Je vous jure que je peux le faire

Je vous jure que je peux le faire

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Français
58 pages

Description

Octave a douze ans, pour se réconforter de la mort de son père, il dessine, joue avec Squeenzie, son cochon d’Inde, et écoute en boucle les enregistrements de la voix de son père sur son dictaphone. Un matin, il dessine le NNP, le Nouveau Ninja Parfait, et l’affiche sur le mur de sa chambre avant de partir à l’école. Lorsqu’il revient chez lui, une porte lumineuse s’ouvre à côté du NNP, en la franchissant, il commence une quête qui le mènera à travers plusieurs mondes. Il découvre l’amitié, la confiance, le courage et trouve l’apaisement de son deuil grâce à cette aventure fantastique.


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Informations

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Date de parution 10 octobre 2018
Nombre de lectures 1
EAN13 9782330116378
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Kevin KEISS
JE VOUS JURE QUE JE PEUX LE FAIRE
Illustrations de Nicolas Zouliamis
Heyoka jeunesse ACTES SUD-PAPIERS
À Juliette. À mon neveu Éloïs, à Ulysse et Roxane.
PERSONNAGES
Octave, douze ans La mère Squeenzie, le cochon d’Inde d’Octave La mère de Squeenzie Le père de Squeenzie Les frères de Squeenzie Le tonton de Squeenzie, magicien du pays où tout est vrai Un grand, camarade de classe d’Octave Un autre plus grand, camarade de classe d’Octave Clarisse, voisine d’Octave Tiago Deux oiseaux La baleine ancestrale Le lézard bleu La reine sans tête
1.CRRRRRCRAARRRRR
8 h 06. C’est le matin. Pyjama. Lumière qui filtre sous la porte de la chambre d’Octave. À travers les rideaux. Octave est tout seul, il est à son bureau, il dessine. Tchi-tchak. OCTAVE. Le NNP. Nouveau Ninja Parfait. Crr Craaa. Une main bionique superpuissante. Ouais. Tellement la classe.(Les feutres crissent sous la précision des doigts d’Octave.)chevelure Une sombre genre aile de corbeau. Une épée galactique au tranchant légendaire qui se porte, comme ça, en bandoulière. Ou comme ça. Un regard hyper ténébreux, volontaire, intrépide. Un regard qui intime le respect et qui donne confiance. Tchi-tchak. Un l éger sourire à l’ironie menaçante. Pas trop narquois non plus. Comme ça. Voilà. Et encore une mèche de cheveux là, sur l’œil comme ça, pas trop. Parfait. Tu es parfait. Le NNP. Le Nouveau Ninja Parfait. Il ne paye pas de mine. On ne se doute pas, à première vue, de sa puissance cachée.(Il placarde le personnage qu’il vient de créer devant son bureau. Il contemple attentivement le NNP.)Il faudrait lui rajouter quelque chose. Mais quoi ? Comment le rendre plus parfait encore ? Peut -être un œil sur le front qui permette de mémoriser toutes les techniques de combat. Peut-être une agile queue de lézard ou simplement des écailles sur les joues pour le style. Ou peut-être aussi des mains amphibies avec des palmes translucides pour…
2.ÇASENT LAMORT LÀ-HAUT
8 h 09. Octave, toujours en pyjama. Toujours perdu dans les microdétails de la réalisation du NNP. Effluves de café qui viennent lui chatouiller les narines. LA MÈRE(au rez-de-chaussée).Octave c’est la dernière fois que je te le dis. Habille-toi sinon tu vas encore être en retard à l’école. Oc ? Oc ? Octave tu m’entends ? Si tu ne descends pas tout de suite, je monte. Et pense à changer la cage de Squeenzie ça sent la mort là-haut !
