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Sur la route, 25 ans après Jack Kerouac

De
290 pages

« Une vie réussie doit être remplie de rêves [...] Moi, j’avais depuis longtemps ces rêves : visiter ce parc d’attraction en Californie dont parlait la revue Mickey Parade que je lisais chaque mois, lorsque que je trouvais les cinq francs nécessaires à son acquisition ; descendre au fond du Cratère du Météore, en Arizona, dont j’admirais la photographie dans mon livre d’astronomie ; parcourir le Canyon du Colorado et la Vallée des géants qui projetaient leurs ombres fantastiques dans les westerns américains de légende [...] » Au delà du voyage initiatique, ce récit vécu découvre le visage inquiétant de l’Amérique.


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Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-69172-9

 

© Edilivre, 2017

Exergue

 

Stoïcisme : Il faut vivre en accord avec la nature et la raison pour atteindre la sagesse et le bonheur.

Par Jacques Kerab

Dédicace

 

Je dédie cet écrit aux personnes que j’aime et qui m’aiment et qui seront indulgents à l’heure de lire ces quelques lignes quant au style, à la syntaxe, aux fautes d’orthographe et de grammaire qui auront échappées au correcteur automatique. Noter cependant que j’écris toujours Maman avec une majuscule quoiqu’en disent le correcteur et l’Académie Française.

Préparatif itinéraire

L’idée d’un voyage aux Etats-Unis m’est venue à l’occasion des nombreuses parties de tarot que j’ai partagé avec John Flanigan, l’américain, étudiant le français et Jean-Louis Croci, le nancéien, étudiant à l’Ecole de journalisme. Nous jouions, parfois, jusqu’à des heures avancées de la nuit dans nos minuscules cagibis de la Cité Universitaire de la Wantzenau à Strasbourg. A tel point qu’une fois nous avons vu le jour se lever. John assurait qu’il pourrait m’accueillir pendant quelques jours chez lui dans l’Indiana et que, pour le reste du voyage, il me donnerait des adresses de gens qu’il connaissait, par exemple sa tante de Everton et sa sœur de Denver. Il n’avait pas de doute, que sur place, je trouverais d’autre contact. Dans mon cercle d’ami j’avais aussi, un canadien âgé d’une quarantaine d’années, professeur de français dans un lycée d’Edmonton dans la Province de l’Alberta, à l’ouest. Il acceptait également de me recevoir quelques jours. Si bien qu’en quittant la France j’avais deux points de chute uniquement, North Manchester, Indiana, Etats-Unis et Edmonton, Alberta, Canada distant l’un de l’autre de 3 000 kms. J’envisageais également de suivre les pas de mon beau-frère Jean-François Peroz qui en 1976 avait tenté de récolter du tabac en Ontario. Tenter car, à l’époque déjà, lui et son ami Pascal, s’étaient fait jeter par les services d’immigration canadien, normalement si accueillants voire prévenants pour les immigrés francophones.

