Taradh et les enfants musiciens
68 pages
Français

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Description

Ouindi, un potier de 35 ans, habitant d'une petite bourgade, devait y vivre tranquille jusqu'à ce que la folie d'un jeune homme de 21 ans, Taradh, soit venue troubler sa propre vie. Ouindi n'est plus le même, si affecté par le malheur de ce garçon. Qu'a-t-il fait au ciel, Taradh, pour mériter cela dans ce monde injuste où même des assassins meurent en honneur de vieillesse ? Ouindi veut des preuves de la justice de Dieu.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2011
Nombre de lectures 41
EAN13 9782296475762
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0059€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Taradh et les enfants musiciens

Théâtre
Pascal TCHIBOUANGA


Taradh et les enfants musiciens

Théâtre
© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www. librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-55582-2
EAN : 9782296555822

Fabrication numérique : Actissia Services, 2012
Je dédie cette pièce
à ma mère
Présentation de l’œuvre
Dans cette pièce de théâtre, nous nous trouvons dans un pays insulaire imaginaire.
Un potier d’environ 35 ans, Ouindi, habitant d’une petite bourgade, y vivait tranquille (admettons-le) jusqu’à ce que la folie d’un jeune homme, Taradh, soit venue troubler sa propre vie. Ouindi n’est plus le même, tout le village le sait.
Alisabeth, sa femme, est inquiète. Elle n’arrive pas à comprendre ou ne veut pas admettre que son mari soit si affecté par le malheur de ce garçon.
Mais, la pièce nous fera connaître les raisons de cette affectation. Elle nous fera découvrir Ouindi petit broussard, fils d’un chasseur qui, à cause d’une affreuse partie de chasse au chimpanzé avec son père, fuira ce dernier pour finir potier comme son oncle.
Elle nous fera connaître l’enfant Taradh. Nous verrons les enfants musiciens... et Taradh endiablé.
Pour sa part, Ouindi, tout en décortiquant la complexité de ce monde des hommes et des bêtes, pense que Taradh qu’il trouve perdu n’a pas mérité un tel sort...
La si bonne Alisabeth veut remettre son mari dans le droit chemin. Elle a tout arrangé mais Ouindi refuse d’aller à la paroisse avec sa femme pour voir le pasteur qui les attend.
Qu’a-t-il fait au ciel Taradh pour mériter cela, dans ce monde injuste où même des assassins meurent vieux ?
Ouindi veut des preuves de la justice de Dieu.
Cet homme a la paradoxale qualité de déranger et de vouloir donner du bonheur, malgré lui.
P.T.
Personnages
OUINDI : L’homme, 35 ans
ALISABETH : Sa femme, 30 ans
GOMO : Le conteur et guide folklorique, 25 ans
TARADH : Le fou, 21 ans
Les trois petits chorégraphes du conteur :
ATTIKPO : Le benjamin, 11 ans
NONO : Le suivant, 13 ans
OUEDE : Le plus grand, 15 ans
Premier tableau
Première séquence
Ouindi assis sur un rocher, sous un manguier (sur les planches en fond de scène), le dos tourné au public.
Passent Gomo le guide et ses jeunes compagnons chargés de tam-tams.
A TTIKPO (montrant du doigt l’homme assis au fond de la scène) : Le voilà !
O UEDE : Non, c’est pas lui !
G OMO : Bon, écoutez...
A TTIKPO (interpellant) : Ouindi !
L’homme qui hésite à se retourner le fait lentement, anxieux.
A TTIKPO : Ouindi ! c’est bien toi, non !
L’ HOMME (s’est retourné pour voir ; on découvre ses cheveux ébouriffés) : Qu’y a-t-il ?
A TTIKPO : Mais, voilà ! c’était bien lui...
Le groupe se dirige vers l’homme, Attikpo en tête, le guide est réticent.
G OMO (réservé) ... Nous te saluons, ndzé Ouindi.
L’ HOMME : Oui... j’ai entendu
N ONO : Et moi aussi Tara Ouindi.
A TTIKPO : Nous allons comme ça au matanga. Mais, nous espérions aussi t’entretenir... que tu nous parles.
L’ HOMME :... Qu’y a-t-il ?
A TTIKPO : C’est qu’on raconte beaucoup à ton sujet, ces derniers temps... (un temps) Au mouanza même où l’on va boire le yonga, ton nom revient dans les causeries des hommes. Et on rit aussi, tu sais ?... surtout les soirs au m’bongui !
Silence de l’homme
A TTIKPO :...Surtout Tsitsa ! sais-tu comme il s’en esclaffe ?
Silence de l’homme
A TTIKPO : Hier soir encore, il en raffolait au m’bongui, ah ! il fallait voir comment il se tenait les côtes en se tordant de rire. Et ma foi, il s’est fendu comme ça en deux (Attikpo l’imite en se courbant) , il a roulé par terre et a failli même tomber au feu... (un temps). C’est vrai que tu en as plein la tête... des petites histoires et des contes de la brousse ? (silence de l’homme)
Tu vas nous raconter un jour... hein ?... un conte de chimpanzés... Tsitsa en a fait état. Il dit aussi que tu as un fils qui ne quitte plus les poubelles et que tu risques de le rejoindre en ces lieux, c’est vrai ? (un temps de silence). Et pourquoi ça ? Tu as une case non ! et un atelier aussi ! Mais retourne au village !
L’ HOMME (qu’est Ouindi) : Tsitsa...
A TTIKPO : Euh oui, et bien d’autres gens aussi... Mais surtout Tsitsa. C’est qu’il est joyeux, lui. Et puis il parle bien, Tsitsa !
O UINDI : On est bien mieux comme ça, comme Tsitsa, quand on ne sait rien. Je l’envie, Tsitsa.
A TTIKPO : Reviens donc au m’bongui !
Silence de Ouindi.
G OMO : Et maintenant gagnons du temps.
O UEDE : Allons Attikpo !
G OMO : Essayons nos tam-tams ici, cela nous servira (ils activent un petit feu et réchauffent les tam-tams dont ils essaient la résonance).
O UINDI : Voudriez-vous chanter quelque chose pour moi ? Gomo acquiesce de la tête et l’ensemble se met à l’œuvre. Gomo devant trois tam-tams. Ouédé et Nono maniant chacun une sorte de sanza. Gomo entonne un air traditionnel tandis que Attikpo exhibe une danse. Les deux autres compagnons, sanza à la main, chantonnent le refrain. Ouindi soudain debout se rapproche d’eux, lève ses bras en l’air comme s’il implorait ... les yeux fixés sur Attikpo dansant, mais le visage en peine.
G OMO : Assez Attikpo ! On arrête, sa paix est troublée (le petit groupe commence à ranger les tam-tams, sanzas et autres).
A TTIKPO (à Ouindi) : Tu nous l’as demandé, non ? et pourquoi veux-tu pleurer ?
Silence de Ouindi qui va tristement se rasseoir à sa place.
A TTIKPO (il veut pleurer) : Qu’est-ce qui trouble ta paix ?
G OMO : Allons Attikpo !
Le petit groupe se remet en marche, chargé de leurs instruments.
A TTIKPO (suivant le groupe en quittant la scène) : Désormais, je défendrai Ouindi !

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