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Un Capitaine de Belle Plaisance

De

La navigation à voile est le moyen le plus lent, le plus inconfortable et souvent le plus coûteux pour voyager.

Alors, pourquoi embarquer ?

Il fallait la plume et l'humour d’un romancier pour répondre à l’interrogation de ceux qui n’ont jamais largué une amarre.



Faire vivre -ou revivre- les émois du débutant, forcément pataud, lors de la première nuit en mer, le premier mouillage forain, le premier coup de vent essuyé...

C’est l’histoire d’un gars de la campagne aveyronnaise... qui rencontre un voileux breton...



De cette rencontre nait le récit de la découverte, lente et fascinée, de cet univers étrange, compliqué, d’abord hostile et finalement envoûtant qu’est la voile.

Plus authentique qu’un reportage, ce roman initiatique, copieusement assaisonné du sel de l’humour, fera remonter, dans la mémoire de ceux qui naviguent, mille souvenirs émus, cent anecdotes, souvent cocasses.



La magie de cette fiction fera vibrer l’irrésistible passion de la voile, l’amour quasi-charnel des bateaux qui ont scellé notre destin d’éternels plaisanciers.

Vieilles écoutes ou jeunes guerriers, les régatiers de la “belle plaisance”, y retrouveront l’ambiance si particulière de la ligne de départ et des heures chaudes de l’après...



Et le plaisir incomparable de naviguer aujourd’hui à bord de ces merveilleux bateaux d’antan, gardiens de l’âme de la voile


