Amy Robsart

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144 pages
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Amy Robsart, pièce théâtrale dramatique et œuvre posthume de Victor Hugo, publié en 1889. La pièce est inspirée du roman de Walter Scott écrit sur le personnage Amy Robsart dont le décès fut mystérieux et la cause toujours obscures. Hugo écrivit trois actes de la pièce, les deux autres devaient être rédigés par Soumet. Pour des raisons qui restent inconnus, chacun repris sa liberté, et Hugo doit se résigner à n‘être pas joué. Seul subsiste le manuscrit de 1822, abandonné en pleine besogne, surchargé de corrections, de variantes, de développements. On a perdu la trace de celui de 1827, remanié et complété, qui servit pourtant à l’édition de l’ouvrage.

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EAN13 9782820622471
Langue Français

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PERSONAGES Acte I Scène I Scène II Scène III Scène IV Scène V Scène VI Scène VII Scène VIII Scène IX Acte II Scène I Scène II Scène III Scène IV Scène V Scène VI Scène VII Scène VIII Scène IX Acte III Scène I Scène II Scène I Scène I
Sommaire
PRESENTATION
On connaît bien la genèse d'Amy Robsart, grâce au chapitre XLVIII du livre qu'Adèle Hugo a consacré à son mari, Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie : Six ans auparavant, à dix-neuf ans, au moment où, sa mère morte, son père à Blois, seul au monde, son mariage empêché par sa pauvreté, M. Victor Hugo cherchait partout cet argent qui le rapprocherait du bonheur, M. Soumet lui avait proposé d'extraire à eux deux une pièce d'un roman de Walter Scott, le Château de Kenilworth. M. Soumet ferait le plan, M. Victor Hugo écrirait les trois premiers actes et M. Soumet les deux derniers. M. Victor Hugo avait fait sa part ; mais lorsqu'il avait lu ses trois actes, M. Soumet n'en avait été content qu'à moitié ; il n'admettait pas le mélange du tragique et du comique, et il voulait effacer tout ce qui n'était pas grave et sérieux. M. Victor Hugo avait objecté l'exemple de Shakespeare ; mais alors les acteurs anglais ne l'avaient pas encore fait applaudir à Paris, et M. Soumet avait répondu que Shakespeare, bon à lire, ne supporterait pas la représentation ; que Hamlet et Othello étaient d'ailleurs plutôt des essais sublimes et de belles monstruosités que des chefs-d'oeuvre ; qu'il fallait qu'une pièce choisît de faire rire ou de faire pleurer. Les deux collaborateurs, ne s'entendant pas, s'étaient séparés à l'amiable ; chacun avait repris ses actes et son indépendance, et complété sa pièce comme il avait voulu. M. Soumet avait fait une Emilia qui, jouée au Théâtre-Français par Mlle Mars, avait été un demi-succès. M. Victor Hugo avait terminé son Amy Robsart à sa façon, mêlant librement la comédie à la tragédie. Mais, au moment de songer à la représentation, la pension de Louis XVIII était venue le dispenser des spéculations littéraires, et il avait jeté la chose au fond d'un tiroir. En 1828, le plus jeune de ses deux beaux-frères, Paul Foucher, sortait du collège. Il se sentait entraîné vers la littérature, et surtout vers le théâtre. Mais les théâtres lui faisaient la réponse invariable qu'ils font aux jeunes gens : -Quand vous aurez un nom. Il cherchait donc le moyen de se faire ce nom qui seul ouvre les portes. Un jour M. Soumet, qu'il était allé voir, lui demanda s'il connaissait Amy Robsart et lui en parla comme d'une oeuvre singulière et curieuse qui valait la peine d'être lue. -Ça m'a un peu effarouché dans le temps, dit-il, et maintenant encore il y a bien des témérités où je ne me hasarderais pas, moi ; mais, puisque les drames anglais ont réussi, je ne vois pas pourquoi ça ne réussirait pas. Si j'étais