Propos débridés
281 pages
Français

Propos débridés

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Description

Perspicace, après avoir pris fait et cause pour ses récits équestres, et l'avoir encouragée à poursuivre, le général (2s) Pierre Durand, ancien écuyer en chef, ancien directeur de l'École nationale d'équitation, sut d'instinct que cette beauté hasardeuse à laquelle Julie Wasselin se livrait sans réserve la soutiendrait jusqu'au bout : « Ces nouvelles sont des histoires d'amour vécues par un être généreux, peut-être habité par le doute, c'est pourquoi je suis tenté de lui délivrer ce message du commandant de Montergon (Les derniers chevaux) adressé à un jeune officier sceptique : '' Vous aimez beaucoup trop la beauté pour ne pas être un jour sauvée par elle.'' » Quand fut venu ce temps irrecevable où les chevaux ne sont plus, en « les écrivant », Julie Wasselin eut surtout l'idée de « les partager »... de « les prolonger », et de leur offrir encore un galop. À l'heure où les raisons de s'émerveiller se font rares, elle a souhaité revisiter les instants de grâce qui lui ont été accordés auprès d'eux, en épargner les plus belles fleurs, et rafraîchir le bouquet en y ajoutant quelques tiges récemment coupées. Après ?
Au soir de sa vie, après avoir suspendu au mur cette bride qui, entre la bouche de ses chevaux et sa main, reste le seul témoin de leurs bavardages, Julie Wasselin éprouve la tentation d'abandonner l'encrier qui est presque vide et la plume qui commence à « faner », mais ce n'est peut-être qu'un au revoir...

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Date de parution 18 septembre 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140157981
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