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Contenu
1.Publicité 2.Citations 3.Avant Propos 4.Prologue 5.Chapitre 1 6.Chapitre 2 7. Chapitre 3 8. Chapitre 4 9. Chapitre 5 10. Chapitre 6 11. Chapitre 7 12. Chapitre 8 13. Chapitre 9 14. Chapitre 10 15. Chapitre 11 16. Chapitre 12 17. Chapitre 13 18. Chapitre 14 19. Chapitre 15 20. Chapitre 16 21. Chapitre 17 22. Dernière page
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Ancre de Marine Editions / Librairie en ligne
Le Maréchal Mac Mahon : « Que d’eau ! Que d’eau ! » Le Préfet : « Et encore, Monsieur le Maréchal, vous ne voyez que le dessus…. »
« Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer. » Aristote
« Dieu a créé la mer. Et il l’a peinte en bleu pour qu’on soit bien dessus » Bernard Moitessier
pierre-loïc chantereau
un capitaine de belle plaisance
Lemot de l’Amiral Ce joli livre de mer nous décrit tout à la fois une histoire d’amitié, la naissance d’une vocation de marin et un remarquable spécimen des navigateurs de plaisance qui fréquentent notre littoral. L’amitié, c’est celle de Gwendal, notre laboureur des mers, avec Romain, rencontré au hasard d’une étape routière dans la France profonde. Romain est plus familier des travaux de la campagne. Leur amitié se développe lors d’un parcours initiatique de plusieurs mois qui les mène de Port-Camargue à Saint-Mandrier sur un voilier «en plastique» qu’on imagine assez bien être un Sangria des années 80. Elle se poursuit en Atlantique à bord d’ Elena , petit cotre aurique en bois construit en 1937. De Vannes à Guernesey, en plusieurs étapes dans le temps, Belle- Î le, l’île d’Yeu, Ploumanac’h, la rivière de Lannion et le plateau des Roches-Douvres. Des endroits où on découvre rapidement qu’on ne peut tricher longtemps avec la mer. La vocation naissante est celle de ce jeune campagnard qui tombe amoureux d’ Elena et découvre au contact de son skipper « l’envie d’explorer de beaux endroits, le plaisir tout simple d’être sur l’eau, sans recherche d’exploit ou de performance », mais en maîtrisant toujours un petit fond de stress sans lequel la vie manquerait cruellement de sel. La mer et le voilier occupent progressivement ses pensées jusqu’à l’obsession. Décrit avec force détails, le spécimen de navigateur est particulièrement attachant. Les équipements modernes de navigation, le mot même de GPS, ne sont évoqués à aucun moment. La godille reste un auxiliaire indispensable de pdocuments et instructions nautiques, le compas de relèvement, la carte marine et le baromètreropulsion. Les permettent le décryptage de la mer et de son littoral, du balisage et des milliers de richesse cachées que la mer nous réserve si nous savons la regarder. On imagine que lorsqu’il navigue au large, les éphémérides nautiques, la montre, le sextant viennent compléter cette panoplie du bel art de la mer. Gwendal est le représentant de milliers de navigateurs qui, comme lui, entretiennent avec modestie cette complicité et cette connaissance intime du milieu maritime. La mer et le bateau sont, eux aussi, des êtres vivants. Avec eux, il est en quête permanente de la perfection. Ces navigateurs de plaisance sont aujourd’hui des relais essentiels d’une culture maritime dont notre pays a tant besoin. Merci à Pierre Loïc Chantereau de nous les avoir présentés avec un tel talent.
Amiral Yves Lagane Président du Yacht Club de France
Septembre 2015
Prologue
Je m’appelle Romain Périllac...
... je ne connaissais absolument rien à la mer. Ni aux bateaux. Vraiment rien. Je m’en suis d’ailleurs très bien passé pendant les vingt-cinq premières années de ma courte vie. Faut dire que dans mon village de Verdraigues, au fin fond de l’Aveyron, les occasions de parler d’embruns, de course à la voile et des mérites relatifs des voiles comme ci, ou des voiles comme ça, sont assez peu nombreuses. A Verdraigues, nos conversations portent davantage sur les évolutions des quotas laitiers, sur le prix du fourrage et sur la prochaine course cycliste, que sur tout autre sujet. Verdraigues, même en comptant les vieillards de l’Hospice, c’est 328 habitants. Et quelquefois même on se demande bien où ils sont, vu que le bourg est désert dans la journée, ou à peu près. Le dimanche, ce n’est pas mieux. Le dernier bistro, tenu par une vieille dame moustachue et au verbe haut, a fermé l’été dernier et on cherche en vain son successeur. L’école est fermée depuis au moins cinq ans. Et l’église ne sert plus de rendez-vous dominical qu’une seule fois par mois, le vieux curé du canton zigzagant d’une paroisse à l’autre dans son improbable 4L, accueilli dans chaque village par des vieilles bigotes qui lui réservent l’accueil qu’on doit aux hautes personnalités religieuses, surtout dans ce coin perdu. A Verdraigues les gens sont retraités ou exploitants agricoles. Retraités, on voit ce que c’est. Exploitants agricoles, du temps de mes grands-parents qui faisaient le même métier, on disait paysan et on en était plutôt fier. Aujourd’hui je vois autour de moi des hommes fiers et leurs femmes épuisées passer bientôt plus de temps à remplir des dossiers de subventions qu’à s’occuper des animaux. Mais n’empêche, ça reste un métier rude, surtout dans nos vallons isolés, dont le climat hésite, été comme hiver, entre l’incertain et l’insupportable. Autant vous dire que lorsque je raconte aujourd’hui mes aventures maritimes, je rencontre un certain succès de curiosité. Je suis sûrement le seul aveyronnais à m’être retrouvé, à l’insu de mon plein gré, dans ces situations où le rocambolesque côtoie l’incertain, et où les fou-rires ont souvent compensé l’angoisse des situations improbables où je me suis retrouvé. Tout ça à cause de Gwendal Sevran, capitaine de belle plaisance, comme il dit si bien.…
Chapitre 1
C’est qui, ce pingouin ?