de Victor Hugo, je ne perdrais pas une pièce où il y a des scènes très belles. Le cinquième acte, qui est presque tout de son invention, est d'une grande originalité. M. Paul Foucher pria son beau-frère de lui prêter la pièce, et s'étonna, comme M. Soumet, que M. Victor Hugo ne la fît pas jouer. M. Victor Hugo lui expliqua qu'il avait fait cela à dix-neuf ans par pauvreté, mais qu'il ne lui convenait plus d'emprunter des sujets aux autres. -Et qu'est-ce que tu feras de ta pièce ? -Je la brûlerai. -Veux-tu me la donner ?Il prétendit que cela lui rendrait un vrai service, qu'une pièce pareille lui ouvrirait le théâtre et lui improviserait un nom. -Ma foi, dit Victor Hugo, je ne regarde pas cela comme une pièce de moi. Fais-en ce que tu voudras. Walter Scott t'appartient autant qu'à moi. » Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie,XLVIII, Amy Robsart. Adaptée donc d'un roman de Walter Scott, Amy Robsart est jouée le 23 février 1828 ; les costumes sont d'un certain Eugène Delacroix... : « Les costumes me paraissent d'un
caractère admirable. Ce n'est point l'élégance toute mignarde d'un peintre vulgaire, c'est le trait hardi et sûr d'un homme de génie. Ils sont en outre d'une rare exactitude, ce qui en rehausse encore la rare poésie... » Mais elle connaît un échec retentissant : sifflée par le public, éreintée par les critiques, elle est retirée de l'affiche dès le lendemain... Publiée en 1889, soit cinq ans après la mort de son auteur, elle est... saluée unanimement comme un chef-d'oeuvre par les critiques de l'époque, qui s'étonnent qu'elle ait pu connaître un insuccès aussi terrible en 1828...
Vudley, comte de Leicester Richard varney Sir Hugh Robsart Flibbertigibbet Alasco Lord Sussex Lord Shrewsbury Foster Élisabeth, reine d'Angleterre Amy Robsart Jeannette Seigneurs, dames, gardes, pages.
PERSONVGES
Acte I
Scène I
LE COMTE DE LEICESTER, VARNEY Le comte, enveloppé d’un manteau et coiffé d’un chapeau à plumes rabattu, entre suivi de son confident. Le jour commence à paraître. LEICESTER Je me le répète encore pour m'affermir dans ma résolution, tu as raison, Varney, quoique tes conseils ne soient peut-être pas ceux de ma conscience. Tout découvrir à la reine est impossible !... En d'autres circonstances, j'aurais tout bravé, j'aurais tout quitté. C'eût été mon devoir et mon bonheur. Qu'est-ce que la faveur royale près de la félicité domestique ? qu'est-ce que la disgrâce d’Élisabeth près de la reconnaissance d'Amy ?... mais impossible, impossible ! VARNEY Il devrait suffire pour exciter la reconnaissance de mylady, d'entendre le noble comte de Leicester établir ce parallèle le jour même où il a l'honneur de recevoir la reine dans son château de Kenilworth. LEICESTER Hélas ! VARNEY Un soupir d’amour, mylord ! Le comte de Sussex croirait bien plutôt votre seigneurie occupée à étudier pour la reine quelque soupir d'ambition. LEICESTER Tais-toi. Le comte de Sussex ! Le comte de Sussex !-Je t’ai dit, Richard, que je ferai tout ce que tu veux, tout ce qu’une situation impérieuse me commande. Et s’il arrive quelque malheur, si Élisabeth découvre sans moi-ce que tu m’empêches de lui découvrir moi-même-VARNEY Soyez tranquille, mylord. Cette partie ruinée du château ne sera visitée de personne. Elle est éloignée des bâtiments neufs et passe pour déserte. Et en vérité, si elle ne renfermait la colombe mystérieuse de votre seigneurie, on pourrait, même en y laissant notre vieux concierge, ne la dire habitée que par les chouettes et les hiboux. LEICESTER Ma tendre Amy !-Je vais attendre son réveil, et lui dire adieu, car pendant le séjour de la reine, je ne pourrai sans doute la voir... -Varney, pose sur cette table ma cassette d'acier et mes pistolets. Laisse-moi seul un moment.