Ces projets de visite et de séjour étaient un peu limités pour occuper un voyage d’une longueur prévue d’un an approximativement. Ils me permettaient cependant d’avoir de rassurants points de chute. Lors d’un premier voyage dans n’importe quel pays, il est toujours plaisant de suivre un fil plus ou moins conducteur. Vu sous un autre angle, ces étapes étaient comme des bouées auxquelles je pouvais m’accrocher dans ma traversée de l’océan américain. A partir de là, je pouvais organiser mon voyage, préparer mes visites touristiques, planifier mes rencontres… En fait d’organisation il n’y en eu aucune, puisque la seule idée concrète – si l’on peut dire – que j’avais en tête, était d’aller aux Etats-Unis. Un point c’est tout. Je ne me suis jamais posé la question de où j’allais aller et chez qui à part chez John, Grant et, au dernier moment, chez le restaurateur français du New-Jersey. Je ne comptais pas sur la Providence, mais la Providence a compté sur moi. Si je puis paraphraser ainsi ce chanteur qui écrit « On me demande souvent si je crois en Dieu… mais moi je me demande souvent si Dieu croit en moi ». Rétrospectivement si j’avais commencé à réfléchir je ne serais jamais parti. Je sortais d’une année vide à l’Université de Strasbourg que je peux résumer en quelques phrases : à la faculté de Biologie j’avais appris le hongrois (Je n’ai pas fait plaisir à Pasteur mais satisfait Petöfi) manifesté à Paris (je suis sorti dans un hebdomadaire national portant le cercueil de l’Université et j’ai été interviewé par des journalistes de presse écrite), je suis devenu un spécialiste de la tarte flambée alsacienne, du jeu de tarot et j’ai contribué à ce que deux êtres chers se déclarent leur flamme, ému par à l’écoute de la voix de castra de Pavlov’s dog. Côté études… quelles études au fait ?, ah oui Biologie. Le jour des partiels de mathématiques, après avoir parcouru la feuille d’examen je dis au surveillant que je m’étais trompé d’amphi et que moi, je ne passais pas l’Agrégation de Mathématiques. Il me confirma qu’il s’agissait bien d’un examen d’une première année de DEUG… Je ne comprenais même pas la première ligne de l’énoncé du problème… alors évidemment résoudre le problème lui-même relevait du domaine de l’impossible. Je n’aurais pas non plus été capable de copier sur mon voisin car je n’aurais pas su ce qu’il écrivait. Je quittai donc la salle après avoir laissé passer l’heure réglementaire Mais en examen de biologie je fus rassuré… car je n’étais pas le seul… Mon voisin de table d’examen, un africain, après avoir lu l’énoncé du sujet intitulé : « les rythmes circadiens » me demanda : « qu’est que c’est les rythmes giscardiens ? ». Nous étions en février 1981… La France allait sortir de sept années de présidence VGEénne brillante comme des diamants africains.

Une seule issue donc à l’entrée dans mon avenir, le voyage vers la Terre Promise. Joachim, qui habitait Strasbourg à l’époque, contribuera à sa façon à mon périple. Il me prête un manuel d’expressions anglo-américaine qui me sera fort utile même si beaucoup de termes qui y apparaissaient étaient inconnues de beaucoup d’américains eux-mêmes car désuètes, rares ou locales. J’emportai également le guide du routard Etats-Unis-Canada. Quoique épais comme un jour sans pain à ce moment, il, me fût cependant d’un très grand secours surtout pour les conseils concernant l’arrivée qui comme on le sait est la phase la plus délicate du routard en approche de territoires inconnus. On est à l’époque de la première compagnie low-cost Freddie Laker… qui ne durera pas deux ans car sur les longues distances les coûts fixes sont trop élevés. Par précaution, je me munis d’un maximum d’adresses. Certaines – et pas des moins importantes – me sont données à la dernière minute comme si tout le monde s’entendait pour me donner un coup de main. Ainsi, un membre du club de foot de Danjoutin, M. Boulanger me parle d’un cousin de sa femme qui a monté un restaurant dans le New Jersey avec ces deux frères. En outre, fort de l’expérience malheureuse de Jean-François, je me renseigne auprès de l’ambassade du Canada sur la cueillette du Tabac en Ontario et des pommes au Québec organisé par l’Association Val de Marne-Québec.

Les raisons du voyage

Comme l’écrivit plus tard l’entrepreneur brésilien Ricardo Semler dans son livre « A contre courant » : Une vie réussie doit être remplie de rêves que l’on se donne – le plus tôt possible – pour objectif d’atteindre, les uns après les autres, pas forcément tous. Moi, j’avais depuis longtemps ces rêves : visiter ce parc d’attraction en Californie dont parlait la revue Mickey Parade que je lisais chaque mois dans les années 1970, lorsque que je trouvais les cinq francs nécessaire à son acquisition ; descendre au fond du Cratère du Météore, en Arizona, dont j’admirais la photographie dans mon livre d’astronomie ; parcourir le Canyon du Colorado et la vallée des géants qui projetaient leurs ombres dans les westerns américains de légende ; lever les yeux vers l’Empire State Building que King Kong avait pris pour le rocher de son île perdue ; rêver à Hollywood et vivre les effets spéciaux de Star Wars, récemment sorti au cinéma ; voir s’étendre à perte de vue les Grandes Plaines et les Rocheuses noms propres devenus communs dans mon esprit d’enfant ; entendre le Québec et nos frères d’outre Atlantique ; donner un sens à ma collection de pièces de monnaie et ramener ce quart de dollar qu’une parente de Maman m’avait donné. Que de rêves à réaliser !