OCTAVE. Encore cinq minutes maman, j’arrive ! LA MÈRE. Tu es habillé ? OCTAVE. Oui ! LA MÈRE. C’est vrai ce mensonge ? OCTAVE. T’as qu’à monter si tu m’crois pas ! (Octave, allongé sur son lit, seul avec son dictaph one collé contre son oreille. Il l’écoute pour la énième fois. Tout le monde chante “Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire Octave” puis la voix de son père “Souffle tes bougies Oc, ouvre ton cadeau et fais un vœu. Qu’est-ce que c’est papa ? Un dictaphone comme ça, tu pourras enregistrer tout ce que tu veux. OK alors on va refaire exactement la scène comme ça, je pourrai enregistrer ce moment-là.” Octave arrête le dictaphone. Il regarde Squeenzie qui fait des cabrioles dans sa cage.) Le temps passe hein Squeenzie. Toi aussi tu penses à papa ? Tu as soif Squeenz’ ? Tu trouves que ça sent mauvais ?(Regard affirmatif du jeune cochon d’Inde.)T’inquiète pas je change ta cage dès que je rentre de l’école.
3.TUESLEPLUSBEAU ETMAMANTAIME
8 h 19. Ciel bas. Sûr que si l’on saute on s’y cogne. Dans la voiture. Mère au volant. Il pleut à verse. Octave bonnet enfoncé. Mèche de cheveux sur un œil. Casque de musique autour du cou. Carnet à dessin à la main. LA MÈRE. Allez, avance-toi, j’ai pas toute ma journée. Avance ! Qu’est-ce qu’ils ont tous à se
traîner ce matin. Ça lambine. Ça lambine. Appuie sur le champignon toi ! Et le clignotant, c’est pour les chiens ? Il faut que je me dépêche, j’ai rendez-vous à la banque avant d’arriver au bureau. Je sais que l’idée ne te plaît pas mais j’ai réussi à louer le bureau de papa à un étudiant, tu entends Octave ? Tu m’entends ? Tu m’écoutes quand je te parle ? Octave ? OCTAVE. Oui LA MÈRE. D’ailleurs le jeune homme vient s’installe r aujourd’hui. Je ne serai pas rentrée avant 19 heures, donc c’est toi qui lui ouvriras. Je compte sur toi pour leur ouvrir, tu m’entends ? Octave ? Octave, tu m’écoutes ? Lâche ton crayon deux secondes et arrête de dessiner ces idioties. C’est important ce que je te dis. C’est crucial. Tu comprends ?(Elle s’arrête brutalement. Le collège est là.)C’est bon, descends vite. Attends Octave. Tu as tout ? Tes affaires ? Ta barre chocolatée ? OCTAVE. Oui m’man, c’est bon t’inquiète, j’ai tout. LA MÈRE. Couvre-toi mon chéri. Tu as bien ta capuche montre-moi. Ta capuche est bien mise ? Serre-la bien il faut bien la serrer. Il pleut dehors c’est le ciel qui se déverse il faut que tu attaches cette capuche. Tu m’entends ? Tu, Oc ? Tu ne voudrais pas m’écouter pour une fois ? OCTAVE. Je m’appelle Octave mais on m’appelle Oc. Ma mère m’appelle Oc depuis que je suis tout petit et mon père aussi m’appelait Oc mais il disait ça d’une façon spéciale. J’aurais aimé enregistrer la façon dont il le disait Oc ou mon p’tit Oc ou Ocus Pocus aussi parfois j’aimais bien LA MÈRE. Oc tu m’entends ? Regarde ce qui tombe. OCTAVE. Je vais mettre ma pochette à dessins comme ça sous mon pull coincée entre ma ceinture et mon ventre. On pense que je suis un enfant comme les autres mais en vrai je suis un ninja hyper puissant. LA MÈRE. Tu veux mon parapluie ? OCTAVE. Non merci. LA MÈRE. Tu es sûr ? OCTAVE. Oui. LA MÈRE. Tu ne l’aimes pas ? OCTAVE. Il est rose et violet maman c’est chaud. LA MÈRE. Et moi tu m’aimes ? OCTAVE. M’man. LA MÈRE. Parce que je suis en rose et violet aussi ? Moi je t’aime tu sais Octave. OCTAVE. Oui m’man. LA MÈRE. Alors prends mon parapluie Octave je ne veux pas que tu sois malade.