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Exrait

jeune officier sceptique : “Vous aimez beaucoup trop la beauté pour
épargner les plus belles fleurs, et rafraîchir le bouquet en y ajoutant
Illustration de couverture : © Zsófia Gyükér.
Julie Wasselin
Propos débridés
Préface de Michel Dégrange
Julie Wasselin Propos débridésPréfacedeMichelDégrange
Du même auteur Chez L’Harmattan Le quotidien d’une visiteuse médicale ou la promotion du médicament en France Préface de Michel Dégrange, 2012. Sous le regard des chevaux. Récits et rêveries Réédition augmentée de 70 inédits de : « À cheval, en voiture et… à pied », deux tomes antérieurement publiés aux éditions d’Éloïse. Préface du général Pierre Durand, 2014. Seuls les chevaux sont innocentsRoman policier antérieurement publié aux éditions d’Éloïse. Réédition. Préface de Franck Deplanche, 2014. Couleur sépia. Récits et portraits en taille douce Préface de Jean-Pierre Liégeois, 2015. Ah, les p’tits voiseaux !Chroniques bourguignonnesPréface de Michel Dégrange, 2016. Rênes longues. Récits équestresPréface de Georges Fizet, 2017. Baroomby – Ombres portées Préface de Vital Lepouriel, 2018. À l’heure de remiser le fiacre Préface de Carina Mac Laughlan, 2018.
Les folles aventures d’un cheval pas comme les autres Préface de Michel Dégrange 2019. Embruns. Les tribulations d’un marin d’eau douce,2020.
© L’Harmattan, 2020 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-21026-1 EAN : 9782343210261
Ils ne savent ni où ils vont, ni pourquoi, mais en suivant leurs traces j’ai compris que je sauverais ma vie. À présent qu’aucun d’entre eux n’est plus, j’ai suivi cet homme qui les a découverts alors que j’allais les perdre, cet homme qu’ils avaient accepté, sans doute parce que les animaux ne se trompent jamais… et qui a su les aimer autant que je les aimais.  À Michel, et à tous ces chevaux qui m’ont fait rêver. Je tiens également à souligner comme je suis sensible à la bienveillance de deux véritables cavaliers, François de Bordas, sans qui, depuis bientôt quinze ans, tous ces récits dédiés aux chevaux n’auraient pas vu le jour… puis Serge Bourguignon qui a tenu à ce 1 que je sache à quel point il les avaient appréciés .Le pastel de la couverture est l’œuvre de la talentueuse artiste hongroise Zsófia Gyükér. Avec son aimable autorisation.
1 François de Bordas fut mon premier éditeur, et Serge Bourguignon est, entre autres œuvres, le célèbre réalisateur de « Cybèle ou les Dimanches de Ville-d'Avray » et de « Mon royaume pour un cheval ».
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Préface Le jour où la bride est « raccrochée », il reste la possibilité d’écrire la nostalgie, celle des chevaux, celle des moments vécus dans les tribunes comme sur la piste, celle d’avoir par deux fois escaladé la plus haute marche d’un podium de Championnat. De la discipline équestre à la littérature, il n’y a qu’un pas, car la rigueur et l’équilibre leur sont communs. Partant de la pluralité de ses expériences, Julie Wasselin n’aurait pu s’en abstraire. Ce qui rassemble cette œuvre, c’est son inspiration et sa griffe. Une écriture syncopée, imaginative, cursive, avec des récits brefs et incisifs, souvent drôles, poétiques et pleins d’amour, parfois tragiques. Un style épuré, qui croque les traits saillants des protagonistes de notre monde, dont on ne saurait trancher s’ils sont les acteurs d’une comédie ou d’une tragédie, parfois les deux : c’est l’oxymore de la vie. Ici, la poésie n’est pas seulement de forme, mais aussi de pensée, ce qui est plus rare. Elle n’exclut pas le ton réaliste, parfois cru, mais jamais démuni de sensibilité. Dans cet opus, l’humour n’exclut ni le poignant, ni le navrant, mais au contraire permet d’y survivre. Leçons d’humanité sans concession à la belle image, qui nous offre un angle de vision aigu, comme une lumière polarisée révèle les tons insoupçonnés d’une toile déjà vue cent fois, mais jamais interprétée de cette façon-là. Cette philosophie descriptive montre concrètement, par l’exemple pris dans le microcosme, ce qu’il en est du macrocosme, car, auprès des chevaux, les hommes se révèlent, dans leur génie comme dans leurs travers. En refermant ce livre, le lecteur se sent différent. Il a pu entrevoir le tracé de sa réponse à la question de l’humaine condition : d’où venons-nous, qui sommes-nous, et où 2 allons-nous . À garder sur la table de chevet et à lire et relire, sans bride. Michel Dégrange, Maître de conférences en psychosociologie aux Arts et Métiers Paristech.
2 D’après l’intitulé de la célèbre trilogie, toile-bilan de Gauguin.
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Avant-propos 3 Comme le général Pierre Durand me l’écrivit un jour après avoir pris fait et cause pour mes récits et encouragée à écrire encore et encore, « la beauté »… cette beauté dangereuse à laquelle j’ai sans doute été trop sensible lorsqu’elle passait à ma portée, cette beauté m’a sauvée. Comme une enfant dont le regard s’illumine et vous tire par la manche en vous disant : - Regarde comme c’est beau… j’ai eu l’irrépressible envie de pérenniser ce sentiment que m’inspiraient les chevaux en l’écrivant, maladroitement, sans doute, et surtout de le partager. À présent que le voyage se termine, à l’heure où les raisons de s’émerveiller se font rares, j’éprouve le désir de revisiter les instants de grâce qui m’ont été accordés auprès d’eux, d’en épargner certaines fleurs et de rafraîchir le bouquet en y joignant quelques tiges récemment coupées. Après ? Cette bride qui ne vibre plus que de souvenirs, tous mes chevaux l’ont connue ; elle est donc, au soir de ma vie, entre leur bon vouloir et ma main, la seule chose qui me reste d'eux. Il me faudra encore abandonner l’encrier qui est presque vide et la plume qui commence à « faner ». Ce qui vient n’est plus de mon temps.
3 … ces nouvelles sont des histoires d’amour vécues par un être généreux, peut-être habité par le doute… c’est pourquoi je suis tenté de lui délivrer ce message du commandant de Montergon (Les derniers chevaux) adressé à un jeune officier sceptique :  « Vous aimez beaucoup trop la beauté pour ne pas être un jour sauvé par elle. » Général (2s) Pierre Durand (1931- 2016), Ancien écuyer en chef, Ancien directeur de l’École Nationale d’Équitation.
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