Bien-sûr le désir de se libérer des conventions sociales qui sont étouffantes quand on a vingt ans… et même plus tard donnait un autre sens à ce voyage. Mais quoi de plus normale d’avoir envie d’être libre ! Donner un peu de sens à mon existence si l’on veut philosopher. Vous rappeler-vous ce jeune personnage de la bandes dessinées de Lauzier, la course du rat à qui son auteur fait dire : « J’ai 18 ans… et qu’ai-je fait de ma vie… rien : ». Alors que pour d’autres, vivre était déjà un objectif inatteignable.

Les choses sérieuses commencent lorsque je fais ma demande de visa en septembre 1981. Le 2 octobre le Consulat des Etats-Unis m’envoie un formulaire dans lequel on me demande d’apporter la preuve des fonds nécessaires au séjour (lettre de la banque, traveller’s chèques…) et, étonnament pour un formulaire administratif, en lettre manuscrite : « Comment subviendrez-vous à vos besoins pendant six mois ? ». Questions embarrassantes ! La date de départ est fixée par mon billet d’avion le 3 novembre 1981 soit quelques jours après mon anniversaire : Ce sera rétrospectivement mon plus beau cadeau d’anniversaire jusqu’à présent. Le billet le moins cher que je trouve est celui de la compagnie Icelandic, au prix de 1 690 F aller et retour avec escale à Reykjavik dans un avion de type DC8. Je verse 500 Francs dés le 16 octobre alors que je n’ai toujours pas reçu mon visa ! Il arrive enfin le 22 octobre avec une validité de un an. Je suis enchanté par cette durée qui correspond à mon projet… car je ne sais pas quel obstacle m’attends encore. Ce samedi 24 octobre, jour de mon anniversaire je cherche un blouson chaud dans les magasins de Belfort car je n’ai rien à me mettre pour affronter l’hiver américain que je sais rude. J’ai bêtement oublié, cet été, dans un hôtel de Roumanie, le vêtement que maman m’avais acheté l’année d’avant ; Moi qui n’étais jamais allé à l’hôtel ! Mais je n’ai pas vu de blouson qui me plaisait.

J’arbitre mon dernier match de football le dimanche 25 octobre : les juniors de Réchésy contre ceux de Beaucourt, les quelques francs que ce match me rapporte sont les bienvenus. Le 28 je vais chercher 700 dollars en American Express à 5.91 francs le dollar à la Banque Populaire : 10 billets de 50,7 de 20 et 6 de 10. Le 30 je retire encore 20 dollars canadiens et 80 dollars américain. Je vais aussi chercher mon billet d’avion ; il reste à payer 1 190 F. Le jeudi 29 maman m’accompagne pour acheter des chaussures chaudes et pantalon : maman paie, c’est sympa. Moi mon compte de la caisse d’Epargne est vide ! Le samedi 31 Papa ramène à Wignehies Tante Cécile qui était venue passer quelques jours à Belfort ; je suis du voyage, car mon avion décolle de Luxembourg à 150 de là. Le dimanche papa repart à Belfort vers 11h00. Tante Cécile est très gentille…. file rappelle à papa qu’il est normal que les oiseaux quittent le nid. Elle est très triste que je m’en aille même si, en personne habituée à être seule elle ne m’aurait pas supporté 48 heures de plus, je pense. Il y a tellement longtemps qu’elle n’a pas eu de compagnie dans sa maison. Elle a 81 ans maintenant mais elle est en pleine forme ; elle me raconte sa peine depuis le décès de son mari Paul qui la faisait bien me. Elle me dit avoir trouvé un mari qui ne pensait pas comme tous les autres « à lui grimper tout le temps dessus » disait-elle. Tante Cécile a toujours eu le franc-parler des Bécar. Le mardi 3 novembre je prends le train à 8h00 de Fourmies. Je vais à la gare en Taxi. C’est d’ailleurs la première fois de ma vie que je prends le Taxi. Il ne faut pas rater le train car le départ de l’avion de Luxembourg est à 13h30. Tante Cécile me donne, sans prévenir, un billet de 500 F ! Une fortune pour moi, 10 % de mon budget de départ, pas moins ! Je tente poliment et sincèrement de ne pas accepter – même si je sais que j’aurai beaucoup besoin argent – mais elle insiste en disant qu’elle en a d’autres et qu’elle n’en a pas besoin. Le trajet dure 9h30 car l’avion fait escale à Reykjavik où je descends pour acheter des timbres poste. Il fait froid, il y a du vent et beaucoup de passagers choisissent de rester dans l’avion. Cette escale me rappelle ce Comic macabre, tiré des célèbres magazines américains Pulp dans lequel le protagoniste prend une assurance-vie avant de prendre l’avion. Il a prévu de descendre discrètement lors d’une escale technique avant que la bombe qu’il a placée dans la soute n’explose. Il n’a seulement pas prévu que l’hôtesse de l’air oublierait de le réveiller. Ah, destin, quand tu nous tiens !

