, séries télévisées, romans, jeux vidéos, jeux de plateaux, ou bien encore les zombies walks et il dit beaucoup de choses sur notre monde.
L'objectif de ce livre, fruit d'un colloque sur le sujet, est d’utiliser la figure du zombie comme prétexte pour faire de la science et traiter de géographie, de neuroscience, de biologie ou de récits mythiques !



Sept textes qui vont vous amener à voir différemment les mangeurs de cervelle...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782376863076
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

présente



Zombie : mythe ou réalité ?
Sous la direction d’Audrey Tuaillon Demésy et Sidney Grosprêtre
Illustration par Adrien Lamberti

Ce fichier vous est proposé sans DRM (dispositifs de gestion des droits numériques) c'est-à-dire sans systèmes techniques visant à restreindre l'utilisation de ce livre numérique.
Introduction
Les zombies, de la fiction à la réalité

Audrey Tuaillon Demésy et Sidney Grosprêtre


Aujourd’hui, le motif du zombie est devenu un phénomène culturel à part entière. Il ne cesse de se donner à voir sur les multiples supports médiatiques : bandes dessinées, films, séries télévisées, romans, jeux vidéos, jeux de plateaux, etc. Le mort-vivant est devenu populaire, connu de tous. Par ailleurs, loin de ne ravir que des spectateurs, il est aussi prétexte à expérimenter corporellement la fuite devant une horde, ou le déplacement chancelant si caractéristique de ces personnages imaginaires. En effet, les zombies run et autres zombies walk ne proposent rien d’autre que d’entrer physiquement dans l’univers des zombies.

À n'en pas douter, la thématique du retour des morts est en pleine effervescence et ne cesse de susciter discussions et spoilers dans les communautés de fans... L'engouement pour cette figure fait état d'un imaginaire partagé par les adeptes du genre. Son évocation ne laisse pas indifférent. En effet, au-delà du lien entre vie et mort, le zombie questionne, la représentation d’autres réalités après la « fin » du monde tel que nous le connaissons. Le mort-vivant parle de catastrophe irrémédiable et ce, quelles que soient ses caractéristiques : infecté, mort, seul ou en horde, aux déplacements rapides ou lents, etc… Tous ces univers post-apocalyptiques dans lesquels évoluent les zombies invitent à penser, en creux, le monde d'aujourd'hui.

Au-delà des histoires imaginaires ou projectives, les sciences (humaines et sociales, biologiques, neurologiques, physiologiques, etc.) s’intéressent aux manifestations qui mettent en scène des « revenants », comme en témoignent les nombreux ouvrages et publications scientifiques prenant pour objet le zombie et sa culture. Partant du constat que le mort-vivant peut être un objet d’étude scientifique, l’objectif du livre que vous tenez entre les mains est d’utiliser la figure du zombie – autrement dit une fiction – comme prétexte pour faire de la science. Le mort-vivant va ainsi nous permettre de traiter de géographie, de neuroscience, de biologie ou de récits mythiques !

Là où tout a commencé...

L’histoire de l’ouvrage Zombies, mythe ou réalité ? a débuté un jeudi midi d’automne autour d’un café... Dans les bureaux de l’université, nous échangions nos impressions sur le dernier épisode de Fear the Walking Dead , vu la veille au soir. De fil en aiguille, un dialogue s’est engagé autour de l'usage fait par des mathématiciens d'une invasion de zombies comme modèle théorique de propagation épidémique. Finalement, pourquoi ne pas, nous aussi, réfléchir à cette question, mais sous l’angle de nos disciplines respectives (sciences sociales et sciences de la vie) ? Ainsi est née l'idée de mettre en place des rencontres universitaires, visant à articuler recherches et thématiques populaires. La médiation scientifique est l’une des missions des chercheurs et c’est dans cette optique que s’est déroulée à Besançon, le 26 mai 2017, la première édition de La science à travers la fiction. Cet évènement consistait en une journée de conférences destinées au grand public, lui permettant de rencontrer des chercheurs et de découvrir la science sous un angle nouveau . L'ouvrage proposé ici fait suite à cette action culturelle et scientifique.

