Une macédoine poétique - Ou Recueil de satires, épigrammes, épîtres, bons mots, quatrains, etc.

Une macédoine poétique - Ou Recueil de satires, épigrammes, épîtres, bons mots, quatrains, etc.

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Livres
48 pages

Description

Un nez très-bourgeonné,
Et toujours un peu rouge.
Le teint très-aviné,
Quand elle sort d’un bouge.

Sur un fragile piédestal
Elle étale sa mine altière.
Le bras droit est horizontal,
La jambe gauche est en arrière.
Les yeux convulsés vers le ciel !
Des débats respirant le fiel,
Le poing fermé ! flairant l’alerte ;
Vomissant des mots acérés,
Par une large bouche ouverte,
Sous un angle de vingt degrés !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 11 octobre 2016
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EAN13 9782346116591
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Pierre Dumas
Une macédoine poétique
Ou Recueil de satires, épigrammes, épîtres, bons mots, quatrains, etc.
AU LECTEUR
Qu’est-ce que la vie ? Une macédoine plus ou moins poétique. Térence était esclave, Phèdre, le fabuliste, le fut aussi. Plaute fut réduit à travailler au moulin. Shakspeare garda les chevaux des spectateurs à la p orte du théâtre du Taureau-Rouge. Homère possédait pour tout bien une besace e t un bâton. Rousseau, le citoyen de Genève, avait de l’orgeuil à défrayer to ute une aristocratie. Eh bien ! et me moi ? Solon partage l’existence de l’homme en septe naires, mais selon lui la 9 vaut moins que les précédentes. 9 fois 7 font... Hélas ! je commence à trembler. Comme tout est changé ! Je me rappelle ma jeunesse. 93 n’avait pas déteint sur 1810 : il nous restait encore l’arôme du parfum du règne de Louis XV. Aujourd’hui nous avons remplacé l’odeur de l’ambre par celle du cigare. Il y a des pensées qui, pour être vraies, sont dése spérantes. Alphonse Karr dit : « Un poëte qui n’est que poëte, vivra pauvre, mourr a de faim et mourra inconnu, » Triste ! ! ! Quel est donc le poëte de province qui peut dire comme Rabelais : « Ma cave est remplie de purée septembrale. » Oh non ! l e poëte de province a le sourire pâle comme un crépuscule d’automne. Le poëte n’a po ur lui que sa conscience, qui est un sanctuaire sacré, un asile où Dieu seul a le droit de pénétrer comme juge. Lui seul peut secouer le flambeau de la lumière sur les épaisses ténèbres des préjugés. L’homme est un composé de choses bien bizarres ! En 1793, on a établi 20,000 prisons au nom de la Liberté, et on tuait les homme s distingués au nom de l’Égalité. Donc, tout est macédoine dans la vie. J’ai bien fai t d’intituler ce petit livre :Une Macédoine. Qu’est-ce tence ? autreque ma préface ? Une macédoine. Mon exis macédoine... J’ai bien souffert, et je n’ai pas tou jours eu l’héroïsme de ce jeune spartiate dont un lézard rongeait le ventre sans qu e sa figure en dit rien... Seulement je ressemble au commun des martyrs, et je puis frap per sur ma poitrine et dire :Mea culpa, etc...Ah ! mon gaillard ! tu veux avoir des succès litté raires et tu n’as pas reçu le baptême de la capitale ? Arrière ! Permettez, ch er lecteur, ces Messieurs ont formé un rond, tâchez d’y pénétrer. N’est-ce pas toujours la pensée de Molière ?
Nul n’aura de l’esprit, hors nous et nos amis. On disait cela il y a 200 ans, on le dit encore aujourd’hui. La vie est une macédoine, donc j’ai bien fait d’intituler mon livre : Une Macédoine. er Paris, le 1 Septembre 1865.
P. DUMAS.
LA POLITIQUE EN RÉPUBLIQUE
Un nez très-bourgeonné, Et toujours un peu rouge. Le teint très-aviné, Quand elle sort d’un bouge. Sur un fragile piédestal Elle étale sa mine altière. Le bras droit est horizontal, La jambe gauche est en arrière. Les yeux convulsés vers le ciel ! Des débats respirant le fiel, Le poing fermé ! flairant l’alerte ; Vomissant des mots acérés, Par une large bouche ouverte, Sous un angle de vingt degrés ! Tel est mes chers lecteurs, toujours en république Le monstre teint de sang qu’on nomme politique !
VOLTAIRE ET LE RÉGENT
Voltaire en quittant la Bastille, A Philippe fut présenté. C’était pour une peccadille, Qu’on enchaînait sa liberté. Le régent le reçut avec beaucoup de grâce. « De vos malheurs passés j’effacerai la trace, Devenez du pouvoir le docile instrument, Je vous protégerai. » — « C’est d’un heureux augure , J’accepte avec plaisir, prince, la nourriture ; Mais laissez-moi choisir au moins mon logement. »
BON MOT DE M. DE BIÈVRE
LEMIERRE. « Le trident de Neptune est le sceptre du monde ! De Bièvre, quel beau vers ! craignez-vous qu’on le fronde ? Parlez, mon cher, en toute liberté ; Il doit aller à la postérité. A la ville, à la cour, à chacun il doit plaire. » DE BIÈVRE. « C’est un très-beau vers, mais... c’est un vers so litaire. »
ROSSINI ET LE PIANISTE
Un pianiste très-vulgaire, Voulut se faire entendre un jour chez Rossini. « Avec cet appui tutélaire, Je gagnerai, dit-il, de l’or à l’infini. » Rossini le reçoit, et mon hommage barbote, Sur le clavier de l’instrument ; Avec ses deux mains il tapote, En attendant le compliment. « Assez, Monsieur, lui dit le maître, Vos pareils à deux fois ne se font pas connaître. Ce pénible labeur demande du repos, Veuillez donc modérer cette ardeur furibonde ; En six jours, l’Éternel n’avait fait que le monde, En un quart d’heure, vous... vous faites le cahos ! »
LES 4 MINISTRES
Richelieu saignait ; Mazarin purgeait ; Dubois était toujours en fête ; Fleury mit la France à la diète...