L’arrivée à New York

J’arrive à New York à 17h30 heure e bien sûr. A la douane je dois tout faire pour obtenir une durée de visa la plus longue poS1tib. En effet le visa que m’a délivré l’Ambassade de Strasbourg n’indique que la durée maximale pendant laquelle je pourrais théoriquement rester aux Etats-Unis sans avoir à retourner en France pour un renouvellement. Mais, à l’arrivée, la douane délivre le visa de la durée réelle autorisée. J’arrive à obtenir trois mois en montrant mon carnet d’adresses et mes traveller’s chèques. Ouf, je m’attendais à pire. Je dors il l’auberge de jeunesse WMCA qui n’a d’auberge que le nom et de jeunesse que les quelques étudiants et voyageurs qui l’habite ! En effet, la plupart des locataires sont des paumés qui cherchent un toit le moins cher possible ; cette espèce prolifère aux Etats-Unis. Les chambres sont minuscules, 5 ou escarres, plus petites encore – me semble-t-il – que ma chambre de résidence universitaire. Il y a une télévision qui passe des publicités et des programmes poubelles a longueur de journée sur des dizaines de chaînes, En moins d’une heure après mon arrivée l’angoisse me gagne déjà Je parle avec un africain qui débarque du Nigéria, Il s’est déjà fait arnaquer de 80 dollars par un taxi qui l’a amené de l’aéroport ; Bon arnaquer n’est pas le mot puisque c’est le prix mais moi ça m’a coûté l,50 $ et deux heures de trajet en bus, grâce au guide du routard. Je vais faire un tour à Central Park – le seul véritable poumon de la ville. C’est un îlot voire une île de verdure dans un océan de béton. Je hais déjà cette ville. Les grattes ciels forment une barrière de 100 à 150 mètres de haut tout autour. Paradoxalement, j’y vois mes premiers écureuils, animal respecté voire vénéré dans les pays anglo-saxons. Les immeubles sont gigantesques on croirait que l’on circule au fond de canyons de béton ; c’est horrible. Le soleil l’arrive pas jusqu’au sol même si, en ce début novembre le froid toujours très vif, New York n’est pas encore arrivé.

Sur les conseils du guide du routard, je vais faire un tour au siège de la société pétrolière Exxon où je me procure gratuitement des cartes routières de tout le pays. J’en prends quelques unes mais me rends compte rapidement qu’elles prennent beaucoup de place et qu’elle pèse lourd. En fait je m’achèterai rapidement l’Atlas Routier Rand Mac Donald qui me suivra pendant tout mon voyage et que je conserve comme une relique e passe deux jours dans ce gourbi qu’est l’auberge de jeunesse et je fonce au restaurant du beau frère de Monsieur Boulanger dans le New Jersey. J’y arrive le jeudi 5 il 16h00 par le train de banlieue. Il me parait énorme. Je suis accueilli avec réserve, français de l’est obligent. Il s’agit de trois frères qui ont monté ensemble un restaurant il y a quatre ans. Au bout de deux ans ils en montaient un autre et au bout de trois ans le troisième avait son restaurant également. Vive l’Amérique ou l’initiative privée est fortement encouragée et reconnue par les banques qui prêtent à tout investisseur convaincant. L’entraide entre frères et surtout le concours des banques a permis à chacun d’être autonomes très rapidement. Bien sûr, la demande en restaurants français à l’époque était importante. L´aîné me rappelle cependant que c’est une cuisine française adapté au goût américain. Il ne peut malheureusement pas refuser de servir un tournedos Rossini avec une boisson gazeuse au cola… En France ce criminel serait légitimement pendu à l’entrée du restaurant en signe d’exemple à ne pas suivre. Le patron pense que je viens chercher du travail et il propose de m’essayer aux cuisines. J’y apprends à couper des champignons auprès d’un apprenti, français également. J’ai l’impression que celui-ci me perçoit un peu comme un rival. Cependant, mon hôte s’aperçoit bien à mon état d’esprit, que je ne suis pas venu pour travailler dans l’immédiat même si je ne lui oppose pas, par politesse, un non catégorique. Il m’héberge une nuit comme l’hospitalité américaine plus que française, me semble-t-il, l’y oblige. Le matin je promène leur clébard et je quitte le restaurant durant l’après midi et j’arrive New-York par le train de banlieue de 20h00. J’ai prévu de prendre le bus pour Chicago. Ce séjour de 48 heures en compagnie de français a joué un rôle très important pour me permettre de passer le cap difficile des trois premiers jours et aussi d’avoir les idées plus claires. Je rejoins donc la gigantesque station de bus de New-York.