Nous l’avons souhaité pluridisciplinaire, afin de faire dialoguer les sciences entre elles, mais aussi parce que le mort-vivant est, par essence, complexe. Afin de répondre à la question : « Le zombie peut-il exister ? », il est nécessaire de recourir à diverses disciplines, en sciences humaines et sociales comme en sciences de la vie. Les sept chapitres de ce livre devraient vous permettre de vous faire une idée sur la question. Pour compléter votre voyage, nous avons choisi de vous proposer des illustrations originales, afin de vous immerger totalement dans le monde des zombies. Pour faciliter vos déplacements, vous trouverez ci-après une brève présentation de chacun des textes. Bon voyage !

Ce que vous allez pouvoir lire

Pour commencer notre voyage en Apocalypse, Sébastien Causse nous propose une approche de l’épidémie zombie sous l’angle de la biologie. Quels sont les phénomènes « naturels » qui existent déjà et qui font écho au phénomène de « zombification » ? Comment expliquer des cas d’augmentation subite de l’agressivité ou de la faim, par exemple ? Partant de là, la question se pose de savoir s’il serait possible de créer en laboratoire un « virus zombie ». L’auteur nous expose différentes pistes menant à la création d’un virus. La biologie cellulaire nous permet de choisir et de doser les ingrédients qui pourraient entrer dans la recette d’un virus zombie.

La place est ensuite laissée à la géographie. Manouk Borzakian aborde la question des frontières, si présentes dans les films de zombies. Le géographe nous emmène en excursion, d’Haïti aux banlieues américaines. Ce voyage initiatique nous apprend que le zombie se déplace : il devient une menace interne, se rapproche. Les frontières entre monde des vivants et monde des morts deviennent poreuses et apparaissent murs et barricades. L’auteur nous invite alors, non sans humour, à réfléchir aux raisons de l’enfermement et du repli sur soi. Le zombie, ici, devient une allégorie de notre monde contemporain.

Pour prolonger ces réflexions sur le territoire, Clémentine Hougue utilise le célèbre ouvrage de Max Brooks, World War Z (2010), pour traiter des enjeux géopolitiques que posent les invasions zombies. La (science-)fiction devient un prétexte pour analyser le politique et les relations de pouvoir entre nations. L’analyse littéraire de l’ouvrage vient questionner les systèmes politiques en place au moment de l’invasion zombies et leurs échecs (ou leurs réussites) quant à la gestion de l’épidémie zombie. L’apocalypse est une manière de réfléchir à la politique internationale et d’inverser un certain nombre de valeurs. La fin du roman montre, en effet, un monde transformé, duquel les grandes puissances sortent affaiblies. Les cartes ont été redistribuées par les zombies...

Le quatrième texte invite à un retour aux sciences de la vie. Sidney Grosprêtre, en utilisant une mise en abîme, nous narre l’histoire d’une équipe de recherche en neurophysiologie qui mène des expérimentations sur des zombies. Dans un futur proche, les scientifiques cherchent à mieux comprendre le système nerveux du mort-vivant. A-t-il besoin de son cerveau pour se mouvoir ? Un zombie meurt-il si sa tête n’est plus attachée à son corps ? Les fonctions motrices sont-elles dépendantes d’un centre nerveux ? Ce qui est en question ici, c’est une réflexion sur la limite physiologique entre vie et mort. Alors que le cœur a longtemps été considéré comme l’organe de la vie, le cerveau est aujourd’hui l’objet de toutes les attentions. Celui du zombie ne fait pas exception à la règle.

