Le voleur transfiguré
88 pages
Français

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Le voleur transfiguré

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Description

Deux hommes lient leurs destins par un défi risqué dans l'espoir de faire parler d'eux. Cette nuit-là, après une grotesque "roulette russe" que la mort ne conclue pas, ils s'accordent de la manière suivante : celui qui exécutera le plus grand délit et en rapportera la preuve sera le chef incontesté. Mais le premier ne pouvait pas se douter de ce que l'autre rapporterait...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2011
Nombre de lectures 18
EAN13 9782296471665
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0062€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le voleur transfiguré
Théâtres


Déjà parus


Sylvie Bourgouin, Hafsa , 2011.
Aurélie VAUTHRIN-LEDENT, Cerise à l’eau-de-vie , 2011.
Mélanie RODRIGUES, News trottoir , 2011
Peter MULLER et Angélique PIRO, L’étrange mécanisme de la pensée. Livret conférence-spectacle , 2011.
Dominique SABOURDIN-PERRIN, Les confesseurs de Dieu , 2011.
Christophe PETIT, Vichy aux Antilles , 2011.
Philippe CORVAL, Antigone ou le courage de la liberté , 2011.
Philippe REGNICOLI et Frédéric REY, Al , 2011.
Vincent ECREPONT, Les interrompus , 2011.
Francy BRETHENOUX-SÉGUIN, Assez , 2011.
Bernard PROUST, Habeas corpus , 2011.
Suzanne FOEZON, Sainte-Suzanne, pavillon 32, 2011.
Geneviève BUONO, Mille et une nuits , 2011.
Jean-Baptiste ARCAN, The Geneva project , 2011.
José Pablo FEIMANN, Le crépuscule du Che. D’après Cuestiones con Ernesto Guevara durante la larga noche que precedio a su muerte, 2011.
Alain LEFEVRE, Le Briquet du Roy d’Armes. Théâtre historique , 2011.
Alain LEFEVRE, Les oiseaux méritent-ils l’arbre sur lequel ils se perchent ? Théâtre historique , 2011.
Bernard Martin-Fargier


LE VOLEUR TRANSFIGURÉ
© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56357-5
EAN : 9782296563575

Fabrication numérique : Actissia Services, 2012
Personnages
Agio
Tony
Betty, sa femme
Philou, leur fils
La femme japonaise
Monsieur Ashezaki, son mari
Le musicien Rom
Deux filles
L’homme de pouvoir
Le complice (d’Agio)
Les deux agents de police


Le voleur transfiguré a été créé en janvier 2011 au SAX à Achères par le Théâtre des Oiseaux dans une mise en scène de l’auteur.
Les rôles ont été créés par Pierre Gaspar (Agio) , Mehdi Farhat (Tony), Sarah Perry (Betty et une Fille), Milo Martin Cario (Philou), Nathalie Cario (La femme japonaise et une Fille), Bernard Martin Fargier (Monsieur Ashezaki et Le complice), Christian Leroy (Le musicien Rom)
Les scènes des Agents de police et de L’homme de pouvoir ne figuraient pas dans cette mise en scène.
1 –
Un terrain vague. Un peu à l’écart, un Rom, musicien. Entrent Agio et Tony, chacun tenant l’autre par le col. Ils se défient « à la roulette russe » … Mais, la mort ne voulant pas d’eux…

Tony – Faut trouver quelque chose d’autre, quelque chose de radical, on est trop balaises, toi et moi, pareils !

Agio – Faut taper un grand coup, faire un truc qui va marquer les esprits, chacun de son côté, revenir ici et mettre dans la balance. Qu’en penses-tu ?

Tony – Oui, mais faudra juger le grabuge à sa juste valeur.

Agio -Parfait ! Celui qui aura commis du lourd sera le meilleur.

Tony – Le boss.

Agio – Oui, le Caïd.

Tony – Rêve, il est encore temps. Mais qui sera l’arbitre ?

Agio – Les journaux, la presse ! Faudra couvrir toutes les Unes… C’est là qu’on verra ce que ça vaut.

Tony – Ils n’y connaissent rien.

Agio – Peut-être, mais ce sera au bruit que ça fera.

Tony – Attends ! Si on parle de toi, c’est de toi. Pas de mystère, pas de suspect brumeux qu’on peut pas vérifier si c’est bien toi, hein ? Il faudra signer.

Agio – T’inquiète surtout pas, la frousse, je ne sais pas ce que c’est. Mon nom, en grand, en gras, en capitale, dans une belle police.

Tony – Quoi ?

Agio – De caractère ! C’est quoi ton nom ?

