Djiha
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Description

La jeune Ntama est livrée sans son consentement à Mpinn, un homme âgé, polygame de surcroît et père de nombreux enfants. Âgée de 15 ans, Ntama ne connaît ni les hommes ni l'homme à qui elle est livrée.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2010
Nombre de lectures 259
EAN13 9782296698857

Informations légales : prix de location à la page 0,0062€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

DJIHA
Théâtre des 5 Continents
Collection dirigée par Kazem Shahryari
et Robert Poudérou

Dernières parutions

243 – Brigitte RÉMER, Bouvard et Pécuchet. Le livre de l’inquiétude, 2010.
242 – Landry-Pascal GOMA, Au cœur du vent, 2010.
241 – Jimmy LOVE, Le dictateur, la princesse et l’opposant, 2010.
240 – Jacques MONDOLONI, Palestine Check Point suivi de L’appel des abeilles , 2010.
239 – Yves JAVAULT, Le jeu des 7 familles du théâtre, 2010.
238 – Lulla Alain ILUNGA, Docteur Tanza, 2010.
237 – François LE BOITEUX, Condamné à vie, 2010.
237 – François LE BOITEUX, Le Contrat de Faust, 2010.
236 – François Le BOITEUX, Le Choix de Jehanne, 2010.
235 – François LE BOITEUX, Monségur, 2010.
234 – Jean-Pierre GUÉROT, Les pleins pouvoirs , 2010.
233 – Philippe PILATO, Mers, 2010.
232 – Kazem SHAHRYARI, L’Automne précoce, 2010.
231 – Pierre GROU, Le goinfre, 2009.
230 – Robert POUDÉROU, La trappe, 2009.
229 – Ahmed HAFDI, Cette belle poussière jaune d’Uruk, 2009.
228 – Jaime Salazar SAMPAIO, La Bataille Navale, 2009.
227 – Thierry MICHAËLIAN, La manipulation, 2009.
226 – Jacques MONDOLONI, L’étoffe des femmes, 2009.
225 – Pierre CASSARD, Raguse an 01, 2009.
224 – Hugues BERNARD, Nouvel arrivage, 2009.
223 – Benjamin OPPERT, Entre père et maire, 2009.
222 – Essindi MINDJA, Le Mvet : La Guerre du fer, 2009.
221 – Nazly SADEGHI, Spenta, 2009.
220 – Danielle DUMAS, Ce héros au sourire si doux, 2009.
219 – Mohamed BOUNOUARA, La Machine à aigrir, 2009.
Gabriel Entcha-Ebia


DJIHA

Préface de Scholastique Dianzinga
© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanad.oo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-11843-0
EAN : 9782296118430

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
Aux femmes qui luttent
à travers le monde
pour leur véritable émancipation,
Seule la lutte libère !
PRÉFACE
La question de la mère porteuse que l’actualité médiatique occidentale présente comme un palliatif à la difficulté de procréer était une pratique courante dans certaines sociétés africaines. En dehors de l’excision qui est une mutilation du sexe féminin prétendument pour le contrôle de la libido de la femme ou pour le plaisir du mâle, cette pratique a représenté jusqu’à une époque récente une illustration singulière du poids des traditions.
Djiha est une pièce de théâtre dans laquelle Gabriel Entcha-Ebia, magistrat de son état, jette un regard dénonciateur sur une coutume matrimoniale des sociétés djem et kwel de la Sangha, un département de la République du Congo.
L’auteur met en scène une coutume qui assujettissait l’épouse stérile, désireuse d’épargner à sa famille le déshonneur de la répudiation, à recourir à une jeune fille de son lignage pour servir de mère porteuse. Ici, pas de place pour l’amour entre l’héroïne Ntama, la djiha (nièce), et le mari de sa tante, Mpinn. Ntama est condamnée à jouer au sein du foyer le rôle de doublure de sa tante, de machine à faire des enfants, quand le couple le décide.
Subrepticement, Gabriel Entcha-Ebia procède à la critique d’un ordre social à travers la dénonciation du pouvoir de domination conféré à l’homme sur la femme. Le mariage est scellé sans le consentement de la jeune fille qui doit seulement se soumettre à la décision des aînés.
Cependant, cette critique n’épargne pas la femme. À travers le personnage de Lémpana, il est clair que c’est par la femme elle-même aussi que les traditions rétrogrades perdurent. Pour trouver une solution au problème de sa stérilité, Lémpana ne se tourne pas vers la médecine ; elle repart dans sa famille dans l’espoir de se voir accorder une djiha.
Djiha est une interrogation sur le devenir des femmes. La révolte de Ntama, qui réclame à être reconnue officiellement mère des enfants qu’elle a eus avec le mari de sa tante, révèle une prise de conscience de l’exploitation des femmes par la société. Elle marque en même temps une volonté de libération. C’est par la connaissance de leurs droits et la revendication de leur application que les Africaines pourront y arriver. Et l’on peut savoir gré à Gabriel Entcha-Ebia d’y contribuer.

Scholastique Dianzinga
Historienne (Université Marien Ngouabi)
AVANT-PROPOS
Djiha en ndjem et Djissa en bakouélé traduisent la situation d’une jeune femme, généralement une nièce, que l’on prend pour aller au mariage de sa tante paternelle dans le but de faire des enfants que la tante n’a pu faire.
Dans la société traditionnelle ndjem, faire des enfants avait une importance capitale parce que c’était par ce moyen qu’on prolongeait la famille, qu’on la régénérait. À tel nouveau-né on donnait le nom de tel oncle ou de telle tante, bref de tel parent décédé. Le mariage ne se concevait donc pas sans enfant ; autrement dit, un mariage sans enfant n’en était pas un.
À l’occasion des mariages, la vente du cacao aidant, la dot était non seulement obligatoire mais surtout très élevée. Elle pouvait atteindre cinq cent mille francs, sans compter les couvertures en laine, les machettes, les houes, les limes, les grosses marmites et les cuvettes en aluminium, etc.
Dans ces conditions, les enfants étaient la contrepartie. La femme qui n’enfantait pas subissait une grande honte qui rejaillissait sur sa famille.