Nnous resteous nous étions donné rendez vous ce vendredi matin dans la salle de la mairie, le seul endroit qui quand on veut se réunir sans squatter les uns chez les autres. Il y avait là tout ce que Verdraigues compte de plus entreprenant, si on ose dire ça d’un pays essentiellement consacré à la viande sur pied, à la gériatrie et aux ragots. Robert, — dit Robert-le-Vieux, sans qu’on sache pourquoi : son père s’appelait Ignace. Son fils Kevin. Va comprendre... — tout auréolé de son titre prestigieux de président de l’Union Cycliste, tentait de nous expliquer ses projets grandioses de course cantonale pour le week-end du 15 août. Maryline Brouviaux, secrétaire de mairie à temps partiel et maîtresse femme à temps plein, prenait des notes sur le cahier d’écolier qui ne la quitte jamais, où figurent aussi bien la liste de ses courses, le cours du veau de six mois, les consignes de Monsieur le Maire et, collées sur les pages de gauche, des coupures de presse people relatant les derniers mariages princiers et les aventures amoureuses d’une starlette prétendument chanteuse, dont elle suit avec attention la carrière chaotique, au prétexte que son propre cousin l’avait connue enfant dans un centre rural de loisirs. Maryline est un personnage. Sans elle, pas de verre de l’amitié après les conseils municipaux, pas de sortie pour les vieux, pas de décorations de Noël. Sans compter les parties de loto avec lesquelles elle arrive, on se demande comment, à financer les maillots du club cycliste. Noël Guittard, qui a depuis longtemps cessé de se plaindre des jeux de mots construits sur son patronyme, joue aussi un rôle clé dans notre communauté. C’est à la fois notre scribe, notre Grand Trésor, notre combinard-de-première . Technicien agricole de métier, sa vraie vocation aurait été d’être lobbyiste s’il avait eu la moindre idée que cela peut exister. Sans lui, pas de projet mené à bien. Il faut voir le conseiller général ? Noël s’y colle. Trouver de l’argent au Crédit Mutuel ou à la Coopérative? C’est lui. Faire imprimer gratuitement les programmes sur les presses de LaDépêche? C’est encore lui. Noël Guittard est apprécié de tous, malgré une sorte de rhume permanent qui complique son élocution, l’obligeà se moucher dix fois dans la même réunion, et rend impossible toute conversation suivie. Et il est l’auteur d’une expression locale qu’il répète à tout propos : « On va pas se laisser emm... par un boulon de huit! » Un enthousiaste, donc. J’étais présent, bien sûr, puisque je continue de participer aux courses régionales malgré un genou qui n’est plus vraiment dans son axe d’origine, et un début d’embonpoint mal compatible avec la montée du col de la Césure. 8 % en moyenne. Avec des pointes à 18% quand même. Et du goudron qui colle aux roues dès que la température monte.
Nous en étions à boire, assez courageusement, la sorte de café que nous avait préparé Maryline, qui ne manque jamais à ses devoirs de maîtresse de maison, surtout dans la salle de la mairie où elle est la seule à savoir faire marcher la cafetière qui tressaute quand on la branche et qui glougloute de manière aléatoire, dans l’indifférence placide du président de la République suspendu, pas vraiment d’aplomb, au dessus du buste de Marianne. D’abord nous avons entendu le bruit caractéristique d’une voiture en fin de vie, dont les freins n’ont pas fait l’objet des soins les plus vigilants. On remarque ça, dans nos pays, parce que le passage y est rare et que chaque bruit nous est familier. Pas celui-ci. Rien à voir avec le ronronnement des tracteurs à l’arrêt ni avec le sifflement de l’embrayage du facteur qui se plaint de tout temps du matériel qu’on lui demande d’utiliser avec précaution, les budgets ne permettant pas de faire mieux, déjà qu’on parle depuis des années de la fermeture définitive de la poste du village, et où ira-t-on si cette idée finit par se concrétiser, je vous le demande ? Non, là on avait à faire à tout coup à quelqu’un de l’extérieur, du monde d’ailleurs. Et ça n’a pas manqué. Encore quelques tressautements et une deux-chevaux multicolore s’est arrêtée juste devant nous. Une de ces voitures raccommodées de fond en comble, à base de morceaux d’origine incertaine et de couleurs peu compatibles. En fermant la porte du conducteur, la demi-vitre s’est évidemment rabattue violemment, comme seules ces voitures en ont le privilège. Je ne vous raconte pas les bleus qu’on peut se faire au coude. C’est là que je l’ai vu pour la première fois. Mon premier marin. Je ne savais pas que j’allais en rencontrer beaucoup, de ces silhouettes improbables, si éloignées des colosses de nos vallées, et si bizarrement différentes d’allure, quoique qu’il soit bien difficile de repérer pourquoi. La tenue, peut-être ? Le jean rouge largement défraichi, qui vire au rose incertain. Trop court, à peine aux chevilles. Les lunettes couleur fluo, avec de drôles d’attaches derrière les oreilles. Rien à voir avec le modèle Miss Aveyron 1964 et la chaîne dorée de Maryline, qui ne peut lire qu’en les réajustant sur son nez, toujours en soupirant. Non. Des lunettes de magazine. Et un polo bleu marine, complètement défraichi, devenu gris, avec de multiples petits drapeaux brodés sur le cœur, comme un alignement de décorations. Avec ça une allure de chat écorché qui a oublié de déjeuner mais pas de se mettre au soleil, si on en juge par le contraste entre la couleur de son nez et le blanc de son tour d’yeux : du genre qui a passé du temps à regarder le soleil sans se protéger. Les chaussures, je ne les ai pas vues tout de suite. Des sortes de mocassins à la gueule ouverte, pleins de traînées blanchâtres. Rien à voir avec les baskets qu’on porte chez nous et pour lesquelles les gamins du centre aéré sont prêts à casser leur tirelire. Quel âge d’ailleurs? Difficile à dire comme ça. Une petite trentaine, peut être, comme moi ? Ou plus. Mais alors qui a oublié de vieillir, genre vieux gosse pas fini, comme on n’aime pas ici, où il vaut mieux être costaud, quitte à être gros. Et pas maigrelet avec l’air d’être en vacances. Pas de ça chez nous, où on travaille sans compter son temps et où savoir lever du lourd est un gage de considération. Bref, un drôle de type. — Qui c’est ce pingouin ?, a juste dit tout bas Robert-le-Vieux, qui n’aime pas qu’on le dérange quand il réunit ses idées passablement éparpillées et qui n’avait même pas fini son café. Noël Guittard se mouchait. Il n’a pas vu l’autre arriver. Maryline non plus, qui feuilletait son carnet l’air appliqué, à la recherche des notes prises lors de la réunion précédente, histoire de ne pas tout reprendre à zéro à chaque fois.