Tony – Tony.

Agio – Ah oui : Tony truand !

Tony – A ce soir !

Agio – Compte sur moi ! (au musicien) Et toi, le Rom, t’as rien vu.

Tony – T’as rien entendu.

Agio – Sinon : toi, culbuter ! (geste coupe-gorge)

Rom – Alors, donne à un pauvre sourd-aveugle-muet…

(Il joue de la musique en criant, les deux challengers sortent.)
2 –
Une rue. Betty pousse une grosse valise à roulettes sur laquelle Philou s’est endormi. Elle sort de chez eux en catimini ; entre Tony.

Tony – Tu ne me vois pas ?

Betty – J’étais pressée.

Tony – Tu l’étais. Tu ne l’es plus, je suis là.

Betty – Ne le réveille pas !

Tony – Non, bien sûr. Où vas-tu ?

Betty – Chez le docteur.

Tony – A cette heure ?

Betty – C’est loin, il y a un train à prendre.

Tony – Qu’est-ce que tu as ?

Betty – C’est lui.

Tony – Qu’est-ce qu’il a ?

Betty – Le médecin me le dira.

Tony – Toi, qu’est-ce que tu as, je te demande.

Betty – Tu as bu.

Tony – A peine. Rentre à la maison !

Betty – Je vais rater le train.

Tony – Y en aura d’autres, j’appelle le toubib.

Betty – Non, c’est urgent.

Tony – Qu’est-ce qu’il a mon gamin ?

Betty – Ça y est ! Tu le réveilles, tu es impossible, tu ne fais attention à rien. Je te dis qu’il a de la fièvre, il n’a pas dormi de la nuit, il était brûlant, je n’ai pas dormi non plus, je suis épuisée, laisse-moi aller !

Tony – Tu vas où ?

Betty – Je te l’ai dit. Ça suffit. Laisse-le !

Tony – Il n’est pas brûlant. Toi, tu es chaude, rentre !

Betty – Tu me dégoûtes. C’est triste, tellement triste, tu n’es plus le jeune homme que j’ai connu. Tu n’as pas tenu tes promesses.

Tony – (comme une célèbre ritournelle) « Une vie à deux une vie nous deux une vie »… et puis le gamin ! Pars pas maintenant.

Betty – Tout de suite.

Tony – Non, j’ai trouvé un plan. Je vais être un boss, tu comprends ?

Betty – Non.

Tony – Comme tu me parles ! Ce n’est pas de ma faute s’il a été malade, cette nuit.

Betty – Tu es absent depuis deux jours et deux nuits, sans prévenir. Tu as peut-être trouvé du travail dans un bar de nuit.

Tony – Ah voilà, tu veux me faire la leçon. Tu aurais pu commencer par là.

Betty – Je sais surtout comment ça finit.

Tony – J’ai bu, oui, mais pour fêter une grande rencontre.

Betty – Sûrement.

Tony – Pas si vite, laisse-moi le temps de te raconter, j’ai un projet, j’en ai assez de cette vie de terrier, de sans moyens. Cette nuit, j’ai décidé. Je vais relever le niveau. Oui, cette nuit, j’ai compris que j’étais fort, tenace, résistant. Un type et moi, on a joué avec la mort. Et elle a perdu. Il y avait entre nous deux une de ces tensions à couper au couteau. Je la sentais, là, dans mon ventre, puis ça descendait dans mes jambes, après ça bandait les muscles de mes bras et ça montait jusqu’à la tête. Une force terrible prenait possession de moi que j’aurais pu… j’aurais pu desceller un réverbère ou plier un arbre, mais je gardais mes forces pour autre chose.

Betty – Je n’en doute pas.

Tony – Un peu plus tard.

Betty – Ce sera trop tard. (Elle s’éloigne ; il la suit ; elle marche devant)

Tony – Non, mais dès à présent, en fait. Je monte un coup du tonnerre qui fera parler de moi. Comme ça, je gagnerai le pari ! Je vais, avec ce type, tiens, je ne sais pas son nom… Bon. Arrête un peu de courir devant moi, tu me fatigues, j’ai pas dormi de la nuit.

Betty – Tony, rentre ! Va te coucher. Je t’appellerai dans la soirée.

Tony – Tu vas pas rester tout ce temps chez le toubib ?

Betty – Je n’en sais rien. Je n’ai pas de rendez-vous. S’il y a du monde… Tu pourras dormir plus longtemps.

Tony – Pas le temps de dormir ! Eh oh ! Je t’ai dit à l’action ! Il faut que je médite quelque chose et vite. Figure-toi que j’ai relevé un défi… Fameux, ça… Je me lance dans le grand banditisme.