Départ pour Chicago

Rappelons qu’aux Etats-Unis les autocars remplacent le train que seuls quelques farfelus nostalgiques prennent. Il existe deux compagnie, la fameux Greyhound qui signifie lévrier et Trailways dont le nom reprend l’idée des pistes qu’empruntaient les premiers colons. Je monte dans le bus de nuit qui part de New-York à 22h30… le jour suivant évidemment. Dans le bus je fais la connaissance de Bill Estremera, d’origine hispanique, comme son nom l’indique. Le pauvre va à San Francisco distante de 4 686 kms et 62 heures de bus de façon ininterrompue ! Heureusement il y a des WC ! Un conseil, pris dans le guide du routard, je vous suggère de ne pas choisir la place prés des cabinets. En plus des effluves, il y a des va et vient incessants et les clics-clacs du verrou qui s’ouvre et se ferme. En tout cas Bill me donne son adresse ; ce sera la première d’une longue liste qui me sera bien utile. J’arrive il la station de bus de Chicago, le lendemain à 15h30 après 17h00 de bus et 1 277 km. La moyenne est donc de 75 km/h ce qui n’est pas trop mal vu que la vitesse est limité il 55 miles il l’heure soit 88 km/h. Parfois, j’irai plus vite en stop mais sur des trajets plus courts. Dans les toilettes de la gare routière de Chicago je découvre mon premier automate cireur de chaussure. Dans mon immense ignorance, je n’en avais jamais vu. A l’office du tourisme, qui est toujours le premier lieu que je fréquenterai il l’avenir, je prends un feuillet qui proclame « Ne compter pas sur les étrangers » et fournit ni plus ni moins que vingt numéros de téléphone d’organismes, d’églises et d’associations d’aide et de prévention) : l’Armée du salut, la protection de l’enfance, la protection des jeunes filles, la prévention du suicide, les œuvres catholiques, méthodistes, évangéliques, baptistes, pentecôtistes, mormones, et j’en passe. Ces brochures ont l’effet inverse escompté, on ne se sent pas du tout rassurés ! J’essaie de dormir sur les fauteuils tous équipés de mini télé il pièces de monnaie. Je n’y arrive pas et je me recroqueville dans un coin la sangle de mon sac il dos attaché autour de mon poignet. En plus d’être mal installé, j’ai la crève. Je m’endors plus ou moins lorsque je sens une matraque s’enfoncer dans mes côtes. J’entends la voix d’un vigile me dire brutalement que je ne peux pas dormir ici. Il le dit d’un ton un peu offensant comme s’il s’adressait il un clochard alors je brandis mon passeport que je j’avais sous la main et les menaces des foudres de l’Ambassade de France s’il ne se montre pas plus respectueux Ma détermination a de l’effet et ils m’informent – cette fois gentiment – qu’il est interdit de dormir dans la station d’autocars. Je continue il traîner, un peu hagard, lorsque je tombe sur un type il l’air normal – il cette heure et dans cet endroit, il est important de le souligner. Il me dit qu’il dort dans un hôtel du coin et que je peux partager sa chambre. Le type m’inspire confiance mais comme j’ai toujours des doutes sur la bonté de ses intentions je refuse poliment il me propose de venir ne serait que pour me doucher. Il ne le dit pas parce que je sens mauvais...