Adrienne Boutang, pour sa part, prend le contre-pied des représentations habituelles du zombie et nous révèle que celui-ci est aussi une figure comique. Abordant le mort-vivant du point de vue des études cinématographiques, elle nous montre que le corps zombie, sous ses atours hideux, traduit en réalité un renversement des valeurs. La mort devient risible. Le corps décharné, source de malaise, est aussi un support comique qui entretient une certaine confusion : le zombie conserve-t-il des traits humains ? S’il titube, est-il mort ou ivre ? Au-delà d’un ensemble de caractéristiques comiques, la mise en scène de ce corps mort-vivant est une manière d’amener le spectateur à un transfert : finalement, le zombie n’est que le reflet de certains traits idéologiques de nos sociétés contemporaines. Ce n’est ainsi pas un hasard si les zombies sont friands de supermarchés...

Laurent Di Filippo, quant à lui, se prête au jeu de l’analyse du zombie, mais dans une toute autre perspective. À travers l’évolution de la figure du mort-vivant dans le jeu de rôle Donjons et Dragons, l’auteur tisse des liens entre les représentations des zombies dans les récits médiévaux germano-scandinaves (qui influencent la mise en scène des revenants dans le jeu), ceux – mieux connus du grand public – venant d’Haïti, et enfin, ceux présents dans la tradition chrétienne. L’évolution de ce monstre dans les différentes éditions du jeu de rôle révèle une certaine stabilité (les zombies sont en groupe) et dévoile aussi, en creux, la structure du jeu qui voit se superposer Bien et Mal, Vie et Mort.

Enfin, le dernier texte, écrit par Fabien Perrin, nous invite à un détour du côté des neurosciences cognitives. Les zombies ne sont pas simplement des figures de l’altérité, ils font aussi partie intégrante de nous-mêmes. En effet, les zombies sont à l’intérieur de nous, dans nos cerveaux. C’est, en réalité, comme cela que les neuroscientifiques dénomment les modules de traitement de l’information, dont les tâches s’effectuent en dehors de tout traitement conscient. Un certain nombre de processus sont ainsi réalisés par notre cerveau de manière inconsciente. Nécessaires, ces zombies nous évitent d’être submergés par une multitude d’informations que nous serions incapables de traiter consciemment. Mais ces zombies se parlent. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent une horde qui communique, que les informations peuvent parvenir à notre conscience. Autrement dit, chez les zombies du cerveau comme ailleurs, l’union fait la force.


Pour en savoir plus

Brooks M. (2015), Attaques répertoriées , Paris, Le Livre de Poche.
Brooks M. (2010), World War Z , Paris, Le Livre de Poche.
Coulombe M. (2012), Petite philosophie du zombie , Paris, PUF.
Curran R. (2011), Le livre des zombies , Paris, Cyel.
Mogk M. (2016), Culture Zombie , Muttpop.
Paris V. (2013), Zombies. Sociologie des morts-vivants , Montréal, éd. XYZ.


Avertissement

La vulgarisation scientifique est une sensibilité propre à chaque chercheur et chaque discipline. Pour cette raison, nous n’avons pas souhaité contraindre les auteurs de cet ouvrage à un canevas pré-déterminé. Par conséquent, chaque chapitre témoigne de la manière dont chacun ou chacune a souhaité transmettre des connaissances aux lecteurs et traduit aussi des manières de faire propres aux différents champs scientifiques. Nous espérons que ces diverses modalités viendront enrichir la lecture.
 
Chapitre 1
Concevoir un « virus zombie »
 
Sébastien Causse
 
 
Les zombies font partie des créatures fantastiques les plus populaires des œuvres de fiction. Deux aspects en particulier les placent parmi les plus craintes actuellement : le premier est que les fictions sur les zombies se situent dans le monde contemporain, celui auquel on s’identifie et dans lequel nous vivons ; le deuxième est que personne n’est à l’abri des zombies et, plus effrayant encore, personne n’est à l’abri d’en devenir un. Dans de nombreuses œuvres, le virus à l’origine de l’épidémie provient de laboratoires peu scrupuleux dont le but est de produire une arme biologique pour des sociétés ou des gouvernements. Dans le monde moderne de la manipulation génétique, la crainte qu’un tel virus soit créé en laboratoire de manière volontaire ou fortuite est bien réelle. Mais cette crainte est-elle justifiée ? Dans ce texte, je propose d’étudier la création d’un virus de ce type. Le chapitre sera décliné en trois parties : la première abordera les cas de manipulation du comportement animal existant dans la nature ; la seconde se focalisera sur la possibilité technique de créer un virus zombie ; enfin, la dernière partie estimera l’efficacité théorique de ce virus et proposera des contre-mesures afin de s’en protéger.