Betty – Tu délires. Qu’est-ce que tu as fait ?

Tony – Un pari ! Nous sommes deux, je n’aurai aucune peine à le dominer. Je suis motivé, c’est ça ma voie : devenir chef de gare. On n’ose pas, tu vois ? On reste trop dans son quant-à-soi, dans son chez-soi. Patron, enfin.

Betty – Tony… Chef de gare, oui, j’aurais préféré. Tu fais partir beaucoup de trains, c’est la vie, le destin bien aiguillé, ça me fait rêver. Tu es sur des rails, mais il y a encore de l’inconnu au bout, et puis, tu descends quand tu veux. A la prochaine gare, il y a une porte qui s’ouvre sur un monde et ses gens…

Tony – Qu’est-ce que tu me chantes, Chef de gare ?

Betty – Ce n’est rien. Tu t’es trompé. Tu as dit ça, c’est tout. Je te quitte. Je pars définitivement. Tu pourras voir Philou quand tu auras dessaoulé. Je ne m’y opposerai pas. (Elle presse le pas. Philou se réveille)

Tony – Tu n’es pas un peu folle ? Tu t’en vas avec mon fils.

Philou – Je veux marcher.

Betty – Allons au train.

Tony – Je t’indiffère ? Tu me plaques dans la rue et devant mon fils ? Philou, viens embrasser ton père !

Betty – Il a un père ?

Philou – Betty, ça ne fait rien, laisse-moi dire bonjour.

Betty – Nous n’en avons plus le temps. Tu ne veux pas rater le train ?

Philou – Vite fait.

Tony – Voilà ce que tu m’avais cuisiné ! J’allais trouver un mot explicite sur la table et le silence pour me le lire, le vide pour m’y résoudre ou je ne sais quoi ! Tu fuyais en douce pendant que je me crevais à trouver des solutions pour nous sortir de là ?

Betty – Quelles solutions tu cherches dans les bars ?

Tony – J’ai connu un grand risque, cette nuit, pour toi. (Elle prend la main de Philou et tente de s’en aller) Reste là !

Betty – Ne crie pas ! Tu vas réveiller toute la rue.

Tony – Je te dis de rester.

Betty – Ne fais pas de scandale ici ! Je n’ai pas envie que tout le monde t’entende.

Tony – Alors, rentre à la maison, on s’expliquera calmement, je ne supporte pas de te voir marcher devant moi avec une telle indifférence.

Betty – Je ne rentrerai pas, Tony et je ne t’attendrai plus ! D’ailleurs, j’ai compris que, depuis longtemps, je n’attendais plus rien et que je m’étais installée dans un désert, pour le pire, consentante ! Un peu trop longtemps… et la vie est déjà passée, c’est dommage et sans retour, avec ma faiblesse pour complice. Voilà, maintenant tu sais, même en couple, il y a encore deux personnes distinctes qui vivent. Je vais prendre l’air. Je m’occuperai de Philou, ne t’en tracasse pas.

Tony – Mon fils ! Tu me l’enlèves. Au secours ! Elle m’enlève mon enfant !

Betty – Qu’est-ce que tu as, maintenant, à t’apitoyer sur ton sort ? Tu n’auras pas à t’occuper de lui plus qu’avant. Qu’est-ce que cela changera pour toi ? Rien, puisque tu ne le voyais pas.

Tony – Mais j’avais une maison, un foyer où aller. Que vas-tu faire de la maison ?

Betty – Tu as trois mois pour te trouver quelque chose. Je paierai les derniers loyers.

Tony – Avec l’argent des allocations ! (Des lumières s’allument dans le voisinage, on entend des protestations… On dit qu’on va appeler la police…)

Betty – Tu vois, tu en profites aussi. Salut.

Tony – Tu ne partiras pas ! Je te dénoncerai ! Je dirai tout ! Tu n’étais pas si isolée dans ton lit… Et puisque je passe toutes mes journées à la maison à rien foutre… Mais dis-moi, c’est peut-être aussi que tu vas t’isoler avec un autre…

Betty – Philou ! Arrête de me marcher sur les pieds ! Allez avance ! Ne pleure pas, ton père a besoin de repos. (Betty et Philou sortent)

(On entend une sirène de police)

Tony – Ils ont alerté la police ! C’est pas vrai ! C’est beau des voisins ! Mais j’ai la conscience tranquille ! Betty, tu entendras parler de moi, colle ton oreille à la radio, vise les journaux, mate ta télé ! Tu verras ! Tu verras bientôt ce dont je suis capable.

(Il sort)

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