Trafiquants d'âmes - Partie 3

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20 pages
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Description


Début de l’été, près de Toulouse.


Jabirah se réveille dans une cave, malade et incapable de faire un geste. Une femme ne tarde pas à la rejoindre. Elle dit s’appeler Muriel et être une engeôleuse d’esprits, une sorte de médium dont le but est de protéger l’harmonie entre les ombres et les humains. Cette illuminée propose à sa prisonnière un marché qui ressemble plutôt à un chantage : la servir, en échange de quoi elle lui rendra son suaire. Paraît-il que Jabirah est une mâchonneuse de linceul, un vampire nouveau-né dont le corps va pourrir si elle n’ingère pas régulièrement des bouts de son drap mortuaire, et cela jusqu’au dernier fil. Quant à ce que Muriel demande en retour... Bah, il s’agit de trois fois rien !


Simplement tuer un engeôleur fou qui veut réveiller le passé de la Ville rose.


Après les événements de la nuit, Muriel est bien décidée à rendre Jabirah à son créateur. Mais celui-ci a un autre projet en tête nécessitant la coopération de l’engeôleuse. Si Jabirah est en quête de réponses et de réconfort, lui n’est guère candidat à l’adoption. Les retrouvailles pourraient bien être écourtées...


*


Vanessa TERRAL est l’auteure de nombreuses nouvelles et du roman L’Aube de la Guerrière, aux éditions du Chat noir (2012). Elle aime inscrire le merveilleux dans des lieux réels – ici Toulouse – et s’inspire des mythes, des légendes et des contes. Chez elle, pas d’héroïnes faibles ; les femmes de Vanessa TERRAL sont indépendantes et prennent leur destin en main ! Avec Cinq pas sous terre, son premier feuilleton numérique, Vanessa TERRAL se réapproprie la figure du vampire pour construire une mythologie originale au service d'un récit plein de suspens.


Novella (roman court) feuilleton en cinq parties, à raison d’une partie par mois. Chaque partie est écrite et corrigée pour le mois même de sa publication.


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Publié par
Date de parution 01 juin 2013
Nombre de visites sur la page 42
EAN13 9782919550524
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Cinq pas sous terre
Chapitre 3 - Trafiquants d’âmes
Vanessa Terral
Éditions du Petit Caveau - Sang%numérique
Chapitre 3 - Trafiquants d’âmes
Nous étions assis, une tasse fumante dans nos mains . Muriel et l’autre vampire se trouvaient de part et d’autre de la peti te table du salon. Sans troisième chaise dans la pièce, on m’avait taciteme nt remisée sur le canapé – histoire de bien marquer que les enfants ne devai ent pas mettre leur nez dans les affaires des grandes personnes. Mon mug et celu i de l’homme ne contenaient que de l’eau chaude. La parano s’était préparé une tisane à l’odeur épicée. À tout prendre, vu sa tête, c’était quand m ême elle qui ressemblait le plus à une déterrée, ici. Elle m’avait envoyée prendre une douche et me bande r le torse. Je ne saignais pas et ma chair se reformait, mais mieux v alait prévenir que de se retrouver avec un bout de viande par terre – sans p arler de la traînée rouge sur le T-shirt. J’avais battu des records dans ma hâte d’en savoir plus sur mon créateur. Quand j’étais redescendue, je les avais t rouvés dans la même position qu’à mon départ. S’étaient-ils seulement adressé la parole ? L’homme avait l’air encore plus glacial qu’à notre arrivée et Muriel af fichait une mine maussade, aussi supposai-je que oui. Je plongeai un doigt dans ma tasse afin de vérifier la température. J’hésitais, ne sachant que faire du contenu. Mon suaire et le s ang ne devaient-ils pas constituer ma seule nourriture ? — Tu peux boire de l’eau si tu le souhaites. Tu la vomiras plus tard, mais ça ne sera pas douloureux. En revanche, je te déconsei lle la bière, ou le Coca, précisa-t-il. — Merci… Ma bouche resta ouverte. Comment appeler cet homme ? Papa ? Créateur ? Docteur Cullen ? Il interrompit ma réflexion en ten dant la paume vers moi. — Approche, ma fille. Je lui obéis, penaude sans savoir pourquoi. Il se l eva, me prit les mains et écarta mes bras. Son regard devint dur. Je baissai la tête. Pourvu qu’il ne se mette pas en colère, pourvu, pourvu ! Il se tourna vers Muriel et je soupirai, soulagée. — Que lui as-tu fait ? Tu m’avais promis de t’occup er d’elle, de lui apprendre les bases de sa nouvelle existence et je la découvr e ignorante. Pire ! Qu’elle revienne blessée, soit, mais que tu aies osé lui im poser un sceau spirituel dépasse les bornes ! Selon notre accord, tu devais la préserver du mieux possible pour qu’elle mène ensuite une existence no rmale. Et voilà que tu l’as liée à toi à jamais ! D’enjôleuse en geôlière d’esp rits, es-tu tombée si bas que ce genre de rituel ne te rebute plus ? — Ça suffit, Antonin, gronda-t-elle d’une voix qui me donna des frissons. Tu es sous mon toit et je ne tolèrerai pas ces reproch es plus longtemps. Comment oses-tu me les faire, toi qui n’as pas hésité à la vendre afin de réaliser un projet totalement égoïste ? Je frémis et cherchai le regard de mon père. Il me fit de nouveau face. Son expression, si impavide, laissa échapper quelque ch ose comme un regret. — Viens, sortons un peu. — Non ! Vous restez ici, je sors. La grande blonde se dressa et parcourut la distance jusqu’à la porte-fenêtre en de larges enjambées. Elle devait s’inquiéter des dommages qu’on causerait à ses précieux esprits si l’on s’installait dans so n jardin. Alors qu’elle tirait la porte, mon créateur me guida jusqu’au canapé. Il fa isait la même taille que Muriel, mais paraissait davantage. Ses cheveux étai ent coupés courts, ce qui exacerbait la maigreur de son visage. Il avait les pommettes hautes, un grand nez cassé et une pomme d’Adam saillante. Toutefois, son trait plus remarquable se trouvait dans ses yeux. Enfoncés très profondéme nt dans leurs orbites, ils n’observaient rien. J’avais l’impression de me teni r devant un aveugle. Et au fond, tout au fond de ces deux trous sombres, remua ient des fantômes. Mal à l’aise, je dégageai mes mains et repris la ta sse avant de m’apercevoir que, sans vivant dans la pièce, ce geste ne faisait que prouver ma nervosité. Pas grave, ce mug était ma bouée de sauvetage et pe rsonne n’y toucherait ! — J’aurais préféré que tu aies mangé davantage de l inceul avant que...