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Un automne à la prison de Montluc

79 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 2003
Lecture(s) : 27
EAN13 : 9782296306745
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Collection Graveurs de Mémoire

Suzanne Gerbe

UN AUTOMNE

À LA PRISON DE MONTLUC

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRŒ

L'Harmattan ltalia Via Bava, 37 10214 Torino ITALŒ

Le dessin de couverture a été offert par le peintre Paul Régny

à mon mari,

Jean- Baptiste

Gerbe

Mes remerciements

à

Jean Claude BEAUMONT,

professeur d'histoire

Philippe FRITSCH, professeur de sociologie et tout particulièrement pour son soutien amical à

André BARTHÉLÉMY, Président de Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme

Le 22 septembre 1960, l'arrestation de Suzanne Gerbe et de Jean, son mari, ne fait pas la une des journaux. Depuis le 5 septembre, le tribunal militaire juge six Algériens et dix-huit "porteurs de valises", défendus par vingt-six avocats dont Vergès et Dumas. La parole des accusés, les plaidoiries, et surtout les témoignages font de ce procès celui de la guerre d'Algérie et de la torture. Après avoir entendu les 121 signataires du "Manifeste sur le droit à l'insoumission", la lettre de Jean-Paul Sartre qui se solidarise avec les porteurs de valises et, plus encore, la déclaration de Paul Teitgen révélant qu'il a quitté ses fonctions de secrétaire général de la préfecture de police d'Alger en raison de la pratique généralisée de la torture, il n'est plus possible d'ignorer qu'au nom de la France sont employées des méthodes contre lesquelles les Résistants s'étaient dressés vingt ans auparavant. Il n'est plus possible non plus d'ignorer que des Français aident les Algériens. L'arrestation, le procès et la condamnation de Suzanne et Jean Gerbe s'inscrivent dans la routine de la répression contre ces Français qui ont décidé de parler avec des actes pour exprimer leur solidarité et leur volonté de sauvegarder l'amitié franco-algérienne. A vrai dire, il y a longtemps déjà que tout avait été dit sur les méthodes employées par les tortionnaires français. Seuls doutaient

encore - et cela faisait tout de même beaucoup de monde
ne voulaient ni voir, ni entendre.

-

ceux qui

Dès janvier 1955, Claude Bourdet dans France Observateuret François Mauriac dans L'Express avaient dénoncé l'usage de la torture en Algérie. En 1957, Pierre Henri Simon avait publié Contre la torture (Le Seuil). Bien qu'elle n'adhère pas à la thèse politique de Simon, Suzanne Gerbe est fortement impressionnée par son livre et quelques autres (Itinéraire,de Bonnaud et Le Front, de Davezies), ainsi que par divers articles de Bourdet et de Vidal N aquet. Il serait plus juste d'écrire qu'elle est "appelée à l'action". Car Suzanne Gerbe n'est pas une spectatrice et refuse même de se prétendre une "intellectuelle". Elle se veut avant tout être une femme d'action. En 1959, après une conférence de Pierre Vidal Naquet organisée par l'Union de la Gauche Socialiste, un petit parti dont elle est membre et qui sera l'année suivante la principale composante du Parti Socialiste