 
I. Exemples de modification du comportement animal dans la Nature.
 
« On ne commande à la nature qu’en lui obéissant » , disait Francis Bacon. Cette citation est généralement juste, quel que soit le domaine. Si les ballons à air chaud volent, c’est grâce à la poussée d’Archimède. Ce dernier, s’il a découvert le principe, ne l’a pas créé. La poussée d’Archimède existait bien avant son découvreur, ce n’est que la compréhension de ce principe qui nous permet d’en tirer un avantage et de faire voler des ballons pour nos besoins. Lorsqu’un biologiste met au point un principe actif ou un traitement contre une maladie, il se base aussi sur sa connaissance du corps humain et cherche à activer ou inactiver certaines voies afin d’arriver à son résultat. Il mime ce qui existe déjà pour créer une molécule thérapeutique, un principe actif. Ainsi, il est important, avant de pouvoir concevoir un pathogène « zombie », de d’abord connaître ce qui existe dans la nature. Le but de cette première partie sera donc de passer en revue quelques phénomènes naturels dont on pourrait s’inspirer.
 
a) Les parasites
 
Un parasite est un organisme nécessitant pour sa survie ou sa reproduction l’interaction avec un autre organisme (l’hôte). C’est une relation à sens unique dans laquelle le parasite seul tire un bénéfice aux dépens de l’hôte. Toutefois, contrairement à la prédation, le parasite ne tue généralement pas son hôte. Les parasites figurent parmi les champions de la manipulation du comportement {1} . Leur capacité à ne modifier qu’un seul des comportements de l’hôte est en soi un exploit qui fascine de nombreux chercheurs. Parmi les cas les plus célèbres, figure celui de champignons de la famille des Cordyceps (ces champignons ont d’ailleurs inspiré l’origine des « infectés » dans le jeu-vidéo The Last of Us ). Dans la nature, ces champignons sont connus pour contaminer exclusivement des insectes et des araignées. Dans le cas de fourmis infectées par Ophiocordyceps unilateralis , celui-ci provoque leur migration vers des zones plus propices au développement des champignons et à la dispersion des spores. Une fois sur place, le champignon oblige la fourmi à planter ses mandibules de manière irréversible dans la face inférieure des feuilles. Le champignon finit de coloniser l’hôte qui meurt. Il émerge ensuite de la tête de la fourmi afin de disperser ses spores 2,3 . Manipuler un insecte peut paraître simple, au vu de leur système nerveux rudimentaire, mais dans les faits cela requiert l’utilisation d’une palette très complexe de molécules de la part du parasite, qui est spécifique à chaque espèce infectée.
 
