Triangle

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280 pages
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L'enfance de Pauline a vite viré au cauchemar. Sous l'emprise de parents incestueux, elle grandit tant bien que mal. Lorsque son frère déménage, la descente aux enfers se poursuit et la jeune fille se réfugie dans la drogue. Mais c'est au moment où elle finit par refaire surface que tout s'emballe: agressions, meurtres... Son frère et un amour naissant vont-ils sortir Pauline du gouffre? Va-t-elle rester le jouet de son père? Qui tue des membres de cette famille? Pourquoi? Comment naît un inceste? Comment en réchapper? Alliant le thriller à l'étude des moeurs déviantes, le roman de René Lelièvre ose aborder un sujet tabou en utilisant un style narratif, militant, policier. Un suspense psychologique effrayant décidé à briser la loi du silence.

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Date de parution 24 octobre 2013
Nombre de visites sur la page 43
EAN13 9782342014013
Langue Français

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Triangle
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Toujours debout, Éditions Bénévent, 2007
Si faible que soit ton cri chez, Éditions Bénévent, 2008
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René Lelièvre Triangle
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Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0118878.000.R.P.2013.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2013
Retrouvez l’auteur sur son site Internet : http://mesaventureshandicapes-normaux.over-blog.com
1 Les cloches se mirent à sonner à toute volée. Surpris, les nuages firent un soubresaut et, en cette journée d’hiver, quelques rayons de soleil caressèrent un petit bout de chou tout blanc qui sortait de l’église dans les bras de sa mar-raine. Un homme courait autour des quelques personnes qui entou-raient l’enfant et la marraine. Il tentait de se faire petit pour, appareil photos en main, saisir un sourire de l’enfant complète-ment indifférent à l’événement dont il était le principal acteur. A vrai dire ils étaient peu et le photographe se faufilait faci-lement. Chacun eut droit à sa photo avec Pauline, la nouvelle baptisée, dans les bras. D’abord le père, tellement fier qu’on voyait à peine sa fille, puis la mère tellement heureuse qu’on ne voyait que ses cheveux tant elle embrassait sa fille, le grand frère de deux ans qu’on avait assis par terre avec Pauline dans les bras, ébahi qu’on puisse être si petit et tellement gauche qu’il avait hâte qu’on reprenne sa sœur, enfin la marraine et le parrain ensemble avec leur filleule tellement peu souriants qu’on se demandait pourquoi ils avaient été choisis. Il n’y avait personne d’autres à ce baptême à part un clo-chard qui tendait en vain la main mais il n’avait pas été invité. Tous se retrouvèrent dans un restaurant du plus haut chic. Alban, le grand frère de Pauline, faisait la moue car il se doutait bien qu’il ne s’amuserait pas beaucoup dans un lieu où tout sentait le luxe et où personne ne souriait, pas même les ser-veurs. Les parents se prenaient pour de petits bourgeois. Ils avaient désiré une fille comme second enfant pour ne pas avoir à en faire d’autres. Ils étaient comblés et avaient décidé de faire le baptême en grande pompe, c’est-à-dire dans le restaurant le plus cher de la ville. Cette décision avait limité le nombre d’invités
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au strict minimum lorsqu’ils avaient entendu le prix lors de leur tournée d’inspection pour réserver une table. Mais il y aurait les photos pour montrer aux amis absents qu’ils ne s’étaient pas moqués de leur fille. Fille qui entre parenthèse ne leur avait coûté qu’un biberon et qui en était fort contente. Ce fut l’un des rares moments où Pauline participa à la joie familiale. Malheureusement pour elle, elle n’en avait pas cons-cience et n’en profita pas. Malheureusement ou heureusement, qui sait ? Alban était assis sagement sur une chaise au dossier si haut qu’on aurait pu penser la chaise vide. Muriel, sa maman était à côté de lui et tentait de lui expliquer quand il devrait utiliser telle cuillère ou telle fourchette, quant aux couteaux, la maman d’Alban renonça car elle ne savait pas elle-même pourquoi il y en avait tant. Edouard, le papa d’Alban, était de l’autre côté de son fils. Il ne s’en préoccupait pas sauf lorsque Alban bougeait trop. Il ne parlait qu’avec son autre voisin, Clément, le parrain de Pauline. Celle-ci avait été mise dans le vestiaire du restaurant ‘pour ne pas la réveiller’. En fait, elle braillait mais personne ne l’entendait. Edouard parlait beaucoup et Clément l’écoutait autant. La marraine qui siégeait entre le parrain et la mère n’attendait qu’une chose : que le repas commence ! C’était une amie lointaine de Muriel et elle se demandait encore pourquoi elle avait accepté la proposition d’être marraine. Elle avait du acheter une gourmette à un prix horrible et elle comptait bien se récupérer sur les plats et l’alcool qui se faisaient attendre. C’était la première fois quelle voyait sa filleule et ce fut aussi la dernière. Clément était un ami aussi proche d’Edouard que la mar-raine était une amie très éloignée de Muriel. Elégant célibataire depuis peu de temps, Clément travaillait dans la même entre-prise qu’Edouard. C’est là qu’était née leur amitié. Ils parlaient boulot évidemment. Fatiguée de les entendre Muriel se leva, alla dans le vestiaire et prit Pauline dans ses bras. Elle la mit d’autorité sur les ge-noux de son parrain qui ne sut trop comment l’installer. Le repas se passait lentement d’après Alban qui avait envie de courir partout. On ne peut pas dire que ce fut un repas triste mais il ne fut pas très gai non plus.
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