Jérémy Fisher

Jérémy Fisher

-

Livres
42 pages

Description

Le petit Jérémy Fisher, dès sa naissance, n’est pas comme tous les autres enfants. Son papa et sa maman sont intrigués mais très heureux d’avoir cet enfant qui a des pieds palmés et qui, petit à petit, se transformera en poisson. Ils l’accompagneront jusqu’à sa nouvelle maison, l’océan.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 octobre 2018
Nombre de visites sur la page 1
EAN13 9782330116859
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Mohamed ROUABHI
JÉRÉMY FISHER
NOUVELLE ÉDITION
Illustrations de Nicolas Zouliamis
Heyoka jeunesse ACTES SUD-PAPIERS
Cette histoire est pour les enfants seuls. Ou qui le deviendront un jour.
PERSONNAGES
Jérémy Fisher Jody Fisher, sa mère Tom Fisher, son père Le médecin Le représentant
SCÈNE1
JÉRÉMY FISHER(off).Je m’appelle Jérémy Fisher et l’histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie : c’est l’histoire de ma vie. J’ai vécu les choses que je vais vous raconter et si un jour, dans la rue, un inconnu vous parle de moi, ne dites pas “Oui, je sais” : oubliez tout et passez votre chemin. Ne les répétez à personne ces choses, les plus étranges qu’un être humain doué de raison ait pu entendre sur la Terre. Tout a commencé un 19 novembre. L’hiver était en avance ce jour-là. Le ciel était gris et bas. Il faisait très froid dehor s et les gens qui marchaient ressemblaient à des fantômes. Dans une maison, la femme qui allait devenir ma mère était assise dans un fauteuil et lisait un livre quand l’homme qui allait devenir mon père frappa lourdement à la porte… JODY. Qui est-ce ? TOM. C’est moi. C’est Tom. JODY. Mon Dieu ! Tom c’est toi, enfin, tu es de retour.(Ils s’embrassent.)suis heureuse de te Je revoir. TOM. Moi aussi. JODY. Mon Dieu comme tes joues sont froides ! TOM. Je suis gelé tu veux dire. Il fait un temps épouvantable dehors. Fais-moi donc un café, Jody, je t’en prie. JODY(de la cuisine).Quand es-tu revenu ? TOM. Ce matin de bonne heure. JODY. Pourquoi ne m’as-tu pas appelée ? Je m’inquiétais avec ce temps. TOM. La radio est tombée en panne.(Jody revient avec un bol de café chaud.) Déjà ? C’est de la magie ! JODY. Ha ha… C’est moi Jody la fée du logis ! TOM. Merci chérie. Hum, ça fait du bien. JODY. Alors raconte. Vous avez fait bonne pêche ? TOM. Ma foi…
JODY. Quoi ? TOM. Il faut que je te dise. Foster a disparu. JODY. Quoi ? TOM. Foster a disparu dans la mer. Il a été emporté par une lame. JODY. Seigneur. C’est épouvantable…! TOM. Le pauv’gosse n’était pas arrimé. C’est arrivé très vite, on l’a vu tomber par-dessus bord et disparaître dans les vagues. On n’a rien pu faire. JODY. Mon Dieu, c’est terrible. TOM. Il y avait longtemps que cela n’était pas arrivé. Enfin ! Il y a une cérémonie demain. Ça serait bien que tu viennes. Il t’aimait bien le petit Foster. JODY. Moi aussi, je l’aimais bien. Il était courageux. Je prierai pour lui.
TOM. Tu sais… JODY. Quoi donc ? TOM. Non rien c’est bête. JODY. Qu’y a-t-il ? TOM. Peu de temps avant que Foster ne disparaisse, il y a eu un incident. JODY. Raconte. TOM. Eh bien, nous venions de remonter le filet et nous avions des difficultés avec la grue pour descendre le poisson sur le pont, il y en avait vraiment beaucoup. Bref, quand le filet est enfin tombé, on a commencé à rassembler et à trier les poissons. C’est à ce moment-là que Foster a crié : “Hé les gars j’crois bien qu’on a fait une grosse prise !” On a été voir ce qui se passait et là, on a vu qu’il y
avait une petite baleine blanche qui s’était accrochée dans les mailles. “Aidez-moi, qu’y fait le Foster, on va essayer de sortir cette bestiole de là !” À ce moment-là, le vent s’est levé d’un seul coup. “Grouillez-vous, il a dit, on va jeter cette saloperie à l’eau avant d’être pris dans l’ouragan !” Et au moment où on prend le baleineau à bout de bras, on voit Foster qui tombe par terre et qui hurle comme un damné : “Elle m’a mordu, cette baleine m’a mordu !” JODY. Seigneur Dieu ! TOM. Mais tu comprends, il était en plein délire… JODY. Pourquoi ça ? TOM. Voyons Jody, une baleine n’a pas de dents ! Mais ce qui était incroyable c’est que Foster saignait beaucoup et qu’on pouvait voir des traces de morsures sur son bras. Alors il a été cherché son revolver dans la cabine et il est revenu aussitôt. Nous avons essayé de le retenir tant bien que mal mais il était furieux. Il a vidé son chargeur sur la bête et l’a tuée sur le coup. JODY. C’est affreux.
TOM. Nous l’avons ensuite jetée par-dessus bord, et c’est à ce moment que Foster a été aspiré par
une vague que personne n’a vue arriver. Ça nous a f ichu un sacré choc. Ça aurait pu arriver à n’importe lequel d’entre nous, mais il a fallu que ce soit sur lui que le sort se déchaîne.