Certains parasites sont tout à fait capables de modifier le comportement de mammifères, et notamment de l’être humain, malgré leur système nerveux plus complexe. C’est le cas de Toxoplasma gondii , un parasite associé aux chats et qui provoque la toxoplasmose chez l’être humain. Celle-ci, généralement considérée comme sans risque, peut néanmoins générer des complications sérieuses chez les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées {2} . Ce parasite unicellulaire peut contaminer n’importe quel mammifère. Cependant, il doit nécessairement infecter un félin pour se reproduire de manière sexuée. Pour cela, le parasite modifie le comportement des rats qu’il contamine pour favoriser leur prédation par les chats. Cette manipulation a été longuement étudiée chez les rongeurs : les rats ont une aversion naturelle envers l’odeur d’urine de chat, mais cette peur s’évanouit chez les rongeurs touchés par le parasite, qui ne fuient plus les zones où des chats sont présents. Dans certains cas, les rongeurs seraient même attirés par cette odeur. Ce phénomène serait également vrai chez l’homme, mais étonnamment, pas chez la femme. Il est intéressant de noter que cette modification ne concerne que l’odeur des chats et que ce parasite n’a pas d’effet sur l’aversion de l’hôte envers des canidés ou d’autres prédateurs potentiels comme les furets. Les recherches épidémiologiques et des méta-analyses indiquent que les troubles bipolaires, la schizophrénie, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et l’addiction sont plus prévalents chez les personnes atteintes par T. gondii . Quelques études semblent aussi associer T. gondii à une désinhibition, une agressivité et à un taux de suicide plus élevé qui n’est pas sans rappeler le film Phénomènes de M. Night Shyamalan. Plusieurs explications ont été proposées concernant la modification du comportement par T. gondii : on retrouve, parmi ces stratégies, l’installation préférentielle du parasite dans certaines régions du cerveau (et une interférence avec le fonctionnement normal de cette région). Une autre hypothèse est celle d’une surproduction de testostérone par T. gondii après l’infestation des testicules des rongeurs. Finalement, il est également possible que T. gondii altère la sécrétion de dopamine (le neurotransmetteur du plaisir mais aussi de la récompense) chez l’hôte. Toutes ces stratégies peuvent expliquer certaines modifications de comportement, mais aucune ne peut en expliquer la totalité. Ceci semble indiquer que ces parasites font usage de plus d’une stratégie pour arriver à leurs fins.
 
b) Les psychotropes
 
Nous avons vu que moduler ou imiter un neurotransmetteur est une stratégie possible pour modifier le comportement. Les molécules ayant cet effet sont appelées « psychotropes ». Outre les parasites, plusieurs plantes et champignons en produisent. De nombreuses molécules ont également été créées par l’homme. Si leurs actions au niveau moléculaire sont généralement connues, l’effet final de ces drogues varie énormément d’un sujet à l’autre et d’une situation à l’autre. Il est difficile de reproduire la même modification de comportement de manière certaine en n’utilisant qu’une seule drogue. Les parasites n’y arrivent qu’en activant différents gènes de leur génome. Il est ainsi impossible de pouvoir parvenir à un résultat précis de manière sûre, un comportement de « mort-vivant » par exemple, en n’utilisant qu’un seul psychotrope. Toutefois, un comportement de type « zombie » est très souvent associé à une drogue particulière, le « flakka », ou alpha-pyrrolidinovalérophénone (α-PVP), une drogue synthétique de la famille des « sels de bain ». Des faits divers aux États-Unis rapportent occasionnellement des cas de « cannibalisme » de la part d’utilisateurs de flakka et, plus généralement, une très forte agressivité {3} . Un cas en particulier a été largement médiatisé : le 26 mai 2016, Rudy Eugène, sous l’influence de cette drogue, attaque et défigure Ronald Poppo à Miami. Parmi les symptômes, figurent les mouvements désordonnés, la psychose et une agressivité exacerbée, ou parfois une faim insatiable qui a poussé certains utilisateurs à arracher avec leurs dents le visage de victimes humaines. À ce comportement très semblable à celui des zombies des œuvres de fiction s’ajoute le fait que les utilisateurs sont plus résistants à la douleur, et des membres des forces de l’ordre rapportent qu’il leur faut parfois plusieurs tirs d’armes à feu pour neutraliser un utilisateur de flakka {4} . Cette drogue provoque, en outre, de graves lésions de la moelle osseuse et des reins qui détériorent l’état et l’aspect des utilisateurs, voire les défigurent. Ces deux derniers aspects ont également contribué à l’image de « drogue zombie » du flakka.
 
Dans un cas un peu à part de « zombie », celui du Vaudou de Haïti, il est fait mention de sorciers (ou « bokor ») capables de soumettre d’autres personnes (souvent supposées mortes) à leur désir. Les victimes de ces sorciers perdent toute volonté propre, sont...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Livres Livres
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents