Cantonnement d

Cantonnement d'un soldat allemand

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Livres
130 pages

Description

En 1943-44, durant la période où le feld-maréchal Rommel avait son quartier général au château de La Roche-Guyon, en France, les habitants de cette petite ville furent tenus d’accueillir des soldats allemands chez eux, s’ils avaient une chambre disponible. Madame de La Forêt, veuve, et sa fille Nicky, des Françaises patriotes, se doivent alors de loger un soldat dans leur appartement, ce qui ne plaît pas vraiment à Louis Duvant, le fils de la concierge et employé à la ville, qui a des vues sur Nicky… Bien que mère et fille s’aiment beaucoup, elles se trouvent toutes les deux déchirées par leur amour pour l’adjudant logé chez elles, qui appartient au camp ennemi. Cela ne met pas seulement leur conscience et leur patriotisme à l’épreuve, mais aussi leur relation réciproque.

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Publié par
Ajouté le 18 octobre 2013
Nombre de lectures 4
EAN13 9782748354232
Langue Français
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Victor Van de Poel
CANTONNEMENT D’UN SOLDAT ALLEMAND
Mon Petit Éditeur
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http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0115073.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2010
Cantonnement d’ soldat allemand un
Personnages Madeleine Boulanger, veuve De la Forêt, 42 ans, profes-seur de langue et de littérature, femme distinguée. Nicky De la Forêt, sa fille, aussi distinguée, 23 ans. Andréas Grüner, adjudant allemand, commandant de blin-dé, distingué et modeste, 30 ans. Louis Duvant, employé à lhôtel de ville, fils de la concierge du bâtiment, 21 ans, plutôt exubérant, un peu « bluffeur ». La pièce se joue dans la salle à manger dun appartement au troisième étage, non loin du château de La Roche-Guyon, en France (Département du Val dOise, entre Paris et Rouen), pendant la guerre de 1940-1945, quelques mois avant linvasion des alliés. Le décor : Pour des raisons pratiques les deux murs latéraux se trou-vent un peu en oblique par rapport au mur de fond. Dans le mur à droite il y a une fenêtre souvrant sur un bal-con. La fenêtre est drapée de rideaux en gaze et de rideaux lourds. (Obscurcissement obligatoire pendant la guerre !).
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Du même côté se trouvent aussi un canapé et un fauteuil dune personne. Dans le mur du fond, un peu à gauche il y a un vestibule ou-vert, lequel donne accès à la salle à manger, et qui conduit aux autres chambres de lappartement. Au milieu de ce vestibule se trouvent la porte extérieure, un portemanteau et un miroir. Contre ce mur de fond, un peu à droite se trouve une com-mode. Une photo de feu Monsieur De La Forêt est accrochée à ce mur. Sur cette commode, juste en dessous de cette photo, se trouve un petit drapeau français sur un étendard. Il y a aussi un téléphone sur la commode. Dans le mur à gauche une porte donne vers la cuisine. Un tableau et un crucifix sont fixés au mur. Au premier plan il y a encore une petite armoire, sur laquelle se trouvent une radio et un vase sans fleurs. Vers le milieu de la chambre, mais un peu a gauche une table ronde en acajou et quatre chaises dans le même style. Au-dessus de la table il y a un candélabre à trois branches avec des abat-jour en verre. Si possible mettons encore quelques chaises dans la chambre, peut-être près de larmoire et près la commode. Le tout est simple de style classique des années quarante.
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I 15 novembre 1943. Laprès-midi. Quand le rideau se lève, on voit dabord lintérieur. On entend lascenseur sarrêter. Madeleine ouvre la porte extérieure de lappartement avec sa clef et entre. Elle a une lettre entre ses lèvres, et porte une mallette et un cabas à pro-visions, qui est plus que rempli et on remarque du poireau enroulé de papier journal. Elle se débarrasse de ses gants, met la lettre sur la table, met son manteau au portemanteau, prend louvre lettres et louvre. Elle la lit et la dépose ouverte sur la table avec une sorte de soupir. On entend lascenseur de nouveau et Nicky entre avec sa clef, pend son man-teau au portemanteau. Nicky Ha, maman !(Elles sembrassent, comme dhabitude.)Madeleine Cest bien que tu sois déjà là ! Je te lavais bien dit, hein !(Elle donne la lettre à Nicky.)Dès que nous avons dû leur dire combien de chambres nous avions, je savais que ladministration com-munale nous obligerait de loger un Boche. Je me souviens encore très bien que chez nous à la maison lors la guerre de 14-18, cétait la même chose.
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Nicky(Après lecture de la lettre.)Bah ! Pour autant que ce ne soit pas pire que cela, ce sera peut-être plus agréable quon ne limagine, maman. Il y a des choses plus graves. Nous pouvons au moins rester ensemble dans no-tre appartement. Madeleine Tu te rends bien compte ce que cest : chaque nuit un homme étranger dans la maison, et encore un Boche, hein ? Nicky Oui, maman, puisquon est en guerre. Et cest un adjudant. Es-pérons quil sera correct. En tout cas nous sommes à deux. Nous le survivrons bien sûr. Madeleine Papa se retournerait dans sa tombe, sil nous voyait !(Nicky se trouve près de la commode et touche le drapeau français.) Nicky Ne devons-nous pas cacher ce drapeau ? Madeleine Il nen est pas question ! Il devra sy habituer. Ainsi il saura quil est logé chez des Françaises Quand arrivera-t-il exactement ? Nicky(regarde la lettre.) Le quinze novembre. Madeleine(regarde le calendrier au mur.)Mais cest aujourdhui ! En avant : ramassez toutes les choses qui ne lintéressent pas, dans la chambre damis !
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