Trois filles et leur mère

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107 pages
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Extrait : "— Eh bien, vous êtes vif ! dit-elle. Nous emménageons hier, maman, mes sœurs et moi. Vous me rencontrez aujourd'hui dans l'escalier. Vous m'embrassez, vous me poussez chez vous, la porte se referme… Et voilà. — Ce n'est que le commencement, fis-je avec toupet."

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EAN13 9782335042856
Langue Français

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EAN : 9782335042856
©Ligaran 2015
AVIS À LA LECTRICE Ce petit livre n’est pas un roman. C’est une histoire vraie jusqu’aux moindres détails. Je n’ai rien changé, ni le portrait de la mère et des trois jeunes filles, ni leurs âges, ni les circonstances.
I
« Eh bien, vous êtes vif ! dit-elle. Nous emménageo ns hier, maman, mes sœurs et moi. Vous me rencontrez aujourd’hui dans l’escalier. Vous m’embrassez, vous me poussez chez vous, la porte se referme… Et voilà. – Ce n’est que le commencement, fis-je avec toupet. – Ah ! oui ? Vous ne savez pas que nos deux appartements se touchent ? Qu’il y a même entre eux une porte condamnée ? et que je n’ai pas besoin de lutter si vous n’êtes pas sage, monsieur. Je n’ai qu’à crier : « Au viol, maman ! Au satyre ! à l’attentat ! » Cette menace prétendait sans doute m’intimider. Elle me rassura. Mes scrupules se turent. Mon désir délesté fit un bond dans l’air libre. La jeune personne de quinze ans qui était devenue ma captive portait des cheveux très noirs noués en catogan, une chemisette agitée, une jupe de son âge, une ceinture de cuir. Svelte, brune et frémissante comme un cabri lancé par Leconte de Lisle, elle serrait les pattes, elle baissait la tête sans baisser les yeux comme pour donner des coups de corne. Les mots qu’elle venait de me dire et son air de vo lonté m’enhardissaient à la prendre. Pourtant je ne croyais pas que les choses iraient si vite. « Comment vous appelez-vous ? dit-elle. – X*** J’ai vingt ans. Et vous ? – Moi, Mauricette. J’ai quatorze ans et demi. Quelle heure est-il ? – Trois heures. – Trois heures ? répéta-t-elle en réfléchissant… Vous voulez coucher avec moi ? » Ahuri par cette phrase que j’étais loin d’attendre, je reculai d’un pas au lieu de répondre. « Écoutez-moi, dit-elle, en posant le doigt sur la lèvre. Jurez de parler bas, de me laisser partir à quatre heures… Jurez surtout de… Non. J’allais dire : de faire ce qui me plaira… Mais si vous n’aimez pas ça… Enfin jurez de ne pas faire ce qui ne me plaira pas. – Je jure tout ce que vous voudrez. – Alors je vous crois. Je reste. – Oui ? c’est oui ? répétai-je. – Oh ! mais il n’y a pas de quoi se taper le derrière par terre ! fit-elle en riant. » Provocante et gaie comme une enfant, elle toucha, elle empoigna l’étoffe de mon pantalon avec ce qu’elle y sut trouver, avant de fuir au fond de la chambre où elle retira sa robe, ses bas, ses bottines… Puis, tenant sa chemise des deux mains et faisant une petite moue : « Je peux toute nue ? me demanda-t-elle. – Voulez-vous aussi que je vous le jure ?… En mon âme et conscience… – Vous ne me le reprocherez jamais, fit-elle en imitant mon accent dramatique. – Jamais ! – Alors… la voilà, Mauricette ! » Nous tombâmes tous deux sur mon grand lit, dans les bras l’un de l’autre. Elle me heurta de sa bouche. Elle me poussait les lèvres avec force, donnait sa langue avec élan… Elle fermait presque les yeux, puis les ouvrait en sursaut… Tout en elle avait quatorze ans, le regard, le baiser, la narine… À la fin, j’entendis un cri étouffé, comme d’une peti te bête impatiente. Nos bouches se quittèrent, se reprirent, se séparèrent encore… Et, ne sachant pas très bien quelles mystérieuses vertus elle m’avait fait jurer de ne pas lui ravir, je dis au hasard quelques balivernes pour apprendre ses secrets sans les lui demander. « Comme c’est joli, ce que tu t’es mis sur la poitrine ! Quel nom cela prend- il chez les fleuristes ? – Des nichons.